Contribution au 17ème Séminaire communiste international

« La classe ouvrière, son rôle et sa mission aujourd'hui.
Les tâches et les expériences concrètes du Parti communiste
dans la classe ouvrière et dans le syndicat »

Bruxelles, 16-18 mai 2008

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La classe ouvrière argentine, sa lutte et le travail politique du Parti de la Libération

 

Parti de la Libération (Partido de la Liberación) d’Argentine

 

1) La situation actuelle

La classe ouvrière argentine bénéficie d’une longue expérience de lutte. Il suffit en effet de rappeler que les Argentins ont, avec les travailleurs cubains, formé le premier contingent de travailleurs du continent, qui le 1er mai 1890, ont pour la première fois proclamé au niveau international l’organisation de grèves et d’actions.

A l’heure actuelle, la population active économique qui compte environ 17 millions de personnes est composée d’une majorité de travailleurs. Parmi ces 17 millions, plus d’un million de personnes composent le prolétariat industriel et si l’on ajoute les travailleurs actifs dans la construction, les mines, le chemin de fer, les centrales électriques, les journaliers agricoles, etc., on en arrive à 3 millions de personnes.

50 pour cent de ces travailleurs sont toujours affiliés à un syndicat, même si ce chiffre tend à diminuer en raison de l’aversion que leur inspire l’instance bureaucratique qui, dans certains cas, les dirige depuis des dizaines d’années. Parmi les cas les plus extrêmes prenons celui du « pope » du secteur automobile, José Rodríguez, secrétaire générale du SMATA depuis 35 ans et ce, sans interruption, consacré et légitimé par sa prétendue « unique candidature sur la liste ».

Le niveau des salaires est faible comparé au coût de la vie. Un salaire mensuel moyen s’élève à 1200 pesos (400 dollars), alors que le panier alimentaire de base s’élève actuellement à 2738 pesos, comme le démontre une étude réalisée par le Syndicat des Travailleurs de l’Industrie alimentaire et actualisée tous les mois.

Il existe bien sûr des secteurs où les revenus sont plus élevés, c’est le cas par exemple des routiers et des travailleurs du secteur pétrolier, qui gagnent en moyenne 3500 pesos. Mais ils constituent un cas à part dans un pays où les enseignants ont, cette année, menacé de ne pas commencer l’année scolaire si leur salaire de base n’était pas augmenté jusqu’à 1490 pesos, mais seule une augmentation jusqu’à 1290 pesos leur a été accordée. Suite aux protestations suscitées par cette insuffisante augmentation, les portes des écoles dans 7 des 23 provinces du pays et dans la capitale fédérale sont restées fermées. Pour un million d’élèves, les cours ont été annulés durant deux, trois, voire plusieurs jours suite à cette grève des enseignants.

Si ce chiche salaire les affecte déjà beaucoup, le fait qu’une partie est payée au noir, sans être blanchie, les plongent dans une plus grande misère encore une fois pensionnés. En effet, tant qu’ils sont actifs, leur salaire est complété avec une partie payée au noir mais lorsqu’ils arrivent à la pension, celle-ci est calculée sur le salaire de base uniquement.

Jusqu’au début de cette année, la plupart des pensionnés touchaient seulement 630 pesos (210 dollars) et se trouvaient donc dans l’impossibilité de s’acheter des médicaments le cas échéant… En novembre 2007, la Cour Suprême a demandé au Pouvoir Exécutif une mise à jour des pensions, malheureusement cette demande est restée lettre morte, seules quelques petites améliorations ont été accordées mais rien de plus.

Ces faibles augmentations ne permettent pas de faire face à l’inflation qui chaque année dépasse les 20 pour cent, même si l’Institut National des Statistiques et du Recensement, Indec, prétend qu’elle s’élève à moins de la moitié. En 2007, l’Institut a déclaré que l’inflation s’élevait à 8,5 pour cent seulement alors qu’en réalité elle s’élevait à plus du double, en particulier dans le domaine de l’alimentation, qui reste le domaine le plus important pour les familles de travailleurs.

Les conditions de travail sont très pénibles, notamment en raison de la précarisation du travail et des perpétuelles violations de la législation du travail par des employeurs qui ne songent qu’à augmenter leurs profits. Un phénomène qui ne touche pas uniquement les petites entreprises ou le bâtiment mais c’est aussi le cas des grands monopoles. Ainsi, en 2007, à Chubut, un accident survenu dans l’entreprise, Aluar, qui détient le monopole de l’aluminium a causé la mort de 10 travailleurs. Dans le haut-fourneau Acindar, à Santa Fe, un incendie a coûté la vie à 2 ouvriers. On pourrait parler de chronique de morts annoncées puisque dans tous ces endroits les conditions de travail sont scandaleusement bafouées. C’est aussi le cas des chauffeurs de bus, qui doivent parcourir de longues distances. Ceux-ci sont en effet obligés de rouler durant 36 heures d’affilée. Ce qui explique en partie le chiffre de 8000 morts chaque année sur les routes en Argentine (8108 victimes d’accidents de la circulation en 2007 pour être précis).

Selon les dernières statistiques de l’Enquête permanente sur les ménages, l’emploi informel s’élevait fin 2007 à 39,3 pour cent pour l’ensemble du pays, avec des pics jusqu’à 51,1 pour cent dans la province Jujuy. Cela signifie que 4 travailleurs sur 10 ne sont pas enregistrés et ne recevront par conséquent ni pension ni prestation sociale.

Pour le gouvernement, ces chiffres reflètent « un sérieux progrès » par rapport à la crise de 2001-2002 même si le travail au noir est encore très fréquent. Le pire c’est que l’état lui-même favorise le travail au noir en proposant des contrats provisoires au personnel pour les différents niveaux de l’administration, allant des communes aux ministères et administrations nationales en passant par les administrations provinciales.

Il faut tenir compte du problème de l’emploi informel car dans le cas contraire les autres phénomènes risquent d’être minimalisés. Ainsi, la Haute Instance pour les risques du travail informe, par exemple, que chaque année, 600 travailleurs meurent dans des accidents du travail. Ce chiffre réfère à l’économie formelle uniquement, si on inclut l’économie informelle, ce chiffre sera deux fois plus important, soit 1200 tués dans des accidents. Le bâtiment, les mines et l’agriculture sont les secteurs où l’on enregistre le plus grand nombre de tués et de blessés graves.

La Présidente Cristina Fernández de Kirchner s’enorgueillit d’être parvenue à faire chuter le taux de chômage, ce qui n’est vrai qu’en partie, puisque le taux de chômage qui s’élevait à 20 pour cent en 2002 est tombé à 7,5 pour cent mais ce chiffre s’élève en réalité à 8,5 pour cent si on inclut les chômeurs qui perçoivent une petite allocation de 150 pesos dans le cadre du « Plan pour les chefs de famille au chômage ».

Il convient par ailleurs d’expliquer que les 3,7 millions d’emplois créés selon les statistiques du gouvernement sont pour la plupart des emplois précaires et peu payés. Sans oublier qu’en Argentine, il existe 2 millions de personnes sans emploi ou sous-employées qui vivent des situations dramatiques tant sur le plan professionnel que sur le plan familial attendu qu’elles ne parviennent pas à trouver un emploi ou tout au plus une tâche rémunérée occasionnellement.

L’allocation de chômage s’élève à seulement 150 pesos (50 dollars). Lorsqu’un travailleur employé régulièrement est licencié, il percevra durant six mois un peu plus que l’allocation de chômage avant de passer aux 150 pesos précités.

 

2) Plusieurs actions de lutte importantes

En 2007 et en cette année 2008, la classe ouvrière a mené d’importantes actions de lutte même si celles-ci n’étaient pas très nombreuses parmi le prolétariat industriel, qui est mieux payé comparé aux autres secteurs salariés.

D’une manière générale, l’enseignement à tous les niveaux (instituteurs primaires, professeurs du secondaire et professeurs universitaires) est le secteur qui s’est le plus mobilisé. Les enseignants réclament des salaires plus élevés ainsi qu’une augmentation du budget alloué à l’éducation, qui en 2008 est toujours inférieur à celui de la défense, respectivement 2450 dollars contre 3000 dollars.

Outre les travailleurs du secteur de l’éducation, les fonctionnaires de l’état ont également été très actifs durant cette période sur le plan des revendications salariales. En plus du coût de la vie et la difficulté de couvrir les besoins du panier alimentaire de base, leur principal argument était une réaction aux déclarations du gouvernement quant à la prétendue nette amélioration de la situation par rapport à 2002. Si le Produit National Brut augmente d’en moyenne 8 pour cent par an durant 5 années consécutives, on répartira les richesses ! Si chaque année, l’excédent fiscal (sans déduction des dettes) s’élève à 22.000 millions de pesos (7,3 millions de dollars), on l’utilisera pour améliorer les revenus des salariés et des pensionnés et investir dans des projets pour le développement du pays.

Ce sont-là les revendications d’un grand nombre de travailleurs mais le gouvernement de Cristina de Kirchner, tout comme celui de son époux avant elle, ne s’est pas montré très généreux par rapport à ces revendications. Au contraire, Nestor Kirchner a remboursé par anticipation en 2006 l’intégralité de la dette due au FMI, soit 10.000 millions de dollars.

Au cours des années précédentes, routes et rues ont régulièrement été bloquées en guise de protestation, de la part des chômeurs surtout. En 2002, ces barrages s’élevaient au nombre de 2236, après quoi ils ont commencé à diminuer.

Selon le Centre d’études Nouvelle Majorité, avec une tendance de droite, « en 2007, le nombre de barrages de routes et voies publiques s’élevait à seulement 593, soit le niveau le plus bas pour ces 5 dernières années ».

Deux précisions s’imposent ici. Le chiffre de 593 barrages n’est absolument pas négligeable. D’autant plus si l’on tient compte du fait que plusieurs de ces barrages n’étaient pas dirigés par des chômeurs, les « piqueteros » comme on les appelle, mais par la classe ouvrière, qui elle aussi a utilisé cette méthode de lutte.

Il est précisé que « si on a enregistré entre août et septembre 2007 une moyenne mensuelle de 22 barrages, ce chiffre est passé à 67 au mois de décembre, dont les 39 plus importants étaient ceux dirigés par les travailleurs du secteur de la construction le 20 décembre. »

Parmi les autres secteurs qui ont aussi fait grève en barrant des routes et en installant des piquets de grève, on retrouve les ouvriers et les employés du secteur pétrolier, qui demandent qu’aucune taxe sur les bénéfices ne soit prélevée sur leurs salaires (relativement élevé). Ces grèves ont donné lieu à de violentes confrontations avec la police à Las Heras, province de Santa Cruz, où 6 travailleurs, accusés du meurtre de l’agent de police Sayago durant le conflit, sont toujours sous les verrous.

Citons également les grèves combattives des travailleurs du secteur de la pêche à Mar del Plata, province de Buenos Aires, qui à plusieurs reprises ont été réprimées par la police de Buenos Aires, celles des travailleurs du Casino de la capitale fédérale, protestant contre les licenciements, réprimées à 9 reprises par des milices privées, par la police et les services de sécurité de la Préfecture navale, celles des travailleurs du secteur alimentation pour réclamer une augmentation de salaire aux monopoles Arcor et Pepsi-Kraft, ceux des employés de la ville de Buenos Aires, protestant contre les 2500 licenciements organisés par le nouveau dirigeant de droite Mauricio Macri, ceux des professeurs universitaires, qui se sont regroupés pour former la « Conadu Histórica » qui a mené des actions dans les 37 universités de l’état et a déjà organisé trois grèves générales cette année, etc.

Dans tous les cas, comme cela a déjà été dit dans ce rapport, le rôle joué par le prolétariat industriel est moindre comparé au passé. L’influence du péronisme et de la bureaucratie syndicale sur ce secteur, de même que les hausses salariales pour certains secteurs, le travail insuffisant du Parti de la Libération et des autres mouvements révolutionnaires dans leur secteur, etc. y sont certainement pour quelque chose. Les centrales des secteurs métallurgie (UOM), mécanique (Smata), chemin de fer (UF), électricité (Luz y Fuerza) et autres ne disposaient d’aucun plan de lutte ni d’aucun moyen de pression, du moins comparé au passé.

L’aversion pour la bureaucratie syndicale est en grande partie responsable de cette relative passivité. Hugo Moyano, le secrétaire de la Centrale des chauffeurs de poids lourds et de la CGT au niveau national, est le principal pilier du gouvernement national. Chaque année, il négocie l’orientation salariale de sa centrale, qui sert ensuite de « plafond » pour les revendications des autres syndicats. Il est ainsi le principal propagandiste des « qualités » du gouvernement et de son modèle économique, en gagnant les faveurs d’une partie des travailleurs. Et donc ceux qui veulent lutter doivent le faire seuls, abandonnés à leur propre sort par les directions syndicales, qui dans certains cas ont fait preuve d’un certain acharnement à l’égard des militants, les dénonçant au patronat afin d’obtenir leur licenciement.

Parmi les cas les plus marquants, nous pouvons citer celui des employés du Casino, frappés par les services de sécurité mais aussi par les bureaucrates d’Aleara, la centrale des jeux de hasard, qui entretient des liens avec le gouvernement de Macri. En 2006, les bureaucrates de l’UOCRA, à Neuquén, ont également frappé les enseignants en grève qui avaient barré une route. Des exemples de ce genre, il en existe beaucoup d’autres.

Ces agressions maffieuses organisées par la bureaucratie n’ont pas eu l’effet escompté car la plupart du temps la lutte a repris de plus belle. A Neuquén, les enseignants ont recommencé à ériger des barrages au début de l’année 2007, ce qui a conduit à des actes de répression de la part de la police, intervenant sur ordre du gouverneur d’extrême droite Jorge Sobisch. En avril 2007, suite à l’assassinat de l’instituteur Carlos Fuentealba, des troubles ont éclatés dans le pays et de nombreuses manifestations ont été organisées à Neuquén et dans la plupart des autres villes. C’est la première fois qu’un instituteur est assassiné de la sorte. Le 4 avril dernier, à l’occasion du premier anniversaire de ce meurtre, diverses actions et une grande manifestation rassemblant 30.000 personnes ont été organisées à Neuquén, des grèves d’enseignants ont eu lieu dans diverses provinces, notamment à Salta, et ce malgré le fait que le CTERA, la fédération regroupant les centrales des enseignants n’a jamais lancé d’appel à la grève.

Dans le courant de l’année 2007, les enseignants ont mené une lutte véhémente à Santa Cruz, où la centrale combative et pluraliste Adosac a dû faire front à un long conflit, avec grèves de longue durée, tentes montées devant le siège du gouvernement et diverses manifestations réprimées par des troupes de police spéciales. Cette grève est d’autant plus importante qu’elle a été organisée dans la province où vit le couple Kirchner. Les grévistes l’ont finalement emporté en obtenant une hausse salariale, portant le salaire de base d’un instituteur, lequel était de moins de 200 pesos, à plus de 800 pesos, ce qui bien entendu est encore insuffisant mais constitue néanmoins le salaire le plus élevé du pays parmi les éducateurs (ils gagnent 1.290 pesos mais le salaire de base est inférieur, ils arrivent à cette somme par l’ajout de différentes primes et salaires non officiels, et donc payés au noir).

Malgré ces victoires, la répartition des salaires reste inégale et injuste. Les 10 pour cent les plus riches de la population gagnent 30 fois plus que les 10 pour cent les plus pauvres. A l’heure actuelle, les travailleurs représentent seulement 36 pour cent du revenu national, le reste continue d’aller aux capitalistes même si dans les années ’50, le péronisme se targuait d’avoir atteint son objectif du 50-50, « fifty-fifty » entre le capital et le travail, et que les Kirchner ont déclaré vouloir atteindre ce même objectif.

3) Quelques expériences du travail politique du Parti

Le Parti de la Libération dirige de vastes mouvements comme la « Tendencia Clasista 29 de Mayo » et divers fronts d’unité dans différentes centrales ainsi que de nombreux camarades, amis et alliés indépendants. Ensemble, ils ont connu des expériences positives en 2007 et en cette année 2008, surtout parmi les fonctionnaires et les chômeurs. Parmi la classe ouvrière, on compte aussi quelques expériences positives mais ce ne sont pas les plus importantes, à quelques exceptions près, comme chez Metrovias dans la capitale fédérale et dans le secteur métallurgie à Mendoza.

Il convient de souligner le travail remarquable réalisé par nos camarades et amis auprès des professeurs de l’université de Salta, où ils occupent des postes importants au sein de la Commission dirigeante de l’Association des Professeurs et Chercheurs de l’Université de Salta (Adiunsa). Le secrétaire général de cette centrale pour la Liste Verte est en même temps secrétaire au niveau national de la Fédération des Professeurs universitaires (Conadu Histórica), qui finalement, après plusieurs années, a obtenu sa reconnaissance en tant que centrale de la part du Ministère de l’Emploi.

Même si cela constitue l’essentiel de notre travail, nous ne sommes pas seulement actifs sur le plan syndical. Outre les grèves organisées dans le courant de cette année 2008, par rapport au problème des salaires, Adiunsa distribue également un mensuel. Elle organise des journées commémoratives en hommage aux victimes disparues sous la dictature, soutient d’autres centrales confrontées à des conflits, participe à la création de bibliothèques populaires dans les zones défavorisées, invite des intellectuels d’autres provinces à venir donner des conférences, etc.

A Salta, nous avons aussi un front parmi les professeurs et instituteurs provinciaux. Là, nous participons à l’Assemblée plénière des Professeurs, un front, qui a joué un rôle directeur lors des conflits de longue durée en 2006 et en 2007. Salta est l’une des provinces où l’année scolaire 2008 a débuté en retard suite aux revendications salariales et où nos camarades femmes ont joué un rôle de premier ordre.

Ce qu’elles doivent résoudre en collaboration avec les alliés et les professeurs militants, c’est ce qu’elles doivent faire au niveau de la centrale. Concrètement, notre liste et celle de l’opposition a été rejetée trois fois consécutivement lors des trois dernières élections de la Commission dirigeante de l’ADP (Asociación de Docentes Provinciales: Association des Professeurs Provinciaux) par le bureaucrate Choque, représentant du gouvernement provincial. Parmi les membres, beaucoup sont favorables à l’idée de résilier leur affiliation à l’ADP et de fonder une nouvelle centrale, idée avec laquelle nous sommes en principe d’accord. Les trotskistes ne veulent rien entendre mais veulent plutôt continuer avec une « Autoconvocatoria Docente » sous forme d’assemblées, une chose qui peut être utile au moment le plus aigu du conflit mais qui le restant de l’année laisse les militants les mains vides, sans organisation, pour la plus grande satisfaction de la bureaucratie.

Les progrès accomplis par la centrale des travailleurs du secteur judiciaire de Córdoba sont aussi très significatifs. A la fin de l’année dernière, plusieurs camarades et amis ont été élus et ont intégré le Corps des Délégués. Ils étaient à la tête des assemblées et conflits salariaux pour réclamer de meilleures conditions de travail devant la justice, etc. Ils ont été soumis à une enquête ouverte par les autorités du Tribunal Supérieur de la Justice pour leur prise de position combative, etc.

Cette année, des élections seront organisées dans la centrale judiciaire, Agepj, et il est possible qu’une camarade se retrouve en tête de la liste d’opposition, qui a de fortes chances de gagner. Ils sont 4.500 employés à travailler au Pouvoir judiciaire provincial.

Là aussi le travail dépasse le simple « trade-unionisme » puisque nos camarades ont organisé, comme en 2007, au Palais de Justice des actions en l’honneur des victimes disparues sous la dictature. Ils ont participé aux actions pour la libération des Cinq Cubains, prisonniers aux Etats-Unis, ils ont organisé des entretiens publics avec les avocats chargés du conflit des enseignants de Santa Cruz, etc. Quelques leaders syndicaux se sont également aventurés dans la lutte politico-électorale, puisqu’aux élections d’octobre 2007, ils étaient candidats comme députés au niveau national sur la liste anti-impérialiste Proyecto Sur. Ils ont fait une apparition dans tous les médias en tant que membres du PL et du Proyecto Sur, sans craindre d’éventuelles critiques de la part de leurs camarades de travail moins politisés.

Les camarades de Córdoba ont profité de la campagne électorale pour distribuer à deux reprises des dépliants aux travailleurs de la Lockheed Martin, qui en 1995, suite à l’intervention de Carlos Menem, est devenue propriétaire de l’entreprise d’état Fábrica Militar de Aviones. Une fois ils étaient accompagnés d’autres camarades de Proyecto Sur. Ces dernières années, ils ont également distribué des dépliants et crié leur répugnance envers la fabrique d’armes yanqui, en guise de protestation contre la guerre en Irak.

A Mendoza, nos camarades ont systématiquement distribué deux fois par mois des dépliants dans la principale usine métallurgique, Impsa, et dans l’entreprise viticole, Fecovita, avec une revue syndicale basée sur les publications de Liberación. On leur a réservé un bon accueil et ces derniers mois ils sont parvenus à mettre en place une cellule au sein de la centrale métallurgie, ce qui a donné un coup de fouet à notre travail en cette année 2008.

Nous avons également participé aux manifestations pour le respect des droits de l’homme, contre la hausse des prix de l’électricité et pour la solidarité avec Cuba. Ce sont là quelques thèmes politiques qui dépassent les frontières du syndicalisme.

Le Parti de la Libération continue de travailler avec les sans-emploi, même si depuis 2004, leur participation dans la lutte populaire et la lutte des travailleurs est relativement faible. C’est une tâche qui demande beaucoup d’efforts et de dévouement puisqu’elle consiste à aider dans les quartiers défavorisés, les cantines pour enfants, les centres populaires où on aide les enfants qui ont des problèmes à cause de la malnutrition ou du faible niveau culturel du milieu dont ils sont issus, etc., à faire leurs travaux scolaires.

C’est avec une grande fierté que nous vous informons que resteront ouverts les centres populaires de la TC 29 de Mayo à Buenos Aires (le centre Raúl Kossoy, le centre Ana María Estevao et le centre Emilio Jáuregui), à Córdoba (le centre Agustín Tosco et le centre "Tamborcito de Tacuarí") et à Salta (la Biblioteca Popular dans le quartier Brigadier Juan Manuel de Rosas).

Là notre but est de contrecarrer la tendance du clientélisme politique pratiqué par le gouvernement et de lutter contre la paupérisation de certains chômeurs de longue durée. Ainsi nous leur insufflons des valeurs culturelles et politiques révolutionnaires. Un grand nombre de ceux qui vivent dans ces centres populaires nous accompagnent ensuite dans ces villes lors de mobilisations politiques ou actions pour la défense des droits de l’homme, ce qui leur permet d’éveiller leur conscience politique. Plusieurs jeunes ainsi conscientisés suivent actuellement un cours sur les droits de l’homme dans le centre Agustín Tosco, à Córdoba, une chose que nous souhaiterions pouvoir généraliser à d’autres secteurs.

A Buenos Aires, il existe deux secteurs très intéressants. L’un deux se trouve dans la capitale fédérale, il s’agit des travailleurs de Metrovías, c’est-à-dire la société qui gère le métro. Les travailleurs sont en lutte permanente avec le patronat du groupe monopolistique Roggio, concernant les salaires et les conditions de travail et notamment les tâches dangereuses pour la santé, et avec la bureaucratie syndicale de l’UTA (Unión Tranviarios Automotor).

Malheureusement, la majorité des membres du Corps de Délégués de Metrovías ont des liens avec des groupes trotskistes, qui refusent de donner à la lutte un contenu politique anti-monopolistique et l’espace nécessaire.

L’autre secteur est situé dans la zone occidentale de la province de Buenos Aires, où nous participons à la formation d’un noyau composé de professeurs et de chercheurs de l’Université Nationale de Luján. Ce groupe pourra en cette année 2008 se convertir en un groupe qui collaborera avec l’association des professeurs de la maison d’études, Adunlu, en vue de mobiliser les travailleurs du secteur éducation. A ce groupe peuvent se joindre des étudiants puisque le groupe de jeunes TUPAC, dirigé par le PL, possède un secrétariat au sein du Centre des Etudiants en Histoire de l’université de Luján. Dans cette zone, nous pouvons aussi compter sur le centre populaire Emilio Jáuregui, qui s’occupe de nourrir les enfants issus de familles dont les parents sont défavorisés ou sans emploi de manière à pouvoir préparer dans cette zone une bonne base pour le travail politique et social.

Il est clair qu’en citant ces aspects positifs du travail réalisé par le parti et les outils comme la TC 29 et les listes syndicales ou fronts, nous n’entendons pas prétendre que le travail réalisé est satisfaisant, au contraire. Le PL organisera cette année son XI° Congrès National et une des leçons à retenir, ou erreurs à corriger, c’est justement le faible travail réalisé au sein de la classe ouvrière. Notre intention est de nous améliorer cette année et les années à venir et d’en faire rapport lors des prochains séminaires communistes internationaux. Le PL espère pouvoir lors du séminaire de Bruxelles tirer des leçons des expériences d’autres partis plus expérimentés dans les milieux ouvriers. Nous sommes convaincus que la classe ouvrière est l’avant-garde et le principal contingent de la force motrice de la révolution populaire, anti-impérialiste et démocratique en Argentine.

10 avril 2008

Comité Central del Partido de la Liberación (PL) de Argentina

www.pl.org.ar