Contribution au 15ème Séminaire communiste international
« Expériences passées et présentes dans le mouvement communiste international »
Bruxelles, 5-7 mai 2006
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org
Impact de l’Internationale Communiste sur la fondation et le développement des partis communistes dans des pays particuliers
L’Union des Populations du Kamerun (UPC)
PLAN
Brève présentation du Kamerun
Sur le plan politique : quelques rappels historiques
Sur le plan économique : principales caractéristiques de la situation économique depuis l’arrivée de Paul Biya au pouvoir
Sur le plan sanitaire et social : dégradation accélérée, désespérance de toute la jeunesse.
L’Union des Populations du Kamerun : Quelques dates qui font le parti
Etapes importantes dans les orientations du parti
L’UPC face au camp socialiste
Analyse de la situation internationale
Diktat du FMI et de la banque mondiale
Kamerun, chasse gardée de la France
Contexte international : état des forces en présence
Quelles perspectives à la domination impérialiste ? Comment construire une alternative au capitalisme
1. BREVE PRESENTATION DU KAMERUN
SUR LE PLAN POLITIQUE
Le Kamerun est formellement indépendant depuis le 1er janvier 1960.
Amadou Ahidjo, qui avait été jusque-là un servile commis du pouvoir colonial, se trouve propulsé au rang de chef de l’Etat Kamerunais. Il régnera sans partage de 1960 à 1982, par la terreur organisée par son parti unique l’UNC et sa police politique. Sous sa dictature, on dénombre près d’une vingtaine de camps de concentration ; des milliers d’hommes et de femmes croupissent dans des prisons sans aucun procès.
En 1982, Paul Biya, qui se tenait depuis des années dans l’ombre d’Ahidjo dont il était devenu le Premier ministre, accède à la magistrature suprême, Ahidjo étant considéré comme gravement malade. La France veut garantir la continuité de sa main mise sur le pays. Le parti unique est maintenu jusqu’à la fin de 1990 ; les arrestations massives et les assassinats continuent, notamment les exécutions sommaires qui ont suivi la tentative de coup d’état en 1984 où les partisans d’Ahidjo tentèrent de reprendre le pouvoir.
Entre 1989 et 1991, confronté aux luttes qui se mènent dans tout le continent (exigence d’une conférence nationale, villes mortes, bataille pour une presse indépendante …) mais également face aux pressions internationales, en outre l’alibi de la menace communiste n’existant plus, la France ne pouvait plus cautionner officiellement les régimes qui refusent le multipartisme. La dictature, et le parti unique n’apparaissent plus comme un gage de stabilité. Au Kamerun, le pouvoir proclame alors le multipartisme en 1991 mais en le dévoyant par la création d’une multitude de faux partis d’opposition. Depuis, malgré la mise en place du multipartisme, le régime de Paul Biya ne cesse d’empêcher l’instauration de la démocratie en réprimant toute manifestation (récemment contre les étudiants), en arrêtant les opposants, en empêchant directement ou indirectement les véritables partis d’opposition de mener leurs activités, en créant des UPC fantoches (l’UPC étant le seul parti qu’il craint vraiment), en affament les opposants, et enfin en truquant tous les processus électoraux du début à la fin (enregistrement sélectif des candidats, listes électorales truquées, distribution de cartes électorales fantaisistes, scrutin à un tour, bourrage des urnes, disparition des bulletins des véritables partis d’opposition…) aucun aspect de la fraude n’est négligé.
Le conseil des ministres n’est pratiquement jamais réuni, une à deux fois par an, en période faste quant à l’assemblée nationale, elle n’est qu’une chambre d’enregistrement. Ce régime a phagocyté tous les pouvoirs : exécutif et législatif, ainsi que tous les secteurs stratégiques dans les domainees économiques et sociales.
C’est un système de prédation qui a institué les détournements de fonds, la corruption, le népotisme, le régionalisme, le banditisme comme principes de gestion.
Sur le plan économique : principales caractéristiques de la situation depuis l’arrivée de Paul Biya
L’arrivée de Paul Biya en 1982 marque une accélération dans la pillage des richesses, dans la prédation (situation vraisemblablement dûe à l’arrivée d’une nouvelle équipe au pouvoir après vingt deux ans de règne sans partage d’Ahidjo). Dès les premières années, on assiste à des privatisations accélérées de tous les secteurs stratégiques (eau, électricité, chemin de fer, douanes, ports…). Tout cela au nom d’une meilleure gestion et rentabilisation mais en vérité dans l’objectif de brader les sociétés nationales en touchant des commisiions. Or depuis les privatisations, se sont par exemple des semaines entières sans eau (notamment dans les quartiers populaires) ou une eau boueuse qui sort des robinets, des journées entières sans électricité.
Le bradage des matières premières en faveur des multinationales a atteint des niveaux inégalés depuis 46 ans. La bourgeoisie nationale se confirme en tant que bourgeoisie compradore totalement à la solde du capital étranger, et aidant ce dernier à piller les richesses sans qu’une once profite au pays. Ainsi, nous assistons à la déforestation massive avec l’abattage de bois précieux et centenaires avec pour conséquence la destruction de l’écosystème dans les régions du centre-sud entraînant des modifications climatiques et sociales, notamment chez les populations pygmées. Les ressources par l’exploitation du pétrole sont versées dans des caisses noires incontrôlables. Tous les indicateurs économiques servant communément de mesure sont au rouge. Le pays a par ailleurs connu deux dévaluations du franc CFA, la réduction de moitié du salaire des fonctionnaires. Plus rien ne fonctionne dans le pays, la corruption est érigée en norme de gouvernement et touche désormais tous les échelons de la société.
Le pays est totalement sous le joug du FMI avec des plans d’ajustement structurel qui plongent la population dans toujours plus de misère, exigeant toujours plus de licenciements dans la fonction publique, toujours plus de privatisations, des exonérations de charges toujours plus importantes en faveur des multinationales. L’endettement s’est considérablement aggravé depuis le milieu des années 80 avec la dévaluation décidée par les organismes internationaux. Cette dévaluation a réduit de moitié le pouvoir d’achat des populations et a doublé le montant de la dette qui est passé de 2,9milliards de dollars en 1983 à 10 milliards de dollars. Plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le niveau de vie, 46 ans après l’indépendance atteint celui du début des années 60. Le gouvernement est extrêmement satisfait d’avoir réussi à faire classer le pays parmi les pays pauvres très endettés (PPTE). Il est évident que cette situation a des conséquences dramatiques sur le plan sanitaire et social.
SUR LE PLAN SANITAIRE ET SOCIAL : DEGRADATION ACCELEREE, DESESPERANCE DE TOUTE LA JEUNESSE
Les hôpitaux publics sont devenus des mouroirs où il faut apporter tout le nécessaire pour les soins : compresses, coton, médicaments, seringues, en plus de graisser la patte au personnel soignant. Les cliniques privées fleurissent avec des prix de journée qui dépassent le salaire mensuel de nombreux salariés. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels fiables le Kamerun fait parti des pays très fortement touchés par le VIH.
Sur le plan social , il n’y a pas de couverture sociale. De nombreuses catégories de salariés se retrouvent sans retraite, lorsqu’ils y ont droit, elles sont versées irrégulièrement. Les impôts bien que prélevés à la source pour les salariés ne sont absolument redistribués dans quelques domaine que ce soit. La grande majorité des familles ne fait qu’un vrai repas par jour lorsque ce n’est pas tous les deux jours. De nombreux enfants ne vont plus à l’école faute moyen. L’école publique ou ce qu’il en reste fonctionne à mi-temps à raison de 60 à 80 élèves par classe. Cette incurie du secteur public est « comblée » comme pour les hôpitaux, par une pléthore d’écoles privées où tout se paye. Face à cette situation, les familles sont bien souvent, contraintes de sélectionner les enfants qui vont poursuivre leurs études.
Cette situation dramatique provoque la désespérance de toute la jeunesse. Beaucoup de jeunes filles de milieux modestes sombrent dans la prostitution ou rêvent de trouver un Blanc. Le réseau de prostitution Kamerunais est un des plus développé en France mais aussi en Suisse. La plupart des jeunes sont prêts à affronter la mort pour quitter le pays, rien ni personne ne peut les arrêter. Ils étaient nombreux à Ceuta et Melilla. Ils continuent à être aussi nombreux sur les côtes mauritaniennes. Ils préfèrent affronter la mort en tentant leur « chance » plutôt que d’attendre sans rien faire.
2. L’UNION DES POPULATION DU KAMERUN : LES DATES QUI FONT LE PARTI
La lutte de l’Union des Populations du Kamerun prend ses racines dans la résistance contre le colonialisme qui, au Kamerun, fut d’abord celui de l’Allemagne, pour devenir celui de la France et de l’Angleterre pendant la première guerre mondiale. Cette lutte se poursuit aujourd’hui contre le néocilonialisme qu’incarne le régime Biya et la Françafrique.
Durant la première guerre mondiale, l’année 1917, avec la révolution socialiste d’Octobre qui se traduit par la création de l’URSS, marque un moment fondamental de la lutte contre le système de la domination de l’impérialisme. Cette situation introduit un nouveau rapport des forces, et de ce fait la résistance de notre peuple comme celles de l’ensemble des peuples opprimés, se trouve désormais dans une situation plus favorable. Après le deuxième guerre mondiale, l’impérialisme marque un recul retentissant avec l’élargissement du camp socialiste : l’avènement de la République Populaire de Chine en 1949, l’instauration de la République populaire démocratique de Corée en 1948, la République démocratique du Viet-Nam en 1945 ainsi que la victoire de Dien-Bien Phu en 19954 sur l’armée coloniale française. Puis se sont les luttes anti-impérialistes de libération nationale qui vont connaître un essor sans précédent en Asie, en Afrique, en Amérique latine.
C’est dans ce contexte que la résistance du peuple Kamerunais prend un caractère patriotique national avec la création de l’Union des Populations du Kamerun (UPC) le 10 Avril 1948 à Douala à l’initiative de Ruben Um Nyobé. Naissant dans un pays colonisé et divisé, l’UPC s’assigne comme tâche urgente la lutte pour la réunification et l’indépendance nationale. Sous la direction de l’UPC, les mots d’ordre de réunification et d’indépendance vont organiser la résistance des Kamerunais contre la puissance coloniale et contre les représentants locaux que sont Ahidjo et Biya. C’est pourquoi l’ennemi à abattre est l’UPC, la répression contre le parti et l’assassinat de ses principaux dirigeants et cadres en est la preuve :
L’implantation de l’UPC dans tout le pays se fait à partir du mot d’ordre « indépendance et réunification immédiate ». Le travail de mobilisation et d’organisation des masses populaires aboutit à la constitution d’un vaste front-uni national en 1955. Dès la première réunion de ce front, le 22 avril 1955, toutes les organisations proclament le déchéance des puissances des autorités coloniales et exigent l’indépendance et la réunification immédiates. Le mois suivant les organisations patriotiques menées par l’UPC adoptent le 22 Mai, le drapeau national (crabe noir sur fond rouge) et organisent des manifestations pacifiques à travers tout le pays. Le point culminant devait être la journée du 25 Mai 1955. Le haut commissaire de la France, Roland Pré fut chargé de la mission de liquidation de l’UPC. Il fit venir des troupes du Sénégal et de l’ex Afrique équatoriale qui se joignirent à celles déjà sur place. Le 25 Mai 1955 Roland Pré donne l’ordre à ses troupes de tirer sur les manifestants. C’est par milliers que des patriotes furent massacrés à travers tout le pays. Dans la seule ville de Douala des quartiers populaires entiers sont rasés. Les jours suivants la chasse est donnée aux patriotes en particulier aux militants de l’UPC qui sont poursuivis et abattus comme du gibier. De nombreux dirigeants et cadres du parti ont subi le même sort. Le tournant décisif dans la lutte du peuple Kamerunais sera Mai 1955.
Le 13 Juillet 1955 le conseil des ministres français décrète la dissolution de l’UPC , de la JDC (jeunesse démocratique camerounaise), de l’U.DE.FE.C) Union Démocratique des Femmes du Kamerun. C’est dans ces conditions se trouve contrainte à la clandestinité et à organiser la lutte armée considérant que c’était le seul moyen qui lui restait pour poursuivre sa lutte de libération nationale. Il s’agit d’un tournant tant dans la forme que dans le fond, les orientations du parti se radicalisant également, la nature de classes de cette lutte apparaissant plus nettement. Cette tendance ne fit que se confirmer lors l’indépendance confisquée avec l’installation d’un homme de main des colonialistes.
Ruben Um Nyobé, fondateur du parti et secrétaire général , assassiné le 13 Septembre 1958, à la suite d’un piège tendu pour sortir du maquis.
Félix -Roland Moumié, président du parti, empoisonné en Suisse par William Betchel membre des services secrets français, le 3 Novembre 1960.
Assassinat de Osendé Afana au maquis en 1966.
Ernest Ouandié, vice-président puis président du parti après l’assassinat de Moumié, assassiné dans sa ville natale à Bafoussam après une parodiede procès le 15 Janvier 1971 pendant le procès de Burgos qui fut tant médiatisé alors que l’assassinat de Ouandié qui refusa qu’on lui bande les yeux pour aller au peloton d’exécution fut à peine évoquer par les médias.
DIKTAT DU FMI ET DE LA BANQUE MONDIALE : KAMERUN CHASSE GARDEE DE LA FRANCE
Depuis 1960, le Kamerun a connu une main mise de la France, des multinationales et des instances internationales. A la charnière de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale, non loin de l’Afrique australe mais aussi maillon entre l’Afrique « francophone » et l’Afrique « anglophone », le Kamerun occupe une place géo-stratégique importante. Par ailleurs c’est un pays qui regorge de richesses : cacao, café, banane, bois, caoutchouc, élevage, pêche mais également au niveau du sol et du sous-sol : pétrole, or, diamant, saphir, bauxite (5ème gisement mondial), rutile(2ème réserve mondiale) , cobalt, nickel, manganèse, fer, gaz. Autant d’éléments qui attisent la convoitise de nombreux prédateurs qui sont prêts à tout pour maintenir leur domination. Cette situation explique le soutien inconditionnel des puissances occidentales à Paul Biya.
Autre élément non négligeable dans la volonté impérialiste de maintenir le Kamerun sous sa botte, est l’existence de l’UPC qui malgré l’assassinat de ses dirigeants successifs (de 58 à 71) a survécu en maintenant le cap sur le plan de ses orientations de base, de son combat, de son refus des compromissions avec le régime néo-colonial. Cela est insupportable à tous ceux qui, au Kamerun, en Afrique veulent faire apparaître tous les militants comme corrompus ou corruptibles. Les impérialistes français et autres sont parfaitement conscients que l’arrivée au pouvoir de l’UPC changerait fondamentalement la donne pour le Kamerun mais au-delà pour toute la région d’Afrique centrale voir pour l’Afrique toute entière n’a eu de cesse de mettre au cœur de ses orientations la question du panafricanisme révolutionnaire, convaincue que le sort du peuple Kamerunais est indissociablement lié au sort des peuples africains.
3. CONTEXTE INTERNATIONAL ET LES FORCES DE PROGRES
L’UPC a souffert des contradictions du bloc socialistes, ses militants se divisant en pro- chinois et pro soviétiques. Cette situation a eu des conséquences néfastes pour l’avancée de la lutte. 1971, avec l’assassinat du président Ouandié a constiué un tournant avec une mise à distance et un regard critique sur les expériences socialistes d’URSS et de Chine mais aussi et surtout avec une volonté d’élaboration d’une stratégie et d’orientations propres.
Depuis l’effondrement du bloc socialiste, le monde bipolarisé s’est unipolarisé, le camp capitaliste avec pour chef de file les Etats-Unis est devenu totalement hégémonique. Ce camp tente de faire sa loi sur la planète entière y compris en intervenant militairement lorsque ses intérêts sont en jeu. L’Irak en est un exemple flagrant et indique tout le cynisme, toute la monstruosité auquel est prêt ce camp, c’est aujourd’hui l’Iran qui est dans le collimateur. Cette position cristallise un peu plus encore les intégrismes moyennageux qui semblent être la seule réponse que certaines forces apportent à cette menace. Ce rapport des forces s’impose dans toutes les instances qui sont censées réguler les rapports internationaux mais qui sont en fait soumises aux seuls intérêts du G8.
En Afrique cela se traduit par le maintien de régimes dictatoriaux ou anti-démocratiques (Tchad, Togo, Kamerun, Gabon) ou encore des incursions contre les états qui tentent de se dégager de l’étau de la françafrique telle la Côte d’Ivoire.
Dans le monde, peu de pays se réclament toujours du socialisme mais ils semblent plutôt préoccupés de mettre en place le développement capitaliste, ils donnent tous les signes d’être dans des processus de réintégration plus ou moins accéléré dans le carcan du capitalisme mondial .
En Europe de nombreux partis communistes nés au début du siècle dernier avec la 3è Internationale ont changé de nom vraisemblablement pour éviter d’être toujours taxés de communistes. D’autres, même en gardant le nom, ont considérablement modifié leurs orientations.
En Afrique, l’état des lieux des forces se réclamant du socialisme est accablant. Dans beaucoup de cas, c’est le mutisme sur les orientations socialistes. Parmi les partis au pouvoir qui revendiquaient d’être des partis des travailleurs, on observe soit un effondrement au niveau de l’orientation affichée soit un ralliement aux orientations capitalistes, sans parler des socialismes dits arabes.
Chez les militants africains qui sont dans l’opposition et dont les partis étaient socialistes ou se réclament encore du socialisme, il y a l’adaptation à l’égard du pouvoir en place.
Il est clair que ce tableau des forces en présence engendre des interrogations quant aux perspectives d’avenir notamment sur la nature des alternatives, sur les stratégies à construire pour les forces se réclamant du socialisme.
QUELLES PERSPECTIVES CONTRE LA DOMINATION IMPERIALISTE ? COMMENT CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE AU CAPITALISME ?
Il y a une recomposition des forces qui tentent de se constituer en alternative au capitalisme à travers l’atermondialisme, regroupant certes des forces diverses et disparates mais qui peuvent faire le creuset de quelque chose visant qui remet en cause l’ordre mondial existant et le rôle des multinationales et des organismes internationaux (OMC, FMI, Banque mondiale, Union européenne…). Il est essentiel de renforcer, de raffermir les liens de solidarités entre militants révolutionnaires africains et militants révolutionnaires des pays du nord. Ceux-ci doivent informer sans relâche leurs opinions publiques de ce que font leurs états en leur nom, du rôle qu’ils jouent dans le pillage de l’Afrique, des famines, des guerres, du soutien aux dictateurs. Ils doivent être un relais précieux des luttes qui se mènent sur le continent car plus ces luttes seront popularisées et soutenues à l’extérieur, moins les dictateurs africains et leurs maîtres étrangers auront les mains libres.
Pour ce qui est du Kamerun, les prochaines échéances électorales auront lieu (si elles ne sont pas reportées) en 2007, des réseaux militants doivent se créer partout pour empêcher la fraude électorale dans tout le pays. Les militants des pays du nord doivent mettre une pression incessante sur leurs états afin que ceux-ci soient contraints de cesser leur soutien aux dictateurs pour qu’enfin les militants progressistes, révolutionnaires africains réfléchissent, élaborent des stratégies qui permettent de sortir des griffes de l’impérialisme et de construire de vraies alternatives au capitalisme, seul moyen de sortir l’Afrique et les peuples africains du marasme dans lequel ils se trouvent.
Il faut renouer avec de véritables traditions internationalistes sans paternalisme ni volonté d’inféodation en se respectant et en faisant confiance à l’intelligence collective des peuples et de leurs organisations de classe. C’est la seule voie qui permettra de construire un autre monde au service des peuples non plus au service du capital ou des multinationales.
Pour l’Union des Populations du Cameroun
Augusta Epanya Albert Moutoudou.