Bruxelles, 2-4 mai 2004
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CPI (ML) Red Flag - Inde
A. L’impérialisme américain aujourd’hui : son orientation
fondamentale vers la militarisation, la guerre et le fascisme
L’invasion et la colonisation de l’Irak par l’axe impérialiste américano-britannique, l’agression brutale, hautes technologies à l’appui, qui a ravagé le pays, l’étalage flagrant de la force déployé dans les villes et villages irakiens, l’oppression et les brimades subies par les citoyens, la barbarie des doctrines de Bush à propos de sa nouvelle guerre et de son nouvel ordre mondial en vertu duquel il menace d’étendre l’occupation de l’Irak à la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, Cuba ou à tout autre pays en guise de prolongement de la guerre contre la Yougoslavie, en 1999, et contre l’Afghanistan, en 2001, d’imposer l’hégémonie américaine partout et dans tous les domaines, voulant ainsi transformer le 21e siècle en celui de la pax americana... Toutes ces mesures visent à étendre la globalisation impérialiste au domaine militaire, aux guerres d’agression, en vue de surmonter la nouvelle crise économique mondiale qui a éclaté à la fin du précédent millénaire.
En analysant la situation des années 1930, le Komintern avait expliqué que « la crise économique la plus profonde de l’histoire du capitalisme » et les modifications des rapports de force entre classes à l’échelle mondiale, vu l’hostilité croissante envers les forces impérialistes, poussaient de plus en plus la bourgeoisie dirigeante à chercher le salut dans le fascisme, lequel représente les sections les plus réactionnaires de cette bourgeoisie dirigeante. Si le fascisme hitlérien représentait les intérêts du capital financier, les grands groupes industriels et l’aile d’extrême droite des forces politiques, étatiques et militaires, l’actuelle administration de Bush représente le capital financier américain le plus agressif, lequel a acquis une richesse et une influence énormes au cours des boums boursiers des années 1980 et 1990, en même temps que les forces néo-conservatrices qui recourent même aux évangiles pour masquer sous un vernis fondamentaliste leurs intentions particulièrement agressives. L’impérialisme américain a lui-même écrasé le fascisme hitlérien durant les décennies de l’après-Seconde guerre mondiale en se souillant du sang des citoyens du Japon, de la Corée, du Vietnam, des pays des Balkans, de l’Afghanistan, de l’Irak et de bon nombre d’autres pays, et il a dépensé des centaines de milliards dans ses campagnes militaires barbares. Par le biais de sa politique militariste visant à imposer son hégémonie au monde entier, il agit en Etat hyper-terroriste n’ayant rien à envier au fascisme. Conformément au Projet pour un Nouveau Siècle Américain (Project for the New American Century – PNAC), il propose de repositionner ses bases militaires permanentes en Europe méridionale, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, de continuer à moderniser sa force de frappe, de développer et déployer son Système mondial de défense (Global Defense System – GDS) et d’également accroître sa domination stratégique de l’espace, multipliant encore, de la sorte, ses dépenses militaires.
Selon la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis, telle que l’a annoncée Bush en septembre 2002, l’impérialisme américain revendique le droit de se livrer à des frappes préventives et de recourir, pour ce faire, à des armes chimiques, biologiques et nucléaires. « La stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis reposera sur un internationalisme distinctement américain qui reflète l’union de nos valeurs et de nos intérêts nationaux (...) nous n’hésiterons pas à agir seuls, s’il le faut, à exercer notre droit à l’autodéfense en agissant de façon préventive contre de tels terroristes. » Cette stratégie va encore de l’avant avec le système de Défense nationale balistique (National Missile Defense – NMD). Elle stocke des quantités élevées d’ogives nucléaires auprès de ses forces armées et en garde beaucoup plus encore en réserve. Elle revendique le droit d’intervenir dans n’importe quel pays de la planète : « Nos forces seront assez puissantes pour dissuader des adversaires potentiels de poursuivre la mise sur pied d’une armée dans l’espoir de surpasser, voire égaler la puissance des Etats-Unis. » Dans le cadre de ces visées hégémoniques, les Etats-Unis ont établi des dizaines de bases militaires sur tous les continents et ils essaient d’en installer d’autres encore. En fait, les attentats du 11 septembre 2001 ont servi de prétexte à la mise en application de plans militaires préparés, en fait, depuis des années. L’administration Bush a menacé les pays du monde entier en leur donnant le choix : soit se ranger du côté de l’hégémonisme américain et le servir, soit se faire cataloguer de terroristes ou de sympathisants du terrorisme. L’impérialisme américain tente de terroriser la planète entière et de la forcer à la soumission.
L’impérialisme a recouru à la militarisation et aux guerres avec plus de frénésie que jamais du fait que, depuis la fin du dernier millénaire, le système impérialiste est confronté à une crise économique mondiale d’une magnitude sans précédent. Les revenus des 500 sociétés les plus riches ont fortement baissé depuis le début du présent millénaire. Toutes les ventes d’avoirs de base et d’avoirs en capitaux ont été sévèrement touchées. La crise de surproduction, conjointement à une crise structurelle internationale, a débouché sur la destruction sans précédent des forces productives et des emplois. Des crises boursières répétées ont également suivi.
Lors des crises boursières qui se sont succédé de mars 2000 à octobre 2002, le Nasdaq a plongé de 75,7%, le Dax de 66,8%, le Topix de 62,7% et le Dow Jones de 33,3%. La perte de revenu qui en a résulté, pour les seuls Etats-Unis, a été de 172,5 milliards de dollars. Alors que ceci menait à une crise bancaire internationale, avec une augmentation rapide, à l’échelle mondiale, des poursuites pour non-paiement, une vague sans précédent d’effondrements d’affaires, d’entreprises et de faillites d’Etat s’est produite, comme ce fut le cas en Argentine et ailleurs. La crise bancaire, à son tour, a aggravé encore la crise boursière. Guerre et augmentation des dépenses militaires d’une part, pillage du pétrole irakien et des activités économiques liées à la reconstruction des villes détruites d’autre part, ont constitué la seule façon de sauver l’économie ravagée par la crise. La conquête de l’Irak a encore stimulé l’appétit de la machine de guerre américaine. Maintenant, elle peut très bien se tourner vers d’autres pays, dans le but d’imposer la domination sans retenue des Etats-Unis.
B. Intensification des contradictions mondiales
L’occupation de l’Irak par les Américains et leurs projets d’hégémonie, en même temps que leur sortie de la crise économique mondiale avec son fardeau largué sur le prolétariat mondial et sur les nations et peuples opprimés, ont intensifié toutes les contradictions majeures au niveau international. Les mesures politiques de globalisation néo-libérale ont été introduites dans des pays africains, asiatiques et latino-américains sous la promesse de la libre concurrence et du libre développement des forces économiques. Mais tout cela a réellement débouché sur la liquidation de toute forme de concurrence de la part de ces pays opprimés et sur l’intégration complète de leur économie dans l’économie impérialiste mondiale avec un libre flux de capitaux spéculatifs et de multinationales, conjointement à leur soumission aux forces du marché. La pénétration massive des multinationales dans ces pays, avec la multiplication par dix de leurs investissements au cours des années 1990, a déclenché une crise structurelle menant à la dévastation des forces productives locales, la réduction massive de l’emploi, le chômage et la paupérisation des masses. Toute forme de souveraineté existante a été systématiquement détruite. Droits démocratiques et syndicaux chèrement gagnés sont carrément supprimés. Le trio FMI-BM-OMC accélère la néo-colonisation de ces pays via la globalisation impérialiste. Avec l’occupation de l’Irak, ces pays sont menacés d’invasion s’ils ne se soumettent pas totalement à l’hégémonisme américain. Par conséquent, la contradiction entre l’impérialisme dirigé par l’impérialisme américain, d’une part, et les nations et peuples opprimés, d’autre part, ont continué à s’intensifier. Cela devient manifeste de nombreuses façons.
L’élan donné à la production à partir de l’introduction des formes les plus avancées d’innovations technologiques, de la robotique, des technologies de l’information, de l’ingénierie génétique, des développements dans le domaine des télécommunications etc., n’ont faire qu’intensifier, comme jamais auparavant, la contradiction essentielle, au sein du système impérialiste, entre la socialisation de la production et la propriété privée des moyens de production. Les fruits du développement technologique sont expropriés par les monopoles. Puisque le développement technologique mène à une augmentation phénoménale de la productivité, au lieu de réduire les heures de travail et d’assurer du travail à plus de personnes, le nombre d’heures de travail est accru, ce qui mène des dizaines de milliers de personnes au chômage. En outre, toutes les mesures de bien-être social sont également supprimées. Comme les centres de production ont glissé vers les pays sous-développés afin de piller la main-d’œuvre bon marché disponible là-bas, les travailleurs des pays développés sont confrontés à des réductions massives de l’emploi. Par conséquent, la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie dans les pays impérialistes s’intensifie de jour en jour. Ceci a amené une plus grande politisation et à une participation accrue de la classe ouvrière aux mouvements antiglobalistes et hostiles à la guerre.
Contre l’invasion et l’occupation de l’Irak par l’axe américano-britannique, la classe ouvrière et les peuples opprimés ont participé massivement au mouvement contre la guerre. Cela a conféré une nouvelle dimension aux luttes contre la mondialisation qui se développent un peu partout dans le monde et qui ont adopté un caractère mondial depuis Seattle. Du fait de l’intensification incessante de l’antiglobalisation, les mouvements contre la guerre acquièrent une caractéristique anti-impérialiste. Le renversement du système impérialiste et la réalisation de l’alternative socialiste sont une fois de plus devenus le programme immédiat qui attend la classe ouvrière et les peuples opprimés. Les forces socialistes, en même temps que la classe ouvrière et les peuples opprimés, ont commencé à défier le système impérialiste actuellement dirigé par l’impérialisme américain. C’est cette contradiction qui va déterminer le cours de l’histoire dans les temps à venir.
C. Y a-t-il une différence qualitative et quantitative dans les contradictions
entre impérialistes ?
Les préparatifs américano-britanniques en vue de l’agression contre l’Irak ont fait ressortir l’âpre conflit d’intérêts entre les Etats-Unis et les autres puissances impérialistes. Bien que le Conseil de sécurité des Nations unies, après l’occupation de l’Irak par les Etats-unis, ait décidé après vote de permettre à ces derniers de poursuivre l’occupation, les différences n’ont pas encore été aplanies. L’Union européenne (UE), le Japon et le géant économique en devenir, l’ASEAN, qui comprend la Chine, posent des défis aux Etats-Unis. L’euro menace la suprématie du dollar. Au fur et à mesure que les Etats-Unis intensifient leurs visées hégémoniques; la contradiction entre les forces impérialistes et entre les firmes monopolistes est amenée à se durcir de plus en plus.
Cette contradiction entre impérialistes qui, actuellement, se manifeste surtout comme une contradiction entre l’impérialisme américain flanqué de ses alliés les plus proches tels le Royaume-Uni et Israël, d’une part, et toutes les autres forces impérialistes groupées autour de l’UE, du Japon et autres, d’autre part, adopte des formes quantitatives et qualitatives toujours nouvelles, suite aux conséquences de la crise de plus en plus grave que connaît le système impérialiste et imputable aux politiques de globalisation impérialiste. Alors que toutes ces forces impérialistes sont de connivence dans le pillage et la néo-colonisation de tous les pays dépendants et opprimés, la lutte qui les oppose se durcit sous la forme de guerres commerciales, etc. Puisque la crise impérialiste est amenée à empirer et que la poussée hégémonique des Etats-Unis s’est intensifiée, il ne fait aucun doute que les contradictions entre impérialistes vont encore s’intensifier elles aussi.
Dans ce contexte, l’analyse suivante, proposée dans la Résolution générale du Séminaire de 2003 et intitulée « Travailleurs et peuples du monde entier, unissez vous contre l’ennemi numéro un : l’hégémonisme américain », est correcte dans ses grandes lignes :
« Sous Bush junior, Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz et Armitage et d’autres forces les plus réactionnaires, les plus répressives, les plus expansionnistes et les plus bellicistes de la bourgeoisie américaine ont pris le pouvoir. Les Etats-Unis ont à nouveau pris la voie du fascisme et de l’agression à l’échelle planétaire, comme ils l’avaient fait en 1948-1953...
« La bourgeoisie allemande a instauré le fascisme pour écraser le puissant mouvement communiste et révolutionnaire allemand, pour s’emparer de l’Union soviétique et pour combattre des rivaux impérialistes plus forts, comme la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis.
« Aujourd’hui, les Etats-Unis sont la seule puissance hégémonique dont les forces armées sont présentes dans le monde entier. Bush instaure le fascisme de type américain pour renforcer son hégémonie mondiale déjà établie et pour combattre militairement tout rival potentiel sur n’importe quel continent...
« Dans le domaine de la politique intérieure, Bush s’attaque à tous les droits démocratiques qui pourraient freiner sa politique de guerre à l’échelle mondiale. Aux Etats-Unis, pour la première fois dans l’histoire, un ministère spécial centralisera toute la « défense intérieure », c’est-à-dire tout l’appareil de répression. Le Homeland Security Office (Bureau de la Sécurité intérieure) aura 170.000 employés et un budget de 37 milliards de dollars. Les employés n’auront pas de droits syndicaux. (...)
« Bush a résolument opté pour une politique de guerre à l’échelle mondiale pour sauver le capitalisme américain de la grave crise qui le traverse.
« Paul Wolfowitz, actuellement secrétaire adjoint à la Défense, écrivait, déjà en 1992, juste après la contre-révolution en Union soviétique : ‘Les Etats-Unis doivent s’appuyer sur leur écrasante supériorité militaire et l’utiliser préventivement et unilatéralement. Notre premier objectif est d’empêcher qu’émerge une nouvelle fois un rival. Il s’agit d’une considération primordiale, la base d’une nouvelle stratégie de défense. Elle requiert que nous tentions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont le contrôle ferme suffirait à générer une force globale. Ces régions englobent l’Europe de l’Ouest, l’Asie de l’Est, le territoire de l’ancienne Union soviétique et l’Asie du Sud-Est.’ (...)
« Ainsi, on peut dire que l’impérialisme américain prépare une nouvelle guerre à l’échelle mondiale et qu’il a déjà clairement indiqué les cibles.
« Les Etats-Unis veulent introduire, d’une façon ou d’une autre, leur armée dans une centaine de pays, sous prétexte de ‘combattre le terrorisme’. En réalité, il s’agit de réaliser les préparatifs nécessaires pour la troisième guerre mondiale. Bush a déclaré, le 1er juin 2002, à l’Académie militaire de West Point : ‘Notre sécurité exigera une armée être prête à frapper d’un instant à l’autre dans n’importe quel coin obscur du monde. Et notre sécurité exigera de tous les Américains prévoyants et résolus d’être prêts, si nécessaire, à des actions préventives pour défendre notre liberté et nos vies. Nous devons débusquer des cellules terroristes dans soixante pays ou plus... (...)’ »
Voici certainement une situation critique. Il conviendrait de la comprendre correctement Mais développer cette analyse et conclure en estimant qu’une Troisième Guerre mondiale est imminente n’équivaudrait à rien d’autre qu’à un point de vue alarmiste. Cela reflète également une approche eurocentrique. Une analyse telle que celle qui fut menée au début des années 1970 par le PCC, lorsque les Etats-Unis déclenchèrent leur agression contre le Cambodge, dans le prolongement de leur agression contre le Vietnam aux pays voisins, conduisit également au renforcement des positions sectaires apparues sous l’influence d’une évaluation erronée de la situation mondiale par le 9e Congrès du PCC, en 1969. En peu de temps, lorsque cette ligne sectaire s’est écroulée, les droitiers ont repris leurs compromissions avec l’impérialisme américain, ce qui aboutit à la dégénérescence de la Chine vers la voie capitaliste et à de graves conséquences pour le mouvement communiste international (MCI). Au moment où il conviendrait d’évaluer correctement le danger croissant constitué par l’impérialisme américain et, pour les forces prolétariennes mondiales, de développer une stratégie et une tactique pour le combattre, nous devrions faire preuve d’une extrême prudence afin de ne pas adopter les moindres positions alarmistes ou subjectives.
D. De la République populaire de Chine en tant que rivale stratégique
et principale cible de l’impérialisme américain
L’analyse faisant de la RPC une rivale stratégique et une cible de l’impérialisme américain repose sur une évaluation fondamentalement erronée de la Chine actuelle en tant que pays socialiste. C’est en fait un pays socialiste dégénéré, qui a adopté la voie capitaliste sous la bannière du « socialisme de marché ». Dans les derniers amendements apportés à sa Constitution, elle a également donné une forme officielle à la privatisation de propriété. Sa mise en équation avec les Etats-Unis a acquis les dimensions stratégiques symbolisées par la visite, le 12 février, de la 7e Flotte de l’US Navy à Shanghai. La Chine a soutenu la Résolution du Conseil de sécurité de novembre 2002, sponsorisée par les Etats-Unis, de même que celle qui a été proclamée après l’occupation de l’Irak. Dans la contradiction entre l’impérialisme et les nations opprimées, elle est du côté du camp impérialiste. Sa concurrence avec l’impérialisme américain est semblable à la contradiction entre tout autre pays impérialiste et les Etats-Unis. S’obstiner à ne pas reconnaître la dégénérescence de la Chine vers la voie capitaliste aboutira à maintes conclusions erronées comme affirmer qu’on assiste à une intensification du conflit entre les Etats-Unis et la Chine, voire estimer qu’une troisième Guerre mondiale est imminente dans laquelle la Chine « socialiste » sera la principale cible de l’impérialisme américain. Cela aussi, une fois de plus, va entraîner des conséquences graves.
Il est un fait, bien sûr, que Cuba et la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC) subissent les menaces de l’impérialisme américain. Mais, en même temps que ces deux pays, d’autres pays comme l’Iran, la Syrie, etc., sont également dans le collimateur des frappes « préventives ». Ce n’est pas parce qu’ils affrontent les menaces américaines qu’on peut en faire des pays socialistes. Qualifier Cuba et la RPDC, tout comme la Chine, de socialistes et élaborer à partir de là la ligne générale du MCI ou la stratégie et la tactique du MCI pour la période contemporaine en estimant qu’une agression impérialiste contre ces pays est imminente, aboutira à une surestimation des contradictions présentes et à des erreurs plus graves encore que celles qui se sont produites durant la Seconde Guerre mondiale.
E. De l’actuelle lutte contre l’hégémonisme américain
Afin de développer une approche marxiste-léniniste pour affronter le grave défi lancé par l’impérialisme américain contre le prolétariat mondial ainsi que contre les nations et peuples opprimés, nous devrions partir d’une analyse concrète de la situation concrète. En agissant de la sorte, nous pensons que toute évaluation affirmant que les contradictions entre impérialistes ou la contradiction entre l’impérialisme américain et la Chine ont atteint un niveau où se pose l’immédiat danger d’une troisième Guerre mondiale, revient à adopter une position alarmiste, alors que nous n’écartons pas de telles possibilités au cas où la contradiction au niveau mondial continuerait à s’amplifier.
Une analyse de la situation de l’après-Seconde Guerre mondiale montre qu’en reconnaissant, pour son propre système de gouvernement, le danger émanant des Première et Seconde guerres mondiales et de l’émergence d’un puissant bloc socialiste, l’impérialisme américain, à la tête du camp impérialiste, a pris l’initiative de bâtir de nombreuses protections organisationnelles dans les domaines politique, économique et militaire, afin d’unir les forces impérialistes contre le danger que constituait l’offensive socialiste et de maintenir les pays « récemment indépendants » sous domination impérialiste. Ces précautions comprenaient le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE, l’Otan et toute cette pléthore d’autres institutions et organismes que l’on retrouve dans les sommets du G-7 destinées à résoudre toutes les aberrations émaillant les relations entre impérialistes. En outre, au contraire du scénario d’avant la Seconde Guerre mondiale, aucune force impérialiste, pas même l’UE et le Japon, n’est sortie du lot comme rivale de l’impérialisme américain. La grave régression subie par le MCI avec la dégénérescence de tous les pays socialistes dans la voie capitaliste, y compris la désintégration de l’Union soviétique, est également un facteur important qui aide la superpuissance impérialiste, les Etats-Unis, à combattre tous les défis au système impérialiste dans sa phase de domination néo-coloniale dans tous les domaines et guerres locales d’agression, plutôt que de recourir, dans le contexte actuel, à une autre guerre mondiale.
La Résolution générale du 12e SCI, « Travailleurs et peuples du monde entier, unissons-nous contre l’ennemi numéro un : l’hégémonisme américain », contenait un argument disant « combattants les préparatifs américains en vue d’une Troisième Guerre mondiale » et « Mobilisons contre la menace américaine de déclencher une guerre nucléaire ». Comme nous n’avons pas pu participer au 12e SCI et y présenter nos points de vue, afin de développer une étude sérieuse en même temps qu’un débat sur la résolution, nous l’avions publiée dans son intégralité dans notre journal, Red Star (numéro de juillet 2003). Alors que l’analyse présentée dans la résolution à propos de la gravité des défis lancés au prolétariat mondial et aux nations et peuples opprimés était correcte dans ses grandes lignes, et particulièrement dans le contexte de l’agression et de l’occupation de l’Irak par les Américains et les Britanniques, nous estimons que les conclusions auxquelles cette même résolution aboutissait étaient alarmistes. Si elles ne subissent aucune correction, elles détourneront le MCI de la voie consistant à trouver des réponses à ses déboires et à développer une ligne générale marxiste-léniniste destinée à aider le prolétariat mondial et les peuples opprimés à poursuivre leurs luttes visant à renverser le système impérialiste et à introduire un monde socialiste.
Nous pensons qu’en ce qui concerne la guerre et la révolution, l’évaluation de Mao Zedong disant que, dans cette ère d’impérialisme et de révolution prolétarienne, soit la révolution empêchera la guerre, soit la guerre engendrera des révolution, est toujours valable. Mao avait ajouté : dans les deux cas, la révolution est toujours la principale tendance. Notre tâche consiste à renforcer nos forces à l’échelle mondiale, à relever les défis émanant des forces impérialistes dirigées par les Etats-Unis et à créer partout les conditions propices à des soulèvements révolutionnaires.
F. La tâche qui attend les forces communistes
a. Combattre les mouvements de diversion
Lorsque, par le biais d’insurrections populaires, le prolétariat mondial et les nations et peuples opprimés relèvent de plus en plus les défis des guerres américaines d’agression et d’occupation de pays comme l’Irak, des conséquences dévastatrices de la globalisation et des menaces fascistes, et lorsque, une fois de plus, le socialisme revient à l’ordre du jour des mouvements populaires, on voit se pointer des plates-formes réformistes, tel le Forum social mondial (FSM), se donnant du « forum de la société civile mondiale » et tirant leur origine des « nouveaux mouvements sociaux » (NMS) et des ONG, tout ceci, dans l’intention de détourner le peuple sur leurs illusions réformistes. Alors que le FSM met l’accent sur une société civile qui soit dirigée par de « nouveaux mouvements » composés d’organisations volontaristes, d’ONG et autres à base civile et communautaire agissant à des niveaux locaux, nationaux ou mondial, son antipathie à l’égard des partis politiques et de la politique « étatique » est manifeste. De tels forums visent à créer la diversion et cherchent des alternatives à l’intérieur même du système dominant.
Un corollaire de la perspective de société civile post-moderne et post-marxiste du FSM, c’est son approche sectaire à l’égard des partis politiques et des mouvements politiques en général. Alors que, d’un côté, il affirme que « le Forum social mondial sera toujours un forum ouvert au pluralisme et à la diversité d’activités et de façons de s’engager des organisations et mouvements qui décident d’y participer », d’un autre côté, il déclare : « ni des représentations de partis ni des organisations militaires n’y participeront ». Par conséquent, le FSM interdit non seulement l’entrée des partis politiques à ses « rencontres » mais, en outre, de façon très révélatrice, il les place dans la catégorie des organisations militaires. Il est très évident que cette position extrêmement sectaire et antilibérale et, partant, vraiment néo-libérale, n’est pas du tout nouvelle ni isolée. Au contraire, ce fut l’attitude d’évincement, confirmée par le temps, systématiquement appliquée par les classes dirigeantes et les réactionnaires politiques et, plus récemment, par la droite néo-libérale pour tenir la classe ouvrière et son parti à l’écart des discussions générales. En fait, les théoriciens anticommunistes, qui sont depuis très longtemps les ardents défenseurs d’un « processus hors parti » dans leur vision d’une « alternative populaire » dirigée par ce qu’ils appellent « les professionnels motivés de la classe moyenne », et qui, aujourd’hui, partagent des plates-formes communes avec les « sommets » du FSM, défendent eux aussi des points de vue plus ou moins identiques. Pour être précis, la haine du FSM à l’égard des partis politiques, ses affinités pour le « pluralisme » et le « multiculturalisme », y compris ses liens avec les NMS, son aversion pour les mouvements de classe, etc., tout cela a des ramifications idéologiques plus profondes dont les racines se situent aux tréfonds de la prédiction post-marxiste du déclin ou de la disparition de la classe ouvrière en tant que force révolutionnaire et de l’ascendance des NMS et des ONG en tant que « nouveau sujet révolutionnaire de l’histoire » – un aspect que l’on peut faire remonter aux origines mêmes de ce qu’on appelle la « théorie critique » de l’école de Francfort elle-même.
La charte du FSM est éloquente dans son opposition à « toutes vues totalitaires et réductionnistes de l’économie, du développement et de l’histoire et au recours à la violence en tant que moyen de contrôle social par l’Etat ». Tout comme il est évident que les termes « totalitaire », « réductionnisme » et « étatisme » font partie des habituelles calomnies véhiculées par les réservoirs à penser impérialistes et les post-modernistes contre l’approche de classe défendue par les partis communistes. Le FSM se contente tout simplement de répéter stupidement ces bobards malveillants. Selon les théoriciens du FSM, entraînés dans les institutions de recherche impérialistes, l’insistance des marxistes sur les classes mêmes est une forme de réductionnisme, puisque, selon leur perspective, les classes sont de plus en plus remplacées par des identités culturelles fragmentées et diversifiées de sexe, de race, de préférence sexuelle, etc. En fait, le marxisme n’a jamais dénié l’importance de ces identités dans la vie sociale, mais il a surtout insisté sur le système social plus large, plus étendu qui les génère. Par conséquent, une confrontation systématique avec les fondements idéologiques du FSM, des ONG et autres efforts de diversions du même genre est essentielle pour amener les mouvements anti-impérialistes, antiglobalistes et hostiles à la guerre à émerger partout dans le monde avec une perspective révolutionnaire.
On ne peut mener avec succès la lutte contre les tendances contraires que si ont l’étend à une lutte sans compromis contre toutes les manifestations de social-démocratie d’une part et de sectarisme d’autre part. Le sectarisme prêche une théorie de la victoire facile, de l’abandon de la ligne de masse et de l’aliénation du mouvement révolutionnaire vis-à-vis de la grande masse du peuple. Au lieu de préparer la classe ouvrière et la grande masse à devenir les « créateurs de l’histoire », au lieu de faire de la révolution un « festival des masses », il réduit la révolution aux actes héroïques de quelques bandes armées coupées des masses; à quelque chose de subjectif, déterminé par les armes, le pouvoir militaire et la stratégie et les tactiques de la guerre seule; à quelque chose d’aliéné vis-à-vis des organisations de la classe ouvrière et des mouvements de masse organisés.
Dans l’actuelle situation mondiale, où le MCI a souffert de graves déboires et replis, où la force organisée des effectifs marxistes-léninistes est très restreinte ou qu’ils n’existent pas en tant que force organisée dans de nombreux pays, bien des sections révolutionnaires se bercent de l’illusion selon laquelle l’impérialisme et ses valets peuvent être combattus en s’alignant aux côtés des forces sociaux-démocrates. Les conclusions du 7e Congrès du Komintern dénoncent l’absurdité d’une telle ligne. Les développements postérieurs au Komintern ont prouvé à maintes reprises la justesse de ces conclusions.
Développer la ligne idéologico-politique et la ligne générale du MCI n’est possible qu’en luttant sans compromission contre la social-démocratie. Ce n’est possible qu’en appliquant une initiative révolutionnaire indépendante. Comme le Komintern l’expliquait : « Les partis communistes doivent redoubler de vigilance en se gardant du danger de l’opportunisme de droite et doivent mener une lutte décidée contre toutes ses manifestations concrètes (...) Chaque parti communiste devrait mener une lutte implacable contre toutes les tendances à glisser sur les différences de principes entre le communisme et le réformisme, contre la volonté d’affaiblir la critique de la social-démocratie en tant qu’idéologie et pratique de la collaboration (de classe) avec la bourgeoisie. » Cette lutte contre la social-démocratie est d’autant plus importante aujourd’hui que, d’une part, la social-démocratie est devenue l’avocate du socialisme de marché et qu’elle applique les lignes politiques néo-libérales, et qu’elle s’est elle-même intégrée au système impérialiste. D’autre part, en adoptant le post-marxisme et le post-modernisme comme idéologies, elle est devenue partie intégrante des mouvements de diversion comme le FSM.
b. Tirer les leçons de l’intensification des mouvements anti-impérialistes
Actuellement, comme le puissant mouvement contre la guerre se renforce d’un continent à l’autre, même les médias monopolistes sont bien forcés d’admettre que les forces impérialistes dirigées par la superpuissance américaine sont défiées par la puissance mobilisation contre la guerre de la classe ouvrière, des peuples opprimés et de toutes les forces démocrates. L’occupation de l’Irak a entraîné des protestations populaires massives et, en Irak même, à une résistance armée contre la colonisation par les forces américaines. Les combattants de la résistance ont commencé à cibler les troupes américaines, à l’instar de la lutte des Vietnamiens. En même temps, une fois de plus, les mouvements antiglobalistes se sont mis à gagner en force via les mobilisations massives contre le sommet du G-8 et la rencontre ministérielle de l’OMC à Cancún.
Une fois encore, la classe ouvrière et les peuples opprimés du monde entier sont en mouvement contre la globalisation impérialiste et ses agressions militaires. A partir de Seattle, le mouvement antiglobaliste a acquis un caractère international. A travers tous les continents, l’agression de l’Irak par l’axe Etats-Unis-Grande-Bretagne a vu une mobilisation massive des gens au sein du mouvement contre la guerre. Avec les mouvements de protestation qui gagnent en force, jour après jour, contre la rencontre ministérielle de l’OMC à Cancún, le mouvement antiglobaliste, en même temps que la solidarité avec la lutte de résistance de l’Irak et d’autres peuples occupés et opprimés par l’impérialisme, et plus spécialement l’impérialisme américain, attirent de plus en plus de groupes dans leurs rangs.
Ces développements donnent plus de substance à l’analyse de la situation internationale de l’époque telle que la présentait le Document international du CPI (ML) Red Flag, en 1997, et qui disait : « Aujourd’hui, pour combattre le système impérialiste mondial, l’unité la plus large possible au niveau international est nécessaire. Si l’on veut faire progresser consciemment cette lutte afin de balayer le système impérialiste dans son ensemble et en arriver à une victoire au niveau mondial de la révolution socialiste, une ligne idéologique correcte et une polarisation autour de celle-ci sont des pré-conditions fondamentales. Pour atteindre cette ligne politique et idéologique marxiste-léniniste, il convient de développer une lutte idéologique saine au niveau international.
« Considérant l’absence d’un forum international depuis plus de cinq décennies et la gravité des défis affrontés par le mouvement communiste international tant au niveau théorique que politique, aucun effort précipité ne devrait être consenti pour constituer tout de suite une organisation internationale. Dans le même temps, dans la continuation des efforts faits par les partis et organisations marxistes-léninistes à partir de la fin des années 1970, il conviendrait de multiplier les tentatives en vue de développer au niveau international des relations fraternelles visant, pour commencer, à la formation d’une plate-forme des partis et organisations marxistes-léninistes. »
Cette proposition est des plus importantes et urgentes dans le monde actuel, alors que le prolétariat mondial et les peuples opprimés se mettent en mouvement et qu’ils ont besoin d’une orientation et d’une direction révolutionnaires afin de créer un monde sans impérialisme et avec le socialisme comme seule alternative.
c. Développer la ligne générale du mouvement communiste
international
Développer une ligne politique et idéologique correcte dans les conditions concrètes du monde contemporain, développer la ligne générale du MCI en accord avec cela et, tout autour, la polarisation des classes et sections en lutte, requiert une lutte sans compromis contre toutes les tendances contraires, contre toutes les manifestations de révisionnisme et de sectarisme, que Lénine appelait les deux faces d’une même pièce. Depuis le révisionnisme khrouchtchevien à la théorie du « chat noir et du chat blanc » de Deng ou aux « trois représentants » de Jiang Zemin, la caractéristique sous-jacente de toutes les lignes révisionnistes est leur soumission aux théories de l’omnipotence du marché et du capital, au fétichisme du marché, le tout sous la bannière du socialisme. Tous, ils défendent le « socialisme de marché », comme le font tous ceux qui empruntent la voie capitaliste aujourd’hui en Chine. Lénine expliquait le révisionnisme en disant qu’il n’était rien d’autre qu’une pensée bourgeoise assumant le commandement sous un déguisement de socialisme. En poursuivant la voie révisionniste, toutes ces tendances dégénèrent inévitablement vers la social-démocratie. En commençant par l’apologie du colonialisme et du néo-colonialisme, et par l’apologie de la politique de la classe dirigeante, ils font bientôt partie intégrante du camp impérialiste et de la politique de la classe dirigeante.
En expliquant comment développer la ligne générale du MCI, le PCC avait fait remarquer, dans ses propositions de 1963 : « La ligne générale du mouvement communiste international devrait refléter la loi générale du développement de l’histoire mondiale. La lutte révolutionnaire du prolétariat et du peuple dans divers pays passe par différents stades et tous ont leurs caractéristiques différentes, mais ils ne transcenderont pas la loi généralement du développement de l’histoire mondiale. La ligne générale devrait mettre en évidence la direction de base que devraient emprunter les luttes révolutionnaires du prolétariat et des peuples de tous les pays. Tout en élaborant sa ligne et sa politique spécifiques, il est de la plus grande importance pour chaque parti communiste ou parti des travailleurs d’adhérer au principe d’intégration de la vérité universelle du marxisme-léninisme à la pratique concrète de la révolution et de sa construction dans son propre pays. »
En concordance avec les enseignements du Komintern, l’analyse du Kominform et les Déclarations officielles des rencontres de Moscou, en 1957 et 1960, entre les partis communistes, le PCC a résumé comme suit la ligne générale du Mouvement communiste international dans ses Propositions de 1963 :
« Travailleurs de tous les pays, unissez-vous; travailleurs du monde entier, unissez-vous aux nations et peuples opprimés; opposez-vous à l’impérialisme et à la réaction dans tous les pays; œuvrez pour la paix mondiale, la libération nationale, la démocratie populaire et le socialisme; consolidez et élargissez le camp socialiste; amenez pas à pas la révolution prolétarienne mondiale à la victoire complète; et établissez un monde nouveau sans impérialisme, sans capitalisme, sans exploitation de l’homme par l’homme. Cette ligne générale découle de la situation mondiale actuelle prise dans son ensemble et d’une analyse de classe des contradictions fondamentales au sein du monde contemporain, et elle est dirigée contre la stratégie contre-révolutionnaire de l’impérialisme américain.
« Cette ligne générale consiste à former un large front uni, avec le camp socialiste et le prolétariat international comme noyau, afin de s’opposer aux impérialistes et aux réactionnaires dirigés par les Etats-Unis; c’est une ligne consistant à courageusement soulever les masses, à développer les forces révolutionnaires, à rallier les forces intermédiaires et à isoler les forces réactionnaires.
« Cette ligne générale consiste en une lutte révolutionnaire résolue menée par les peuples de tous les pays et elle consiste également à mener de l’avant la révolution prolétarienne mondiale jusqu’à la fin; c’est la ligne qui, le plus efficacement, combattra l’impérialisme et défendra la paix mondiale. »
Bien que tous les pays constituant le camp socialiste de l’époque aient dévié vers la voie capitaliste, infligeant ainsi une grave régression au MCI, les forces socialistes à travers le monde sont toujours actives et de plus en plus de gens se rassemblent autour du mot d’ordre : « Le socialisme est la seule alternative ». Par conséquent, en dépit des développements tumultueux qu’ont connus les quatre dernières décennies, cette ligne générale du MCI mise en exergue par le PCC en 1963 est toujours fondamentalement correcte et constitue la base sur laquelle il conviendrait de continuer à développer cette même ligne générale en fonction des conditions concrètes du monde contemporain. Dans un même temps, les raisons pour lesquelles le Komintern a été dissous en 1943 et les limitations d’après la Seconde Guerre mondiale des positions du MCI dans l’évaluation des nouvelles tactiques adoptées par l’impérialisme dirigé par l’impérialisme américain dans son lancement du néo-colonialisme, ces raisons et ces limitations requièrent des études sérieuses. C’est très important du fait que toutes les déviations qu’a connues le MCI depuis le révisionnisme khrouchtchevien ont été fondamentalement liées à la mauvaise évaluation faite de l’impérialisme d’après-guerre. La formation d’une plate-forme de partis et organisations marxistes-léninistes combattant la social-démocratie, le sectarisme et toutes les tendances contraires, créera les conditions favorables pour reprendre la tâche que représente cette évaluation cruciale, résumer l’expérience acquise par le MCI à ce jour et développer cette ligne générale au travers d’une lutte idéologique saine.
d. Les tâches immédiates
L’intensification sans précédent de toutes les contradictions majeures, la contradiction entre les forces socialistes et l’impérialisme, la contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie dans les pays impérialistes, la contradiction entre les nations et peuples opprimés d’une part et l’impérialisme d’autre part, et la contradiction entre les forces impérialistes, et celle entre les groupes capitalistes monopolistes, ont donné naissance à de puissants soulèvements populaires dans divers pays – on l’a vu récemment en Argentine et en Bolivie – et au niveau mondial en défiant le système impérialiste dirigé par l’impérialisme américain. Ces luttes du prolétariat mondial, des nations et peuples opprimés sont appelées à gagner en intensité au cours des prochains jours. La tâche immédiate qui attend les forces communistes du monde entier consiste à s’organiser et à acquérir la capacité de fournir une direction révolutionnaire à ces mouvements.
Jusqu’à la fin des années 1970, beaucoup, parmi les forces communistes, étaient sceptiques à propos de la construction du mouvement marxiste-léniniste au niveau international sous l’influence de lignes erronées ou en réaction à l’absence de tout forum international depuis longtemps. Mais la situation a changé, aujourd’hui. Même un grand nombre des anciens violents détracteurs de tout effort internationaliste participent activement, aujourd’hui, à des conférences et séminaires internationaux. Il s’agit d’un développement positif. Des échanges de vues multilatéraux et des discussions bilatérales ont lieu. Tous ces efforts reflètent une conscientisation accrue au sein des forces communistes pour réorganiser l’Internationale communiste selon un processus qui se fera étape par étape. Lorsque les forces impérialistes intensifient leur propre globalisation via une politique néo-libérale, la tâche de rassembler les forces communistes sur base de l’internationalisme prolétarien a pris une importance plus grande.
Il est urgent de bâtir un front anti-impérialiste international unissant la classe ouvrière, les peuples opprimés et toutes les forces démocratiques de la façon la plus large possible. Les agressions impérialistes américaines, y compris l’occupation de l’Irak, la suppression des peuples palestinien et autres et l’intensification de la globalisation impérialiste dévastant les pays et appauvrissant les masses, ne peuvent être combattues qu’en construisant un tel front élargi. Et les tendances contraires, comme la social-démocratie et le sectarisme, ainsi que les mouvements de diversion comme le FSM, doivent être combattus. Toutes ces tâches pourront être accomplies si les forces communistes vont de l’avant en utilisant les conditions objectives favorables d’aujourd’hui dans lesquelles le prolétariat mondial et les peuples opprimés participent d’une façon encore jamais vue aux mouvements contre la globalisation et contre la guerre.
G. Conclusions
Nous estimons que la résolution générale du SCI devrait être rédigée sur base d’une analyse concrète de la situation mondiale actuelle, alors que le prolétariat et les peuples opprimés du monde sont engagés dans de nombreuses luttes en vue de combattre le défi croissant des forces impérialistes et de leurs valets sous la houlette des Etats-Unis. Toutes les aberrations et positions alarmistes suggérant le danger imminent d’une Troisième Guerre mondiale que l’on trouve dans la résolution générale du 12e SCI devraient être corrigées. Alors que le danger de guerre persiste et peut s’intensifier dans les jours à venir – et il est inévitable tant que le système impérialiste continuera à dominer le monde –, la révolution reste la principale tendance.
En général, l’analyse de la tâche principale qui attend le mouvement communiste, telle qu’elle a été faite dans la résolution générale du 12e SCI, est correcte. Elle dit ceci : « Aujourd’hui, notre première tâche est d’œuvrer pour l’unité de tous les communistes au niveau de chaque pays et au niveau international. Pour y arriver, Lénine nous enseigne qu’il faut mener une lutte de principe contre le révisionnisme et l’opportunisme de droite, contre l’union en dehors des principes fondamentaux du marxisme-léninisme. Lénine nous apprend également qu’il faut mener une lutte de principe contre le gauchisme et contre le sectarisme, contre le maintien de la division entre les groupes communistes en l’absence d’antagonismes fondamentaux.
« Des divergences, et même des divergences graves, peuvent exister au sein du Parti communiste unifié d’un pays. Les communistes ont des armes qui ont fait leurs preuves pour résoudre les divergences, comme le centralisme démocratique, la discipline communiste, la critique et l’autocritique, la ligne de masse, l’engagement dans les luttes révolutionnaires et les bilans de l’expérience acquise.
« Notre deuxième tâche est d’établir l’alliance la plus large entre les forces communistes et toutes les forces anti-guerre et anti-impérialistes et cela, dans chaque pays et au niveau international. »
Mais la lutte contre le révisionnisme et l’opportunisme de droite reste confinée à de simples mots, si on ne l’étend pas à reconnaître la dégénérescence de la Chine vers la voie capitaliste et la déviation de la RPDC, du Vietnam, de Cuba en tant que pays, du chemin de la construction socialiste et de l’internationalisme prolétarien. Cette lutte devrait s’étendre à la lutte sans compromis contre toutes les manifestations de social-démocratie et de révisionnisme.
De façon similaire, la lutte contre l’opportunisme de gauche et le sectarisme ne devrait elle non plus se borner à de simples mots. Cette tendance est encore rampante dans de nombreux pays. Au nom des conditions concrètes de certains pays, les forces sectaires que l’on y rencontre se justifient. Une lutte sans compromis contre cette tendance anarchiste, opportuniste devrait également être menée pour aider la polarisation des forces vraiment communistes pratiquant le « centralisme démocratique, la discipline communiste, la critique et l’autocritique, la ligne de masse, la participation aux luttes révolutionnaires et le bilan des expériences ». Nous estimons que cette approche ne se reflète pas dans l’organisation même du SCI. Des assemblées de social-démocrates et de sectaires en même temps et en compagnie de forces marxistes-léninistes ne contribueront pas à la polarisation des forces marxistes-léninistes dans le but de réorganiser l’Internationale communiste.
Tout en luttant contre « le tigre entrant par la porte de devant », les communistes « devraient également se garder du léopard venant de derrière ». Il y a eu une période où, sous l’influence de la « théorie tiers-mondiste » et au nom de la lutte contre l’impérialisme social soviétique, bien des forces marxistes-léninistes, suivant mécaniquement la direction chinoise, se sont compromises avec l’impérialisme américain. Ainsi, « concentrer uniquement ses coups sur le principal ennemi afin de vaincre l’impérialisme le plus puissant, le plus dangereux et le plus belliqueux » ne suffit pas. Le principal ennemi est le système impérialiste lui-même. Ce n’est qu’en renversant le système impérialiste que l’on peut créer un monde sans guerre, un monde de transformation socialiste.
C’est dans ce contexte que nous devrions tirer des leçons de ce qui s’est passé durant la Seconde Guerre mondiale. Tout en construisant un front uni le plus large possible, il fut nécessaire de mobiliser toutes ses forces pour vaincre le fascisme hitlérien, et quant à savoir si ce combat était lié à la principale tâche de cette ère d’impérialisme et de révolution prolétarienne, la tâche consistant à renverser le système impérialiste lui-même requiert un examen des plus sérieux. Quant à savoir si la défense de la patrie du socialisme avait la priorité sur toute autre tâche, y compris la principale tâche de cette époque, cela aussi requiert un examen des plus sérieux. La dissolution de l’Internationale communiste en 1943 devrait elle aussi être examinée dans ce contexte. Les confusions idéologiques apparues furent telles qu’on assista à l’apparition de tendances liquidatrices, comme celle de Browder, et de partis communistes mettant en suspens la lutte d’indépendance contre l’impérialisme dans leur propre pays et s’isolant des masses, comme ce fut le cas en Inde.
Nous estimons que, lors des conférences et séminaires internationaux, les partis communistes devraient échanger des expériences et proposer leur analyse de la situation contemporaine et définir l’approche permettant d’établir la ligne générale du MCI reposant sur l’évaluation concrète des expériences du passé et poursuivant une lutte sans compromission contre toutes les manifestations de social-démocratie et de révisionnisme d’une part, d’opportunisme de gauche et de sectarisme d’autre part. C’est ainsi qu’il conviendrait de créer les conditions pour l’unité des forces marxistes-léninistes au niveau international et la formation d’une plate-forme internationale de ces forces, première étape vers la reconstruction d’une Internationale communiste. Nous estimons que c’est à cela que devraient tendre des rassemblements comme le SCI.
Tout en approfondissant la lutte idéologique et en développant la ligne générale du MCI, une telle plate-forme peut devenir le point de ralliement des mouvements anti-impérialistes à travers le monde. La construction d’un large front anti-impérialiste au niveau planétaire n’est possible que si une telle plate-forme peut lui servir de noyau.
La résolution générale devrait refléter l’analyse concrète de la situation mondiale contemporaine et atteindre le degré de clarté idéologique le plus élevé possible tout en définissant les besoins organisationnels des communistes au niveau international.
Travailleurs du monde entier, unissez-vous !
Travailleurs et peuples opprimés du monde entier, unissez-vous !
Renversez l’impérialisme et ses valets !
Faites du 21e siècle le siècle de la victoire mondiale de la révolution socialiste prolétarienne !