Contribution au 13ème Séminaire communiste international

«La stratégie et la tactique de la lutte contre la guerre globale impérialiste des Etats-Unis».

Bruxelles, 2-4 mai 2004
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org

Parti Toudeh d’Iran
Iran

 

La situation du monde actuellement :

Le monde souffre de l’injustice, de l’inégalité, de la pauvreté, de la guerre et du sang versé.
Quotidiennement, des millions de personnes sont en difficulté et leur vie est brisée. Ils ne voient aucun moyen de se sortir de la famine, de la maladie, de l’insécurité, de la pauvreté et du désarroi.
Dans ces conditions déplorables, une partie de la population, désespérée, incapable de changer la situation, assiste à l’agonie des familles. Une autre partie comme les Argentins, sous la pression de la famine et la pression économique descendent dans la rue et se révoltent. Un grand nombre aussi, quittent leur pays, leur famille, leur lieu de naissance et se déplacent d’un pays à l’autre pour arriver à la terre promise et sur ce chemin sont confrontés au racisme, au mépris et à la discrimination.
Il y a encore un grand nombre de pays dictatoriaux dont les populations combatives subissent la torture, la prison et l’exécution. Dans ces pays non seulement la population souffre de la pauvreté, mais aussi de la répression. Ces régimes sont capables de sacrifier une génération pour leur profit personnel et pour garder le pouvoir. Le régime moyenâgeux de la République islamique en est l’exemple.

Néolibéralisme et «la mondialisation» du capital

Suite à la révolution technologique dans les années septante, le système capitaliste a pu, avec l’accumulation du capital, imposer son pouvoir économique sur le monde, et intervient dans l’économie nationale des autres pays. Et de cette manière, il a pu mener sa politique impériale. Cette politique néolibérale ne pouvait pas limiter dans le cadre des relations, les protocoles et les conventions existantes. Donc, il fallait s’organiser d’une nouvelle manière. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, les théoriciens du système capitaliste ont annoncé le « nouvel ordre mondial » dont le néolibéralisme était un des caractères principaux.

Les caractères principaux de la politique néolibérale sont les suivants :

 

Les conséquences nuisibles du néolibéralisme :

L’emprise de la politique néolibérale sur le monde a eu des conséquences désastreuses sur la vie des travailleurs. De sorte qu’elle a atteint tous les domaines et les besoins élémentaires de la population.

La politique néolibérale mène notre planète vers la destruction et le désastre. Elle est la cause de ces conséquences nuisibles à l’échelle planétaire :

Dans ces conditions, parallèlement, la crise du système capitaliste s’accentue. Les faillites et les scandales de grandes compagnies financières comme Enrons et Anderson aux Etats Unis et Parmalat et Vivendi en Europe pour des raisons de corruption financière, se succèdent. Et ils montrent la profondeur de la crise du système capitaliste néolibéral. La politique agressive du gouvernement américain Aujourd’hui, la politique menée par les politiciens au pouvoir aux a eu des conséquences désastreuses sur la vie des travailleurs. De sorte qu’elle a atteint tous les domaines et les besoins élémentaires de la population.

La politique néolibérale mène notre planète vers la destruction et le désastre. Elle est la cause de ces conséquences nuisibles à l’échelle planétaire :

Dans ces conditions, parallèlement, la crise du système capitaliste s’accentue. Les faillites et les scandales de grandes compagnies financières comme Enrons et Anderson aux Etats Unis et Parmalat et Vivendi en Europe pour des raisons de corruptions financières, se succèdent. Et ils montrent la profondeur de la crise du système capitaliste néolibérale.

 

La politique agressive du gouvernement américain

Aujourd’hui, la politique menée par les politiciens au pouvoir aux Etats-Unis nous dévoile les objectifs de cette doctrine fondée sur l’emprise et l’hégémonie sans limite de l’impérialisme américain sur le monde.
L’attaque terroriste du 11 septembre a donné le prétexte nécessaire au président Bush et aux forces néoconservatrices du gouvernement américain, d’intensifier leur politique d’agression dans tous les domaines économiques, politiques et militaires.
Au début 2002, le président Bush a défini ainsi sa politique en annonçant au Congrès des Etats-Unis : «Nous empêchons les terroristes et les pays qui produisent des armes chimiques et biologiques de menacer les Etats-Unis et le monde.»

Les néoconservateurs au pouvoir aux Etats-Unis ne cachent pas leur intention et leurs projets de redéfinir les frontières et de transformer la géopolitique du monde. Ces projets reposent sur l’action unilatérale, la mobilisation militaire permanente et la guerre préventive.
La guerre préventive signifie : «Si le gouvernement américain décide unilatéralement qu’un pays représente une menace future pour les Etats-Unis… il interviendra préventivement pour éliminer la menace et si nécessaire procèdera à un changement du régime.». Un autre rapport de l’Office du Ministère des Affaires étrangères américain mentionne : «Pour défendre les Etats-Unis et les intérêts américains dans le monde, nous identifions les centres de danger et nous les supprimons avant qu’ils n’atteignent les Etats-Unis…».
Avant l’attaque militaire des Etats-Unis en Irak, dix millions de manifestants, le même jour, dans le monde, ont montré leur opposition à cette guerre impérialiste.

 

Les intérêts stratégiques du gouvernement libéral aux Etats-Unis

Le but principal de l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats-Unis consiste en un vaste projet qui doit assurer leur suprématie et leur hégémonie sur le monde. Ces stratégies doivent, en premier lieu, garantir les intérêts des compagnies pétrolières et d’armement.
Après le 11 septembre, le processus des événements et la politique menée par les Américains nous retracent une partie de ce projet que nous mentionnons en résumé :

1. Harmoniser toutes les conventions, les traités et les lois internationales dans l’intérêt général du capitalisme américain. Et, en cas d’opposition de la communauté internationale, comme le refus des nations, les Etats-Unis mènent leur politique unilatérale et en transgressant toutes ces conventions.
L’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan et le refus de signer le traité de «Kyoto » qui permet de contrôler les gaz nocifs et dangereux des industries, sont des exemples de cette politique arrogante.

2. Créer des conflits et des guerres régionales et la militarisation du monde.
En 1992, Paul Wolfowitz, vice-Président du Ministère de la Défense des Etats-Unis, met ainsi en avance la politique agressive de son pays : «Les Etats-Unis déploient leur force pour gérer l’ordre mondial et même si nécessaire de manière unilatérale et préventive… Notre premier objectif est d’empêcher un nouveau rival…. où il y aurait des sources suffisantes pour produire l’énergie de la planète. Ces régions comprennent des pays de l’Europe occidentale, de l’extrême orient et des anciens pays de l’Union soviétique.»
La politique guerrière des Etats-Unis est conforme aux intérêts des grandes compagnies pétrolières et d’armement. Les grandes compagnies d’armement sont les premières bénéficiaires des conflits et des guerres dans le monde. C’est suite à cette politique d’agression que les Etats-Unis ont augmenté leur budget d’un milliard pour atteindre les 396 milliards de dollars.
La guerre en Irak a aussi évoqué la division entre les pays capitalistes. Une grande partie des pays européens, en particulier l’Allemagne et la France ont manifesté leur opposition à la guerre en Irak et à l’action politique unilatérale du gouvernement Bush. Dans ce cadre, le 18 février, les chefs d’Etat de l’Allemagne, de la France et de l’Angleterre se sont réunis pour se concerter et aborder la politique de la communauté européenne envers les Etats-Unis.

3- Le contrôle des sources pétrolières
Les pays du moyen orient possèdent plus de 70 pour cent des réserves pétrolières du monde. Selon l’estimation des spécialistes américains, l’économie et la technologie des Etats-Unis seront encore plus dépendantes du pétrole dans les deux décennies à venir.
Après l’Arabie Saoudite, l’Irak est le deuxième pays qui a les plus importantes réserves pétrolières de la région. Sans doute, le pétrole de cette région est l’enjeu déterminant pour les stratégies américaines, lorsqu’on sait que dans les années à venir les industries des pays occidentaux, de la Chine et de l’Inde et … seront davantage dépendantes du pétrole pour faire tourner leur économie. Donc, le contrôle du pétrole de la région du moyen orient facilite la domination stratégique des Etats-Unis sur le reste du monde.

4- Le projet de « grand Moyen-Orient », et la résolution du conflit de Palestine
Depuis plusieurs semaines, les Américains ont présenté le projet de «grand moyen orient» qui consiste à moderniser la région. Au cours de la conférence de Munich, les 8 et 9 février, en présence des dirigeants des pays de l’Otan, l’Union européenne s’est aussi montrée favorable à la réalisation de ce projet. A propos de cette conférence, le Financial Times a écrit le 9 février : «L’idée d’une initiative d’action transatlantique pour la paix, la sécurité et la démocratie au moyen orient est en train de se construire.»
Mais quelle est la véritable intention de l’impérialisme mondial derrière la «modernisation» et la «démocratie» dans cette région lorsque, dans le texte principal, il mentionne : «la réduction du rôle et de l’intervention du gouvernement dans le projet économique, le renouvellement et la réduction des obstacles douaniers… la participation des investisseurs étrangers pour réaliser les grands projets économiques, le développement du marché libre…»
Ce projet repose sur la poursuite de la politique de la Banque Mondiale et du FMI dans tous les pays, avec des conséquences désastreuses sur l’ensemble de la région et la vie économique de la population. Ce projet transforme les gouvernements en un organe en faveur des intérêts du monde capitaliste. Après le 11 septembre, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement Sharon a mené une guerre inhumaine et appliqué le terrorisme d’Etat contre le peuple palestinien et il continue, en freinant toutes les résolutions de l’ONU, à construire des colonies et le mur sur le territoire palestinien. Cette politique se mène avec le soutien du gouvernement Bush et des milieux réactionnaires aux Etats-Unis. Au point de vue politique au proche orient, la stratégie de l’Amérique d’occuper l’Irak est sensée arrêter la propagation de l’intégrisme islamique, affaiblir le soutien à la résistance palestinienne et amener la Palestine et les autres pays arabes et musulmans à accepter les conditions imposées par Israël. Elle vise aussi à placer les Etats-Unis au cœur de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) afin de contrôler les prix de pétrole.
Mais au contraire de cette prétention du gouvernement américain de lutter contre le terrorisme, la position des forces fondamentalistes islamiques est renforcée dans la région. Et une grande partie de la population de cette région considère la présence militaire et la politique des Américains comme «une guerre religieuse contre l’Islam». Et elle est influencée par la propagande des fondamentalistes islamiques. L’attaque terroriste en Turquie, au Maroc, et dernièrement en Espagne et en Arabie Saoudite en sont les exemples.

 

Le devoir des forces démocratiques et progressistes du monde contre la «mondialisation» du capital et la politique agressive et militarisée des Etats-Unis

Avec la manifestation à Seattle en 1999, le mouvement anti-mondialisation du capital et anti-impérialisme a pris un nouvel élan. Depuis, ce mouvement a pu montrer ses capacités en organisant quatre grands forums sociaux européens en Italie et en France, et au niveau mondial, au Brésil dernièrement, à Mumbay en Inde, et a aussi pu manifester au cours des différentes assemblées des pays capitalistes et G8 (Suède, Italie, Belgique…). Au cours de ces assemblées, le mouvement anti-mondialisation a pu déterminer une partie de ses devoirs afin de mieux mener ces combats. A notre avis, suite à la politique d‘agression du néolibéralisme, les devoirs ci-dessous sont des priorités pour le mouvement communiste et démocratique :

1- Lutter pour la paix. Dans les conditions actuelles du monde, la lutte pour établir la paix mondiale vu la politique militariste de l’impérialisme, est une tâche déterminante pour le mouvement des travailleurs et des forces progressistes.
L’impérialisme mondial non seulement est à l’origine des guerres et des conflits dans le monde, mais aussi il donne le prétexte nécessaire aux forces réactionnaires et dictatoriales dans différents pays pour réprimer le mouvement populaire et les forces progressistes et démocratiques dans ces pays. Le régime dictatorial religieux dans notre pays est un exemple. Lorsque le mouvement social de notre pays prend une ampleur, le régime opprime la population sous prétexte de «menaces étrangères». Aujourd’hui, la lutte pour la paix mondiale et aussi le combat pour la démocratie et justice sociale en Afrique est fort lié au combat du mouvement anti-mondialisation.

2- Le renforcement de rôle des Nations Unies et le renouvellement de son prestige
Actuellement, l’ONU est la seule instance internationale qui permette aux pays du Sud de présenter leurs plaintes juridiques. Lorsque les forces réactionnaires néoconservatrices au pouvoir aux Etats-Unis veulent affaiblir le rôle de l’ONU et aussi discréditer les autres institutions indépendantes et non-gouvernementales, il est de notre devoir de soutenir ces organisations. Nous avons aussi conscience du rôle et de l’influence des grands pays capitalistes sur l’ONU, qui abusent massivement de leurs droits de veto, dans le sens des intérêts de la politique impérialiste mondiale. Donc, la lutte pour récuser le droit de veto des cinq membres permanents de cette organisation est indispensable.

3- Le soutien et la relation renforcée avec le mouvement anti-mondialisation (altermondialiste)
Il est du devoir du mouvement communiste et progressiste de renforcer ses liens avec le mouvement social mondial. Notre présence active dans ce mouvement et la contribution active en élaborant des solutions et le programme concret peut augmenter le poids des forces de gauche et des communistes au sein de ce mouvement. Ce mouvement souffre encore du manque de certaines politiques déterminantes et radicales qui lui permettrait d’avancer dans sa lutte contre l’impérialisme. Il souffre aussi de l’absence des partis communistes et progressistes au sein de son organisation ou l’absence de lutte parlementaire afin de changer le rapport de force au profit des forces anti-mondialisation et anti-impérialistes.

4- Le soutien aux mouvements sociaux qui luttent pour la paix, la liberté, la démocratie et la justice sociale
La lutte contre la politique d’agression de l’impérialisme prend de l’ampleur lorsque le mouvement démocratique de chaque pays se libère du régime despotique en place. Dans ce cadre, le soutien à la lutte des peuples de ces pays contre la dictature joue un rôle décisif contre la politique néolibérale de l’impérialisme. Défendre ou soutenir les dictateurs, surtout au moyen orient qui, à cause de leurs idées rétrogrades et religieuses, se montre anti-impérialistes a des conséquences graves sur le mouvement des citoyens et des forces progressistes et démocratiques. Au moyen orient, ces régimes sont la cause principale du renforcement des forces fondamentalistes islamiques.

5- La globalisation de la lutte sociale des citoyens du monde
Aujourd’hui, malgré les efforts continuels des forces communistes et progressistes, la lutte anti-impérialiste n’a pu être globalisée et prend une ampleur populaire à l’échelle mondiale. Actuellement, les rapports de forces ne sont pas en faveur des forces démocratiques face à l’agression néolibérale. Ils ne peuvent empêcher la politique guerrière de l’impérialisme mondial. Ainsi, la manifestation de plus de 10 millions de citoyens du monde, le même jour, n’a pu entraver l’occupation de l’Irak. Pour changer le rapport de force au profit de l’intérêt général des citoyens, la mobilisation et la globalisation de notre combat sont primordiales. Il faut mobiliser la population du monde autour des revendications liées à sa vie quotidienne, avec des slogans qui sensibilisent la population des régions les plus lointaines. A notre avis, dans les conditions actuelles du monde, la déclaration des droits de l’homme est une base solide pour la globalisation de la lutte des citoyens du monde contre l’agression néolibérale et la politique de militarisation de l’impérialisme. La préparation de plusieurs pétitions à l’échelle mondiale qui mettent en avance les revendications simples et compréhensibles comme «la paix dans le monde», «la pauvreté est illégale dans le monde», «c’est un droit naturel pour les êtres humains d’avoir accès à l’eau potable», «c’est le droit de tout citoyen de profiter du bien-être du monde», peut sensibiliser et mobiliser le monde entier. En menant l’action commune de tous les démocrates en premier lieu, les forces communistes et ouvrières sont capables de mobiliser des milliards de personnes sur la planète autour de ces revendications. Les signatures peuvent être présentées devant les instances de l’ONU et mobiliser l’opinion publique pour faire repousser le système capitaliste.