Contribution au 15ème Séminaire communiste international
« Expériences passées et présentes dans le mouvement communiste international »
Bruxelles, 5-7 mai 2006
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org

 

Le parti communiste et la jeunesse – le défi du futur !

Parti communiste de Slovaquie (PCS)

 

Auteur de l’article : Napísal Luboš BLAHA

 

Chers camarades,

Avant tout, je tiens à remercier le Parti du Travail de Belgique (PTB) d’avoir également mis sur pied le séminaire cette année. Au nom du Parti communiste de Slovaquie, j’aimerais vous transmettre nos remerciements fraternels et cordiaux pour votre travail.

Dans mon exposé, je parlerai de la situation de la jeunesse en Slovaquie, de ses problèmes et de ses perspectives.

L’importance de la jeunesse est tout aussi évidente pour l’avenir du parti politique. Si le parti entend se développer et non pas s’éteindre, il se doit d’attirer la jeune génération et de l’impliquer dans ses initiatives. Tout parti politique a besoin de la protection de forces jeunes et vives. Cela vaut également pour le Parti communiste de Slovaquie (PCS), qui présente quelques graves lacunes, sur ce plan.

Le travail avec la jeunesse constitue l’élément clé pour l’avenir du Parti. Sans s’adresser à la jeune génération, le Parti risque évidemment, à l’issue des futures élections, de perdre le soutien de la majorité de l’électorat, constitué jusqu’à présent de la précédente génération. Par conséquent, le travail avec la jeune génération est l’un des objectifs les plus actuels, pour l’avenir du Parti, même si, à première vue, la chose ne semble pas si importante.

Permettez-moi, maintenant, d’énumérer les sympathisants potentiels du PCS parmi les jeunes.

a) Les jeunes intellectuels des écoles supérieures et des universités ;

b) les jeunes militants dans diverses associations de gauche et alternatives ;

c) l’ensemble des jeunes ouverts aux thèmes postmodernes et qui sont frustrés par l’inhumanité du capitalisme ;

d) les jeunes laissés pour compte et sans emploi qui ne peuvent trouver de travail dans l’actuel système.

Pour chacune de ces catégories, il nous faut choisir la stratégie qui convient le mieux. Chacune d’elles est opposée au capitalisme mais, jusqu’à présent, aucune ne peut voir dans le PCS un instrument pour exprimer sa propre opposition. Partant de là, il convient que nous réexaminions ces thèmes de fond en comble.

La tâche importante consiste également à donner à la jeunesse la possibilité de se réaliser elle-même. Une approche directive découragerait la jeune génération. La jeunesse doit sentir qu’elle peut décider sans contrainte, qu’elle ne perd pas son temps au sein du Parti, que ses activités ont un but, qu’elle a la possibilité d’être activement impliquée dans la ligne politique du Parti. Le PCS a besoin de trouver un discours commun avec la jeune génération et d’adapter la ligne politique du Parti aux revendication de cette même jeune génération. La jeunesse de gauche, aujourd’hui, soutient avant tout le mouvement antiglobaliste et, par conséquent, la tâche du CPS consiste à être plus actif autour de cette question. Actuellement, les partis communistes un peu partout dans le monde interviennent autour des thèmes antiglobalistes de la politique générale. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils obtiennent le soutien des jeunes. En combinaison avec une ligne politique propre et adéquate, le Parti pourrait être en mesure d’améliorer la situation actuelle, qui n’incite guère à l’optimisme.

Nous pouvons scinder le travail avec la jeune génération selon deux stratégies différentes : primo, la propagande, autrement dit, le travail consistant à contacter de jeunes sympathisants dans le but principal de les persuader d’entrer dans le Parti et, secundo, le travail au sein même du Parti, c’est-à-dire l’approche des jeunes dans le but principal de préserver, d’utiliser le potentiel existant et de créer les espaces en vue d’un auto-accomplissement des jeunes mêmes.

Dans le cadre de la propagande, il est nécessaire d’ouvrir les thèmes auxquels la jeunesse actuelle réagit positivement, par exemple la protection de l’environnement, la lutte contre le mouvement skinhead, la paix (en insistant constamment sur la résistance contre les guerres, sur la coopération avec les mouvements pacifistes), la protection des minorités (y compris la population rom et les handicapés, la coopération avec les associations des minorités), l’antiglobalisation (via la participation active avec les organisations civiques de gauche et la participation aux forums sociaux internationaux), la lutte contre la pauvreté du tiers monde, l’éducation, le contexte européen (en insistant constamment sur le soutien international et l’incorporation du PCS dans les structures internationales de gauche, en se référant au Parti de la gauche européenne et au GUE/NGL, etc.

Dans le cadre du travail au sein du parti, le PCS devrait appuyer la formation d’unités de base. Il est nécessaire d’accorder une attention toute particulière aux étudiants des universités. Une condition importante réside également dans la création et les activités de l’union socialiste des jeunes. À cet égard, le PCS devrait également réévaluer sa ligne politique propre. Les jeunes membres devraient se voir confier des charges et des tâches responsables. Le PCS a besoin d’être rajeuni, particulièrement dans les fonctions d’encadrement des unités de base, dans les comités de district et régionaux, sans oublier au niveau du Comité central.

Il importe également de cibler le vocabulaire de la jeune génération. Pour s’adresser à la jeune génération, il est nécessaire d’utiliser le vocabulaire que celle-ci utilise. Cela signifie qu’en public, il serait utile de remplacer certains termes de l’ancien régime et d’essayer de travailler avec des termes que les jeunes comprennent parce que modernes. Le PCS devrait cesser d’exercer une influence bizarre et obsolète sur les jeunes. À cet effet, il est essentiel d’adapter les rapports du PCS avec les médias. Dans les médias et parmi le public, il est nécessaire de laisser le terrain aux jeunes, de les exhiber dans les médias afin d’asseoir nos opinions parmi le peuple et de faire en sorte que le PCS ne soit pas perçu comme un parti de vieux nostalgiques mais, au contraire, comme un parti de jeunes gens progressistes.

La question de savoir s’il existe une raison pour les solutions de gauche nous semble naturellement justifiée mais le fait est que, grâce à la publicité dans les médias, la majorité des jeunes de Slovaquie considèrent les solutions de gauche comme ringardes. La première lutte que doit lancer le PCS parmi les jeunes, c’est la lutte pour la signification même de la gauche en Slovaquie. Nous ne pouvons entamer une telle lutte en abordant des « sujets trop ardus », qui suscitent des réactions négatives de la part du public. Disons simplement qu’il est plus facile de s’adresser aux jeunes en leur dépeignant le Bohémien comme un révolutionnaire et en faisant référence à l’injustice sociale, qu’en défendant les mesures que Staline dut prendre dans un passé déjà bien lointain.

À présent, le PCS a commencé à appliquer une nouvelle approche dans le travail avec les jeunes. Ces derniers temps, la situation s’est nettement améliorée, avec la venue de nouveaux jeunes membres. Nous avons aujourd’hui des membres non seulement parmi les étudiants des universités, mais également parmi les jeunes travailleurs de toutes les régions de la Slovaquie. Nous avons également rafraîchi la position des jeunes sur les listes électorales de notre parti en vue des élections au Conseil national de la République slovaque. (Nous en profitons pour vous rappeler que ces élections vont avoir lieu le 17 juin 2006.) Parmi les vingt premières places figurent deux candidats de moins de 30 ans, dont l’un, Jozef HRDLIČKA, en sa qualité de vice-président du Parti, occupe la seconde place sur la liste. On constate également une amélioration dans la position des jeunes aux postes de direction du Parti et les jeunes sont de plus en plus actifs. La jeunesse apporte au parti le potentiel révolutionnaire dont il a besoin. Les élections parlementaires de juin nous montreront à quel point la stratégie dans le travail avec les jeunes a fonctionné et à quel point le Parti aura obtenu de bons résultats dans ces mêmes élections. Une chose est certaine : sans une jeunesse bien préparée, l’avenir du Parti ne sera pas possible. Le travail avec les jeunes devrait constituer la priorité de tout parti communiste.

Si le Parti est capable de créer une organisation de jeunes efficace et s’il est en mesure d’attirer de jeunes militants en modifiant son discours, il peut envisager des succès futurs. Si le Parti ne fait pas l’effort de travailler avec les jeunes et qu’il sous-estime leurs tâches, la jeune génération lui tournera plus tard le dos et l’énorme potentiel organisationnel du PCS se soldera par un échec.

Merci de votre attention !

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