« La classe ouvrière, son
rôle et sa mission aujourd'hui.
Les tâches et les expériences
concrètes du Parti communiste dans
la classe ouvrière et dans le syndicat »
Bruxelles, 16-18 mai 2008
www.icsbrussels.org , ics@icsbrussels.org
Le mouvement syndical cubain : pilier de la Révolution
Parti communiste de Cuba
Antécédents
Le mouvement syndical cubain s'appuie sur une longue tradition unitaire dans la lutte pour les revendications de la classe ouvrière.
L'actuelle Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) a eu pour prédécesseur la Confédération nationale ouvrière de Cuba (CNOC), qui fut considérée comme la première centrale prolétaire cubaine, et qui, dès sa création, soutint et impulsa les luttes de classes et, sous l'égide du Parti communiste, mena à bien deux grèves célèbres dans l'histoire de Cuba : la première en août 1933, décisive dans le renversement de la dictature de Gerardo Machado, et la seconde en mars 1935, réprimée brutalement par le gouvernement de Batista-Caffery-Mendieta.
Suite à ces faits, la CNOC fut déclarée illégale et nombre de ses cadres syndicaux furent assassinés ou emprisonnés. C'est ainsi que commença la lutte dans l'ombre pour la liberté des prisonniers politiques et pour la légalisation des syndicats.
Du 23 au 28 janvier 1939, se tint à La Havane le Congrès constituant de la Confédération des travailleurs de Cuba, auquel participèrent quelque 1500 délégués provenant de 700 organisations de masses, qui élirent comme Secrétaire général de la CTC l'ouvrier Lázaro Peña, pour sa carrière marquante de dirigeant populaire, pour son honnêteté et son courage. Dès le départ, cette organisation fut placée sous surveillance par les gouvernements qui partageaient les intérêts des États-Unis et, comme les représentants de la CNOC, les dirigeants de la CTC furent poursuivis, emprisonnés et assassinés.
La classe ouvrière cubaine dans la lutte de libération nationale
En dépit de la vague de terreur déclenchée contre le mouvement ouvrier révolutionnaire, la rébellion prolétaire participa, par de nombreuses manifestations, à la lutte contre la dictature sanglante de Fulgencio Batista.
Le 1er janvier 1959, répondant vigoureusement à l'appel de l'Armée rebelle à la grève générale révolutionnaire, la classe ouvrière paralysa le pays d'un extrême à l'autre et descendit dans la rue, contribuant ainsi de manière décisive à la liquidation des manoeuvres de l'impérialisme et, partant, au triomphe de la Révolution.
La classe ouvrière dans la construction du socialisme à Cuba
Avec la victoire révolutionnaire de janvier 1959, la situation de la classe laborieuse cubaine et du mouvement syndical change radicalement. En 1961, la Confédération des travailleurs de Cuba prend le nom de Centrale des travailleurs de Cuba, qui honore les traditions de lutte de la classe ouvrière cubaine.
Dans le nouveau contexte politique, économique et social, le mouvement syndical cubain engage un processus de redéfinition de son rôle et de transformation progressive de sa structure, de ses objectifs et de ses méthodes de travail.
Comme le camarade Raúl Castro l'exprima en 1971 :
"Pendant la période de construction socialiste, qui est un processus de lutte aiguë, d'effort titanesque – surtout s'il se déroule dans un pays sous-développé, frappé de blocus et agressé comme le nôtre – les syndicats jouent un rôle très important, bien que qualitativement différent de celui qui leur revient dans la société d'exploitation capitaliste… Quand la classe ouvrière est au pouvoir … quand toute la structure de la vieille société a été balayée, alors le rôle du syndicat se transforme et devient plus complexe, dans la mesure où il est … l'organe qui lie plus directement les travailleurs à l'effort de construction de la nouvelle société, qui est précisément leur propre société."
Au XIVe Congrès de la CTC, notre Commandant en chef déclarait :
"… le premier devoir des travailleurs dans la Révolution est de construire le socialisme, c'est là leur premier devoir … parce que c'est leur socialisme, leur société, … leur richesse …, veiller sur les intérêts des travailleurs, … sur leurs droits, … il faut faire valoir les intérêts des travailleurs…"
Dans le Rapport central au Premier Congrès du PCC, en 1975, le rôle joué par le mouvement syndical cubain pendant les 16 premières années de notre Révolution, est évalué comme suit :
"La CTC révolutionnaire a joué un rôle irremplaçable dans toutes les batailles de la Révolution pour la défense du pouvoir ouvrier, la nationalisation des richesses fondamentales, l'alphabétisation, la mobilisation des récoltes de canne à sucre, le maintien de la production dans les conditions du blocus économique imposé par l'impérialisme, et tant d'autres efforts innombrables qui ont rendu possible la victoire et la consolidation de la première révolution socialiste du continent américain".
Cette affirmation conserve aujourd'hui toute son actualité.
Mission du mouvement syndical dans la construction du socialisme
À sa réunion de décembre 2006, le Conseil national de la CTC, donnant suite aux accords du XIXe Congrès de la Centrale tenu en septembre de la même année, approuva "la teneur du travail du mouvement syndical", où la relation stratégique Parti-Mouvement syndical est clairement définie :
"Dans le socialisme, les syndicats ont notamment pour fonction principale de servir de véhicule pour les orientations, les directives et les objectifs que le pouvoir révolutionnaire, le pouvoir de la classe ouvrière, doit porter au sein des masses laborieuses.
Le Parti est l'avant-garde qui existe, oriente et exerce son véritable rôle dans la mesure même où il se projette sur les masses.
Les syndicats sont le lien le plus puissant entre le Parti et la Classe ouvrière. Les syndicats sont des éléments essentiels dans la construction du socialisme, non seulement parce que c'est à travers eux que l'orientation du Parti atteint l'ensemble de la masse, mais aussi parce que c'est à travers eux que les sentiments, les préoccupations et les initiatives de toute la masse doivent parvenir au Parti."
Le mouvement syndical cubain
La Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) est composée actuellement de 19 syndicats membres, qui regroupent dans leurs rangs 96% de la force de travail du pays, affiliée sur une base volontaire, et sont structurés dans tous les centres de travail du pays.
La CTC dispose d'une École nationale de cadres, qui porte le nom du leader historique de notre classe ouvrière : Lázaro Peña, et d'un hebdomadaire : Trabajadores.
Il existe une Association nationale des innovateurs et des rationalisateurs (ANIR), grâce à laquelle notre classe ouvrière développe sa capacité d'innovation.
Le XIXe Congrès de la CTC
La CTC a tenu son XIXe Congrès en septembre 2006 ; elle y a fait une analyse dans un esprit critique.
Le XIXe Congrès de la CTC, tenu en septembre 2006, a procédé à une analyse critique des déficiences dans le travail syndical et des défis que le mouvement ouvrier cubain doit relever actuellement.
Dans son intervention après son élection, le Secrétaire général de la CTC, Salvador Valdés, a souligné ce moment historique, cette étape nouvelle de la Révolution, dans laquelle se produisent des changements importants et profonds dans la vie politique, économique et sociale du pays, dans laquelle sont imposés de nouvelles méthodes et de nouveaux styles de travail et une nouvelle mentalité pour transformer et perfectionner le travail syndical.
Il a déclaré :
"… nous devons aller vers nos travailleurs pour mieux comprendre le rôle historique que nous jouons dans la construction d'une nouvelle société … et démontrer au monde les avantages du socialisme, car les travailleurs sont la force la plus combative, une force organisée, révolutionnaire et capable d'opérer les transformations du socialisme".
Le Congrès a défini les priorités du travail de la CTC dans le présent.
Les priorités du mouvement syndical cubain
Continuer à consolider et à renforcer l'unité des travailleurs et du mouvement syndical autour de notre parti et de la direction de la Révolution.
Continuer à approfondir le travail politico-idéologique et à éduquer les travailleurs en vue d'une plus grande compréhension de leur rôle historique dans la construction du socialisme, en tant que propriétaires des moyens de production.
Redoubler les efforts en faveur d'une plus grande participation syndicale dans la lutte contre les délits, les indisciplines, les illégalités et la corruption.
Impulser le processus de rétablissement de l'économie cubaine, en renforçant la discipline, l'engagement, l'ordre, le contrôle et les économies de ressources, qui se traduisent pas une hausse de la productivité et de l'efficacité économique.
Promouvoir la participation active des travailleurs à la défense de la Patrie socialiste.
Relever l'efficacité du traitement des questions en rapport avec l'emploi, les salaires, les conventions collectives de travail, l'attention intégrale au travailleur, sa sécurité et sa santé.
Continuer à développer les principes de l'Internationalisme prolétarien.
Oeuvrer au renforcement de la Fédération syndicale mondiale (FSM) et de ses structures régionales en Amérique latine.
La bataille pour la libération des 5 héros
Cette année, celle du dixième anniversaire de l'emprisonnement arbitraire des 5 héros cubains, les syndicats cubains ont lancé un appel au mouvement syndical démocratique et révolutionnaire, au mouvement ouvrier international, afin qu'ils intensifient leurs efforts pour faire connaître la vérité sur l'affaire et demander la libération immédiate et sans conditions des 5 Cubains.
Le 2 mai dernier, 175 organisations syndicales, sociales et de solidarité, réunies à La Havane, à l'occasion de la Journée internationale des Travailleurs, ont confirmé leur engagement de coordonner leurs actions pour la célébration de la Journée d'action mondiale pour la libération des 5 Cubains, convoquée du 12 septembre au 8 octobre de cette année.
Au nom de notre peuple, je demande à ceux qui assistent au présent Séminaire de se joindre à ce juste appel à la solidarité avec la cause de nos militants anti-terroristes.
Engagement de la classe ouvrière en faveur de la poursuite de la Révolution cubaine
La Déclaration finale du XIXe Congrès de la CTC recueille l'engagement de la classe ouvrière cubaine et de son mouvement syndical, en faveur de la défense et de la poursuite de notre Révolution et de notre Socialisme, en confirmant :
"… notre plus profonde conviction qu'à Cuba, il n'y aura qu'une transition vers davantage de Révolution, davantage de justice sociale, davantage de socialisme, et que nous accompagnerons Fidel pour toujours, et que lorsque la loi de la vie fera qu'il ne sera plus des nôtres, nous serons debout, en première ligne, luttant avec Raúl et ses compagnons de route, avec le Parti qu'ils ont fondé et qui ne disparaîtra jamais, pour que la Révolution et le Socialisme deviennent invincibles ".
Cet engagement a vibré sur la Place de la Révolution ce 1er mai, sous les slogans de :
Unité, Fermeté et Victoire