Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

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Communist Party of Slovakia

Les tâches politiques et tactiques des communistes

Les guerres constituent des phénomènes qui ont accompagné l’humanité tout au long de son histoire. L’urgence à chercher des façons de les éviter de s’en débarrasser pour de bon provient du fait que ces guerres sont excessivement destructrices, qu’elles provoquent des souffrances énormes, particulièrement parmi les populations civiles et que l’existence d’armes nucléaires, chimiques et biologiques menace de plus en plus la vie même sur terre. Partout dans le monde, les communistes et les personnes à même de penser de façon rationnelle doivent mettre tout en œuvre afin de réduire les risques d’une telle catastrophe.

Le postulat fondamental du marxisme, dans ce domaine, n’est autre que la fameuse conclusion de Clausewitz disant que « la guerre est une simple continuation de la politique par d’autres moyens [particulièrement violents]. » Il est bien connu également que le contenu de toute politique résulte des intérêts économiques d’une classe. De la brochure de Lénine, Le socialisme et la guerre, de 1915, se dégage la conclusion suivante : « Il est impossible de supprimer les guerres sans supprimer les classes et sans instaurer le socialisme » (Œuvres, tome 21, p.309). C’est, de toute évidence, le credo stratégique des marxistes. Toutefois, nous vivons dans un monde réel auquel la société de classes confère sa forme légitime. Le capitalisme, actuellement la principale formation socio-économique et sociale, est entré dans l’histoire moderne avec un slogan orgueilleux : « Liberté, égalité, fraternité ». De par sa naissance, le capitalisme a engendré un énorme progrès technique, économique et social. L’obsession de la production et des affaires, toutefois, s’est progressivement muée en égoïsme pathologique chez les riches, en une incessante recherche du pouvoir et de la richesse. Du slogan révolutionnaire de la bourgeoisie, il n’est resté que le mot « Liberté » : la liberté d’exploiter et d’asservir, en fait. S’appuyant sur sa force impitoyable, la haute finance a créé un système colonial infâme et a asservi et pillé des continents entiers. Revenons à Lénine dans son ouvrage L’impérialisme, stade suprême du capitalisme. Voici ce qu’il dit : « L’univers est divisé en une poignée d’Etats usuriers et une immense majorité d’Etats débiteurs» (Œuvres, tome 22, p.299). Aujourd’hui, cette division a atteint un degré d’absurdité sans précédent. Nous ne saurons jamais combien d’indigènes « inférieurs » sont morts au cours de ces interminables guerres coloniales. Nous n’en voyons que la conséquence : le monde actuel est divisé en un groupe restreint de « démocraties développées », gaspillant inconsidérément pour leur seul bien-être les matériaux et ressources énergétiques de notre planète, et en des territoires sans fin, longtemps appelés les pays en voie de développement, qui ont hérité de l’analphabétisme de masse et de l’inimaginable pauvreté découlant du colonialisme. Aujourd’hui, le fossé entre la pauvreté et la prospérité sur terre s’exprime selon la proportion de 1 contre 80. Un fait, particulièrement, insulte le bon sens : au début du 21e siècle, plus d’un milliard d’habitants de cette terre crèvent de faim et, chaque année, plus de 15 millions d’entre eux meurent des suites de la famine, du manque d’eau potable et de médicaments élémentaires.

Au 20e siècle, la poursuite effrénée, par la haute finance, de profits sans cesse croissants, a confronté l’humanité à toute une série de tragédies effroyables. La lutte pour une nouvelle répartition des zones d’influence entre les diverses puissances impérialistes a abouti à la Première Guerre mondiale. Des millions d’hommes sont morts dans les tranchées et d’autres millions sont rentrés mutilés dans leurs foyers. Les puissances victorieuses, toutefois, allaient se ménager pour longtemps des sources de matières premières et le pouvoir des monopoles n’allait cesser de s’accroître. La haute finance déployait la spirale incontrôlée de la libéralisation du marché, qui allait déboucher sur la grande récession du début des années 30. Des millions de personnes étaient frappées par le chômage, la pauvreté et la faim. En Allemagne, la tragédie sociale affectant des millions de personnes allait mener au national-socialisme et à la prise du pouvoir par Hitler. La conception du peuple élu telle que la voyaient les idéologues nazis (c’est-à-dire avec un droit exclusif à l’«espace vital»), n’allait pas tarder à déclencher la guerre la plus dévastatrice de l’histoire de l’humanité. Les plans de domination mondiale d’Adolf Hitler provoquèrent la mort de plus de 50 millions d’humains et des souffrances inimaginables chez des dizaines de millions d’autres. Les nazis « enrichirent » l’humanité de la méthode consistant à assassiner systématiquement les opposants idéologiques et les gens de « races inférieures » dans des camps de concentration.

J’aimerais insister sur le fait que les monopoles européens et américains ont grandement aidé l’Allemagne hitlérienne dans la préparation matérielle de cette « aventure militaire ».

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des millions de citoyens ordinaires dans les grandes capitales mondiales, Paris, Londres, New York, ainsi qu’à Prague, eurent beau proclamer leur seul rêve : « Plus jamais la guerre ! », le capital mondial, toutefois, n’allait pas renoncer aux profits de l’armement et, par conséquent, il léguait à l’humanité ce cadeau empoisonné [litt. «danaen» : allusion au cheval de Troie, «cadeau» des descendants de Danaé – les Grecs – aux Troyens] : la bombe atomique. En larguant sa première bombe atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945, l’impérialisme américain inaugurait l’une des pires tragédies de l’histoire de l’humanité : la guerre nucléaire. L’Union soviétique ne voulait pas être soumise à un chantage, de sorte qu’elle fut forcée elle aussi de développer plus avant son programme nucléaire. Des décennies durant, d’incroyables moyens financiers et matériels allaient être dépensés dans les armements nucléaires, alors qu’une infime fraction de ces moyens n’allait servir à l’aide au développement des pays du tiers monde, alors que plus personne ne devrait mourir de faim, sur cette terre, mais cela ne fait sans doute pas partie des problèmes des monopoles impérialistes, qui ont leur propre priorité : profits maximaux et pouvoir maximal. L’armement nucléaire a engendré une situation mondiale tout à fait inédite : en quelques minutes à peine, les armes nucléaires peuvent liquider la civilisation humaine tout entière.

Mais le rêve de millions de citoyens ordinaires, « Plus jamais la guerre », n’allait jamais se concrétiser, une fois la Seconde Guerre mondiale terminée. Dans diverses parties du monde, des dizaines de conflits militaires allaient éclater au cours desquels des milliers de personnes devaient chaque fois perdre la vie. De leur côté, les agences d’informations nous fournissaient des explications à propos des causes de ces conflits. Mais, en fait, c’est la logique de fer, qui nous livre la réponse la plus appropriée : il n’est pas de commerce plus profitable dans le monde que celui des armes.

Ces mêmes souhaits sincères, tous les peuples du monde entier les exprimaient à nouveau à l’aube de ce 21e siècle. Le siècle nouveau devait engendrer un nouvel espoir. Il s’est avéré que les vœux pieux ont tout simplement été rejetés. Les marxistes savent que la situation économique, écologique et sociale de la planète revêt un caractère de plus en plus catastrophique directement liée à la poursuite obsessionnelle, par la haute finance, d’un accroissement continu de ses profits et aux efforts de concentration du pouvoir parmi une infime minorité d’individus.

Ces rêves d’une meilleure existence se sont effondrés le 11 septembre 2001. Les conséquences des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, bien sûr, ont suscité l’horreur et, ensuite, la tristesse à propos des pertes en vies humaines. Les officiels des Etats-Unis procédèrent toutefois à une simplification outrancière du problème lorsqu’ils parlèrent, un peu plus tard, d’attentats terroristes contre « notre » civilisation. Parmi de nombreux faits, il existe une lettre de l’évêque de l’Eglise catholique unie de Floride adressée à George Bush. En voici quelques extraits : « La haine que nous avons semée nous revient sous forme d’actes terroristes. Nous devrions envoyer nos fils et nos filles dans le monde arabe afin d’y construire des infrastructures, de fournir de l’eau potable aux Arabes et de donner à manger à leurs enfants et, au lieu de cela, nous y envoyons nos fils et nos filles afin de tuer des Arabes. Hélas ! des activités positives ne rapporteraient pas les profits escomptés aux entreprises américaines.

Si l’on en réfère aux paroles et aux faits, c’est-à-dire, à l’agression militaire illégale contre l’Irak, la tâche consistant à rechercher des formes d’activités contre la violence et la guerre est très ardue. Puisque la principale cause de l’accroissement de cette violence dans le monde n’est autre que cette situation absurde (c’est-à-dire le fossé entre la richesse d’une infime minorité et la pauvreté d’une écrasante majorité), il est utile d’expliquer la nécessité qu’il y a pour le plus grand nombre possible de travailleurs de s’opposer à la globalisation et ce, par tous les moyens possibles. Cette globalisation, c’est ce que cherchent les monopoles multinationaux et elle va à l’encontre des principes élémentaires de la démocratie et de l’humanisme. Les communistes devraient tendre à une collaboration la plus efficace possible avec le mouvement antiglobaliste tel qu’il se reflète aujourd’hui dans divers endroits du monde en organisant nombre d’activités contre la poursuite de la paupérisation de zones entières de la planète.

Dans cette période de lutte au niveau mondial contre l’agression planifiée des Etats-Unis contre l’Irak, un avertissement très important a été lancé à Kuala Lumpur, lors de la conférence des Etats et des gouvernements de 116 pays membres du Mouvement des Pays non alignés. Ces membres ont dénoncé sans équivoque les efforts des Etats-Unis en vue de devenir le monarque du monde et de pouvoir décider ainsi du sort des Etats souverains et recourir à l’absurde méthode des attaques préventives en s’appuyant sur les simples lubies de l’administration américaine. Nous devrions tendre à une collaboration la plus efficace possible avec ce mouvement.

Ce 20 mars, en déclenchant leur guerre contre l’Irak, les Etats-Unis ont foulé aux pieds de la façon la plus cynique qui soit la Charte des Nations unies et le système des contacts internationaux mis en place depuis des décennies. Les seules lois désormais de mise sur la scène internationale seront celles de l’Ouest sauvage : la seule raison valable est celle du plus fort. Sur base des événements relatifs à l’Irak, il nous faut penser au fait que l’humanité va devoir payer un tribut inimaginable du fait que des gens spirituellement immatures ou mentalement handicapés décident désormais de son sort. µ