Contribution au 16ème Séminaire communiste international

« Validité et actualité de la Révolution d'Octobre 1917 pour le 21ème siècle »

Bruxelles, 4-6 mai 2007

www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org


 

Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme (PADS)

 

Nous commémorons cette année le 90ème anniversaire de la grande Révolution d’Octobre et nous espérons tous que cette commémoration sera un grand succès et rappellera à tous les partis communistes, à tous les révolutionnaires, à tous les mouvements anti-impérialistes authentiques que le règne du capitalisme et de l’impérialisme n’est pas éternel puisque le prolétariat russe, sous la direction de son parti bolchevik et en alliance avec la paysannerie a réussi en octobre 1917 à faire la révolution socialiste et à se débarrasser de l’oppression et de l’exploitation capitaliste. Si plus de 70 ans après le régime soviétique a provisoirement disparu pour des raisons multiples, raisons sur lesquelles il faut continuer à réfléchir, cela ne signifie pas que cette Révolution a échoué. Si les opportunistes et les idéologues continuent à déverser leurs mensonges sur ce fait capital dans l’histoire de l’humanité, c’est précisément parce qu’ils ont peur que ce précédent soit toujours vivace dans la conscience des travailleurs et des peuples. S’ils criminalisent le communisme, font des tentatives criminelles et répétées pour terroriser les masses populaires c’est qu’ils connaissent mieux que nous que la crise profonde du régime capitaliste n’est pas près de se terminer et que leur mondialisation impérialiste ne peut résoudre les graves problèmes qu’affrontent à des degrés divers tous les peuples. Ces capitalistes ne se contentent pas d’agresser plusieurs pays ou de menacer quotidiennement d’autres ils s’attachent désormais dans leurs propres centres à « expliquer » à leurs propres salariés qu’il ne faut fixer aucune durée légale pour la semaine de travail, qu’ils doivent accepter de travailler plus longtemps que leurs parents, se soigner moins, recevoir des retraites misérables pour maintenir soi-disant un régime de retraite. Pour le FMI des pays comme le mien ne devraient même pas avoir de sécurité sociale.

Si nous avons relevé à la dernière conférence des partis communistes de Lisbonne que la résistance se renforce contre les agressions et les appétits insatiables des capitalistes qui mènent partout la même politique contre la classe ouvrière et les peuples on peut raisonnablement penser que ces résistances sont destinées à vaincre tôt ou tard le régime d’exploitation si les partis communistes n’oublient pas l’exemple d’octobre. Il est évident que les révolutions socialistes prochaines ne peuvent pas être des copies conformes de la révolution d’octobre dans tous ses aspects, mais s’il s’agit vraiment de révolution socialiste on doit y retrouver les traits fondamentaux. Pour tout ce qui concerne le rôle de la classe ouvrière et de son alliance avec la paysannerie surtout pour des pays où les paysans sont nombreux, pour la fermeté contre la bourgeoisie locale et internationale pour la liquidation de l’ancien appareil d’Etat bourgeois, on doit retrouver ces traits essentiels. La différence ne réside que dans la situation concrète des différentes classes qui composent tel ou tel peuple. La classe ouvrière qui forme 90 ou 95% dans certaines nations ne peut pas être comparée en tous points au prolétariat de Russie par exemple. A mon avis le principal dans la Révolution d’octobre réside surtout dans le rôle de l’avant-garde du prolétariat c'est-à-dire dans le rôle du parti et dans la justesse de la tactique des Bolcheviks qui ont réussi à rassembler contre le tsarisme et sa bourgeoisie les travailleurs contre l’exploitation capitaliste, les paysans pour la terre, les soldats contre la guerre, les nationalités opprimés pour leur liberté et les patriotes contre l’impérialisme allemand. Si ce parti pourtant faible numériquement au départ a réussi ce travail gigantesque et a été suivi au moment décisif par les masses populaires, c’est parce qu’il était préparé depuis plusieurs années à une telle révolution. Après la chute du tsarisme en février une préparation directe à la révolution a été faite par Lénine. Pendant cette période des sujets très importants ont été développés par Lénine. Il en est ainsi de la nécessité de rassembler la majorité des travailleurs derrière les Bolcheviks condition indispensable pour la victoire, de convaincre les paysans que leur salut résidait dans l’alliance avec les travailleurs etc. Durant cette période Lénine a expliqué magistralement ce qu’était un compromis inadmissible et un compromis avantageux pour les communistes et même les compromis provisoires avec les impérialistes pour sauver avant tout le pouvoir des soviets. Le parti des Bolcheviks avait non seulement mené une lutte constante contre l’opportunisme mais s’était dressé fermement contre l’aventurisme et la phrase révolutionnaire qui ne tient aucun compte des rapports de force et ignore la réalité. Si Lénine a tout fait pour passer tous les accords possibles avec quantités de forces petites bourgeoises pour les convaincre avec patience de se détacher de la bourgeoisie et des illusions quant aux objectifs de cette bourgeoisie alliée aux impérialistes, c’est pour éduquer les masses qui les suivaient à telle ou telle étape de la révolution et pour que ces masses se convainquent par leurs expériences elles mêmes de la nécessité de lutter contre la bourgeoisie. On sait qu’après février les Bolcheviks ont tout fait pour que tout le pouvoir passe pacifiquement entre les mains des soviets dominés pourtant pendant plusieurs mois par les mencheviks et « les socialistes révolutionnaires ».

Dans le monde d’aujourd’hui les principales leçons d’octobre sont encore valables pour les communistes et les révolutionnaires qui savent analyser la situation internationale et locale dans leurs pays respectifs, qui accordent une importance capitale à la liaison avec les masses populaires, qui définissent leur politique d’alliance en tenant compte avec le maximum d’objectivité des objectifs ouverts ou camouflés des différentes forces politiques. Le plus important pour la préparation de la révolution socialiste réside avant tout dans le rôle joué par la classe ouvrière et son avant-garde c'est-à-dire par son parti. Dans la situation internationale actuelle il est clair que quantités de mouvements révolutionnaires jouent un grand rôle dans la lutte contre l’impérialisme et peuvent même s’allier ouvertement aux communistes pour réaliser en commun des objectifs révolutionnaires mais toute tentative de marginaliser ces communistes consciemment ou non se terminerait inévitablement par des échecs. Ne parlons même pas de ces mouvements islamistes ou dirigés par des petits bourgeois anticommunistes qui prétendent abattre l’impérialisme en ignorant l’existence des partis communistes ou même en les réprimant. Si de tels mouvements agissent contre les forces impérialistes dans telle ou telle région, particulièrement quand ces forces occupent leurs pays, oublier un seul instant que leur objectif fondamental n’a rien à voir avec la lutte contre l’exploitation capitaliste ni contre l’impérialisme c’est tromper les masses populaires et préparer des lendemains amers. Pour parler d’anti-impérialisme il faudrait que ces mouvements agissent pour permettre une mobilisation réelle de leurs peuples, qu’elles agissent pour que les travailleurs s’organisent dans leurs organisations de classe, qu’elles agissent pour que les femmes, les jeunes, les intellectuels progressistes ne soient pas exclus du combat contre leur propre bourgeoisie toujours prête à pactiser avec l’impérialisme.

Malgré l’effondrement de l’Union soviétique et l’agressivité actuelle de l’impérialisme, notre époque est toujours celle du passage du capitalisme au socialisme. Pour les défaitistes et les opportunistes il s’agit là d’une phrase creuse, mais pour les communistes fidèles aux principes éprouvés du Marxisme-léninisme le 21ème siècle verra la victoire de plusieurs révolutions socialistes dans le monde et le recul provisoire que nous avons connu ces dernières années ne signifie absolument pas la fin de l’histoire. Les maux du capitalisme n’ont pas disparu et se sont même aggravés. La classe ouvrière et tous les exploités se débarrasseront d’un régime qui a fait son temps. Les communistes et tous les révolutionnaires commémoreront le 90ème anniversaire de la grande Révolution d’octobre en redoublant d’efforts pour renforcer leurs organisations pour hâter la fin de ce régime.