Déclaration du Séminaire communiste international
Bruxelles, 4 mai 2003 - 4 mai 2004
La guerre d’agression contre l'Irak, lancée le 20 mars
2003 par les impérialistes américains et britanniques, marquera
un tournant dans l'histoire. Cette agression a été la continuation
de la première guerre américaine contre l'Irak en 1991, suivi
d'un embargo de 12 ans qui a fait un million et demi de victimes civiles.
Ces deux agressions contre l'Irak se situent dans la suite des événements
contre-révolutionnaires qui ont eu lieu en Union soviétique sous
l’impulsion de Gorbatchev en 1989-91. En effet, cette contre-révolution
a changé les rapports de force mondiaux au profit de l'impérialisme
et principalement de l'impérialisme américain.
L’agression contre l’Irak en 2003 a été une violation flagrante
par l’impérialisme US de toute la légalité internationale
établie après la victoire de la coalition mondiale contre le fascisme
allemand, italien et japonais. L'actuelle Charte des Nations unies est en grande
partie le produit de la victoire de l'Union soviétique sur le gros des
armées fascistes. Grâce à cette victoire, l’URSS a pu faire
inclure dans la Charte les principes de respect de la souveraineté nationale,
de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de tous
les pays membres.
Aujourd’hui, l'Union soviétique socialiste étant
complètement détruite, c'est la sauvagerie inhérente au
système impérialiste qui s'impose à nouveau au monde entier.
Washington a piétiné une première fois la Charte des Nations
unies et le droit international lors de son agression flagrante contre la Yougoslavie.
En menant en 2003 contre l'Irak une guerre d’agression qui viole toutes les
règles du droit international, les Etats-Unis se sont véritablement
profilés comme l’Etat hors la loi par excellence, comme le grand Etat
voyou du début du XXIème siècle.
Hitler a quitté la Société des Nations en 1934 afin
d'avoir les mains libres pour ses guerres de conquête... et Richard Perle,
l'idéologue de Bush, a pu dire en pleine agression contre l’Iraq qu'il
se réjouissait de la mort de l'Onu!
L’attentat du 11 septembre 2001 a servi de prétexte
à l'extrême droite américaine pour appliquer à l'échelle
planétaire des plans militaires élaborés depuis plusieurs
années. Bush a dit le 20 septembre 2001: «Les Américains
ne doivent pas s'attendre à une bataille, mais à une longue campagne,
à une campagne comme nous n'avons jamais vu. (...) Chaque nation, où
qu’elle soit, doit maintenant prendre une décision. Soit vous êtes
avec nous, soit vous êtes avec les terroristes. »
Bush exige ainsi la soumission de tous les pays du monde en posant comme
seule alternative: être du côté de l'hégémonisme
américain et s’incliner ou défendre la Charte de l’ONU et le droit
international et risquer d’être classé comme terroriste ou sympathisant
du terrorisme.
Les guerres d'agressions contre la Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak
peuvent être considérées comme les premières salves
d’une nouvelle guerre mondiale à laquelle se préparent les Etats-Unis.
Fidel Castro, prenant la parole le 1er mai 2003, a déclaré
que Bush a développé «la conception d'une dictature militaire
mondiale sous l'égide de la force brutale, sans loi, ni institutions
internationales. (...) Le monde commence à être régi par
des méthodes et des conceptions nazies. »
En effet, l'agression contre l'Irak a des répercussions
mondiales. Les Etats-Unis ont mené cette guerre pour imposer le monopole
américain sur le pétrole irakien, pour obtenir une position clé
dans l’OPEP afin de pouvoir déterminer le prix du pétrole et finalement
pour exercer un contrôle sur leurs alliés européens et japonais.
Les guerres américaines d’agression précédentes
lancées par les Etats-Unis contre la Yougoslavie et contre l'Afghanistan
visaient à permettre aux Américains de mettre la main sur les
réserves pétrolières et les richesses minérales
fabuleuses de la Mer Caspienne et de l'Asie centrale. Ces deux guerres annoncent
clairement les intentions hostiles des Etats-Unis à l'égard de
la Russie.
La guerre contre l'Irak comme celle contre l'Afghanistan, visait également
à dénier à la Chine l'accès au pétrole du
Moyen-Orient et de l'Asie centrale: ce sont déjà des préparatifs
à la guerre des Etats-Unis contre la République Populaire de Chine.
De la contre-révolution au nouvel
essor des luttes révolutionnaires
Depuis la contre-révolution de 1989-90, le monde a beaucoup changé.
L’élimination du socialisme en Union soviétique et dans les pays
de l’Europe de l’Est a permis aux puissances impérialistes et particulièrement
à l'impérialisme américain, de déclencher une vague
réactionnaire violente dans le monde entier.
Nous avons eu la première guerre de l'Irak, la guerre contre la
Somalie, les différentes guerres réactionnaires dans des pays
de l'ex-URSS, la division de la Yougoslavie par la violence et les guerres entre
les nouveaux Etats sortis de la Yougoslavie, la guerre contre l'Afghanistan
et l'occupation militaire de ce pays, et la deuxième guerre terroriste
contre l'Irak déclenchée en 2003.
Puis les Etats-Unis ont proclamé leur détermination
à ne jamais tolérer l’émergence d’une puissance qui pourrait
rivaliser avec eux.
Mais aujourd’hui, les forces anti-impérialistes et révolutionnaires
connaissent un nouvel essor.
Le 1er mai 2003, Bush fêtait sa victoire totale sur ce qu'il
appelait «la dictature de Saddam Hussein. Il voyait déjà ses armées
en opération contre la Syrie et l’Iran.
Mais ce 1er mai 2004, le spectre du Vietnam hante les Etats-Unis.
En Irak, les Etats-Unis font face à une véritable guerre
populaire des masses irakiennes qui versent leur sang pour l'indépendance
et la démocratie.
L’Irak a rejoint le combat héroïque du peuple palestinien,
à l’avant-garde du combat des peuples du Tiers Monde contre l’hégémonisme
américain.
En Afghanistan, l'Otan contrôle aujourd'hui quelques villes,
mais le reste du pays est sous le contrôle de la résistance anti-américaine.
Une vague de haine sans précédent à l'égard
de l'impérialisme américain déferle sur le Moyen-Orient.
Et jamais les Etats-Unis n’ont rencontré une telle hostilité de
la part des peuples du monde entier.
Le mouvement anti-guerre ne faiblit pas aux Etats-Unis, en Corée
du Sud, en Espagne, en Italie, etc.
En Irak occupé, la coalition américaine s’effrite au rythme que
tombent des soldats alliés.
Des analystes militaires américains ont affirmé que
les «troupes prêtes au combat comptent 400.000 hommes en service actif
et 500.000 réservistes. Une occupation de l’Irak durant quatre ou cinq
ans mobilisera 260.000 hommes des troupes régulières et 315.000
réservistes. C’est-à-dire de 65% de notre armée. »
La revue Foreign Affairs écrit: «L’Irak dépasse
nos possibilités, nous avons atteint nos limites. »
En 2003 l’impérialisme américain professait des menaces immédiates
à l’encontre de la République Populaire Démocratique de
Corée (RPDC) et de la République de Cuba.
En 2004, les Etats-Unis constatent qu’il est impossible de mettre
leurs menaces à exécution dans un avenir proche.
Les Etats-Unis peuvent difficilement étendre leurs guerres
d’agression à d’autres continents sans s’assurer au préalable
du contrôle de l’Amérique latine. Le Secrétaire d’Etat Colin
Powell à déclaré : «Avec l’ALCA, nous cherchons
à obtenir, pour les entreprises américaines, le contrôle
du Pôle Nord jusqu’à l’Antarctique. » Ils veulent
également imposer le Plan Colombie et d’autres plans régionaux,
visant à imposer des bases militaires et de constituer une armée
multinationale qui leur est soumise, dans le but de combattre la guérilla
colombienne. Sa première phase est déjà en voie d’exécution.
Mais les choses n’évoluent pas du tout dans le sens que Washington
le désire. Le Plan Colombie rencontre une opposition générale
en Amérique latine.
La CIA et les forces pro-américaines ne sont pas parvenues au
Venezuela à renverser le président nationaliste élu, Hugo
Chavez. La mobilisation populaire a mis en échec, en avril 2002, le coup
d’état instigué par la CIA, comme elle a brisé ensuite
le sabotage des patrons de l’industrie pétrolière. Le mouvement
populaire révolutionnaire a pris une grande ampleur et se prépare
à se défendre par les armes contre les nouveaux complots. Le peuple
du Venezuela veut un pouvoir populaire authentique et un Etat de type nouveau.
En octobre 2003, le président pro-américain de Bolivie,
Gonzalo Sanchez, a dû prendre la fuite en toute hâte aux Etats-Unis
après d’incessantes manifestations.
Plusieurs pays sud-américains ont élu des dirigeants
démocratiques et nationalistes comme Luis Ignacio da Silva (Lula) au
Brésil, Nicanor Duarte au Paraguay, et Nestor Kirschen en Argentine.
Et ces pays ont resserré leurs liens avec Cuba…
De la crise économique au danger
d'une nouvelle guerre mondiale…
Ces vingt dernières années, nous assistons à des vagues
gigantesques de concentrations de capitaux à l'échelle mondiale.
A l'heure actuelle, une dizaine de multinationales contrôlent
la plupart des différents secteurs de l'économie mondiale. Partout,
elles intensifient l'exploitation, réduisent le nombre de travailleurs
tandis qu’elles augmentent de façon phénoménale la productivité
et leurs bénéfices. La surproduction est devenue un phénomène
généralisé.
Les deux cents multinationales industrielles les plus importantes
sur la planète représentent 25% de la valeur manufacturière
mondiale. Quelques milliers de multinationales possèdent l'essentiel
des moyens de production du monde capitaliste et les font tourner dans le seul
but d'offrir le maximum de bénéfices aux actionnaires. La grande
majorité de la population mondiale est maintenue hors de la production
industrielle moderne et végète dans la misère, les ouvriers
et les autres travailleurs sont surexploités et sous-payés.
Ainsi s'exprime la contradiction fondamentale insoluble du système
capitaliste: la contradiction entre la capacité de production apparemment
sans limite d’un côté, et de l’autre côté des marchés
qui stagnent, la sous-production (ou la surcapacité) et le chômage
chronique ; la contradiction entre le caractère social des forces
de production et la propriété privée des moyens de production.
Cette contradiction mène inévitablement à des
crises qui secouent les fondements du système impérialiste et
à des guerres de plus en plus destructrices.
Cette contradiction place dans une opposition irréconciliable
une infime minorité qui possède et contrôle des moyens de
production gigantesques et l'écrasante majorité des plus de six
milliards d'hommes qui vivent sur la planète.
Malgré toutes les prétendues conquêtes réalisées
grâce à la mondialisation néo-libérale, les Etats-Unis
se trouvent confrontés à la plus grande crise de leur histoire.
Ils ont une dette intérieure et extérieure de 35.000 milliards
dollars, soit plus que trois fois le Produit intérieur brut américain.
Les actions en bourses restent surévaluées et de nouveaux
effondrements sont inévitables. Le rapport entre le bénéfice
moyen par action et son prix moyen chute à 2,95% en 2001, alors qu'il
atteignait 13,46% en 1979.
L’économie américaine est virtuellement en faillite.
Les Etats-Unis dépendent sans cesse plus du capital étranger
pour le financement de leurs déficits. La dette extérieure globale
des Etats-Unis s’élève à 3.200 milliards de dollars, représentant
30% de son Produit National Brut et elle ne cesse d’augmenter. Alors que cela
nécessite une injection croissante de capital étranger, c’est
le contraire qui se passe. Les investissements étrangers directs sont
passés de 300 milliards de dollars en 2000 à moins de 50 milliards
de dollars en 2003.
La baisse de la valeur du dollar par rapport à l’euro ne peut
que décourager encore plus les investissements étrangers aux Etats-Unis.
Combien de temps les investisseurs étrangers accepteront-ils
encore de financer les déficits américains ? S’ils devaient
rapatrier en masse leurs avoirs, une crise sans précédent frapperait
l‘économie américaine.
L'euro menace le dollar, qui est actuellement la principale monnaie
de réserve internationale. Le glissement d'une partie importante des
réserves mondiales de dollars en euros provoquerait un tremblement de
terre économique. La même chose se produirait si le paiement du
pétrole se faisait non seulement en dollars, mais également en
euros.
En 2010, les dix Etats de l'ASEAN (pays du Sud-est asiatique), avec
la Chine, le Japon et la Corée du Sud (ASEAN + 3) sont appelés
à former le plus grand marché
commun de la planète. Ce sera un coup dur pour l'économie américaine.
Ce sont les lois inhérentes au capitalisme monopoliste qui poussent les
Etats-Unis inexorablement vers la guerre à l'échelle mondiale.
En vingt ans de mondialisation néo-libérale, pratiquement
toutes les échappatoires à la crise ont été épuisées.
Le tiers monde est couvert par 2.500 milliards de dollars de dettes. Grâce
aux privatisations, les multinationales se sont emparées de la plupart
des richesses et des entreprises du tiers monde et des autres pays dominés.
Les multinationales se sont également emparées de la plupart des
marchés du monde grâce à la libéralisation économique.
La mondialisation de la domination économique des multinationales a conduit
à une impasse globale.
L'équipe Bush est arrivée au pouvoir sans être
élue de façon régulière, grâce à un
«coup d'Etat » voulu par les multinationales de la guerre,
c'est-à-dire les multinationales de l'armement, de l'aéronautique
et du pétrole. Ces trois blocs de monopoles se sont engagés dans
une politique de guerre à l'échelle planétaire.
La superpuissance américaine mise maintenant prioritairement
sur la «mondialisation militaire », sur sa supériorité
militaire écrasante, pour sauver ses multinationales d'une crise globale
imminente et cela au détriment du monde entier.
Les multinationales américaines s'apprêtent à
s'engager aujourd'hui dans la seule voie qui reste au capitalisme chaque fois
qu'il fait face à une crise économique générale
insoluble: la voie de la guerre mondiale en «relançant »
l'économie par la production massive d'armes. La guerre dans le but d'écraser
des rivaux, de s’emparer des matières premières et des marchés...
Combattons les préparatifs US
pour une nouvelle guerre mondiale
Sous Bush junior, Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz et Armitage, les forces les plus
réactionnaires, expansionnistes et bellicistes de la bourgeoisie américaine
ont pris le pouvoir. Les Etats-Unis ont à nouveau pris la voie du fascisme
et de l'agression à l'échelle planétaire, comme ils l'ont
fait en 1948-53…
La bourgeoisie allemande avait instauré le fascisme pour écraser
le puissant mouvement communiste et révolutionnaire allemand et pour
combattre des rivaux impérialistes plus forts comme la Grande-Bretagne,
la France et les Etats-Unis.
Aujourd'hui, les Etats-Unis sont la seule puissance hégémonique
dont les forces armées sont présentes dans le monde entier. Bush
s’est engagé dans une politique internationale de type fasciste
pour renforcer son hégémonie mondiale déjà établie
et pour combattre militairement tout rival potentiel sur n'importe quel continent…
Dans le domaine de la politique intérieure, Bush s'attaque
à tous les droits démocratiques qui peuvent freiner sa politique
de guerre à l'échelle mondiale. Aux Etats-Unis, pour la première
fois dans l'histoire, un ministère spécial centralisera toute
la «défense intérieure », c'est-à-dire
tout l'appareil de répression. Le Homeland Security Office aura
170.000 employés et un budget de 37 milliards dollars. Les employés
n'auront pas de droits syndicaux.
Un analyste américain a écrit: «Depuis que
l'administration Bush est arrivée au pouvoir, elle a évolué
vers une dictature présidentielle qui mène des guerres à
l'extérieur en les accompagnant de répression intérieure
et d'attaques contre les droits démocratiques. Nous n'avons rien vu de
pareil à ces nouvelles lois depuis l'Allemagne nazie. La loi Homeland
Security donne au président des pouvoirs dictatoriaux complets: il peut
prendre n'importe quelle décision, sans être limité par
le pouvoir judiciaire et législatif. L'exécutif peut maintenant
tenir des réunions en secret, sans aucune forme d'information. ».
Des non-Américains suspectés d'être des terroristes
ou simplement de soutenir des terroristes peuvent être jugés devant
des tribunaux militaires secrets. Leur jugement ne peut pas être revu
par d'autres tribunaux.
Le «Patriot Act » justifie l'utilisation de la torture
contre toute personne soupçonnée d'avoir connaissance d'activités
terroristes! Les Etats-Unis ont avoué avoir torturé les suspects
amenés d'Afghanistan à la base US de Guantanamo, sur le sol occupé
de Cuba...
Pour sauver le capitalisme américain de la grave crise qui le traverse,
Bush a résolument opté pour une politique de domination américaine
sur l’ensemble de la planète et de préparatifs de guerre à
l'échelle mondiale.
Paul Wolfowitz, actuellement secrétaire adjoint à la
Défense, écrivait déjà en 1992, juste après
la phase finale de la contre-révolution en Union soviétique: «Les
Etats-Unis doivent s'appuyer sur leur écrasante supériorité
militaire et l'utiliser préventivement et unilatéralement. Notre
premier objectif est d'empêcher qu'émerge une nouvelle fois un
rival. Il s'agit d'une considération primordiale, la base d'une nouvelle
stratégie de défense. Elle requiert que nous nous efforcions à
empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont le
contrôle ferme suffirait à générer une force globale.
Ces régions englobent l'Europe de l'Ouest, l'Asie de l'Est, le territoire
de l'ancienne Union soviétique et l'Asie du Sud-Est. »
En clair: l'Union européenne, la Chine, la Russie l'Inde et
le Japon, sont des ennemis potentiels qui peuvent subir des «guerres préventives »
de la part des Etats-Unis.
Les Etats-Unis sont très inquiets du fait que la Russie vend
des armes avancées à la Chine, et que la Russie est en train de
développer ses relations avec les pays de l’Asie comme la Chine, l’Inde,
le Japon et les pays de l’ASEAN.
Les Etats-Unis veulent introduire d'une façon ou d'une autre
leur armée dans une centaine de pays sous prétexte de combattre
le terrorisme. En réalité, il s'agit de réaliser les préparatifs
nécessaires pour une nouvelle guerre mondiale.
Bush a déclaré le 1er juin 2002 à
l'Académie militaire de West Point: «Notre sécurité
exige une armée prête à frapper d'un instant à l'autre
dans n'importe quel coin obscur du monde. Et notre sécurité exigera
de tous les Américains prévoyants et résolus, d'être
prêts, si nécessaire, à des actions préventives pour
défendre notre liberté et nos vies. Nous devons découvrir
des cellules terroristes dans soixante pays ou plus... Nous devons nous opposer
à la prolifération et entrer en confrontation avec les régimes
qui sponsorisent la terreur. Nous allons vous envoyer, vous, nos soldats, là
où on a besoin de vous. »
Les guerres contre l'Irak, la Yougoslavie et l'Afghanistan ont eu entre autres
comme but de créer un réseau de bases militaires. L'acquisition
de bases est essentiel pour la préparation d’une guerre mondiale. Bush
a dit en décembre 2002 dans The National Security Strategy: «Les
Etats-Unis auront besoin non seulement de bases et d’infrastructures en Europe
occidentale, en Asie du Nord-Est et au-delà, mais aussi d'accords d'accès
temporaires pour les déploiements à longue distance des forces
américaines. Avant la guerre en Afghanistan, cette région était
en bas de la liste des grandes éventualités à planifier.
Nous devons être préparés à un plus grand nombre
de déploiements semblables. »
L'Asie, où se situent deux puissances capables de tenir tête
à l'hégémonisme américain, la Chine et l'Inde, est
une cible privilégiée de l'impérialisme américain.
Les Américains auront des difficultés pour y mener de grandes
guerres d'agression à cause des longues distances, du manque de bases
américaines et d’infrastructures dans la région. Dès lors,
l'impérialisme américain met tout en œuvre pour reprendre les
bases militaires aux Philippines qu'ils ont dû abandonner dans le passé
face à la mobilisation populaire. Ceci explique pourquoi l'impérialisme
américain qualifie le Parti Communiste des Philippines, qui se bat pour
l'indépendance totale du pays, de formation "terroriste"...
Pour bloquer les préparatifs de guerre américains et
préserver la paix mondiale, les peuples du monde exigent le retrait des
troupes d'occupation américaines des Balkans, de l'Afghanistan et de
l'Irak, la dissolution de l'Otan et le démantèlement de toutes
les bases militaires américaines à l'étranger.
Pour combattre les préparatifs de guerre mondiale, toutes les forces
communistes, révolutionnaires et démocratiques doivent s'engager
dans la défense de deux pays parmi les plus menacés : la
République de Cuba et la République Populaire Démocratique
de Corée.
Depuis la fin de la guerre en 1953, la Corée vit sous le régime
de l'armistice. Il n'y a jamais eu d'accord de paix. L'écrasante majorité
du peuple coréen, aussi bien dans la partie Sud que Nord, exige la conclusion
d'un accord de paix et d'un pacte de non-agression, la fermeture des bases américaines,
la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule - toutes
les armes nucléaires doivent être bannies - et la réunification
pacifique de la Corée. Empêcher l'agression de la RPDC est essentiel
pour sauver la paix mondiale: la Corée occupée, l'hégémonisme
américain se lancerait dans les préparatifs de guerre contre la
Chine.
Cuba, qui a réduit la mortalité infantile de 60 à
6 décès pour 1.000 naissances et qui a élevé l'espérance
de vie de quinze ans en moyenne, a été rangée par Bush
parmi les pays favorisant le terrorisme!
Or, depuis 1960, c'est bien Cuba qui a subi 700 attaques terroristes
de la part de l'impérialisme américain, attaques qui ont fait
3.478 morts et 2.099 handicapés... Quand Cuba prend des mesures de légitime
défense face aux plans agressifs publiquement affichés par la
puissance hégémonique, cette dernière se lance dans une
nouvelle opération de guerre politique en prétendant que Cuba
viole les «droits de l'homme ». Ainsi, les «droits de
l'homme » deviennent une arme psychologique supplémentaire
des Etats-Unis pour préparer leurs guerres d'agressions...
Défendre Cuba, c'est défendre le flambeau de l'indépendance,
de l'anti-impérialisme et du socialisme que représente Cuba pour
toute l'Amérique Latine et pour le monde entier. C'est défendre
le principe de l’autodétermination et s’opposer à l’intervention
US au Venezuela. Celui-ci propose de constituer une Alternative bolivarienne
pour les Amériques (ALBA) qui est diamétralement opposée
au projet de la recolonisation économique de l'Amérique Latine
par les Etats-Unis, recolonisation qui a pour nom officiel l’ALCA (Zone de libre-échange
des Amériques).
Dans le cadre de ses préparatifs à une nouvelle guerre mondiale,
l'impérialisme américain mène des offensives pour s'emparer
des immenses richesses du sous-sol africain. La guerre d'agression contre la
République démocratique du Congo, dans laquelle les Etats-Unis
ont engagé leurs sous-traitants ruandais et ougandais, a coûté
la vie à plus de quatre millions de Congolais. Les enjeux étaient
les richesses fabuleuses du sous-sol congolais, le cobalt, le coltan, le cuivre,
le diamant, l’or, l'uranium, etc., mais aussi l’immense potentiel hydroélectrique,
des quantités inépuisables d’eau douce et les réserves
pétrolières, de cet immense pays.
Les Etats-Unis veulent contrôler le pétrole de l'Afrique
occidentale et construire une grande base militaire sur l'île de Sao Tome.
Dans dix ans, 25% du pétrole américain proviendra de l'Afrique
de l'Ouest, qui deviendra ainsi la première source de pétrole
des Etats-Unis. Le combat pour l'indépendance totale de l'Afrique est
en même temps un combat pour la paix et contre la politique de domination
mondiale et de guerre mondiale des Etats-Unis.
Nous affirmons notre solidarité avec les masses populaires
aux Etats-Unis qui sont elles-mêmes victimes de l'exploitation par les
monopoles capitalistes, de la régression sociale et de la répression.
Nous affirmons notre solidarité avec toutes les forces démocratiques
et anti-impérialistes aux Etats-Unis et particulièrement avec
toutes les forces anti-guerre, qui, dans toutes les communautés, dénoncent
et combattent la politique de domination mondiale de l'administration Bush.
Impérialisme européen et
hégémonisme américain: aiguisement des contradictions
Les contradictions entre les Etats-Unis et l’Union européenne se sont
exacerbées au cours des dernières années. L’Union européenne
constitue maintenant un bloc impérialiste qui peut rivaliser dans le
domaine économique et financier avec les Etats-Unis. En 2001, le Produit
Intérieur Brut de l’Union était de 8.000 milliards de dollars,
contre 10.000 milliards pour les USA.
Les contradictions entre l’U.E. et les U.S.A. se développent dans
tous les domaines. Au niveau économique il y a eu différentes
mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis, tel que les quotas d’acier.
Mais aussi dans d’autres domaines, allant du refus des Etats-Unis de signer
les accords de Kyoto pour limiter l’émission de CO2, de leur refus d'accepter
le projet de Traité interdisant les armes biologiques ou le Traité
sur les mines anti-personnelles jusqu’au rejet de la Cour Internationale de
Justice et du Traité contre le déploiement des antimissiles balistiques.
Au niveau militaire également, l’opposition entre l'hégémonisme
américain et l'impérialisme européen s’accentue de plus
en plus.
Les Etats-Unis sont conscients de leur faiblesse stratégique lorsqu’il
s’agit d’envoyer de grandes masses de soldats sur les champs de bataille et
ils ont besoin du soutien politique et militaire européen pour imposer
leur ordre au monde entier.
L’administration Bush a inventé la nouvelle notion géographique
de «Grand Moyen Orient ». Au sommet de l’OTAN tenu à
Prague le 19 octobre 2003, Nicholas Burns, le représentant permanent
des Etats-Unis au Conseil de l’OTAN a dit ceci : «C’est sur le
«Grand Moyen Orient » que nous, dans l’administration Bush,
estimons que l’OTAN doit focaliser ses efforts ».
Ce Grand Moyen Orient, comprends toute la région qui s’étend
de l’Afghanistan au Maroc, en passant par l’entièreté du monde
arabe. Toute cette région ferait peser des menaces de «terrorisme »
et d’«armes de destruction massive » sur l’Europe et
sur l’ensemble de la planète. Ces «menaces »
remplacent la prétendue menace que constituait l’Union soviétique
et qui a permis aux USA d’embrigader l’Europe de l’Ouest pendant plus de quarante
ans.
La notion du Grand Moyen Orient a été inventée
pour servir la politique américaine de domination et de guerre au niveau
mondial. Les guerres d’agression américaines en Afghanistan et en Irak
avaient déjà pour but de forcer l’OTAN à sortir de son
cadre original, l’Europe.
En élargissant le théâtre d’opérations
de l’OTAN à l’Asie et à l’Afrique, l’hégémonisme
américain veut entraîner l’Europe en tant qu’auxiliaire dans la
réalisation de ses plans de domination mondiale. Il s’agit d’enchaîner
l'impérialisme européen à l'hégémonisme des
Etats-Unis et à maintenir le contrôle américain sur l'Europe.
Notons que dans ce «Grand Moyen Orient », les Américains
cherchent aussi à établir des bases militaires en vue d’agressions
futures contre la Chine, contre la Russie et éventuellement contre l’Inde.
Mais l’Allemagne, la France et d’autres puissances européennes
sont de moins en moins enclines à se mettre au service de la domination
américaine. Elles veulent réaliser leur propre agenda impérialiste,
indépendamment des Etats-Unis.
Lors du Sommet de Lisbonne en juin 2000, l’Union européenne a
décidé de faire de son économie la plus compétitive
du monde pour 2010. Aujourd’hui, l’Union européenne a pratiquement rattrapé
les Etats-Unis au niveau économique et les a même dépassés
à certains égard. Sa monnaie unique, l’euro, a augmenté
de 46% en valeur par rapport au dollar au cours des deux dernières années.
Pour ne plus devoir être à la traîne des Etats-Unis au niveau
politique, l’Europe impérialiste veut se doter de sa propre armée
et de sa propre industrie militaire.
Le Sommet de Nice de décembre 2001 a approuvé
le projet élaboré le 21 novembre 2001 par le Conseil des ministres
européens de la Défense à cet effet. La Force de Réaction
Rapide de 60.000 hommes sera équipée de 400 avions et de 100 navires
et elle pourra être mobilisée endéans les 60 jours. Elle
disposera de son propre système de positionnement global Galileo
et de son propre système de renseignement électronique. Un complexe
militaro-industriel européen puissant se développe, dont font
partie deux géants : Bae Systems de la Grande Bretagne et EADS,
résultant de la fusion de DASA (Allemagne), Casa (Espagne) et Aérospatiale
(France).
Les Etats-Unis dénoncent cette euro-armée en formation
comme une menace directe pour l’OTAN, et ils s’efforcent-ils par tous les moyens
à en entraver la création.
D’autre part, les Etats-Unis ont fait entrer dans l’OTAN huit pays anciennement
socialistes, après s’être assurés de leur soumission aux
intérêts nord-américains, entre autres au travers d’accords
bilatéraux. Rumsfeld a appelé ces pays «la nouvelle Europe »,
dont il espère qu'elle consolidera le leadership nord-américain
au sein de l’Alliance.
Mais ces pays font aussi - ou feront bientôt - partie de l’Union
européenne. Leurs bourgeoisies ne pourront pas bénéficier
des avantages de l’Europe, sans soutenir la politique de Sécurité
et de Défense européenne. Les accords qui les lient à l’impérialisme
américain ne résisteront sans doute pas aux avantages économiques
que peut offrir l’Union européenne à leur classe dirigeante.
L’Union européenne courtise aussi la Russie. Si la Russie ne peut devenir
membre, du moins à court terme, l’Allemagne et la France lui proposent
de signer l’un ou l’autre accord de coopération privilégiée.
Elles évoquent même la possibilité de l’entrée de
la Russie dans l’OTAN.
Les Etats-Unis s'opposent entièrement à ces deux démarches.
En effet, la Russie pourrait d’un seul coup pourvoir la Défense européenne
d'une puissance nucléaire capable de faire front à celle des Etats-Unis.
Et la Russie peut apporter à l'Europe son immense territoire regorgeant
de toutes les ressources naturelles imaginables, du pétrole et du gaz
naturel jusqu’aux minerais les plus rares. Le marché interne de l’Union
européenne s’agrandirait du même coup de 150 millions de consommateurs.
A l’instar des Etats-Unis, l’Union européenne est en train d’élargir
et de centraliser la législation et les instruments répressifs.
Tous les pays de l’U.E. ont adopté des législations «antiterroristes »
semblables et ont dressé des listes similaires d’organisations soi-disant
terroristes, dont le but principal est de réprimer et de criminaliser
l’opposition révolutionnaire et anticapitaliste. Ces mesures-là
ont également pour but d’effectuer un contrôle généralisé
de la population et de démanteler ses droits fondamentaux.
Dans les prisons de l’impérialisme, de Abu Ghraib à Guantanamo
en passant par la Turquie, la barbarie contre les prisonniers s’étend
et le nombre de prisonniers politiques s’accroît.
Mobilisons-nous contre la menace d'une guerre nucléaire déclenchée par les Etats-Unis!
La superpuissance américaine est capable de détruire le monde
entier au moins vingt fois avec ses armes nucléaires, chimiques et bactériologiques.
Cette force militaire diabolique s'est acharnée contre l'Irak, un petit
pays du tiers monde de 22 millions d'habitants, à qui elle a interdit
de disposer de la moindre arme de «destruction massive ».
Même Hitler n'a jamais pu exiger et obtenir le désarmement
de l'Autriche, de la Tchécoslovaquie ou de la Yougoslavie avant de les
agresser…
Pour la première fois depuis 1953, l'impérialisme américain
a osé affirmer publiquement, lors des préparatifs de l'attaque
contre l’Irak, qu'il envisageait toutes les options, y compris le recours aux
armes nucléaires! Et cela contre un pays qui avait été
complètement désarmé. Alors qu'au même moment, Israël
a acquis quelque 300 têtes nucléaires grâce à la coopération
des Etats-Unis!
Le gouvernement Bush a développé la théorie
fasciste d'attaques nucléaires «préventives »
en mentionnant nommément comme cibles possibles l’Irak, la Corée
du Nord, la Chine, la Russie et quelques autres pays.
Ainsi, en mars 2003, les Etats-Unis et les troupes sud-coréennes
ont mené deux exercices d’envergure qui ont mobilisé 200.000 soldats
américains et sud-coréens. Six avions furtifs Stealth F-117 et
un escadron de F-15 ont effectué 220 sorties d'espionnage et d'entraînement
à l'attaque de cibles déterminées en RPDC. L’Administration
Bush a élaboré des plans détaillés pour bombarder
les installations nucléaires de coréennes de Yongbyon... La menace
d'une guerre nucléaire lancée par les Etats-Unis pèse à
nouveau sur le monde!
Le 6 août 1950, le Rassemblement pour la Paix, qui eut
lieu à Hiroshima, a lancé une campagne mondiale contre la production,
la détention et l’usage des armes nucléaires et pour leur interdiction.
Un gigantesque mouvement pour la Paix et contre les armes nucléaires,
animé par les pays socialistes, par les peuples du tiers monde en lutte
pour leur indépendance et par un large mouvement pour la paix dans le
monde capitaliste, a alors empêché les Etats-Unis de recourir à
l'arme nucléaire lors de ses guerres d'agression.
La contre-révolution en Union soviétique a démobilisé
le mouvement pacifiste: c'était la fameuse «fin de l'histoire »,
le monde entier allait recevoir des «dividendes de la paix ».
Mais aujourd'hui, les peuples découvrent que c'est bel et bien la seule
superpuissance américaine qui menace la planète entière
de destruction nucléaire.
Aucun homme sensé ne peut accepter la situation actuelle dans
laquelle l'impérialisme américain, fort d’environ 10.000 têtes
nucléaires, peut menacer des petits pays comme la Corée du Nord
ou l'Iran, suspectés de vouloir produire quelques armes nucléaires.
Où est-il écrit dans la Charte des Nations Unies qu'une puissance
peut tout se permettre et tout interdire aux autres?
La détermination des Etats-Unis d’utiliser des armes nucléaires
s’exprime aussi dans leurs plans de produire des «mini-nukes »,
des armes nucléaires dites «tactiques ».
Avant que l’impérialisme américain n'ose utiliser la
bombe nucléaire, il faut relancer le mouvement mondial pour le désarmement
nucléaire.
Les puissances nucléaires doivent prendre l'engagement de
ne jamais utiliser les armes nucléaires contre un pays non nucléaire.
Elles doivent prendre l'engagement de ne jamais utiliser en premier les armes
nucléaires. Sous le contrôle de l’Assemblée des Nations
unies, il faut organiser le désarmement nucléaire total, à
commencer par le pays qui en possède le plus et en venir ainsi au désarmement
nucléaire total et simultané de tous les pays nucléaires.
Travailleurs et peuples du monde entier, unissez-vous contre l'hégémonisme US!
Nous sommes toujours à l'époque de l'impérialisme et la
révolution socialiste est toujours la seule voie pour liquider définitivement
le capitalisme, l'exploitation et la domination dans le monde entier.
Aujourd'hui, l'impérialisme américain veut imposer son
hégémonie au monde entier par les armes. Il a pris la voie de
la guerre à l'échelle planétaire et est devenu l'ennemi
numéro un de tous les peuples du monde.
Après l'arrivée au pouvoir de Hitler, c'est l'axe fasciste
dirigé par l'Allemagne nazie qui constituait l'ennemi principal des peuples.
L'Union soviétique a proposé à l'Angleterre et à
la France une alliance de sécurité collective contre l'axe fasciste
belliciste.
En 1936, Palme Dutt notait que la France et l'Angleterre ne se sont
pas orientées vers de grandes guerres d'agression, tandis que les puissances
fascistes «ont complètement réalisé l'organisation
de l'Etat pour la guerre. C’est contre cette offensive de guerre la plus menaçante
à l'heure actuelle, que le combat principal doit être dirigé.
[...] Les forces qui se battent pour la paix peuvent utiliser ces contradictions
[entre Etats impérialistes] dans le but de placer des obstacles sur la
route qui mène à la guerre. [...] La classe ouvrière doit
utiliser, comme Lénine l’a souligné maintes fois, chaque différence,
même petite, dans le camp de la bourgeoisie dans le but de faire avancer
ses objectifs dans une situation tactique donnée. »
Mais lorsque Londres et Paris ont tenté en 1939 de
détourner le monstre fasciste sur l'URSS, Staline a conclu le Pacte germano-soviétique.
Celui-ci a permis à l'Union soviétique d'intensifier ses préparatifs
de défense pendant vingt mois et de créer les conditions pour
une réelle alliance antifasciste mondiale.
La victoire de 1944-45 sur l'ennemi principal des peuples a permis
de grandes avancées dans la lutte pour l'indépendance et pour
le socialisme.
Cependant immédiatement après la défaite des
puissances fascistes, les impérialismes américain et britannique
sont devenus l'ennemi principal des peuples, en reprenant le projet de l'Allemagne
hitlérienne de destruction des pays socialistes et de domination mondiale.
Aujourd'hui, toutes les puissances impérialistes s'arment
pour des interventions extérieures. L’impérialisme européen
et l’impérialisme japonais mènent aussi une politique de militarisation,
d'élimination des droits démocratiques et de préparatifs
à la guerre. Mais seuls les Etats-Unis ont un budget militaire de guerre
mondiale atteignant les 400 milliards de dollars, à comparer aux 65 milliards
de la Russie (16,3% des Etats-Unis), aux 47 milliards de la Chine (11,8%), aux
40 milliards du Japon (10%), aux 35 milliards de la Grande Bretagne (8,8%),
aux 33 milliards de la France (8,3%) et aux 27 milliards de l'Allemagne (6,8%).
Seuls les Etats-Unis élargissent leurs interventions militaires dans
tous les continents, se préparent à des guerres d'agression dans
le monde entier et sont prêts à utiliser leurs armes nucléaires
dans une guerre mondiale à venir.
Les communistes sont les défenseurs les plus fermes des intérêts
fondamentaux de l'humanité. Ils doivent être à l'avant-garde
pour mobiliser les masses populaires et tous les hommes de paix contre le principal
danger qui les menace.
Le Parti communiste et le Front contre l'impérialisme
et contre le danger d'une nouvelle guerre mondiale
Aujourd'hui, les communistes de chaque pays, les communistes du monde entier,
ont le devoir d’intensifier leur travail dans la classe ouvrière qui
doit jouer son rôle dirigeant dans la lutte anti-impérialiste et
anticapitaliste. Ils ont également le devoir de diriger les masses populaires
dans leurs justes luttes contre l’exploitation et l’oppression et de constituer
un large front uni contre la menace d'une nouvelle guerre mondiale émanent
de l'impérialisme américain. La menace d’une nouvelle guerre mondiale
est réelle, mais les plans pour préparer cette guerre peuvent
être mis en échec par les luttes des peuples et par le combat de
la classe ouvrière internationale.
Aujourd'hui, face aux graves menaces qui pèsent sur le monde, notre première
tâche est d'œuvrer pour l'unité de tous les communistes authentiques
au niveau de chaque pays, aux niveaux régional, continental et international.
La question de l’unité des communistes est devenue urgente, un mouvement
communiste divisé ne peut pas diriger de manière adéquate
le combat contre les agressions américaines et contre les préparatifs
à la guerre mondiale de l'hégémonisme américain.
Pour arriver à l’unité, Lénine nous enseigne qu'il faut
mener une lutte de principe contre le révisionnisme, contre l'union en
dehors des principes fondamentaux du marxisme-léninisme. Lénine
nous apprend également qu'il faut mener une lutte de principe contre
le gauchisme et le sectarisme, contre le maintien de la division entre les groupes
communistes en l'absence d'antagonismes fondamentaux.
Des divergences, et même des divergences graves, peuvent exister
au sein du Parti communiste unifié d'un pays. Les communistes ont des
armes qui ont fait leurs preuves pour résoudre les divergences, comme
le centralisme démocratique, la discipline communiste, la critique et
l'autocritique, la ligne de masse et les bilans de l'expérience acquise.
Notre seconde tâche est d'établir l'alliance la plus large entre
les forces communistes et toutes les forces anti-guerre et anti-impérialistes
et cela dans chaque pays et au niveau international.
Depuis la contre-révolution en Union soviétique, toutes
les puissances impérialistes ont prouvé de quoi elles sont capables:
elles n'ont apporté qu'une aggravation continue du chômage, de
l'augmentation du coût de la vie, de la régression sociale, du
racisme, de la terreur policière, des baisses de salaires, des agressions
comme en Somalie, Yougoslavie, Afghanistan et Irak, et des génocides
comme au Rwanda et au Congo...
Les dizaines de millions de militants contre la mondialisation s'opposent
essentiellement à la domination des puissances impérialistes et
aux guerres d'agression qu'elles organisent.
Pour se développer sainement, les partis communistes doivent
prendre leurs responsabilités dans les justes luttes des masses qui marquent
leur époque. Les communistes authentiques intègrent les idées
marxistes-léninistes dans les mouvements de protestation contre l'ordre
établi que les masses populaires développent. Aussi confus et
contradictoires que soient ces mouvements, c'est aux communistes d'y apporter
la lumière révolutionnaire sous des formes appropriées.
Notre troisième tâche est de renforcer et d'orienter le grand front
uni mondial contre l'ennemi n°1 des peuples, l'impérialisme américain.
Un mouvement anti-guerre et antihégémoniste sans pareil
dans l'histoire se développe contre le fascisme à la Bush et contre
ses plans délirants d'une guerre mondiale pour établir un Reich
américain de 1.000 ans. Il est essentiel de renforcer et d'élargir
l’unité des forces populaires dans le combat pour la paix, et cela dans
tous les pays. Tous les calculs concernant la paix basés sur la confiance
dans les actions des gouvernements impérialistes sont voués à
l’échec.
Pour construire le front contre l'hégémonisme américain
et ses préparatifs d'une troisième guerre mondiale, les communistes
et les peuples opprimés doivent exploiter les contradictions entre les
impérialistes, ils doivent distinguer l'ennemi principal et les ennemis
secondaires, ils doivent concentrer le feu sur l'ennemi principal et gagner
des forces aussi larges que possible pour chaque combat.
Les conflits entre l'hégémonisme américain et
les autres puissances impérialistes peuvent être utilisés
pour renforcer et élargir la mobilisation populaire contre le danger
principal qui menace le monde: la politique de guerre à l'échelle
mondiale de l'hégémonisme américain. Cette mobilisation
permettra également d'éveiller la conscience populaire à
l'ensemble des problèmes posés par l'impérialisme.
C'est pas à pas que les communistes du monde entier font avancer
l'œuvre commencée en 1848 par Karl Marx, et cela jusqu'à la victoire
du socialisme dans le monde entier.
ANNEXE
1945: lorsque les Etats-Unis reprenaient le combat
de l'Allemagne hitlérienne…
Pour bien comprendre la portée des agressions américaines contre
la Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak, il faut les placer dans une perspective
historique.
Immédiatement après la défaite des puissances
fascistes en 1945, Washington a repris le rêve de domination mondiale
de Hitler. En 1945-53, les Etats-Unis ont tenté d'instaurer leur hégémonie
en préparant la troisième guerre mondiale contre la Corée,
la Chine et l’Union soviétique. Mais à cette époque, la
force du camp socialiste a pu mettre en échec les plans de guerre américains.
La dégénérescence idéologique et politique de l'Union
soviétique initiée en 1953, a conduit à la contre-révolution
intégrale en 1990. Depuis lors, l'hégémonisme américain
a repris son orientation vers la domination, mondiale conçue en 1945.
Robert Murphy, le conseiller du gouverneur militaire américain
en Allemagne, a écrit en 1945: «Le général Patton
voulait réarmer deux divisions de Waffen SS pour les incorporer dans
la 3e armée américaine et pour les diriger contre les
Rouges. Il me dit: «Nous pouvons repousser l'armée rouge en Russie.
Avec mes Allemands, nous sommes capables de le faire. » Patton disait
qu'il se faisait fort d'arriver en trente jours à Moscou. »
Plusieurs milliers d'anciens nazis ont été accueillis
aux Etats-Unis à partir de 1944 pour être utilisés contre
l'Union soviétique.1
Des milliers d'officiers et de savants nippons, spécialistes
des armes biologiques, chimiques et bactériologiques ont été
engagés par l'armée américaine. Le général
Mac Arthur les a utilisés lors de la guerre d'agression contre la Corée
en 1950-53.
Dès 1945, les Etats-Unis ont repris la place et le
rôle de l'Allemagne hitlérienne comme puissance impérialiste
la plus agressive et la plus belliciste.
Les Américains ont utilisé la bombe atomique sur Hiroshima
et Nagasaki sans aucune utilité militaire: l'armée japonaise avait
été écrasée en Chine par l'armée soviétique.
Hiroshima et Nagasaki étaient essentiellement un crime gratuit pour faire
du chantage nucléaire contre l'Union soviétique. Le maréchal
anglais Alan Brooke a révélé que «Churchill se
voyait déjà capable d'éliminer les centres industriels
de l'Union soviétique ». C'est ainsi qu'a commencé
la guerre froide.
L’URSS a répondu à ces préparatifs de guerre
en intensifiant les recherches dans le domaine nucléaire et en technologie
des missiles, ce qui a permis de rompre le monopole de l’armement nucléaire
américain. Simultanément, l'URSS a consacré beaucoup de
forces à la création de l’aviation à réaction, les
fameux Migs.2
La victoire de la grande révolution chinoise, le 1e
octobre 1949, a déplacé le front de lutte de l’Europe vers l’Asie
du Sud-Est. 3 L'agression américaine en Corée a commencé
le 25 juillet 1950. L'impérialisme américain a réussi à
obtenir de l’Onu qu'elle désigne comme agresseur la République
populaire démocratique de Corée (RPDC). Les Etats-Unis ont envoyé
en Corée des troupes sous le commandement du général Mac
Arthur. Le 23 octobre, il s’est emparé de Pyongyang.
Mais la résistance de l'Armée populaire coréenne
a été farouche et a ébranlé les agresseurs. Le 30
novembre, Truman déclarait: «Il y a toujours une prise en considération
effective de l'utilisation de l'arme nucléaire ». Cependant,
il a rencontré une vive résistance de la part de ses alliés.
Le 24 décembre 1950, Mac Arthur proposé une liste de
cibles en Chine et en RPDC nécessitant 26 bombes nucléaires. Le
24 mars 1951, il a exigé à nouveau de pouvoir utiliser l’arme
atomique, mais a obtenu en retour son limogeage comme haut commandant des troupes
de l’Onu... Le 19 mai 1953, les chefs d'état-major américains
ont une nouvelle fois recommandé l'utilisation de l’arme nucléaire
tandis que le Conseil National de Sécurité appuyait cette recommandation...
L'agression américaine a coûté, selon certaines
estimations, trois millions de vies coréennes. Mais la résistance
dirigée par le Parti du Travail de Corée et le camarade Kim Il
Sung a triomphé. Une résistance soutenue par la Chine socialiste
et par l'Union soviétique. C'est aussi contre l'agression américaine
en Corée que s'est développé, sous la direction du Conseil
Mondial de la Paix, le plus grand mouvement pour la paix que le monde a
connu. Cinq cents millions de personnes ont signé l'Appel de Stockholm
demandant entre autres l'interdiction des armes atomiques et le désarmement
général.
Les agresseurs américains n'ont pu vaincre les armées
coréennes et chinoises. Ils ont dû renoncer à leur plan
de guerre mondiale visant à éliminer le socialisme en Corée,
puis en Chine et enfin en Union soviétique. On a assisté à
une victoire de l'internationalisme, une victoire de l'unité de tous
les communistes, de toutes les forces anti-impérialistes et de tous les
partisans de la paix à l'échelle du monde.
Au moment de l'agression américaine contre la Corée,
l'Union soviétique a fait une déclaration qui prend un sens nouveau
aujourd’hui, 53 ans plus tard: «Si les impérialistes déclenchent
une troisième guerre mondiale, cette guerre sera le tombeau, non seulement
d'Etats capitalistes isolés, mais du capitalisme mondial tout entie ».
1 Le général nazi Gehlen fut pendant la guerre le chef de l'espionnage nazi en Union soviétique. En mai 45, il s'est rendu aux Américains. Par les accords entre alliés, les Américains devaient remettre Gehlen, un des principaux criminels de guerre, aux Soviétiques. Mais clandestinement les Américains l'ont conduit aux Etats-Unis où il a négocié avec Allan Dulles lui-même, le chef des services secrets. Un accord fut conclu : Gehlen transféra toutes ses archives sur l'Union soviétique aux Etats-Unis et il réactiva ses réseaux d'anciens nazis en Union soviétique sous la direction des Etats-Unis. Gehlen, devenu peu après le premier chef du service de renseignement de la République Fédérale d'Allemagne (RFA), a simplement continué sous les ordres des Etats-Unis, la guerre anticommuniste qu'il a menée sous les ordres de Hitler.
Les livres Blowback de Christopher Simpson et The Belarus secrets de John Loftus, quoique anticommunistes, montrent que des milliers de criminels de guerre fascistes ont été engagés au cours des années 1944-1953 par les Etats-Unis pour le combat contre l'Union soviétique. Ces anciens nazis allemands, ukrainiens, lettons, russes, etc. ont joué un rôle crucial pendant la guerre froide. Parmi eux, certains des plus grands criminels nazis comme Klaus Barbie, Alois Brunner, tenu responsable de la mort de 130.000 personnes, Otto von Bolschwig, l'adjoint d'Eichmann…
2 Les Etats-Unis préparaient effectivement la guerre contre la puissance socialiste qui avait vaincu le fascisme… La directive du Conseil de Sécurité Nationale des Etats-Unis N° 20/1 du 8 août 1948 déclarait : « Les objectifs des USA par rapport à la Russie … reviennent en essence à … ramener au minimum la puissance et l'influence de Moscou. » Les USA ont élaboré le plan « Fleetwood», adopté le 1e septembre 1948. Ce plan situait le début de la guerre contre l'URSS avant le 1e avril 1949. Ensuite, l'administration américaine adopta le plan «Trojan» qui prévoyait des actions militaires à partir du 1e janvier 1950 et l'usage de 300 bombes atomiques contre 100 villes soviétiques…
3 En Corée, les forces nationalistes et communistes
avaient vaincu les armées d'occupation japonaises avec l'aide des armées de
Mao Zedong et le soutien de l'Union soviétique. Les Américains ont alors débarqué
dans la partie sud de la Corée, ils ont sorti des prisons les anciens collaborateurs
fascistes pour créer une république sud-coréenne dirigée par des laquais à leur
solde.