Contribution au 13ème Séminaire communiste international
Bruxelles, 2-4 mai 2004
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org
Parti Socialiste de Lituanie
Lituanie
Vladimiras Troshenka,
Premier vice-président du Parti Socialiste de Lituanie
Le 2 avril 2004, la Lituanie est devenue membre de l’Otan. Immédiatement après cela, sans tenir compte de la Constitution lituanienne, qui interdit des bases militaires étrangères sur le territoire de la Lituanie, les premiers soldats de l’Otan sont arrivés dans le pays, accompagnés d’une campagne de publicité énorme et pathétique. De pair avec les soldats, l’espace aérien est «défendu» par 4 chasseurs F-16 vétustes, venus de Belgique.
Les soldats de l’Otan et les avions ont occupé l’ancien aérodrome des forces aériennes de l’Union soviétique dans la ville de Chiauliai. De là, ils patrouillent l’espace aérien de la Lituanie, mais aussi des autres deux petits Etats baltes, la Lettonie et l’Estonie.
La radio nationale, la télévision et la presse nous inculquent inlassablement, qu’aujourd’hui la Lituanie est enfin en sécurité. Notre seul journal marxiste Oppozitsia essaie de contrecarrer l’avalanche de publicité pour l’Otan et d’ expliquer objectivement et honnêtement aux gens toute la perfidie et la contradiction interne de cette décision, prise par nos politiciens capitalistes vendus, en dépit de la volonté du peuple.
Le caractère anti-populaire de l’entrée de la Lituanie dans l’Otan est illustré par le fait qu’en moins d’un mois, 5 soldats et officiers de l’Otan ont été tabassés pour différentes raisons. Cela signifie que les soi-disant «défenseurs» ne jouissent d’aucun respect parmi les masses. De plus en plus de faits témoignent également que ce n’étaient pas des hooligans qui ont battu les soldats. Contrairement à ce que les médias prétendent, il s’agissait d’actions délibérées et conscientes contre la présence des militaires de l’Otan en Lituanie. Déjà le seul fait que la police, qui accuse les hooligans locaux de tout, ne peut nulle part les trouver, malgré le battage dans la presse, augure du caractère des évènements.
Le pire dans cette aventure du siècle, c’est que la Lituanie était un pays paisible et épris de liberté. Par imprévoyance ou la mauvaise volonté de quelques politiciens, notre pays est aujourd’hui entraîné dans la guerre en Irak. Que nous le voulions ou non, nous sommes devenus une cible pour les terroristes du monde entier. Considérant qu’en Lituanie se trouve une des plus grandes centrales nucléaires d’Europe, la situation est devenue littéralement explosive.
Avant l’adhésion de la Lituanie à l’Otan, nous n’avions pas d’ennemis évidents. Après l’adhésion, et les paroles fameuses de Georges Bush junior, prononcées à Vilnius aux représentants de Lituanie, Lettonie et Estonie - «A partir d’aujourd’hui tous les ennemis de la Lituanie deviennent aussi des ennemis des Etats-Unis» - la Lituanie est automatiquement devenue l’ennemi de tous les ennemis des Etats-Unis. Ceci inquiète et irrite toutes les forces progressistes et humanistes de Lituanie. Les médias mentent ouvertement et cachent ce problème. En même temps, notre parti n’a pas suffisamment de moyens pour informer efficacement la population de cette propagande ouverte pour l’impérialisme et pour la guerre et du danger qu’elle comporte.
J’estime que nous devons revoir nos conceptions fondamentales du monde et s’unir pour la lutte commune contre la domination du capital mondial et ses actes impérialistes.