Bruxelles, 2-4 mai 2004
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Parti marxiste-léniniste de l’Equateur
Un question dans laquelle les communistes doivent faire la clarté et qui met dans l’embarras nos points de vue et nos actions, n’est autre que l’analyse stratégique de la guerre impérialiste et la lutte révolutionnaire des travailleurs et des peuples. Pour nous, la position léniniste confrontant la guerre révolutionnaire à la guerre impérialiste demeure claire et pertinente. Seule la révolution sociale des travailleurs peut, avec succès et de façon durable, contrer la guerre impérialiste. Les monopoles ne cesseront leur expansion militaire que s’ils y sont contraints par la force des travailleurs. L’histoire du 20e siècle confirme cette position.
La situation actuelle du mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière et des peuples, des partis communistes, n’est bien sûr pas de nature telle que nous puissions mettre à l’ordre du jour la tâche d’organiser et de mener la révolution. Mais cela n’exclut en aucune façon la lutte finale, jusqu’à l’infini, pour la conquête du pouvoir.
La régression qui a touché l’organisation et la lutte de classe des travailleurs, les peuples, les révolutionnaires et les communistes, a infligé de profondes blessures. Dans la plupart des pays, le mouvement de masse se rétablit à nouveau, il gagne à nouveau en force. Dans certains pays et régions, nous pouvons déjà parler d’une montée de la lutte ouvrière. Naturellement, cette situation se présentera partout d’une manière différente, avec un accroissement de la lutte sociale, une nouvelle vague révolutionnaire. Cela signifie que les communistes ont le devoir et la responsabilité d’éduquer la classe ouvrière et de la diriger vers son but stratégique, à savoir le renversement du monde du capital et l’établissement de la société des travailleurs.
Aujourd’hui, dans tous les pays, les communistes sont confrontés à la tâche de mettre sur pied des forces, de s’implanter au sein de la classe ouvrière, dans la vie sociale et politique de la société, afin de bâtir un puissant mouvement révolutionnaire de masse, de renforcer l’organisation du parti et de se préparer à la violence révolutionnaire. En ce moment, dans ce processus, nous sommes confrontés à la guerre que l’impérialisme américain a déclarée aux travailleurs et aux peuples, à l’humanité dans son ensemble.
Comment affronter la guerre impérialiste ?
I. Sans perdre de vue les objectifs stratégiques, les communistes doivent adopter des points de vue concrets, face à ce problème. Les travailleurs et les peuples, les démocrates et les patriotes, les révolutionnaires et les communistes doivent prendre leurs responsabilités et en faire usage avec détermination. Ils doivent démasquer la nature agressive et hautement prédatrice de cette guerre, cette prétendue légitimité derrière laquelle se retranche l’administration Bush pour plonger tout le monde dans la confusion. Les impérialistes doivent être dénoncés puisqu’ils prônent la guerre et le terrorisme, qu’ils possèdent des armes de destruction massive, qu’ils détruisent l’environnement et qu’ils ont des intérêts dans ces invasions.
II. L’offensive idéologique révolutionnaire doit se tourner vers la classe ouvrière, vers les autres sections du peuple, les paysans, la jeunesse, les démocrates et les progressistes, vers toutes les personnes qui veulent la paix. Les expériences des actions contre l’agression américaine en Irak, les manifestations de masse dans la plupart des pays, même aux Etats-Unis, montrent la force et les potentialités de ce mouvement.
Au vu de cette situation, nous insistons sur les possibilités du Mouvement, sur les dégâts qu’il inflige à l’impérialisme agressif et c’est pourquoi nous considérons qu’elles constituent une partie de l’activité révolutionnaire, comme l’une des manières de constituer des forces. C’est pourquoi les communistes travaillent activement au sein du mouvement contre la guerre, ils essaient d’intégrer la politique et les propositions du prolétariat révolutionnaire au sein de ces larges couches, de lutter pour la conscience, l’organisation et l’action des dizaines de milliers de personnes qui s’opposent à la guerre impérialiste. Ici, pour progresser, les activités doivent aller plus loin que la seule propagande, le parti tout entier, ici, doit s’impliquer avec toutes ses forces, la base sociale de la révolution. Afin de conquérir une place révolutionnaire au sein de ce mouvement et de la développer, les communistes doivent prendre des initiatives, prendre la direction des opérations et investir des forces.
III. Sur la terre irakienne, on assiste à des actes héroïques de résistance contre l’occupation étrangère. Les masses chiites et sunnites et une grande partie des Kurdes s’insurgent, luttent de toutes leurs forces et de toute leur énergie contre les occupants. Il ne s’agit plus de résistance, le niveau de la lutte a revêtu une autre dimension. En Irak se développe une guerre populaire contre les Américains et leurs partenaires de coalition espagnols, italiens, polonais, australiens et autres, contre l’armée des marionnettes. Il y a des actions de guerre dans la plupart des divers secteurs, le clergé, les femmes, les vieillards et les enfants, les hommes du peuple, les milices des diverses organisations militaires. Il y a des manifestations, des actions de sabotage et des affrontements ouverts, de face. En Irak, le cours de l’histoire se modifie. Il s’agit d’un processus en développement, il s’agit de l’action de millions de combattants qui, un jour, arriveront à la révolution. Les communistes doivent activer la solidarité militante avec la guerre populaire des patriotes en Irak. Là-bas se livre actuellement un combat pour la vie, pour la révolution. Là-bas, l’impérialisme américain est en train de subir une défaite. Là-bas combattront les révolutionnaires, les travailleurs et les peuples et ils remporteront la victoire.
IV. La guerre d’agression de l’impérialisme américain se tourne également vers l’Amérique latine, considérée comme le jardin privé des Etats-Unis. La cible numéro un sur le continent latino-américain n’est autre que la révolution cubaine. On prépare la voie et les moyens pour lancer une action militaire contre Cuba, son peuple et son gouvernement. Un deuxième objectif consiste en la déstabilisation du gouvernement légitime de Hugo Chávez au Venezuela. On prépare actuellement les conditions d’une intervention militaire. Haïti, encore une fois, a été la cible de l’intervention armée des pays impérialistes, des Etats-Unis et de la France.
Face à cette politique belliciste du Pentagone, se développe un large mouvement de résistance et de solidarité avec les peuples de Cuba, du Venezuela et de Haïti. Des patriotes, hommes et femmes, des peuples, des travailleurs de l’Amérique latine, des gens de gauche, des révolutionnaires et des communistes prennent place dans les tranchées. Ces combats dénoncent la rapacité et l’agressivité de l’impérialisme, démasquent sa fausse politique de « défense des droits de l’homme », renforcent la conscience anti-impérialiste des travailleurs, de la jeunesse et des peuples, renforcent l’organisation et l’action des groupes révolutionnaires, confirment les communistes dans l’accomplissement de leurs tâches et responsabilités historiques.
V. La Colombie se trouve dans le collimateur de la « guerre contre le mal ». Afin de développer cette agression, on a appliqué le Plan Colombia et on l’a étendu pour en faire l’Initiative de la Région des Andes. Les premières phases du Plan Colombia ont été réalisées, avec la présence de milliers de conseillers de militaires en provenance des Etats-Unis, l’implantation de bases militaires américaines sur le territoire colombien, l’apport d’appareils de combat, de chars, de missiles et de toute une technologie de pointe, les bombardements de villages et de camps, le recours à des gaz toxiques, prétendument pour détruire les plantations de coca. Cette escalade constitue une menace réelle pour la Colombie et l’Amérique latine. Le Pentagone est pleinement conscient que cette escalade totale peut constituer le prélude à la régionalisation du conflit, à une nouvelle situation de pat pour les troupes yankees comme ce fut le cas jadis au Vietnam et comme ce l’est aujourd’hui en Irak.
Au sein de l’opinion publique latino-américaine croît la résistance contre le Plan Colombia, des activités sont organisées contre ce plan fasciste et en vue de la solidarité avec la résistance. Des millions de personnes s’offensent de cette situation, qu’elles rejettent, elles se sentent concernées et elles le font savoir via divers niveaux de mobilisation. Les communistes du continent latino-américain travaillent avec zèle dans ces activités, ils occupent leur position et cherchent comment ils peuvent transformer ce mouvement contre la guerre en une conscience, une organisation, une lutte anti-impérialiste.
VI. L’Equateur est lui aussi victime de l’agression impérialiste américaine. L’administration Bush est parvenue à impliquer intégralement le gouvernement équatorien dans le Plan Colombia. Une base militaire a été installée dans le port de Manta, sur l’océan Pacifique, en Amazonie a été créé un camp d’entraînement du Commandement Sud des Etats-Unis, il y a eu des négociations à propos d’une nouvelle base militaire aux Galápagos, un aéroport militaire à San Lorenzo, à la frontière colombienne. Dans de nombreux endroits du pays, se développe le mouvement de résistance contre le Plan Colombia et contre l’implication de l’Equateur dans ce même plan.
Les communistes et d’autres forces révolutionnaires, les démocrates et les patriotes s’engagent avec détermination dans la dénonciation de la nature réactionnaire et antinationale du Plan Colombia. Cela se passe au cours de forums et de débats au sein des médias de communication, dans les locaux syndicaux et dans les universités. On organise des festivals rassemblant des dizaines de milliers de participants. De grandes mobilisations de masse sont mises sur pied. Au sein de l’armée, il y a un débat sur la non-participation et on constate une résistance à toute intervention dans une guerre qui ne la concerne pas.
La résistance contre le Plan Colombia, contre la politique de guerre de l’impérialisme américain est dirigée par le Parti communiste et d’autres forces révolutionnaires, en solidarité active avec le peuple colombien et ses organisations de guérilla. Ce mouvement recueille la sympathie et le soutien des masses laborieuses, surtout parmi les habitants de la région frontalière du Nord.
VII. La raison d’existence du Parti communiste est la destruction de l’impérialisme et du capitalisme et la mise en place du socialisme en tant que phase de transition vers le communisme. Dans chaque phase, il faut conquérir le pouvoir via le recours à la violence révolutionnaire. C’est vers ce but stratégique que s’oriente toute l’activité des révolutionnaires prolétariens. Toutes les actions de la vie quotidienne sont dirigées vers la mise sur pied de forces qui permettront au mouvement de se développer suffisamment pour mener la lutte finale et s’emparer du pouvoir. L’organisation et la conduite de la révolution, telle est la tâche centrale du Parti communiste. C’est dans ce processus que s’inscrivent les prises de position et les actions contre la guerre impérialiste.