« La classe ouvrière, son
rôle et sa mission aujourd'hui.
Les tâches et les expériences
concrètes du Parti communiste dans
la classe ouvrière et dans le syndicat »
Bruxelles, 16-18 mai 2008
www.icsbrussels.org , ics@icsbrussels.org
Le PRCF propose aux travailleurs de lutter pour rompre avec l'UE du grand capital
Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF)
Chers camarades,
Merci aux camarades du PTB pour la tenue et l’accueil réservé lors de ce Séminaire.
D’abord utopie généreuse mais sans portée pratique, le communisme n’est véritablement devenu un mouvement de masse de portée mondiale qu’en se liant en profondeur au mouvement ouvrier au cours du 19è siècle. C’est d’ailleurs à Paris où ils étaient exilés par le gouvernement prussien, que les fondateurs du socialisme scientifique sont devenus communistes en se liant aux cercles ouvriers.
En France, avec le Congrès de Tours [1920], cette fusion du marxisme et de la classe ouvrière va connaître un bond qualitatif. Sous l’impulsion de la Révolution d’Octobre, le parti communiste français, section française de l’IC (Internationale communiste) devint véritablement et au plein sens du terme le Parti de la classe ouvrière. Il en fut effectivement l’avant-garde reconnue, du Front populaire des années 30 jusqu’au milieu des années 70. Mais alors, sa subordination stratégique au PS lui fit, peu à peu, perdre son identité marxiste et les 9/10è de son ancrage ouvrier.
Pourtant c’est à cette époque où le PCF privilégiait son ancrage ouvrier qu’il rencontrait le plus d’échos dans les autres couches de la société : c’était alors le parti de Picasso, Aragon, Fernand Léger, Barbusse et beaucoup d’autres intellectuels de renom ; c’est parce qu’il traitait les questions politiques du point de vue du prolétariat qu’il était aussi le parti de la paix, de la décolonisation, de l’internationalisme prolétarien et de l’indépendance nationale.
En entendant cela, les petits bourgeois qui dirigent aujourd’hui ce qui reste de PCF, souriraient de pitié en me traitant de dinosaure.
Depuis 1976, sous l’influence d’intellectuels bourgeois qui depuis ont rejoint le camp de l’anticommunisme, la direction du PCF a abandonné la notion de « dictature du prolétariat ». On nous serine que « Le prolétariat est un concept périmé, que la classe ouvrière disparaît, que les services remplacent la production et que l’on a besoin d’une gauche sans rivage et non plus d’un PC lié prioritairement au mouvement ouvrier et tourné vers la Révolution socialiste ».
Il nous faut en revenir aux fondamentaux et au manifeste de 1848 dont nous allons commémorer cette année le 160è anniversaire. Pour Marx, la lutte de classe pour une société sans classe est impossible sans la socialisation, au plein sens du mot, des grands moyens de production et d’échange. Si Marx et Engels mettent l’accent sur le rôle révolutionnaire jusqu’au bout de la classe ouvrière, c’est parce qu’à l’encontre des autres couches de la société elle n’a aucun intérêt en commun avec le capital. Elle ne peut pleinement s’émanciper qu’en éliminant la propriété capitaliste et en réorganisant la production et l’échange de fond en comble. Et cette transformation qui est le coeur du socialisme ne peut avoir de cesse tant que le communisme, société sans classes, n’a pas détruit à la racine les sources de l’aliénation économique et politique. Mais aujourd’hui c’est fini nous dit-on puisque dominent les « services » et que le nombre d’ouvriers décroît au profit des couches moyennes salariées.
C’est vrai que le capitalisme moderne, parvenu au stade réactionnaire de l’impérialisme, développe massivement le parasitisme économique. Mais pendant que le nombre d’emplois industriels diminue dans les pays occidentaux, le nombre d’ouvriers d’usine augmente en Asie, en Amérique Latine. Interrompue au niveau des métropoles "l'ouvriérisation" continue de se développer à l’échelle mondiale. Et la conclusion qu’en doit tirer un révolutionnaire n’est pas que la classe ouvrière disparaît mais qu’avec la mondialisation le prolétariat s’internationalise et qu’un internationalisme prolétarien de nouvelle génération, liant directement pour le salaire, l’ouvrier européen et l’ouvrier asiatique de la même transnationale, donne une acuité nouvelle à la devise d’Engels : « Prolétaires de tous les pays, unissez vous ».
Et de même que la concentration monopoliste se dissimule aujourd’hui sous un foisonnement de petites et moyennes unités de production, la désindustrialisation est pour une part un effet statistique puisque la plupart du temps, les services externalisés de l’industrie sont comptabilisés comme « services » alors qu’il s’agit d’un travail industriel et ouvrier.
N’y a-t-il pas une bonne partie de la classe ouvrière qui aujourd’hui opère en blouse blanche avec une part croissante de travail intellectuel et d’intervention informatisée ? Bon nombre de techniciens, d’employés, d’ingénieurs, de dessinateurs restent des ouvriers au sens marxiste du terme puisqu’ils continuent de produire des biens matériels, supports de la plus value capitaliste. Le cas le plus flagrant est celui des transports. Dans un pays comme la France, le nombre de salariés du transport ne cesse de croître au fur et à mesure que la production industrielle de base émigre hors des frontières. Ces salariés transforment la marchandise et sont un rouage direct de la production.
Enfin il ne faut pas perdre de vue la prolétarisation de nombre d’activités de service qui comme la santé, l’éducation, sont de plus en plus privatisés et commercialisés. En réalité, derrière l’apparence de déprolétarisation massive de la société ce sont au contraire des couches de gens qui sont aspirées dans le cycle de la production capitaliste.
On aurait cependant tort de s’en tenir aux seuls aspects économiques pour préciser le rôle politique actuel de la classe ouvrière. En France, dès le début des années 70, le PCF alors encore marxiste, soulignait avec raison que la classe ouvrière hautement politisée dans notre pays était l’un des objectifs du capitalisme monopoliste, hanté par la force des communistes et par la grève géante de mai 68. C’était aussi l’un des objectifs de la construction européenne dont la 1ère mouture, la CECA s’est traduite en 25 ans par l’arasement du charbon et de l’acier français, et vient d’aboutir avec la ratification forcée de la constitution européenne bis, une constitution supranationale destinée à mettre en tutelle les mouvements ouvriers nationaux. Méthodiquement le capital et ses gouvernements, de droite ou de « gauche », quelquefois avec l’aide de ministres PCF, ont peu à peu démonté les bastions ouvriers.
La feuille de route antinationale de la grande bourgeoisie est claire : derrière un langage chauvin qui ne brandit le tricolore que pour casser de l’ouvrier immigré, Sarkosy est chargé d’une mission historique pour une classe bourgeoise férocement antinationale dont le chef de file, le baron Seillières, nouveau président du patronat européen, demande ouvertement d’imposer l’Anglais dans les réunions de travail des grandes entreprises françaises.
Sarkosy est là pour démanteler les acquis sociaux et casser les acquis démocratiques. C’est tout l’héritage national qu’il entend liquider quand il attaque l’Education nationale, la laïcité de l’Etat et la politique indépendante de la France, héritée du gaullisme, en ralliant l’OTAN et les USA et en déclarant à Londres, devant les Lords, que « désormais la France prendra la Grande Bretagne pour modèle ».
Dans ces conditions, la classe ouvrière et sa fraction la plus résolue les communistes, doivent plus que jamais porter haut le drapeau national hérité de la Révolution française de 1789 et le drapeau rouge de la Commune de Paris comme le proclamait M. Thorez en 1934 et comme l’ont fait les Résistants FTP créés par le PCF dans la lutte contre l’occupant nazi.
Alors que 55% des Français dont l’écrasante majorité des travailleurs a voté NON à l’Europe capitaliste et supranationale, alors que la fausse gauche accompagnée par la direction euro-réformiste du PCF palabrent sur une « impossible Europe sociale », le Pôle de Renaissance Communiste en France propose aux travailleurs de lutter pour rompre avec l’UE du grand capital. C’est la seule manière concrète, et à portée de main, de sortir la classe ouvrière de la dépendance à l’égard de la social-eurocratie, des eurocommunistes et des eurotrotskistes, pour prendre la direction du mouvement populaire qui s’est dessiné à plusieurs reprises ces dernières années contre le grand capital maastrichien.
Car le léninisme ne consiste, ni à isoler la classe ouvrière dans un solo funèbre comme l’y invite le gauchisme, ni à la mettre à la remorque de la petite bourgeoisie comme le préconise l’altermondialisme, ni à la subordonner au capital comme le fait le parti socialiste avec l’aide de ses rabatteurs de la direction du PCF. Le léninisme consiste à donner aux travailleurs le rôle dirigeant dans une vaste alliance isolant la grande bourgeoisie, mettant le mouvement populaire à l’offensive pour porter au Capital des coups, tout en posant concrètement la question du socialisme.
Bien évidemment, cela suppose une lutte idéologique intense. La réaction défend sa « nation », celle qui expulse dans des conditions indignes 25000 ouvriers immigrés par mois et poursuit la « Françafrique » en côte d’Ivoire, au Tchad et ailleurs. A l’inverse, l’ avant garde de la classe ouvrière considère que les travailleurs immigrés ont un rôle central à tenir dans l’émancipation progressiste de la nation. Alors que le patronat français idolâtre l’Europe supranationale les militants PRCF de la classe ouvrière célèbrent l’Europe des luttes sociales et antifascistes. Enfin la grande bourgeoisie s’enthousiasme pour cette Europe, pour L’OMC, le FMI, l’OTAN, alors que les vrais communistes appellent à méditer sur l’ALBA en proposant aux travailleurs français de militer pour sortir notre pays de l’UE et construire de nouveaux traités internationaux respectueux des nations et des travailleurs.
Pour avancer sur tous ces points, le PRCF est engagé dans la lutte pour sauver le mouvement syndical de classe en danger de mort, pour appeler au « Tous ensemble et en même temps » à l’encontre de l’absurde tactique réformiste qui consiste à séparer les luttes, pour solidariser les travailleurs français et immigrés.
Tout cela nécessite que tous les vrais communistes, ceux qui sont encore au PCF et ceux qui en sont sortis, s’unissent enfin. Malheureusement on en est encore loin malgré nos multiples appels à l’unité d’action communiste et pour dépasser le sectarisme de groupe.
Ensuite il nous faudra aller plus loin ; car la classe ouvrière ne pourra pas efficacement se défendre si elle n’a pas une stratégie d’union avec tous les démocrates, autour de son projet :
La rupture avec le grand capital et son Union Européenne dans la perspective du socialisme !
Je vous remercie de votre attention.