Bruxelles, 2-4 mai 2004
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Nouveau Parti socialiste du Japon
Japon
Cette tendance se caractérise par les points suivants :
Les manifestations contre la guerre en Irak se poursuivent dans les rues du Japon et elles rassemblent généralement plusieurs milliers de participants. En comparaison avec les quelque 20.000 manifestants du printemps dernier, le nombre de participants a baissé. Les luttes, toutefois, ont conservé un certain ressort, dans le cadre d’une campagne commune dépassant le Parti communiste du Japon et le Parti social-démocrate, mais rassemblant également le Nouveau Parti socialiste et les deux centrales syndicales nationales (l’une, sous la direction du Parti communiste, l’autre, sous celle du Parti démocrate), qui jouent un rôle important au sein des mouvements pour la paix et contre la guerre.
Le principal désavantage réside dans le fait que la participation est beaucoup plus faible que dans les pays européens et nord-américains. Par exemple, au cours d’une récente manifestation de cinq mille personnes, la moitié des participants seulement provenaient des syndicats. Ceci, parce que la principale centrale nationale, l’Union Rengo (Confédération des Syndicats japonais), est surtout composée de syndicats dirigés et noyautés par le monde des (grosses) affaires et que le Parti démocrate (le principal parti d’opposition), soutenu par l’Union Rengo, répugne à se joindre aux mouvements contre la guerre, puisqu’il est d’accord avec la très controversée législation en matière de guerre.
Un autre point faible réside dans le fait qu’une tendance chauvine, dirigée contre la Corée du Nord (la République populaire démocratique de Corée), a acquis jusqu’à un certain point une reconnaissance sociale, instiguée par les bons soins de la classe dirigeante via une illustration du problème des « missiles Teapodong » et du « problème de l’enlèvement de Japonais ». Un sentiment a donc germé au sein de la population : la guerre en Irak n’est pas acceptable, mais le gouvernement ne peut éviter de légiférer sur une éventuelle attaque de la part de la Corée du Nord ni de promouvoir la mise en place d’infrastructures militaires. C’est pourquoi, dernièrement, le Parti social-démocrate n’a pas été capable de s’opposer à la loi sur les sanctions économiques contre la RPDC (seul le Parti communiste a formulé des objections).
Au départ de ces tendances chauvines, la Constitution japonaise est plus fréquemment attaquée par diverses motions visant l’amendement de l’Article Neuf, lequel interdit toute forme de guerre pour régler des contestations internationales et confirme la non-possession de forces armées. Le Parti démocrate, le principal parti d’opposition, est favorable à la révision de la Constitution, bien qu’il soit opposé à l’envoi en Irak de troupes des Forces japonaises d’autodéfense, s’appuyant ici sur le fait qu’il n’existe pas de résolution des Nations unies en la matière. Seuls le Parti communiste et le Parti social-démocrate s’opposent à cette révision de la Constitution, mais ils n’occupent que 15 sièges sur les 480 de la Chambre des Représentants et 26 sur les 249 de la Chambre des Conseillers (le Nouveau Parti socialiste n’a actuellement aucun siège à la Diète, puisqu’il a perdu les cinq sièges qu’il y occupait). Les partis gouvernementaux ont prévu de revoir la Constitution au plus tôt en 2007.
Vu les circonstances, il est urgent que nous bâtissions rapidement un front uni afin de contrer les campagnes pour l’amendement de la Constitution. Les mouvements anti-guerre et pour la paix au Japon dépendent de notre capacité à mener à bien la constitution d’un tel front. Le Nouveau Parti socialiste, positionné entre le Parti communiste et le Parti social-démocrate, fait des efforts afin de mettre sur pied des luttes communes parmi les mouvements civiques et les mouvements ouvriers militants. Les effets commencent déjà à se répandre dans tout le pays.
Pour l’instant, le Nouveau Parti socialiste dresse des listes de candidats en vue de la représentation proportionnelle dans l’élection de la Chambre des Conseillers, en juin 2004, avec des partis politiques et groupes civiques qui s’opposent à l’amendement de la Constitution. Par ces efforts, le nombre de sièges défendant la Constitution au sein de la Diète devrait rapidement augmenter.
Au Japon, les mouvements populaires contre la mondialisation, le néo-libéralisme et la guerre ont un retard considérable, comparés à leurs homologues en Europe et en Amérique du Nord. Ces lacunes ne pourront être comblées que par une relance du mouvement ouvrier, inspirée par un esprit révolutionnaire. Le Nouveau Parti socialiste du Japon, du fait qu’il est socialiste, est bien décidé à s’appliquer à cette tâche.
Nous, membres du Nouveau Parti socialiste du Japon, souhaitons un grand succès à ce Séminaire communiste international organisé par votre éminent parti.