Bruxelles, 4-6 mai 2007
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Defendons
et suivons
les lecons de la Révolution dOctobre
Par Muharrem Xhafa
Parti Communiste dAlbanie
Camarades,
En remerciant le Parti du Travail de Belgique pour son invitation, je veux souligner que cest un devoir et un honneur pour les communistes du monde entier de discuter dans le Séminaire International de Bruxelles des enseignements et des acquis de la Grande Révolution Socialiste dOctobre, lannée de son 90 ème anniversaire.
Notre séminaire assurément ne se limitera pas au niveau dune simple discussion commémorative. En évoquant limportance historique de la Révolution dOctobre nous tirerons ses enseignements pour le renforcement de nos partis et du mouvement communiste.
En même temps, je suis daccord avec les camarades que la Révolution dOctobre est la plus grande dans lhistoire de lhumanité, dirigée par la classe ouvrière en alliance avec la paysannerie pauvre, la première révolution socialiste victorieuse, quelle renversa la bourgeoisie et les propriétaires fonciers, conduisit la classe ouvrière au pouvoir et imposa un nouvel Etat de dictature du prolétariat en Union Soviétique dirigé par le Parti Bolchévik avec à sa tête son génial dirigeant Vladimir Ilitch Lénine. Cet évènement qui ébranla le monde brisa les fondements du système capitaliste, éveilla les peuples opprimés et exploités, transforma en réalités les plus beaux rêves de liberté et de justice sociale, ouvrit une nouvelle époque pour les peuples du monde entier, lépoque des révolutions prolétariennes. La Révolution dOctobre vérifia définitivement que les idées de Marx et dEngels nétaient pas des fantasmes, que les prévisions de Lénine répondaient à la réalité en Russie et dans le monde, elle marqua la victoire du marxisme-léninisme.
Depuis la victoire de la Révolution dOctobre, la bourgeoisie impérialiste, les opportunistes et les révisionnistes ont développé une lutte multiforme, ouverte et masquée, contre ses enseignements et ses acquis révolutionnaires. Cette lutte sest poursuivie encore, au milieu des années 50, après le renversement du socialisme en Union Soviétique et puis dans les pays de lEurope de lEst, et dans les années 90 du siècle passé en Albanie. Elle continue au jour daujourdhui, même si la bourgeoisie et ses partis déclarent le socialisme « mort », « une utopie qui ne peut être mise en pratique » tout en glorifiant le capitalisme comme « ordre qui existera éternellement. »
Ce serait une faute grave si le renversement du socialisme en Union Soviétique et dans dautres pays nétait pas analysé correctement sans détour et avec réalisme. Ce
renversement alimente une série dinterrogations, dincertitudes et de confusions politiques et idéologiques au sein du mouvement communiste du prolétariat et des masses travailleuses. Cette tragédie que nous avons connue ne veut pas dire que lordre socialiste est irréalisable, que la destruction du socialisme en URSS était fatale, elle ne dira pas que le socialisme na pas existé. Sous chaque aspect analysé, le retour en arrière au capitalisme est provisoire, un phénomène accidentel et circonstanciel, lié à la trahison du socialisme, à la non applications des lois objectives de la construction du socialisme et des principes qui guident la dictature du prolétariat.
Le Parti Communiste dAlbanie considère nécessaire détudier à fond les erreurs dans le but den tirer les leçons et lexpérience, avec largument que indépendamment de ces fautes, en URSS a existé le vrai socialisme jusquà ce que Krouchtchev et ses successeurs détournent les objectifs de la révolution en leur enlevant leur caractère prolétarien. Oui, le vrai socialisme a existé : les pays impérialistes sunirent dès le début des années 20 pour écraser militairement le régime de la classe ouvrière en Union Soviétique. Oui, le vrai socialisme a existé : il a inscrit des traces ineffaçables dans les souvenirs des hommes par les réalités quil a entreprises, en assurant une victoire grandiose dans tous les domaines de la vie et en constituant la force décisive qui affronta et mit en déroute lAllemagne hitlérienne. Oui, le vrai socialisme a existé, a obtenu des victoires irréalisables dans des pays capitalistes et a donné à la construction du socialisme en Union Soviétique une importance historique internationale.
Dans les pays qui suivirent les enseignements du marxisme léninisme, comme en Albanie quand Enver Hoxha était à la tête du Parti du Travail dAlbanie, le socialisme se tint debout, le pays marcha de lavant, fit front à toutes les pressions et blocus durs impérialistes-révisionnistes. Lexpérience albanaise et la poursuite de la construction du socialisme après son renversement en URSS sont un démenti aux théories pourries des opportunistes et des réactionnaires qui renient la voie de la Révolution dOctobre. Fiers de cette contribution, les communistes albanais unis dans le Parti Communiste ont le courage de reconnaître leurs responsabilités dans le renversement du socialisme en Albanie et de réfléchir en profondeur pour en tirer les leçons nécessaires.
Aujourdhui, la révolution et le socialisme se poursuivent et se réalisent avec un héroïsme incomparable à Cuba sous la direction de Fidel Castro. Les USA nont négligé aucun moyen misérable pour renverser la révolution cubaine. LUnion Européenne impérialiste na pas été en reste. Mais elles ont échoué parce que la révolution na pas été trahie. Cest ainsi que les deux super-puissances impérialistes mondiales, les USA et lUE collaborent et rivalisent pour dominer le monde, mais elles sont unies dans leurs objectifs contre le socialisme et le communisme.
Sans aller plus loin, ce qui fut renversé en Union Soviétique, en Albanie et dans dautres pays, ce nest pas le socialisme scientifique mais le révisionnisme, le retour masqué au capitalisme. Non, le socialisme scientifique na pas disparu, non il na pas fait son temps. Cest lordre capitaliste qui a fait son temps.
Quatre-vingt dix années ont passé et les jugements et re-jugements sur la Révolution dOctobre, les discussions quelle développe, expriment clairement que ses leçons sont aujourdhui actuelles comme il y a 90 ans et pour toujours, quelle a une dimension universelle et reste la source dinspiration et le guide pour renverser le capitalisme et construire la société socialiste. Un véritable parti communiste ne peut montrer dhésitation dans ses positions vis-à-vis de la Révolution dOctobre et doit suivre les enseignements du marxisme-léninisme sur la Révolution. Ce sont les partis bourgeois et leurs idéologues qui déclarent que lexpérience et les acquis de la Révolution dOctobre sont dépassés, qui prétendent quil est possible davancer vers le socialisme de manière spontanée, pacifique, par la voie parlementaire, sans que la révolution soit nécessaire. Malheureusement, de tels partis nont de communiste que le nom.
Sécarter de la voie de la Révolution dOctobre pour passer au socialisme signifie tomber dans lopportunisme, cest rechercher une chose qui nexiste pas. Les communistes révolutionnaires savent que par principe, il ny a quune voie pour que le socialisme lemporte. Cette voie est celle de la lutte des classes dont lexpression la plus élevée est la révolution prolétarienne. En dehors de cette voie définie, précisée par les classiques du marxisme léninisme et prouvée par la vie, il nest pas possible de passer au socialisme et le socialisme resterait une utopie. Tous les exemples de victoire du socialisme comme la Révolution dOctobre en Russie et dans dautres pays dans les années 40 ont été le résultat de révolutions prolétariennes. L Histoire ne connaît aucun cas où le socialisme a vaincu de manière pacifique, sans bouleversement social, sans détruire la bourgeoisie au moyen de la révolution et de linsurrection armée. Le socialisme, comme le capitalisme, est lordre dune classe dominante : le capitalisme est lordre de la bourgeoisie, le socialisme est lordre du prolétariat. Aujourdhui, il est établi très clairement quentre ces deux classes déterminantes de la société, la paix est impossible.
On parle de lexistence dautres « socialismes ». Le PCA répond que ce sont des faux socialismes, quils ont le soutien de partis qui sappellent socialistes ou social-démocrates sous leur forme ancienne ou sous la forme révisionniste, que ce sont des variantes des gouvernements bourgeois, lesquels en pratique administrent les affaires de la bourgeoisie et trompent les prolétariats et les peuples. En Albanie aussi, il y a un parti socialiste et un parti social-démocrate, mais ce sont des partis bourgeois comme les autres. Le monde na connu, et personne na prouvé la possibilité dautres socialismes, que le socialisme qui naît de la révolution prolétarienne et qui se construit sur les bases du marxisme léninisme. Un pays, grand ou petit, ne peut aller au socialisme sans renverser la bourgeoisie par la Révolution, ne peut construire le socialisme avec la bourgeoisie, sans établir le pouvoir de la classe ouvrière et sans un parti prolétarien guidé par le marxisme-léninisme. Accepter lintégration graduelle du capitalisme au socialisme alors que les formes des régimes socialistes naissent avec la révolution et non au sein de lancien régime, alors cest du réformisme bourgeois.
Aujourdhui, les prolétariats disposent dune expérience riche et avancée des luttes révolutionnaires et les possibilités pour les batailles du socialisme se développent. Dans plusieurs pays, la situation révolutionnaire est mûre ou est en train de mûrir. Dans dautres pays, le processus est en développement. En ce début de 21ème siècle, les contradictions fondamentales qui rongent le système capitaliste saggravent de plus en plus et les prolétariats et les peuples tournent de nouveau leur regard vers le socialisme. En Allemagne, en France, en Grèce, en Italie et dans dautres pays dEurope, la jeunesse, la classe ouvrière et les travailleurs montrent clairement leur orientation, leur aspiration et leur initiative pour un autre monde, le socialisme. Les guerres populaires sur le continent asiatique, les luttes populaires et les gouvernements anti-impérialistes dans les pays dAmérique latine, la puissante résistance en Irak et en Afghanistan contre loccupation des USA, comme au Liban et en Palestine au Moyen-Orient, partout on ressent labsence dun soutien du système socialiste. On voit aussi clairement que les conditions du socialisme sont les seules qui puissent remplacer loppression et les conflits nationaux ethniques et religieux, par la liberté, légalité et la fraternité des peuples dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. Aujourdhui, les peuples et les nations opprimées nont pas laide internationaliste de lURSS de Lénine et de Staline.
Les partis communistes sont face à la tâche de renverser le système capitaliste, de diriger seuls cette lutte, et dêtre prêts à faire front aux attaques des appareils doppression bourgeois, des institutions fascistes et des ententes et traités réactionnaires internationaux. Dans la situation actuelle, ils sont divisés, pas très efficaces, mais la base matérielle et sociale qui domine est plus que mûre dans certains pays en particulier, dans certaines régions du monde et plus largement. Le Parti Communiste dAlbanie, en complète cohérence avec ses buts a toujours défendu le point de vue quun grand rapprochement est indispensable entre les partis marxistes-léninistes, de même que léchange dinformations et dexpériences, les discussions sur les questions communes du mouvement communiste, laide et le soutien réciproques, tout cela au service de la victoire de la révolution.
MUHARREM XHAFA
Secrétaire Général du Parti Communiste dAlbanie