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PARTI COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE (ESPAGNE
Le parti révolutionnaire du prolétariat et les tâches actuelles des communistes
Le 11 septembre a servi de prétexte pour que les secteurs les plus réactionnaires du capitalisme nord-américain, représentés par l’Administration Bush, entament une offensive politique et militaire pour achever d’incorporer sous leur domination les zones géostratégiques du monde qu’ils ne contrôlaient pas encore tout à fait. Avec cela, ils ont ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de cette période d’ «hégémonie unipolaire» yankee. Néanmoins, cette «nouveauté» ne renferme aucune surprise, car il ne fallait pas être excessivement éveillé pour deviner que nous arriverions à ce point quand s’est inaugurée cette période particulière de l’histoire de la phase impérialiste du capitalisme après la chute du Mur de Berlin – appelée aussi «nouvel ordre mondial» ou «globalisation» –, quand s’est cassé le système mondial d’équilibres entre les grandes puissances qui a caractérisé l’étape d’après-guerre, d’où les Etats-Unis ont émergé comme les uniques vainqueurs et comme l’unique puissance militaire. Mais ce militarisme effreiné ne constitue aucune nouveauté pour personne, car nous pouvons nous rappeler sans effort que l’impérialisme a provoqué déjà deux guerres mondiales qui ont causé des dizaines de millions de morts.
Par conséquent, nous ne nous trouvons pas devant une question conjoncturelle, sinon devant un problème avec un grand fond historique. Il ne s’agit pas du militarisme d’aujourd’hui, ni des guerres actuelles, sinon du militarisme et du bellicisme consubstantiels et innés à la nature du système économique actuel. Lénine nous enseigna que l’impérialisme, c’est le capitalisme mûr, et que c’est seulement en détruisant le capitalisme que nous pourrons parler sérieusement d’en finir avec les guerres; seule la Révolution Prolétarienne peut mettre fin à la guerre impérialiste. Parlons d’arrêter la guerre, oui; parlons alors de la Révolution Prolétarienne et des tâches qu’elle comporte de nos jours.
La première tâche: le bilan de la Révolution
Pendant l’été de 1917, la révolution russe étant en pleine effervescence – et en pleine guerre impérialiste – ; Lénine, caché dans un endroit secret de la frontière avec la Finlande, réalisait le bilan général de la lutte des classes du prolétariat international et de son expérience politique. Il avait pour but la définition des bases théoriques qui serviraient de base pour affronter les tâches de la prochaine révolution socialiste qui planait déjà sur la Russie.
A l’écart du contact direct avec les avatars du quotidien à Petrograd dû aux nécessités de sécurité personnelle, étant donné la répression politique déchaînée par le gouvernement bourgeois après les évènements du mois de juillet, Lénine profita de cette situation pour prendre un certain recul par rapport aux évènements quotidiens concernant la révolution en cours et réfléchir sur le point de départ idéologique nécessaire que devait assumer l’avant-garde du prolétariat si celle-ci voulait prendre la tête avec succès de la gigantesque entreprise émancipatrice que doit réaliser la classe ouvrière. Comme on sait, le fruit de cette réflexion fut son oeuvre L’Etat et la Révolution, une synthèse géniale ayant pour base les formulations et fondements de Marx et Engels du développement idéologique et politique atteint par le prolétariat dans son expérience tout au long du XIX siècle, une reconsidération du point de départ de la politique prolétarienne et de ses principes orienteurs, qui sont élevés à un niveau qualitativement supérieur par rapport au lieu où la social-démocratie internationale les avait situés jusqu’alors.
Dans L’Etat et la Révolution, Lénine résume les conquêtes idéologiques du prolétariat – dont Marx et Engels sont les notaires privilégiés –- qui ont cours fondamentalement autours des deux épisodes les plus relevants de l’histoire de la lutte prolétarienne pendant le XIX siècle: la Révolution de 1848 et la Commune de Paris. Le bilan du développement idéologique de la classe ouvrière que réalisa Lénine a pour colonne vertébrale la théorie prolétarienne de L’Etat. C’est en ayant pour base cette perspective que le chef bolchevique articule et synthétise les progrès de la doctrine prolétarienne grâce aux nouveaux éléments qui vont être incorporés peu à peu à partir des évaluations que Marx et Engels émettent sur l’expérience pratique du prolétariat.
Dans la riche trajectoire de Lénine en tant que dirigeant révolutionnaire, ont dominé –si on nous permet d'être réductionniste pour une fois – deux sortes de problématiques principales. Des problématiques dont nous pourrions dire qu’elles agglutinent en elles-mêmes, d’une façon ou d’une autre, toute la variété des problèmes politiques et théoriques que Lénine aborda et le fond de tous les débats auxquels il a participé. Les deux problématiques sont celles qui se rapportent à la théorie du Parti prolétarien d’avant-garde et celles qui se rapportent à la théorie prolétarienne de l’Etat. Donc, au moment du bilan général préalable à l’assaut révolutionnaire, Lénine choisit la théorie marxiste de l’Etat comme axe discursif pour «mettre à jour» la théorie révolutionnaire. Dans L’Etat et la Révolution, le chef bolchevique analysa le rapport entre la Révolution Prolétarienne et l’Etat, et il fait abstraction à tel point de toute autre institution politique que le Parti lui-même disparaît de son analyse. Dans L’Etat et la Révolution, tous les aspects en rapport avec le problème de l’Etat du point de vue marxiste sont si définis jusqu’au moindre détail, que l’autre aspect, la révolution, le mouvement révolutionnaire finit par être sous-entendu, il finit par graviter tout au long de l’œuvre en abstrait, comme quelque chose de donné et présupposé. Et la révolution en abstrait n’a pas besoin de Parti. Cette donnée, faire abstraction du Parti est si étrange en venant du grand batailleur pour la construction du parti prolétarien d’avant-garde et de celui qui est aussi son grand théoricien, que quelques malintentionnés sont parvenus à affirmer que L’Etat et la Révolution est l’œuvre «anarchiste» de Lénine. Mais si Lénine ne nomme pas expressément le Parti dans ce livre capital, par contre il parle du prolétariat comme classe révolutionnaire en actif. Et une compréhension juste du concept léniniste du Parti doit nous permettre de penser que bien qu’in abstracto, Lénine présuppose également la présence du Parti à travers de ce prolétariat révolutionnaire, en tant que prolétariat révolutionnaire précisément, devant lequel il s’arrête dans son analyse, en le laissant comme un «facteur indépendant», parce que ce qu’il prétend, c’est de se concentrer pour disséquer à fond la question de l’Etat.
En tout cas, ce silence fera, en fin de compte, que la théorie léniniste du Parti ne sera jamais exposée de façon systématique par son auteur; et ceci entraînera, en même temps, des conséquences importantes d’ordre idéologique et politique. Néanmoins, tous les éléments fondamentaux de cette théorie étaient déjà formulés avant 1917. Le fait qu’ils ne furent jamais présentés d’une façon organisée, sinon, seulement comme le résultat des polémiques successives causées par différentes motivations, a porté préjudice a la compréhension de sa cohérence interne comme théorie et, avec cela, son but orienteur dans la construction du parti bolchevique et, plus encore, dans la construction des partis communistes qui ont surgit postérieurement sous son inspiration. Ainsi, pendant que la théorie de L’Etat marxiste acquérait ses lettres de noblesse et son brevet universel, la théorie marxiste du parti ouvrier révolutionnaire –ou plutôt, la théorie du Parti qu’avaient élaboré les marxistes russes, la théorie bolchevique de Parti-, semblait posséder un rayon d’application restreint -ou du moins on pouvait l’interpréter ainsi- limité aux particularités de l’histoire, de la politique et de la société de la Russie.
Du Parti d’avant-garde au parti de masses
Celui qui fut le premier à essayer de synthétiser la théorie léniniste du Parti afin de lui octroyer une valeur universelle fut Staline, dans ses fameux Fondements du léninisme, élaborés peu de mois après la mort de Lénine. Quand Staline résume le concept léniniste du Parti, le parti bolchevique avait, cependant, déjà beaucoup avancé dans la direction de sa transformation en parti de masses. Très probablement, ceci a contribué à ce que les thèses staliniennes sur le Parti aient tendance à octroyer un plus grand poids à l’aspect organisationnel de celui-ci, fondamentalement parce que les questions politique et idéologique, bien qu’elles ne se subordonnent pas d’une façon explicite, si se trouvent supposées, c’est pour cela que dans un certain sens, elles paraissent détachées de l’organisation, de façon que celle-ci voie son importance rehaussée, jusqu’au point où «parler du parti» proprement dit voudra dire, dans la pratique, –et Staline commence ici à réaliser cette pratique- parler de son organisation.
Dans ses Fondements, Staline décrit le parti léniniste au moyen d’une demi-douzaine de «particularités», qui pour une grande part, recueillent bon nombre des caractérisations que Lénine donna de son idée du parti révolutionnaire; mais qui étant insuffisantes dans l’ensemble et parce qu’elles tergiversent dans certains cas particuliers, finissent par profiler une représentation déformée de la théorie du Parti. Cette déformation, en plus, accompagnera le processus progressif réel de massification du parti soviétique, en lui servant de cadre théorique où les traits les plus éloignes de l’esprit léniniste s’accentueront chaque jour davantage.
Staline définit le Parti comme «détachement d’avant-garde» et «détachement organisé de la classe ouvrière», comme «la forme supérieure d’organisation du prolétariat» et comme «l’instrument de la dictature du prolétariat». Voilà les caractéristiques essentielles de la vision stalinienne du parti léniniste que nous allons souligner.
Comme on voit, la «question d’organisation» prédomine déjà dans les propres formulations qui essayent de fixer les idées essentielles. Mais la question d’organisation n’est absolument pas ce qu’il y a de principal à tenir en compte dans la configuration du parti prolétarien de nouveau type. La définition organisationnelle de Staline empêche de voire ce qui lui donne sa véritable signification historique et politique: que le Parti est, au dire de Lénine, le produit de la fusion du socialisme scientifique avec le mouvement ouvrier ou si l’on veut, la fusion de l’avant-garde révolutionnaire avec les masses. La question de la forme ou des formes qu’adoptera cette fusion dans le terrain de l’organisation est secondaire; le principal c’est la «fusion» en tant que telle, qui met au devant les aspects idéologiques et politiques des relations de l’avant-garde avec le reste de la classe. Pour commencer, donc, Staline inverse la véritable relation ideologie-organisation sur laquelle doit reposer le Parti, en mettant la question organisationnelle en premier.
En deuxième lieu, il résulte du moins inexact de dire que le Parti est le «détachement d’avant-garde de la classe ouvrière». Dans les polémiques que Lénine engagea avec les économistes et les mencheviks, il s’agissait d'élucider si le parti ouvrier qui était en train de se construire en Russie devait être un parti de masses comme voulaient les mencheviks ou le parti d’avant-garde comme le voulait lénine. Il ne s’agit donc pas alors de ce que le Parti soit le «détachement d’avant-garde» de la classe ouvrière sinon de ce que celle-ci puisse disposer de son parti d’avant-garde. La différence réside en ce que parler du «détachement d’avant-garde» implique ne se rapporter uniquement qu’à l’organisation de l’avant-garde de la classe, en l’identifiant au Parti, comme si cette requête organisationnelle était suffisante pour construire le Parti. Mais nous avons dit que l’avant-garde, bien qu’elle soit organisée au plus haut niveau, ne pourra pas se constituer en Parti de type léniniste si elle ne s’unit pas au mouvement de masses, si elle ne porte pas l’idéologie révolutionnaire aux masses, pour qu’elle forme part de son mouvement et le transforme en mouvement révolutionnaire. Il ne suffit pas que l’avant-garde s’organise sur la base de l’idéologie révolutionnaire ou d’avant-garde, comme insinuait Staline, elle doit aussi être capable de «lier le travail révolutionnaire avec le mouvement ouvrier et ainsi former un tout», selon la formule que Lénine façonna dans son Que Faire? et ce «tout», qui est «quelque chose» de supérieur à ses éléments constitutifs –l’organisation de l’avant-garde et le mouvement de masses-, n’est rien d’autre que le parti léniniste de nouveau type. En conséquence, parler de ce Parti signifie faire référence aux moyens et aux instruments nécessaires pour essayer de satisfaire la fusion du «détachement d’avant-garde» avec le mouvement spontané des masses; parler exclusivement du Parti comme «détachement d’avant-garde» implique séparer ces éléments constitutifs du Parti et entrouvrir la porte pour la prédominance à la longue de la vision organisationnelle et dogmatique, non dialectique, de celui-ci.
En troisième lieu et comme corollaire de ce qui a été dit antérieurement, si en partant d’une formulation générique qui peut déjà par elle-même alimenter la déviation organiciste dans la conception du Parti, nous ajoutons en plus la définition suivante selon laquelle le Parti est le «détachement organisé de la classe», la porte de ce type de déviations s’ouvre alors complètement. Et ce n’est pas que cette formulation soit erronée en elle-même; au contraire, il est vrai que le Parti est «la somme de ses organisations» et, de plus, le «système unique de ces organisations», comme ajoute Staline en reprenant les idées de Lénine. L’erreur c’est qu’en insistant sur la voie de ce qui est organisationnel, on fait croire qu’on défend la thèse selon laquelle les liens et les relations qui décrivent principalement le Parti ont un caractère organique et, en plus, interne donnés au sein du «détachement d’avant-garde», alors qu’en réalité, il s’agit de l’ensemble des liens et des relations idéologiques et politiques (c’est à dire des liens et des relations qui sont engendrés par la conscience: n’oublions pas que les relations fondées sur ce qui est organisationnel sont presque toujours le fruit de la spontanéité) entre l’avant-garde et les masses, des liens et des relations qui cristallisent de nombreuses façons en ce qui concerne l’organisation; ce qui présuppose concevoir la construction du Parti –pour ainsi dire- d’une manière «externe» à l’avant-garde, «en dehors» de l’avant-garde; c’est à dire, en transformant le mouvement de masses en organisation révolutionnaire depuis l’activité politique consciente du «détachement d’avant-garde».
Dans ce sens, il est nécessaire de confronter l’idée du Parti en tant qu’organisation révolutionnaire, qui découle de l’énoncé de Staline, avec l’idée du Parti en tant que mouvement révolutionnaire que reflète son véritable esprit léniniste. Sur ce point, la thèse léniniste sur la scission historique du mouvement ouvrier en deux secteurs, un réformiste et contre révolutionnaire et l’autre révolutionnaire, joue un rôle crucial. Cette particularité du mouvement ouvrier moderne, qui acquière un caractère général avec la Première Guerre Mondiale, mais qui en Russie –pionnière dans la lutte de sécession du marxisme révolutionnaire contre l’opportunisme- était en train de se forger entre 1905 et 1912, détermina complètement la question du Parti dans un sens qualitatif. Quand Staline explique ce qu’est pour lui la troisième «particularité» du parti léniniste, «la forme supérieure d’organisation du prolétariat», il fait référence fondamentalement à l’exercice de la direction politique de la classe ouvrière de la part de ce parti. C’est à dire, «la forme supérieure d’organisation du prolétariat» est déterminée par la position politique qu’occupe le Parti -«l’organisation centrale» comme la nomme Staline- par rapport au reste des organisations ouvrières, que Staline définit comme les «sans-parti». La «forme supérieure», alors, est celle qui possède la capacité de centraliser «dans une même direction» les luttes du prolétariat. Il s’agit donc d’une décision fonctionnelle «quantitative», et non idéologique «qualitative», ce qui en Staline décide de la nature la plus élevée du parti de type léniniste. Il ne s’agit pas de sa nature révolutionnaire, sinon de la possibilité de diriger, nous dit Staline; pour ce qu’il suffit «d’avoir l’expérience nécessaire» et «le prestige nécessaire». Le problème idéologique, par conséquent n’existe pas; le problème du caractère révolutionnaire ou contre révolutionnaire de cette direction politique est secondaire.
Staline oppose, à tel point, à l’idéologie, le problème de «qui dirige», qu’il ramènera la théorie du Parti à l’époque de la II Internationale. Cette prémisse lui permet de décrire un scénario idyllique de la lutte des classes où le Parti fait face aux masses «sans-parti» et aux organisations ouvrières «sans-parti». Il faudrait ici appliquer la critique que Lénine dirigeait en 1907 contre les mencheviks, qui faisaient la différence entre conscience sociale-démocrate (marxiste) et conscience de classe «indépendante», «sans-parti», quand il leur disait que seules les organisations ouvrières imprégnées de l’esprit social-démocrate (révolutionnaire) et celles qui sont liées politiquement ou organiquement au parti révolutionnaire étaient indépendantes. Donc il n’y a pas d’organisations ouvrières «sans-parti»: ou bien elles sont liées à la révolution ou ce sont des organisations ouvrières bourgeoises liées à la direction politique du capital. En conséquence, il est absurde d’affirmer que «toutes et chacune des organisations sans-parti de la classe ouvrière sur lesquelles le Pari influe sont des organismes auxiliaires et des courroies de transmission qui unissent le Parti avec la classe». Les organisations «auxiliaires» et les «courroies de transmission», si elles sont révolutionnaires, elles seront liées à l’avant-garde et donc, elles feront part du Parti, de ce «système unique» d’organisations qui forment le Parti. Il est impossible de parler, simultanément et séparément, d’une «somme d’organisations» qui constituent le Parti, d’un coté, et d’un autre, d’un groupe d’organismes qui réalisent le travail de masses du Parti, mais qui ne sont pas une partie de lui-même. La grande muraille chinoise que l’exposé organisationnel oblige Staline à interposer entre organisations révolutionnaires fausse la correcte compréhension de la nature du parti révolutionnaire du prolétariat. Lénine insista beaucoup sur ce qu’il fallait faire la différence et au fait qu’il fallait établir des murailles chinoises entre le mouvement ouvrier révolutionnaire et le mouvement ouvrier bourgeois, d’où ses polémiques continuelles avec l’opportunisme (représenté surtout par les mencheviks); mais il n’a jamais voulu construire ni que personne ne construise de murailles chinoises dans le mouvement ouvrier révolutionnaire. Pour lui, il s’agissait, de l’organiser sous la direction de l’avant-garde révolutionnaire. Et cette tâche n’est autre que la construction du Parti.
C’est pourquoi, le Parti est le mouvement ouvrier révolutionnaire organisé, constitué par l’avant-garde (organisée autour de l’idéologie prolétarienne, le marxisme-léninisme) et tout un système de connexions et de liens entre celle-ci et les masses (organisées autour de la politique de l’avant-garde) qui les unissent (fondent) en un «tout» unique et supérieur. Le Parti, de cette façon, est la «forme supérieure d’organisation de la classe ouvrière», non pas parce qu’il occupe la position d’avant-garde par rapport aux autres organisations ouvrières, mais parce qu’il est sa forme d’organisation révolutionnaire. Dans le Manifeste Communiste, Marx et Engels définissaient le Parti comme une organisation ouvrière de plus, qui se différenciait seulement parce c’était la plus résolue et celle qui possédait une vue d’ensemble plus claire du déroulement et des résultats du mouvement prolétarien. Son caractère d’avant-garde résidait seulement en cela. Pour le reste, les communistes faisaient part du mouvement ouvrier dans son ensemble, bien que les circonstances politiques les situaient à sa tête. La II Internationale adopta ce modèle dans sa version du parti de masses, et Staline y retourne, en y mettant, oui, l’accent sur les traits qui le différencient en tant que détachement d’avancée. Le grand apport de Lénine c’est précisément, comprendre la transformation nécessaire du parti ouvrier de masses, de l’époque du développement pacifique du capitalisme, en une forme supérieure du parti ouvrier, le parti ouvrier révolutionnaire, le parti d’avant-garde indispensable au prolétariat de l’époque impérialiste, à l’époque où la révolution socialiste et la dictature du prolétariat sont mises à l’ordre du jour. Ou, en l’exprimant en d’autres termes, Lénine comprend la transformation de portée historique qui a eu lieu dans les formes et dans le mode de développement du mouvement ouvrier. Si à l’époque du capitalisme concurrentiel il s’agissait d’un développement –pour ainsi dire- «homogène» d’élévation consciente de la classe en partant de l’accumulation de ses luttes dirigées contre la bourgeoisie, actuellement, à l’époque de l’impérialisme, la scission interne du mouvement ouvrier empêche que de l’accumulation quantitative des luttes spontanées de la classe puisse surgir la conscience révolutionnaire: une rupture est nécessaire avec la forme antérieure du mouvement qui permette de l’organiser sur la base de la conscience. La conscience de classe, alors, se reconnaît seulement comme conscience révolutionnaire, parce que la conscience de classe économique, spontanée, reste dans le champs de la bourgeoisie (de même que le vieux mode d’organisation du mouvement ouvrier) et sert ses intérêts. Donc, le mouvement prolétarien, proprement dit, est un mouvement révolutionnaire qui s’organise comme Parti Communiste. Dans cette «forme supérieure d’organisation de classe du prolétariat», la conscience révolutionnaire s’acquière dans la confrontation avec l’aile opportuniste du mouvement (lutte de deux lignes) dans le cadre général de la lutte de classes contre la bourgeoisie. C’est donc dans ce sens qualitatif qu’on doit comprendre le Parti en tant que «forme supérieure d’organisation de la classe ouvrière», en tant que son organisation révolutionnaire (ou, si on veut, comme l’organisation du prolétariat révolutionnaire), face aux vieilles formes qu’il adoptait et qu’il adopte dans sa lutte de résistance contre le capitalisme.
Du Parti à l’Etat
Finalement, Staline termina de profiler pour l’essentiel son dessin du Parti en affirmant qu’il est «l’instrument de la dictature du prolétariat». Le rôle principal que Staline attribue au Parti, alors, consiste à conquérir la dictature du prolétariat et consolider cette conquête; c’est à dire une tâche directement et étroitement liée au problème du pouvoir. Ceci est ainsi à tel point que, pour Staline, le Parti «est un instrument de la dictature du prolétariat». En d’autres termes, le Parti se voit subordonné à l’Etat de la dictature du prolétariat. La contradiction est flagrante et claire: dans la pratique, selon la vision stalinienne, le Parti finit par être déplacé en tant que «forme supérieure d’organisation de classe du prolétariat», et sa place est alors occupée par l’Etat de la dictature du prolétariat. Ainsi, la forme supérieure d’organisation du prolétariat c’est son organisation en tant que classe dominante, et non, par dessus tout, son organisation en tant que classe révolutionnaire. Bien sur, les deux qualités «classe dominante et classe révolutionnaire» peuvent et doivent coïncider dans le cas de la classe ouvrière. Mais là n’est pas la question. Il s’agit plutôt, de l’ordre hiérarchique entre les instruments desquels se dote le prolétariat pour accomplir sa mission historique: conscience révolutionnaire, parti de nouveau type et dictature du prolétariat. Dans ce dernier cas, mettre l’Etat par-dessus le Parti signifie établir le problème du pouvoir comme la cote politique la plus élevée de la lutte des classes prolétarienne, situer le pouvoir politique comme l’objectif maximum de cette lutte sans aucun autre horizon plus élevé, alors qu’en réalité, du point de vue marxiste-léniniste, il s’agit du contraire: le pouvoir politique, la dictature de la classe, ne sont qu’un moyen, un instrument nécessaire pour créer les conditions sociales (économiques, politiques et culturelles) nécessaires pour que le Parti puisse élever des secteurs chaque fois plus amples des masses vers ses positions politiques, qui sont celles de la lutte pour l’émancipation prolétarienne. En d’autres termes, la tâche principale du Parti ce n’est pas le pouvoir, et ce n’est pas non plus à cet endroit où viennent déboucher tous les problèmes théoriques et pratiques du mouvement prolétarien, comme insinuait Staline –sans aucun doute en s’inspirant des lignes directrices que Lénine avait déjà établies-, sinon à celui qui occupe la question de l’émancipation sociale (l’émancipation de l’humanité de la société de classes et de ses tares à travers l’émancipation de la classe ouvrière en tant que classe, question, de telle envergure qu’on ne peut réduire ses termes à ceux que peut renfermer la théorie de l’Etat). Le pouvoir et l’Etat sont uniquement des instruments pour que le Parti puisse réaliser cet objectif. Ainsi, le but politique (le pouvoir de l’Etat de la dictature du prolétariat) sera invariablement subordonné au but historique (l’émancipation de la classe ouvrière) dans l’ordre des choses du prolétariat, qui soumettra toujours sa condition de classe dominante à sa condition de classe révolutionnaire. Une compréhension faible ou nulle dans la délimitation conceptuelle de ces termes et de ses relations réciproques a pu contribuer à la création des bases idéologiques pour la vision postérieure incorrecte des tâches à longue échéance du prolétariat socialiste.
En guise de résumé, nous avons vu que la vision du Parti de Staline inverse complètement l’ordre des relations internes existant entre les divers instruments que le prolétariat se donne à lui-même pour réaliser ses tâches révolutionnaires. D’une part, comme nous l’avons signalé, la domination du point de vue organisationnel dans les questions ayant trait au Parti relègue l’idéologie à un second plan, pendant que, d’une autre part, celui-ci devient alors un simple instrument de l’Etat. L’ordre marxiste-léniniste véritable de ces instruments, Conscience-Parti-Etat, fût altéré et mis sens dessus-dessous par la pratique politique, non seulement de Staline, mais aussi de toutes les sensibilités qui cohabitaient au sein de la direction du parti bolchevique: Etat-Parti-Conscience; le système politique soviétique s’édifia selon cet ordre des choses, et, à la longue, il affronterait les innombrables problèmes insolubles qu’il renferme si l’objectif que nous avons tracé –le Communisme- ne peut être réduit simplement à la problématique qui entoure la conquête et la consolidation du pouvoir politique.
L’ordre marxiste-léniniste véritable montre, par contre, que la conscience, l’idéologie, c’est le principal et qu’elle doit conserver toujours sa position prééminente en tant que guide dans la construction du reste des instruments (Parti et Etat); et que le Parti, comme il n’est rien d’autre que le prolétariat révolutionnaire organisé dans son mouvement vers le Communisme, guide aussi et ordonne l’appareil politique chargé de créer les conditions afin que ce mouvement historique ascendant de la classe soit chaque fois plus massif, jusqu’à ce que toute l’humanité puisse traverser le seuil d’une ère nouvelle de liberté, d’égalité et de fraternité. L’idéologie guide le Parti et le Parti guide l’Etat: ceci est le véritable ordre prolétarien des choses, du point de vue marxiste-léniniste. La subversion précoce, pendant le cycle révolutionnaire initié en Octobre, empêcha l’adoption des visées politiques adéquates à la signification historique de l’œuvre qui avait commencé; et aussi empêcha l’orientation juste dans la recherche de la solution des contradictions que le processus d’exécution de cette œuvre interposa au prolétariat révolutionnaire.
Il est aussi nécessaire d’ajouter, en guise de conclusion, qu’après tout, en exposant sa façon de voir le type de relations entre le Parti et l’Etat prolétarien –qui était prédominante dans le parti bolchevique-, Staline, en réalité, est en train de fermer le cercle que Lénine avait ouvert en 1917, quand il réalisa le bilan de plus d’un demi-siècle de lutte de classes prolétarienne, et quand il limita ce bilan au cadre étroit de la logique des questions et des réponses à ces questions- qui découlent nécessairement de la théorie marxiste-léniniste de l’Etat, mais qui ne sont pas toujours suffisantes –ni, en fait, elles ne le furent- pour résoudre toutes les questions qui se présenteront dans le futur et qui dans le passé se sont déjà présentées face au processus révolutionnaire.
Le cycle révolutionnaire d’Octobre (1917-1991) fermé, aujourd’hui, la tâche principale des communistes consiste à effectuer le bilan général de cette première grande expérience révolutionnaire de longue portée réalisée par le prolétariat international. De même que Lénine en 1917, nous devons reprendre notre expérience passée et la synthétiser en comprenant que cette pratique révolutionnaire antérieure suppose un développement théorique de la doctrine prolétarienne qui doit servir de base politique et idéologique pour l’avenir, et de point de départ pour le prochain cycle révolutionnaire. Ça oui, nous devons également adopter, en affrontant ce bilan, la perspective la plus élevée possible, de façon à ce que les résultats qu’elle nous offre impliquent l’ensemble de la théorie marxiste-léniniste dans sa globalité, pour que tous et chacun des aspects de cette doctrine subissent, également, un saut qualitatif dans leur contenu et puissent trouver une cohérence plus grande dans un niveau d’unité supérieur.
Cette perspective plus élevée qui doit servir d’axe au bilan du Cycle d’Octobre, c’est la théorie marxiste-léniniste du Parti Communiste.
Notre expérience
La lutte pour une interprétation correcte de la nature du Parti communiste –point de départ incontournable pour pouvoir entreprendre le travail de sa récupération- a été entamée dans l’ Etat espagnol vers le milieu des années 90. La première tentative de formulation de la vision marxiste-léniniste prit corps autour de ce que nous avions qualifié de Thèse de reconstitution du Parti communiste. L’idée de «Reconstitution du Parti communiste» surgit en opposition à toutes les expériences infructueuses précédentes de lutte pour la récuperation du PCE commencées dans les années 60. Infructueuses car, dans tous les cas, elles reproduisaient les prémisses théoriques du modèle traditionnel de Parti qui s’était imposé dans le mouvement communiste international –à travers le Komintern-, a partir des années 20. En plus, le siècle finissant, ces postulats théoriques avaient trouvé leur forme d’expression la plus dégénerée. En effet, le point de vue qui entend le parti comme un ensemble de relations de type organisatoire à l’interieur du «détachement d’avant-garde», plutôt que comme un système de liens idéologiques et politiques entre celui-ci et les masses, conduit, en premier lieu, à ce que cet ensemble de relations organiques, donnant corps au «détachement d’avant-garde», soit homogéneisé et normalisé conduisant à considérer juridiquement les éléments qui le composent comme partie intégrante d’un tout, d’une unique organisation, ce qui amènera à une réduction de ces relations organiques internes comme simples relations entre individus; et, en second lieu, à ce que, en vertu de cette simplification, la question du militant individuel vienne à occuper le centre du problème. C’est à dire que ce qui se trouve sous le véritable concept du Parti Communiste soit la réponse correcte à la vieille interrogation: qui peut s’en considérer membre? A partir de quoi, il ne manque pas grand-chose pour que s’ouvre chemin la thèse individualiste du Parti comme une addition de militants (et non plus comme un agrégat d’organisations). De plus, sur ce point, le niveau del conditions requises par l’individu qui pouvait «s’en considérer membre», avait souffert parallèlement une diminution intolérable. Ainsi, le haut sens léniniste de «détachement d’avant-garde», que Staline résume en tant que «chef politique de la classe ouvrière» ou bien como «Etat-major du prolétariat», avait été déprécié jusqu’à considérer le Parti comme une institution constituée, au plus haut niveau, par un ensemble de cadres formés dans les luttes immédiates des masses et dans les affrontements partiels de la classe, par des organisateurs de grêves et d’affrontements de rues contre le capital -en fin de compte, des cadres tacticiens- sans la capacité de pouvoir atteindre le niveau stratégique de la lutte de classe du prolétariat ; tandis que les bases pouvaient être constituées de quiconque accepterait, de manière formelle, le Programme et les Statuts du Parti. Ainsi, le Parti ayant pour base l’individu trouve comme contrepoint, son autre visage, en tant que parti de masses. Et cette conception individualiste du Parti - à la «Robinson Crusoë»-, qui conclut à une fonction exclusivement organisatoire de celui-ci, termine le cycle là où il a commencé : avec l’idéologie. La conception organisatoire staliniène donnait pour acquise l’idéologie qui guidait le Parti, se basant ingénuement sur les résultats politiques issus de décades «Herculéenes» pour forger l’idéologie à travers la lutte continue de deux lignes menée par le bolchevisme (résultats que Staline, lui même, donna pour acquis «une fois pour toutes» sous le qualificatif de «léninisme»). Sa conséquence, l’individualisme partisan, considère comme aller de soi la conscience révolutionnaire du membre du Parti, ce qui implique de présupposer l’absurde suivant: bien que le Parti ait été liquidé politiquement par le révisionnisme, il n’y a eu ni liquidation idéologique, ni liquidation de la conscience révolutionnaire puisque l’on suppose celles-ci sauvegardées dans le cerveau des «communistes» ou des «marxistes-léninistes» pris individuellement.
Avec de tels antécédants, les expériences de récupération du P.C.E. se firent sous le mot d’ordre «unité des communistes» (ou «unité des marxistes-léninistes»). La mode pour l’unification communiste, qui marqua toute une époque, n’alla que d’échec en échec (y compris sa meilleure conquête: la création en 1984 du Parti Communiste des Peuples d’Espagne). La plus récente expérience du mouvement communiste dans l’Etat espagnol démontre, finalement, que fonder un quelconque projet de reconstitution politique du communisme sur une base «unitaire», ou n’importe quelle autre, sans mener de front la lutte permanente pour la séparation idéologique avec le révisionnisme et la bataille pour l’indépendance politique de la classe ouvrière, est d’avance vouée à l’echec (aussi bien par ses postulats de départ que par ses résultats).
Pour un meilleur éclairage, nous ajouterons que des diverses conceptions sur le Parti dérivent des differences tactiques, beaucoup moins subtiles, en apparence, que celles qui sont le résultat de la reflexion théorique ou d’une pure analyse comparative.
Effectivement, à l’interieur des groupes scindés politiquement du révisionnisme du P.C.E., dominait néanmoins la théorie révisionniste du Parti. Tous partageaient l’ équation : Parti léniniste est égal à détachement d'avant-garde; et, dans certaines occasions, on a cru avoir reglé l’équation par un ajout de sigles adéquats, comme s’ils avaient la vertu intrinsèque de regler, d’eux mêmes, le problème de la reconstitution du Parti. Certainement, on a cru l’avoir reconstitué plus d’une fois, mais en aucun cas on n’a été à la hauteur des besoins du prolétariat organisé en tant que mouvement révolutionnaire. Et c’est qu’une vision déterminée du Parti implique nécessairement une vision déterminée de ce mouvement et par conséquent, une ligne tactique déterminée.
Dans ce sens, il existe ce que nous pourrions appeler un principe prolétarien relatif à la révolution, duquel même les révisionnistes ne peuvent se soustraire, selon lequel, une fois le Parti reconstitué, la tâche immédiate qui est portée à l’ordre du jour, c’est la conquête des masses et du pouvoir. Ainsi, inévitablement, toutes les expériences d’«unité» ou de «reconstruction» qui ont considéré, à partir d’un certain moment, qu’elles étaient l’expression authentique du «détachement d’avant-garde» du prolétariat, ont dû affronter ce dilemme. Et son échec a été, naturellement, retentissant, vu que l’obligation d’«aller aux masses» avec des partis constitués séparément de son mouvement a fini par les conduire vers le terrorisme, c’est à dire, vers son isolement total d’elles ou vers l’économisme (syndicalisme, électoralisme, crétinisme parlementaire), c’est à dire, à se situer à l’arrière-garde du mouvement de masses. Nous avons pour exemples concrets de notre expérience, le PCE(r)-GRAPO [Parti communiste d’Espagne (reconstitué) - Groupes de Résistance Anti-fasciste Premier Octobre], pour le premier cas, et le propre PCPE, pour le deuxième.
Ces deux lignes tactiques obéissent, comme nous avons vu, à une conception du Parti et, en définitif –il s’agit donc de la même chose-, à une vision déterminée du mouvement révolutionnaire. En effet, la constitution du Parti séparé du mouvement de masses en tant que «détachement d’avant-garde» présuppose le mouvement révolutionnaire; c’est à dire, la fausse théorie selon laquelle le mouvement révolutionnaire de masses est un phénomène spontané qui surgit «à part» du Parti, dû principalement aux conjonctures de crise économique et politique (c’est à dire, dû, presque entièrement, au «facteur objectif»). Le mouvement révolutionnaire, alors, adopte une existence externe au «détachement d’avant-garde», et la tâche consiste à «être préparés» pour se mettre à sa tête quand il se déchaînera. Cette «théorie de l’effondrement» du capitalisme a dominé la perception du processus révolutionnaire qu’ont eu la plus grande part des partis communistes pendant le cycle passé, et aujourd’hui encore elle est hégémonique dans notre mouvement. La combattre veut dire lutter pour la véritable relation léniniste entre avant-garde et masses, relation qui consiste fondamentalement, à considérer que le «facteur subjectif» et le «facteur objectif» de la révolution ne sont pas indépendants l’un de l’autre, sinon qu’en général, ils s’influencent mutuellement, et, en particulier, que le «facteur subjectif» (le prolétariat conscient, le Parti) transforme, à partir de son activité politique, les conditions du développement social, en les révolutionnant, en générant de l’échelon le plus petit au plus grand, le mouvement et l’ordre révolutionnaires, premièrement en tant que mouvement politique et, à longue échéance, en tant que système social.
L’activité de l’avant-garde consciente sur l’être social provoque un mouvement d’élévation des masses vers les positions de cette avant-garde, et ce mouvement est un mouvement révolutionnaire. Il n’est pas nécessaire «d’attendre» la récession économique, le krach du gouvernement ou la «crise générale»; celle-ci, la dénommée «crise générale du capitalisme», est déjà présente depuis le jour où ce système a dépassé le seuil de son étape impérialiste. Les «conditions objectives» de la révolution, donc, sont déjà données et, en général, elles forment le contexte social ordinaire dans lequel nous agissons. Ceci fait partie de l’enfance de l’art du marxisme-léninisme. Précisément, c’est pour cette raison que la théorie du parti prolétarien de nouveau type, la théorie du parti révolutionnaire, fut déjà élaborée à l’aube de cette nouvelle étape du capitalisme, parce que dans cette étape sont présentes les conditions matérielles objectives pour son activité politique effective. En conséquence, dire qu’il faut attendre pour que «les conditions objectives» de la révolution «soient données», c’est tout simplement du liquidationisme révolutionnaire pur. «Faire la révolution» veut dire construire, dès aujourd’hui même, le «facteur subjectif» (le Parti Communiste); ce qui implique, en même temps engendrer «du facteur objectif», du mouvement révolutionnaire et avec eux deux, préparer les conditions politiques générales pour la conquête du pouvoir (insurrection armée), quand sera provoquée et se produira la «crise révolutionnaire».
Notre tactique
La construction des liens révolutionnaires nécessaires entre l’avant-garde et les masses présuppose la reconnaissance explicite de leur inexistence; c’est à dire, que la situation politique actuelle se caractérise par la scission entre l’avant-garde et le mouvement de masses comme le résultat le plus flagrant et de plus grande répercussion de l’œuvre liquidatrice du révisionnisme. Néanmoins, cette vérité si simple et évidente n’est pas reconnue dans la pratique par l’immense majorité des organisations d’avant-garde ni par les groupes marxistes-léninistes, du moins, dans les pays impérialistes. Ceci comporte plusieurs conséquences graves.
En premier lieu, la mauvaise mise au point dans l’analyse des contradictions de notre époque. Comme, d’un côté, l’écrasante hégémonie militaire yankee a poussé à un second plan les contradictions inter-impérialistes après la disparition de l’URSS, en déchaînant, en même temps, une offensive démesurée pour le contrôle impérialiste du monde, la contradiction entre l’impérialisme et les nations opprimées passant au premier plan; et, comme, d’un autre côté, la scission entre l’avant-garde révolutionnaire et le mouvement ouvrier a réduit actuellement la contradiction entre travail et capital à sa manifestation économique la plus élémentaire et étroite -ceci étant dû à ce que la direction du mouvement ouvrier se trouve entre les mains de l’aristocratie ouvrière, intéressée à mitiger cette confrontation (en même temps, qu’alliée au capital monopoliste, elle suscite l’exploitation des pays opprimés)-, il semble, alors, que la contradiction entre l’impérialisme et les pays opprimés serait la principale, et que c’est dans ce cadre que doit se développer la politique des communistes et que doit se trouver le chemin vers la Révolution Prolétarienne.
Ce faux reflet produit un aveuglement politique qui empêche de voir et de comprendre la véritable nature des tâches actuelles du prolétariat conscient, en même temps qu’il subordonne la lutte des classes du prolétariat aux luttes de libération nationale et, après ça, entraîne la rupture de l’indépendance politique de la classe ouvrière. Mais, surtout, il empêche de comprendre la continuité impossible entre le travail politique de l’avant-garde au sein du mouvement pratique des masses et tout travail révolutionnaire dans l’état actuel de scission entre l’avant-garde et les masses. C’est pourquoi, on ne comprend pas que le principal, maintenant, c’est de reconstruire ce lien sous forme de véritable Parti Communiste, et que sans lui, toute activité politique dans le mouvement de masses sera infructueuse, du point de vue de la révolution. En fin de compte, la contradiction entre l’avant-garde et les masses de la classe ouvrière, qui se résout comme Reconstitution du Parti Communiste, est la principale contradiction que doit développer aujourd’hui le prolétariat conscient. Cela comporte, en première instance, la lutte pour la conception correcte de la nature de cette contradiction, qui inclut –comme nous l’avons déjà dit- la lutte pour la conception correcte de la propre nature du Parti Communiste.
Les erreurs qui accompagnent l’incompréhension de la scission historique qui domine chaque relation entre l’avant-garde révolutionnaire et le mouvement de masses dans ses différents fronts et l’incompréhension des conséquences politiques qu’elle comporte, sont propres –comme nous avons vu- d’organisations politiques «constituées» ou «reconstituées» selon le patron du parti conçu exclusivement comme avant-garde organisée. La mise en pratique d’une ligne de masses ayant pour but diriger le mouvement ouvrier dans l’ensemble, une fois auto-proclamés «détachement d’avant-garde» du prolétariat, ne peut ni ne pourra en aucun cas, éviter, sans souffrir un échec, le saut dans l’abîme qui s’ouvre entre l’ensemble des problèmes qui intéressent essentiellement à l’avant-garde et l’ensemble des problèmes qui intéressent principalement les masses. Les problèmes de l’avant-garde sont en relation directe avec les principes révolutionnaires, la stratégie et la tactique de la révolution, la construction de ses instruments, etc.; ceux des masses, sont en relation immédiate avec leurs conditions d’existence. La situation exposée dans ces termes, comme nous l’avons insinué antérieurement, il ne reste aucune autre issue au «détachement d’avant-garde» qu’à renoncer à résoudre ses problèmes en tant que telle avant-garde et à se dédier à essayer de «résoudre» ceux des masses, avec quoi il renonce à sa position d’avant-garde révolutionnaire et il adopte celle de «l’avant-garde» réformiste, faisant un faux pas inévitablement vers le syndicalisme et le parlementarisme (comme c’est le cas de la grande majorité des groupes et partis «reconstitués»); ou bien, il peut choisir d’essayer de «résoudre» les problèmes théoriques et politiques de l’avant-garde pour, ensuite, apporter ces solutions aux masses tel une livre d’ordonnances et essayer que celles ci les considèrent aussi comme «leurs» réponses, ce qui est une chimère idéaliste qui conduit sans appel à l’incompréhension et vers un type d’activité politique isolée des masses (et, à l’occasion, au terrorisme, comme unique moyen d’autojustification possible).
En deuxième lieu, ce type d’erreurs se reproduit d’une façon encore plus grotesque quand, comme il arrive aujourd’hui, on reconnaît de vive voix l’inexistence du Parti et, donc, le besoin de sa récupération, mais, dans les faits, on n’arrive pas à comprendre que cette circonstance est le résultat de cette scission entre l’avant-garde et le mouvement ouvrier. Dans ce cas, on élabore et on applique des plans de «reconstruction» -toujours sur la base de l’ «Unité Communiste», évidement- qui recherchent «reconstruire» le Parti depuis le mouvement pratique des masses, depuis la participation de l’avant-garde dans les luttes de résistance des masses. Différemment des années 70 et 80, quand domina le modèle de reconstruction basé sur l’unification de plusieurs détachements organisés, indépendamment du mouvement de masses –modèle qui aujourd’hui aussi a ses adeptes-, dans les années 90 et dans le changement de siècle, est parvenu à dominer le modèle qui considère indispensable la réalisation des tâches politiques de récupération du Parti au sein du mouvement de masses. La dégénération atteint, à ce point, sa cote maximum. Le rabais du modèle léniniste de Parti, basé sur la qualité d’un ensemble de relations politiques et idéologiques, en un autre modèle de type organisationnel, a apporté avec lui la prédominance de ce qui est quantitatif, en comparant l’idée d’un «parti fort» à l’idée d’un «parti grand», de masses. Ce développement a laissé libre le champs pour l’incursion de la thèse, aujourd’hui majoritairement asphyxiante, qui défend que le Parti ne peut surgir qu’à partir d’un travail politique enraciné dans le mouvement pratique de masses.
En résumé, la logique interne où nous fait aboutir le vieux modèle hérité de la tradition de la Troisième Internationale nous conduit, d’une façon ou d’une autre, à toujours prendre comme référence suprême et immédiate le mouvement pratique des masses; ce qui résulte politiquement suicidaire dans un contexte de liquidation du Parti et de divorce entre la théorie révolutionnaire et les besoins des masses.
Dans ces circonstances, le prolétariat conscient doit assumer son inaptitude actuelle pour avoir de l’influence, dans la direction d’une transformation révolutionnaire, sur le développement des contradictions qui aujourd’hui gouvernent le monde. Toute participation active dans les fronts de lutte qui sont l’expression de ces contradictions, ou bien elle est subordonnée et dirigée à l’accomplissement des tâches concernant la Reconstitution du Parti ou, simplement, cela implique se mettre à la queue de ces luttes et au service d’autres classes. Il faut reconnaître qu’à partir du moment où le prolétariat n’a pas de conscience de classe («pour soi») ni qu’il ait été organisé autour de cette conscience (degré de maturité qui s’exprime seulement en tant que Parti Communiste), il ne peut pas agir politiquement en tant que classe indépendante, et, en conséquence, il ne peut pas faire face à la bourgeoisie en tant que classe antagonique. Ainsi, lui est fermée la porte pour participer dans le système de contradictions qui préside notre époque (capital-travail; impérialisme-nations opprimées; contradictions inter-impérialistes) dans les termes qu’exige sa condition historique de classe révolutionnaire. La question qui est présentée alors, à l’avant-garde c’est celle d’affronter l’entreprise qui consiste à restituer au prolétariat sa condition de classe politiquement indépendante, de classe révolutionnaire. Et cette question implique que l’avant-garde doit plonger son activité politique dans un «système de contradictions» distinct de celui inaccessible maintenant qui gouverne le monde: le «système de contradictions» qui ordonne internement le processus de Reconstitution du Parti Communiste en ayant pour but leur solution.
Les tâches d’aujourd’hui: le Plan de Reconstitution du Parti Communiste
Nous partons de la base que le prolétariat en tant que classe politiquement indépendante est le prolétariat révolutionnaire, et qu’il s’organise en Parti Communiste depuis la construction d’un réseau de liens en tous types entre l’avant-garde et les masses de la classe. Mais, pour que cette œuvre puisse être accomplie, l’avant-garde (qui conforme l’aspect principal de la contradiction «avant-garde/masses» qui, comme nous disons, est à la base de la construction du Parti) constituée en tant que telle avant-garde, doit avoir accompli les requêtes nécessaires que Staline exigeait au «détachement d’avant-garde» du prolétariat. Ceci signifie que les secteurs les plus conscients du prolétariat, armés de l’idéologie de l’avant-garde, le marxisme-léninisme, ont été capables d’attirer pour le communisme et pour le programme de la Révolution Prolétarienne aux secteurs de la classe qui dirigent leurs luttes de résistance contre le capital. Quand l’avant-garde porteuse de la théorie de l’avant-garde (celle que nous appelons «avant-garde théorique») réussit à transformer la conscience «en soi» en conscience «pour soi» en conscience révolutionnaire du secteur le plus actif dans la lutte spontanée des travailleurs (celle que nous appelons «avant-garde pratique») pour leurs droits et pour l’amélioration de leurs conditions d’existence, en attirant ce secteur vers les positions du communisme, en l’organisant à la manière révolutionnaire et en acquérant, avec elle et à travers elle, la possibilité d’influencer sérieusement le mouvement ouvrier de masses, c’est alors qu’a lieu la Reconstitution du Parti Communiste et que celui-ci peut alors aborder subséquemment le problème de la conquête de ce mouvement de masses pour le diriger contre le pouvoir du capital.
L’expression concrète de la scission entre l’avant-garde révolutionnaire et les masses c’est, précisément, le divorce entre «l’avant-garde théorique» et «l’avant-garde pratique» du mouvement ouvrier, c’est à dire que, le fait que l’avant-garde prolétarienne se présente scindée en deux, d’un côté une avant-garde idéologique et révolutionnaire, et d’un autre, une avant-garde réformiste qui détient la direction des luttes de résistance. Et c’est aussi à ce point où nous arrivons étant donné les insuffisances tactiques dont sont affligés, comme nous avons vu, ceux qui ne comprennent pas la véritable nature du parti prolétarien de nouveau type. Parce que si, comme nous l’avons déjà souligné, le «détachement d’avant-garde ne peut pas attirer les masses à partir de politiques élaborées en dehors de son mouvement, cela se doit à ce que, dans les faits, il est tout à fait impossible de conquérir la conscience de classe spontanée à partir des principes purs du communisme. En d’autres mots, «l’avant-garde théorique» ne peut attirer «l’avant-garde pratique» à partir de l’idéologie seule, sans une certaine pratique qui puisse démontrer la capacité du marxisme-léninisme de donner des solutions aux problèmes à l’ordre du jour des masses. Il faut, en consonance avec cela, une «traduction» qui transforme les principes de l’idéologie révolutionnaire, lentement, premièrement, en Ligne politique (réponse depuis l’idéologie aux besoins stratégiques et tactiques d’une révolution déterminée) et, ensuite, en Programme (réponse depuis la Ligne aux besoins des masses). Le programme est la synthèse finale où l’avant-garde marxiste-léniniste est capable de traduire les revendications des masses en revendications révolutionnaires grâce à son contact avec «l’avant-garde pratique», c’est la démonstration politique que les problèmes des masses ne peuvent être résolus qu’au moyen de la révolution socialiste et l’implantation de la dictature du prolétariat. Du point de vue politique et organisationnel, cela se traduit en affinité ou en incorporation d’importants secteurs de «l’avant-garde pratique» aux positions du communisme comme résultat de l’activité politique de «l’avant-garde théorique» dans les fronts de masses. Seulement ainsi et par ces pas successifs on peut tendre des ponts entre le communisme en tant qu’idéologie et le mouvement de masses, des ponts qui permettent de surpasser le vide actuel qui existe entre eux et favoriser à nouveau leur fusion et, avec cela, la Reconstitution du prolétariat en tant que classe politiquement active qui fasse que son affrontement avec le capital soit, à nouveau, une fois de plus le centre du développement social.
Néanmoins, pour que «l’avant-garde théorique» soit en mesure de conquérir les secteurs les plus avancés dans la lutte de résistance contre le capital, elle doit s’être constituée préalablement en porteuse de la véritable idéologie d’avant-garde. L’œuvre liquidatrice du révisionnisme a été si profonde qu’elle ne s’est pas limitée simplement à détruire le communisme en tant que mouvement politique ou en tant qu’organisation révolutionnaire –son programme et son organisation-, mais elle a atteint aussi ses fondements idéologiques et son discours théorique. Ceci signifie qu’avant toute autre action politique, l’avant-garde consciente du prolétariat doit entreprendre la lutte pour la restitution de la théorie d’avant-garde. En d’autres mots, avant la Reconstitution politique du communisme (Parti Communiste), nous devons poursuivre sa Reconstitution idéologique.
Sur la scène politique des pays impérialistes principalement, cohabitent une multitude de groupes auto-dénommés «communistes» ou «révolutionnaires». Cela en dit sur la fragmentation politique du prolétariat et ça met en évidence la nécessité de poser la question de la Reconstitution du Parti. Mais il ne s’agit pas, seulement, que cette prolifération de groupes exprime le désaccord général au sein du communisme ou du «marxisme révolutionnaire» à propos de la ligne politique correcte qu’il est nécessaire d’appliquer; il s’agit, en premier lieu, que cette fragmentation politique est, en réalité, le produit de la fragmentation idéologique actuellement sous-jacente dans tout projet politique de type communiste lié, d’une manière ou d’une autre, à la tradition de la Révolution d’Octobre.
La Reconstitution idéologique du communisme, c’est la lutte du marxisme-léninisme pour reconquérir la position hégémonique au sein de l’avant-garde; c’est la période préliminaire et nécessaire pendant laquelle le secteur marxiste-léniniste de «l’avant-garde théorique» met au clair et fixe les limites du champ révolutionnaire sur le plan théorique, au moyen de l’extension de la lutte de deux lignes, au reste des fractions idéologiques qui ont de l’influence sur les secteurs d’avant-garde du prolétariat. Cette lutte, pour que le marxisme-léninisme soit à nouveau l’idéologie de référence entre les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière, présente deux facettes complémentaires. D’un côté, la structuration du marxisme-léninisme en tant que discours idéologique cohérent internement et sa reconfiguration en tant que cosmovision, en tant que représentation totalisatrice de la réalité sous tous ses aspects, en tant que conception du monde. D’un autre côté, la formation de cadres communistes sur ce terrain de lutte idéologique de deux lignes permettra la construction d’un collectif d’avant-garde éduqué à l’école supérieure de la science révolutionnaire (en faisant une rupture avec la tradition qui a éduqué nos dirigeants à l’école de la spontanéité et des luttes de résistance des masses), avec le point de vue suffisamment élevé pour ne jamais perdre de vue l’objectif final et avec une conception de la lutte des classes qui garantisse toujours l’orientation stratégique des luttes prolétariennes. Récupération du marxisme-léninisme comme conception du monde, en tant que théorie d’avant-garde intégrale qui puisse servir à nouveau de guide de la révolution, et construction du «détachement d’avant-garde» qui lui serve de support politique, et qui, depuis ces suppositions –la conscience révolutionnaire en tant que guide- entame l’œuvre de reconstruction des instruments nécessaires pour mener à bon terme la Révolution Prolétarienne (Parti Communiste et Etat de la dictature du prolétariat).
Dans la première partie de ce document, nous indiquions que, pendant le Cycle d’Octobre, avait dominé le point de vue «étatiste» des processus politiques; C’est à dire que toutes les questions avaient tendance à être articulées autour de problématiques liées à l’Etat, avec le problème de la conquête et de la consolidation du pouvoir ou avec la relation Parti-Etat. Ceci se devait, en grande partie à la domination, dans le mouvement révolutionnaire, déjà depuis la II Internationale –et ce fut quelque chose que ni Lénine ni le Komintern ne corrigèrent-, d’une conception du marxisme qui le voyait plutôt en tant que «philosophie politique» qu’en tant que conception du monde, ce qui a conduit en maintes occasions au pragmatisme politique et à l’élaboration de politiques aux vues étroites. Nous disions aussi que, face au prochain cycle révolutionnaire, il est nécessaire de construire les bases en nous situant sur un niveau de départ plus élevé. Nous soulignions que, face au point de vue de l’Etat, nous devions adopter maintenant le point de vue du Parti. Cela veut dire que nous ne pouvons pas non plus commencer les préparatifs de la prochaine vague révolutionnaire depuis «l’échelon» de la politique (comme cela arrivait dans le passé), mais que nous devons nous situer sur celui de l’idéologie, celui de la théorie marxiste-léniniste comprise en tant que conception du monde, en tant que moteur qui engendre tous les processus transformateurs postérieurs nécessaires à la construction du communisme. Nous ne devons pas, alors, situer notre point de départ sur la relation Parti-Etat, mais sur celle supérieure à elle, celle établie comme Conscience-Parti, qui est la perspective la plus élevée que peut adopter l’avant-garde prolétarienne, parce que c’est celle qui permet d’accomplir pas à pas toutes les conditions requises qu’exige l’ordre adéquat avec lequel progresse le processus révolutionnaire.
1er Mai 2003