Motion du 17ème Séminaire Communiste International

« La classe ouvrière, son rôle et sa mission aujourd'hui.
Les tâches et les expériences concrètes du Parti communiste dans la classe ouvrière et dans le syndicat »

Bruxelles, 16-18 mai 2008

www.icsbrussels.org , ics@icsbrussels.org


L’anticommunisme veut manipuler l’avenir des peuples!

La motion introduite récemment par le Groupe socialiste du Parlement européen sur la nécessité d’une soi-disant condamnation des crimes perpétrés par les régimes totalitaires, qui met sur un même pied le fascisme et le communisme et a reçu l’appui des forces conservatrices au Présidium, est la continuation du mémorandum anti-communiste intitulé « Sur la nécessité d’une condamnation internationale des régimes communistes totalitaires ». L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a déjà tenté d’approuver ce mémorandum. L’hystérie anticommuniste délirante entame une démarche qualitativement nouvelle.

Ceux qui qualifient l’idéologie communiste et la lutte des classes de crime ne s’en prennent pas seulement aux communistes. Ils s’en prennent à tous les peuples et à leurs mouvements.

Le but des anticommunistes est un choix basé sur les arguments de la stratégie impérialiste dans son ensemble et est un élément essentiel de cette stratégie. Le changement de direction vers un anticommunisme brutal et ouvert est un signe avant-coureur de mesures réactionnaires à l’encontre des droits sociaux et démocratiques des peuples et du début d’un nouveau cycle de guerres. L’hystérie anticommuniste, qui se sert du mensonge et de la persécution, fait tout pour frapper les forces de résistance et de contre-offensive des peuples.

Leur but premier est de soumettre à une pression idéologique les partis communistes qui se basent sur la théorie du socialisme-communisme scientifique pour défendre sans relâche les principes de la lutte des classes et combattre l’impérialisme.

Les impérialistes font la démonstration de cette hystérie anti-communiste lorsqu’ils admettent que des nouvelles mesures de répression devront être prises parce qu’aujourd’hui, près de vingt ans après le renversement du système socialiste en Europe, ils ont découvert que les tonnes de boue qu’ils ont déversées sur le socialisme ne suffisent pas. Ils réalisent aujourd’hui qu’ils ont atteint des résultats minables, que l’idéologie communiste et le socialisme sont toujours présents et qu’ils continueront à attirer et à inspirer des millions de travailleurs

Ils tentent de jeter le discrédit sur le socialisme du 20e siècle et sur le mouvement révolutionnaire, ils annoncent des mesures de répression avec effet rétroactif à l’encontre des communistes qui luttent pour un monde meilleur, et, dans le même temps, ils acquittent ceux qui ont soutenu le nazisme et ont collaboré avec ce dernier.

Ils réécrivent l’histoire de manière provocatrice, en mettant les héros et les criminels sur un pied d’égalité.

Les partis communistes, des communistes qui vivent et luttent dans des conditions éprouvantes dans les anciens pays socialistes, sont leur cible première. Ils ont l’intention de déraciner la mémoire collective de millions de travailleurs qui ont, aujourd’hui, la possibilité de comparer par eux-mêmes le présent et le passé.

Déjà à l’heure actuelle, dans les Pays baltes, états-membres de l’UE, les partis communistes sont interdits et des dizaines de leurs adhérents sont punis de diverses façons, tandis que ces mêmes gouvernements rendent honneur et décernent des médailles à ceux qui ont collaboré avec les nazis, et érigent des monuments à la gloire du fascisme.

Les anti-communistes manifestent leur haine et leurs intentions d’impérialisme vis-à-vis des pays qui sont dirigés par des partis communistes. Ils essaient de miner les processus politiques positifs et la montée des peuples en Amérique latine, notamment au Venezuela et en Bolivie.

Nous sommes fiers de l’histoire du mouvement communiste international, de ce qu’il a apporté aux peuples et à leurs mouvements. Nous sommes fiers de l’internationalisme prolétarien. Et nous pensons que seule la classe des travailleurs a le droit de porter un regard critique sur nos activités et notre construction du socialisme.

La propagande anticommuniste violente se réfère à ce qu’on appelle la « période stalinienne » - la période qui a vu la création du modèle socialiste, dans des conditions de siège, de sape et de sabotage internes visant à étrangler et à faire échouer la lutte pour l’établissement du pouvoir des travailleurs. Elle légalise la contre-révolution et se rend coupable de diffamation à l’encontre de la révolution. L’impérialisme tente de forcer les peuples à abandonner le recours révolutionnaire à la force dans le but de pouvoir, de son côté, utiliser la violence capitaliste sans restriction aucune.

Les nations ont défendu des révolutions capitalistes importantes qui ont fait progresser l’humanité. Elles ont défendu des révolutions socialistes-prolétaires (la Commune de Paris, la Révolution d’Octobre, etc…). L’histoire a démontré que la pression et les formes du recours révolutionnaire à la force dépendent en premier lieu du niveau et de la forme de résistance des classes qui ont été vaincues.

Pendant la seconde guerre mondiale, les peuples du monde ont versé une nouvelle fois leur sang en combattant la violence de l’injustice par la violence du combat pour la justice. Ils ont puni ceux qui avaient collaboré avec l’occupant. Et aujourd’hui, nous sommes les témoins d’une lutte grandissante contre la soi-disant « législation », c’est-à-dire contre les lois et les institutions qui établissent et garantissent l’injustice contre la classe ouvrière et d’autres groupes de la population.

Il faut que les travailleurs et les jeunes luttent contre toute action dont le but serait de noircir le socialisme. Seuls les peuples ont le droit de juger le socialisme – pas les impérialistes qui l’ont combattu par tous les moyens. Ces derniers ne sont pas intéressés par les leçons que l’on doit tirer des erreurs commises, des abus, des décisions erronées prises dans cette voie qui est la bonne même si elle est ardue, et qui est une première dans l’histoire de l’humanité.

Ils aimeraient que les gens ne sachent rien, surtout les jeunes. Ils s’attachent à semer d’obstacles la route qui mène au socialisme parce qu’ils savent que le socialisme est la seule réponse vraie et nécessaire à la barbarie capitaliste.

Ils ne se contentent pas de réprimer les idées. En premier lieu, ils répriment la lutte des communistes et des travailleurs. Les idées et la lutte sont intimement liées.

Le fait que l’hystérie anti-communiste est soutenue activement par les sociaux-démocrates et les communistes mutants ne fait que confirmer que la lutte contre l’impérialisme ne peut être effective et couronnée de succès que si elle est liée à la lutte contre le réformisme et l’opportunisme.

Il résulte de la réflexion sur l’anti-communisme et l’agressivité impérialiste dans son ensemble qu’il est impératif que l’on renforce le mouvement des travailleurs et le mouvement communiste, que l’on réorganise le mouvement communiste international, que l’on coordonne les actions mutuelles fondées sur des idées concrètes avec les forces anti-impérialistes.

Tant la classe des travailleurs que d’autres couches de la population souhaitent la défaite de l’hystérie anti-communiste qui est entretenue aux fins de manipuler leur avenir.