16ème Séminaire communiste international

La validité et l’importance actuelle de la révolution d’octobre 1917 pour le 21e siècle

Bruxelles, 4-6 mai 2007

www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org


Résolution à propos de l’Amérique latine

L’Amérique latine est la scène où se développe un vibrant mouvement de travailleurs et de populations qui combat la très longue domination des oligarchies et la soumission aux impérialistes et à leurs pillages, et principalement à l’impérialisme des États-Unis.

En réponse au durcissement de la crise générale et à l’échec du néolibéralisme qui a été imposé aux peuples de la région, la résurrection de la classe ouvrière et de son mouvement de grève s’exprime pleinement en reprenant son rôle d’avant-garde dans la lutte du peuple. En outre, il y a les considérables mobilisations des paysans, réclamant des terres et de l’eau et s’opposant courageusement à la mise en place forcée de la Free Trade Area of the Americas (ALCA ou ZLEA – Zone de libre échange des Amériques) et des Accords libre-échangistes ; la mobilisation et les combats de rue des étudiants des écoles supérieures et des universités lorsqu’ils font valoir leurs revendications sociales, démocratiques et anti-impérialistes ; les peuples indigènes passant à l’avant-plan en tant que protagonistes de leur propre libération et que partie intégrante des forces révolutionnaires ; les grandes insurrections populaires qui refusent, combattent et vainquent les gouvernements néolibéraux : tous sont des expressions marquantes du mouvement populaire latino-américain.

Ce puissant mouvement populaire gagne en vigueur au fur et à mesure qu’il s’engage lui-même dans la lutte politique pour le gouvernement, qu’il s’unit aux partis de gauche, qu’il se nourrit des nouvelles politiques révolutionnaires, qu’il participe activement aux processus électoraux et conquiert des positions importantes modifiant les rapports de forces dans chaque pays et, partant, en Amérique latine.

Au Venezuela, depuis le premier triomphe électoral de Hugo Chávez en 1998, un grand mouvement social et politique révolutionnaire de gauche prend forme, impliquant des millions de personnes et s’opposant à l’impérialisme et à la droite nationale après être venu à bout de toutes les tentatives visant à le détruire ou de le faire changer de cap. En Bolivie, les peuples indigènes (les Quechua, les Aymara) et les métis ont remporté les élections et ont élu le premier président indigène de l’histoire de la république. Au Brésil et en Uruguay, les bastions de gauche qui avaient lutté des décennies durant ont remporté eux aussi les élections. Au Nicaragua, le front sandiniste a fini par reconquérir la présidence et, en Équateur, la tendance patriotique et démocratique de gauche a elle aussi remporté les élections de novembre 2006. Le gouvernement péroniste de l’Argentine et le gouvernement de concertation du Chili adoptent, jusqu’à un certain point, des positions de défense des intérêts nationaux. À un degré moindre, le gouvernement du Panana ose poser des conditions au gouvernement américain. En Colombie, au Pérou et au Mexique, entre autres, les forces démocratiques et de gauche ont réalisé d’importantes avancées sur le plan électoral. En Colombie, malgré l’intervention militaire directe des États-Unis, la lutte armée révolutionnaire continue à se développer et à porter de rudes coups aux forces réactionnaires.

En dépit du blocus et en faisant progresser en général sa révolution en ne comptant que sur ses propres forces, Cuba parvient à se maintenir en tant que référence pour les travailleurs et les peuples du monde, et particulièrement de l’Amérique latine. En fait, cette nouvelle situation politique en Amérique latine représente une contribution importante à la révolution cubaine.

Les travailleurs et les peuples, les partis communistes et les autres organisations politiques révolutionnaires se chargent eux-mêmes de diriger ces luttes afin de renverser le capitalisme et d’instaurer le socialisme.

Les idéaux du socialisme ont été désormais enracinés dans les têtes des travailleurs et des peuples de l’Amérique latine. Cette situation montre clairement que les réserves et le potentiel de la révolution sociale du prolétariat, du socialisme et du communisme sont frais et particulièrement bien portants, en plein développement et en croissance qualitative permanente.

D’autre part, on ne peut dénier que le pouvoir des bourgeoisies réactionnaires et l’influence des États-Unis continuent à être énormes. Selon que les processus révolutionnaires avancent, la réaction va également intensifier sa politique agressive et répressive dans le but d’étouffer ces avancées.

Dans le contexte international de notre époque, l’Amérique latine représente un point focal des contradictions fondamentales de cette époque. Dans le jardin de l’impérialisme américain, les travailleurs et les peuples luttent pour la libération nationale et sociale, ils remportent d’importantes victoires politiques à un niveau organisationnel et institutionnel et, dans certains pays, ils conquièrent même le gouvernement.

Cette situation stimule la classe ouvrière et les révolutionnaires prolétariens de touts les continents et les mettent devant la nécessité de recouvrer ces expériences en tant qu’expériences pour leurs propres luttes et, plus que tout autre chose, devant la tâche d’organiser la solidarité internationale avec les divers processus qui se développent en Amérique latine.