17ème Séminaire Communiste International

« La classe ouvrière, son rôle et sa mission aujourd'hui.
Les tâches et les expériences concrètes du Parti communiste dans la classe ouvrière et dans le syndicat »

Bruxelles, 16-18 mai 2008

www.icsbrussels.org , ics@icsbrussels.org


Résolution Tibet-Chine

1. Le Tibet fait partie intégrante de la Chine depuis de nombreux siècles, quelque soient les formes concrètes qu'ont prises les relations entre le Tibet et l'État chinois central au cours des temps féodaux.

2. Dû à la faiblesse du pouvoir central chinois au début du vingtième siècle, des pays impérialistes ont su mettre la main sur certaines régions. Ainsi, la Grande Bretagne rattachait temporairement le Tibet à son empire colonial indien, alors que le fascisme japonais accaparait la Mandchourie.

3. La révolution chinoise a libéré le pays de toute domination étrangère et renversé le pouvoir séculaire des classes féodales. Cette révolution ne pouvait évidemment pas s'arrêter aux portes du Tibet, qui fut libéré en 1951.

4. Jamais aucun pays n'a reconnu un «Tibet indépendant». La position officielle, même des Etats-Unis, a toujours été, jusqu'à ce jour, que «la région autonome du Tibet fait partie de la République Populaire de Chine»1.

Il n'est donc pas surprenant que le Dalaï Lama «se défende d'être en faveur de l'indépendance du Tibet et ne réclame qu'une plus grande autonomie». C''est de l'hypocrisie. Car il réclame le «départ des troupes chinoises, une constitution tibétaine, l'expulsion des Chinois d'autres nationalités», etc. Il ne parle pas seulement de la région autonome du Tibet, mais d'un «Grand Tibet», l'ensemble du territoire sur lequel habite une minorité tibétaine, c.-à.-d. 25% de la Chine actuelle (qui compte 5,4 millions de tibétains en tout, soit 0,4% de la population totale). Jamais au cours de l'histoire un pouvoir féodal tibétain ne s'est étendu sur telle région, jamais ce «Grand Tibet» n'a existé.

5. Néanmoins, c'est avec l'aide financière, logistique et militaire de la CIA que le mouvement indépendantiste tibétain a été créé au lendemain de la victoire de la révolution chinoise de 1949. Dès le début il devait servir à miner le pouvoir communiste et la République Populaire de Chine en menaçant son unité, en tentant de provoquer des troubles internes.
Le rôle central de la CIA dans les troubles qui ont éclaté au Tibet en 1959 est largement documenté2. Pendant de nombreuses années, des milices tibétaines, formées par la CIA, faisaient des incursions régulières au Tibet. La «Tibetan Task Force» de la CIA était dirigé par Roger McCarthy, qui plus tard dirigea des opérations similaires au Vietnam et au Laos.

Officiellement, la CIA mit un terme à ses interventions au Tibet en 1974.

6. Les (tentatives de) coups d'État de la CIA dans de nombreux pays ayant largement discrédité cette agence étasunienne, l'ancien président Reagan mit en 1983 sur pied le «National Endowment for Democracy» (NED). Comme ses fondateurs l'avouèrent eux-mêmes, le NED ne devait que reprendre à son compte certaines opérations d'intervention et de subversion menées auparavant directement par la CIA.

7. Le mouvement indépendantiste tibétain a regagné de vigueur depuis que sous la présidence de G.W. Bush, le NED _ ainsi que d'autres agences étasuniennes - a de nouveau accru son soutien multiforme.3

L'administration Bush verse donc elle aussi dans l'hypocrisie en déclarant «que le Tibet fait partie de la Chine», mais en soutenant en même temps à fond le Dalaï Lama ainsi que le mouvement tibétain ouvertement indépendantiste et son «gouvernement en exil».

8. C'est avec l'aide intense du NED et d'autres agences étasuniennes que le mouvement indépendantiste tibétain a lancé sa campagne récente, qui a mené à l'émeute criminelle de Lhasa en mars 2008. Cette campagne a été préparée depuis deux ans, notamment, lors de la cinquième Conférence du `Tibet Support' à Bruxelles en mai 2007, organisée par le «gouvernement tibétain en exil» et qui présentait aux 181 groupes présents un plan d'action autour des Jeux Olympiques de Beijing d'août 2008.

Parallèlement, le NED a avancé un de ses autres pions sur l'échiquier, l'organisation «Reporters sans Frontières» de Robert Ménard. De nombreux documents attestent que RSF a été financé et patronné, dès sa fondation, par le NED. RSF ne cesse de se distinguer par ces attaques haineuses que ce soit contre Cuba ou contre le Venezuela. L'UNESCO a décidé de mettre définitivement fin à toute collaboration avec RSF, du à son manque d'éthique continu 4.

9. La virulence de la campagne «pro-tibétaine» et anti-chinoise actuelle s'explique en premier lieu par la crise croissante du système capitaliste mondial, particulièrement aux États-Unis. L'impérialisme voit d'un œil toujours plus mauvais la Chine populaire progresser à grands pas sur la scène économique et politique mondiale, alors qu'elle continue à se réclamer du socialisme.

Les États-Unis de G.W. Bush misent ouvertement sur leur supériorité militaire afin d'imposer leur ordre au monde. Mais, dû avant tout à la résistance héroïque des peuples agressés, les troupes américaines s'embourbent en Irak comme en Afghanistan. Les EU ne sont pas à même de lancer aujourd'hui des attaques militaires ouvertes contre la Chine.
Aussi, c'est à ce type d'agression et de subversion qu'ils ont recours.

On peut s'attendre à ce que Washington renforcera encore ses campagnes contre la Chine, tout comme l'agitation et la subversion contre toute autre puissance émergente qui entrave son hégémonie.

10. Le Tibet constitue une région autonome au sein de la République Populaire de Chine. La Chine est encore toujours un pays en voie de développement, un immense pays qui abrite plus d'un cinquième de la population mondiale. Malgré des progrès indéniables, la RPC n'a jamais caché qu'elle a encore un long chemin à faire. Le peuple chinois réclame ce que chaque peuple réclame: le droit de pouvoir régler ses propres affaires lui-même, en toute indépendance et souveraineté.

11. Les Jeux Olympiques sont pour les peuples l'occasion pour apprendre à mieux se connaître et à se lier d'amitié, à l'abri de toute campagne politique partisane. Depuis mars 2008 plus de 100 pays ont déclaré, d'une façon ou d'une autre, leur soutien à la République Populaire de Chine dans la question tibétaine. Ils s'opposent à tout acte de boycottage des Jeux Olympiques de Beijing. Pratiquement tous ces pays sont du Sud, ils ont souvent déjà été eux-mêmes victimes de la subversion et de l'agitation impérialiste.

12. Nous exigeons que les puissances occidentales, les États-Unis avant tout, mettent un terme à toute ingérence et menace, directes et indirectes, envers la République Populaire de Chine. Qu'elles respectent la souveraineté de la RPC sur la région autonome du Tibet, comme sur d'autres régions autonomes ou sur l'île de Taiwan. Qu'elles mettent un terme à leur soutien aux mouvements séparatistes, tibétains ou autres.

Nous demandons aux athlètes et aux sportifs qui se rendront à Beijing pour les Jeux Olympiques, de renforcer à cette occasion les liens d'amitié d'avec le peuple chinois tout entier.

1 Tibetan Policy Act of 2002, http://www.state.gov/p/eap/rls/rpt/20699.htm

2 Voir entre autres «The CIA's secret war in Tibet», 2002, par Kenneth Conboy et James Morrison (Modern War Studie, University of Kansas)

3 Ce même NED qui a préparé et encadré les soi-disant "révolutions" oranges en Ukraine et d'autres anciennes républiques de l'URSS (Ukraine 2004, Géorgie 2003, etc )… Qui a préparé et encadré le coup d'État contre le président vénézuélien Chavez en 2002..

4 Cfr. : http://www.cubanews.ain.cu/2008/0313fracasaintento.htm . Malgré le fait que RSF ait été écarté de l'UNESCO à cause de ses liaisons et pratiques plus que douteuses, Robert Ménard s'est vu promu  chevalier de la Légion d'honneur  par le président français Nicolas Sarkozy, le 23 mars 2008!