Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org

Oleg Chénine, Union des Partis Communistes - Parti Communiste de l'Union Soviétique

Le rôle de J.V.Staline et du Parti Communiste de l'Union Soviétique (Bolchévique) dans la Grande Guerre Patriotique 1941-1945

Ces derniers temps, des preuves toujours plus nombreuses des limites du développement du capitalisme apparaissent. La contradiction entre le caractère toujours plus social de la production et l’appropriation privée devient criante, insupportable. L’impérialisme ne peut sortir d’une série de crises autrement que par une nouvelle guerre. Le 20 mars 2003 est entrée à jamais dans l’histoire de l’humanité comme la date de la destruction (dont l’échelle est encore inconnue) de la construction de la paix, qui a existé pendant 57 ans.

V.I. Lénine soulignait tout à fait justement: « Le capitalisme ne prendra pas fin pacifiquement. Il mène ou bien directement à la révolte contre le joug du capital, ou bien à ce même résultat par la voie sanglante, sévère, douloureuse de la guerre. »

Les marxistes soviétiques ont réfuté à maintes reprises le mythe selon lequel, avec la destruction de l’URSS et le désir insistant des Etats-Unis de former un système unipolaire sous leur hégémonie, la vie sur terre était devenue plus sûre et plus réglementée. Au contraire, nous avons obtenu le choc puissant de l’apparition des guerres d’occupation impérialistes, orientées vers un nouveau partage du monde.

L’agression barbare, voici quatre ans, sans aucun mandat de l’ONU, contre la Yougoslavie, était une prospection par la guerre, un essai des forces de l’ultra-impérialisme. Pourtant, trois mois de bombardements n’ont pas rendu la « victoire » plus proche. La chute de Belgrade n’a eu lieu qu’après que le régime « allié » des compradores de Russie ait trahi les Yougoslaves. Aujourd’hui, la Yougoslavie n’est plus sur la carte du monde – temporairement, sans doute ! Son dernier premier ministre n’est déjà plus parmi les vivants. Celui qui a démembré servilement le pays selon les plans de l’Occident et qui a remis en secret Slobodan Milosevic au tribunal de La Haye, ce traître, a reçu ce qu’il méritait.

La provocation complexe, à grande échelle, du 11 septembre 2001, et l’agression des Etats-Unis contre l’Afghanistan qui l’a suivie, a été le début d’une troisième guerre mondiale non déclarée. Celle-ci est maintenant entrée dans une nouvelle phase. Dans les coulisses des évènements, on retrouve à nouveau le sionisme mondial. Dans son intérêt, sont enterrées les exigences de désarmement nucléaire d’Israël (300 têtes nucléaires) et de la création d’un Etat arabe indépendant sur le territoire de la Palestine. L’enjeu n’est pas seulement l’Irak et le Proche-Orient, mais le monde entier. Le but de l’agression: discréditer, affaiblir dramatiquement l’Organisation des Nations Unies et son Conseil de Sécurité, réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale, imposer la construction du monde à l’américaine par la force de nouveaux types d’armements, faire un pas décisif pour atteindre la domination mondiale complète et illimitée.

Tout cela ne peut même pas plaire aux anciens partenaires et associés des Etats-Unis. C’est pourquoi, pour la première fois, de sérieuses divergences sont apparues entre les Etats-Unis et d’importants pays d’Europe. Pour la première fois, l’unité de l’Otan s’est fissurée. Pour la première fois, l’Union européenne était au bord de la scission. Finalement, aussi pour la première fois, la préparation et le début de l’agression ont rencontré une telle indignation massive et unie des peuples du monde entier. Toutes ces contradictions ne feront que s’approfondir.

Dans ces nouvelles conditions historiques, l’élaboration d’une stratégie et d’une tactique d’action correctes pour le mouvement communiste et ouvrier international est particulièrement importante, car la guerre accentue à l’extrême toutes les contradictions et antagonismes du monde capitaliste. Contre la volonté des régimes au pouvoir, la situation révolutionnaire mûrit rapidement. A cet égard, il est utile de se référer aux leçons de l’histoire.

Analysant l’expérience de la lutte du parti des Bolcheviks pour assurer le pouvoir soviétique en Russie, V. I. Lénine a tiré la conclusion que la défense de la Patrie, conquise par les travailleurs sur les capitalistes et les propriétaires fonciers, est une loi historique objective : « Si la classe dominante, le prolétariat, veut dominer, il doit le prouver aussi par son organisation militaire. »

La précision, l’attention et la persévérance de Lénine dans la formulation et le débat sur les problèmes fondamentaux de la défense du pays, quand le peuple travailleur est victorieux, est démontrée lors des 14 assemblées du Comité Central sous sa direction, durant la seule année 1919, et dans les 40 sessions du Politburo du CC du PCUS (b), où parmi d’autres questions, les problèmes militaires ont été tranchés.

Alors, en période de lutte de classes la plus acharnée, la situation militaire de la société était la norme. Comme d’autres, J. V. Staline assimilait les méthodes extraordinaires de direction du pays dans les conditions de la guerre civile, mais à la différence de beaucoup d’autres, il étudiait à fond l’art militaire et, simultanément, il appliquait les principes de la science militaire dans l’action politique et étatique. N’ayant jamais servi dans l’armée et ne possédant pas une préparation militaire, Staline a suivi les cours pratiques de l’Académie militaire. C’était d’autant plus judicieux que, souvent, il était nécessaire d’étudier non seulement les facteurs militaires, mais aussi les facteurs sociaux et politiques. C’est justement au cours de ces années qu’ont été posés les principes de son avenir comme stratège.

Le 29 mai 1918, quand les armées des Blancs se ruaient de l’Est et du Sud vers la Volga, menaçant de couper le centre de la Russie des régions céréalières, le gouvernement a nommé Staline comme chef général de l’approvisionnement au Sud de la Russie. Le 4 juin, Staline est arrivé à Tsaritsine. D’après les mémoires de Raskolnikov, « Staline fut tout à Tsaritsine: fondé de pouvoir du Comité Central, membre du Conseil militaire révolutionnaire, dirigeant du travail du Parti et du Soviet… Toutes les questions, il les a résolue – comme toujours – collégialement, en contact étroit avec les institutions locales, ce qui les a impressionnées, et a davantage renforcé son autorité péremptoire. »

Les mérites de Staline et son habilité à résoudre les problèmes militaires furent mis en lumière le 30 novembre 1918, quand il fut nommé suppléant au président du Conseil, récemment créé, de la défense des travailleurs et paysans. Ce nouvel organe de direction, avec Lénine à sa tête, était devenu le principal centre militaire, économique et de planification pendant la guerre civile et a pris sous son contrôle l’activité du Conseil Révolutionnaire Militaire de Trotski, en contournant ce dernier.

Le 5 janvier 1919, Staline a été envoyé avec Dzerjinski au front de l’Est, où attaquait Koltchak. Les recommandations de la commission furent la base de la construction « d’une armée régulière fortement disciplinée ». Staline en parlait au huitième congrès du Parti. Cinq jours plus tard, le 30 mars, par arrêté du comité central exécutif, il fut confirmé commissaire du contrôle d’Etat.

Le 17 mai, le CC du Parti et le Conseil de la défense envoyaient Staline sur le front de Petrograd pour combattre Oudenitch. Le 3 juillet, quand la menace de chute de Petrograd a été détournée, Staline est revenu à Moscou. Mais le 9 juillet, il était déjà envoyé sur le front occidental et, le 26 septembre, sur le front méridional, où Denikine marchait sur Moscou. Le 27 novembre, le présidium du Comité central exécutif décernait à Staline l’ordre du Drapeau Rouge Militaire, en reconnaissance de ses services dans la défense de Petrograd et de l’organisation de l’attaque sur le front Sud.

Pendant la guerre civile précisément, Staline a pu élaborer les thèses fondamentales de la stratégie et de la tactique politique, intégrées dans son travail sur les principes du léninisme : la concentration des forces principales au moment décisif sur l’endroit le plus vulnérable de l’adversaire, le choix du moment du coup décisif, exécution inébranlable du cours décidé à travers de toutes les difficultés, manoeuvre de réserves, « calculée sur une retraite correcte quand l’ennemi est puissant, quand la retraite est inévitable », mise en avant de ces formes de combat et d’organisation qui correspondent avant tout à la situation concrète, « découverte à tout moment donné du maillon particulier dans la chaîne des processus, qui rend possible en le saisissant de tenir toute la chaîne et de préparer les conditions pour atteindre le succès stratégique. »

Après la fin de la guerre civile, la production agricole était de près de 65% de celle de 1913, et l’industrie lourde un peu plus de 10%. Plus de 70.000 km de voies ferrées et environ la moitié du réseau étaient hors service. Le système de prélèvement et de répartition des produits agricoles ne convenait plus. Tsiouroupa disait: « Partout la démoralisation, la désorganisation, et l’anéantissement de notre appareil… Rien que sur le front ukrainien de l’approvisionnement, 1700 coordinateurs de l’agriculture ont été tués. » Pour cette raison, la décision du passage à l’impôt en nature et aux rapports de marché a été prise au cours du 10ème Congrès du parti, quasi sans discussion.

Staline considérait la NEP comme un répit indispensable. Proposant des mesures pour un allégement de la situation internationale du pays, il a porté une attention particulière au soutien des forces de libération nationale à l’Ouest. De prime abord, il ne proposait pas « le soutien à la révolution prolétarienne à l’Ouest », mais l’utilisation des antagonismes entres pays capitalistes dominants. Cela supposait la nécessité de « chercher des formes et méthodes de coopération économique avec des groupes capitalistes hostiles occidentaux ». Mais les accords sur les concessions et le commerce avec une série de pays capitalistes excluaient l’aide ouverte au prolétariat là-bas.

En 1926, le 2ème tome du livre de Hitler, Mein Kampf, a été publié à Munich dans lequel le futur führer professait : « Nous arrêtons le mouvement germanique séculaire vers le sud et l’ouest de l’Europe et nous tournons nos regards sur les terres à l’Est… Quand nous parlons aujourd’hui du territoire de l’Europe, nous pouvons penser avant tout à la Russie et aux états limitrophes, ses vassaux. » Le capital international le remarquait et l’appréciait. Au bout de six mois, les nationaux-socialistes étaient déjà une force politique influente du pays.

Le gouverneur de l’Etat de New York et futur président des Etats-Unis Roosevelt écrivait en 1930 : « Sans aucun doute les idées communistes gagneront en puissance dans notre pays, si nous ne parvenons pas à maintenir les anciens idéaux de la démocratie. » Son objectif était la défaite du communisme. Ennemi véhément du communisme et de l’Union soviétique, Churchill établissait ses positions.

Face à cette situation difficile pour l’avenir de notre pays et du Parti communiste, ses dirigeants ne comprenaient pas tous la voie correcte du développement. Trotski, ayant attiré des partisans grâce à l’éclat trompeur du gauchisme extrême, prédisait la défaite inévitable de l’URSS dans la guerre imminente avec le capital mondial et, avec une insistance maximale, maniaque, appelait au déploiement de la révolution mondiale « permanente ». En quoi se distingue-t-il des « gauchistes » actuels, appelant à une « nouvelle révolution globale », ou des extrêmes droites, appelant au l’exportation impossible de tous les attraits de la « démocratie » par la voie violente ?

Les « communistes » de droite, ayant été auparavant « gauchistes », comme Boukharine, estimaient que la croissance de la production agricole et de l’industrie légère était la première priorité. Ils lançaient le slogan « enrichissez-vous ». Leurs successeurs politiques d’aujourd’hui, aimant s’appeler communistes, mais en fait des opportunistes, sont du même acabit. Ils n’imaginent pas d’autres voies vers le socialisme, qu’à travers la réforme de la société bourgeoise, par la « réglementation de l’économie de marché sur base scientifique ».

Encore en 1929, Staline assurait que Boukharine était un « théoricien sans dialectique », un « théoricien scolastique ». Il posait la question ainsi : « Soit la théorie de Marx de lutte des classes, soit la théorie de l’intégration du capitalisme dans le socialisme ; soit l’opposition intransigeante des intérêts des classes, soit la théorie de l’harmonie des intérêts de classe ». (Cette dernière « théorie » sert de base au programme du parti nouvellement créé par le président de la Douma d’Etat, récemment encore appelé « communiste »).

Ce n’est donc pas par hasard, que seuls les véritables léninistes, dont Staline était le premier, ont pu trouver le chemin unique du maintien de l’indépendance et de la survie du pays. C’était la voie de la construction, dans les délais les plus courts, du socialisme dans un seul pays. Le chemin de sa construction et de sa base matérielle et la création de l’homme nouveau, l’homme de la société socialiste, fidèle aux idées du socialisme et de l’internationalisme, coïncidant avec l’idée de la défense sans réserve des acquits du socialisme dans son pays natal. C’est précisément là où furent orientés les efforts du parti communiste dirigé par Staline. Voilà ce qui a conduit aux énormes succès dans la culture de toute la population, à l’impressionnant prestige au niveau mondial de la littérature et de l’art soviétiques.

L’arrivée au pouvoir de Hitler a été considérée par Staline comme « un signe, que la bourgeoisie ne peut plus trouver une issue à la situation actuelle sur base d’une politique extérieure pacifique, et qu’elle est donc contrainte de recourir à la politique de guerre ». Après 1933, 78% de tous les crédits à long terme des monopoles allemands ont été accordés par les Etats-Unis. La part des dépenses militaires dans le budget du Japon entre 1934 et 1938 a augmenté de 43% à 70%, en Italie de 20% à 52% et, en Allemagne, de 21% à 61%. Le fascisme a été sciemment et graduellement fortifié. C’est pourquoi Staline a avancé l’objectif de la création « d’une base de production céréalière sur la Volga ». Une très grande importance a été accordée à l’industrie lourde, la base de l’industrie de guerre.

Les faussaires de l’histoire soviétique versent de larmes de crocodile sur les victimes de la répression dans la période d’avant-guerre, dont des cadres militaires. Aujourd’hui, il est prouvé que Toukhatchevski, Yakir et d’autres se sont avérés être des agents allemands. Ce n’est pas par hasard que Khrouchtchev en 1956 n’a pas osé en dire un mot. Les forces armées, non pas sans erreurs, ont été nettoyées des comploteurs et des traîtres et libérées des agents étrangers. Ce fut un grand mérite de la direction soviétique. Sans cela, il était impossible de préparer le pays à la défense. Si on ne l’avait pas fait, alors, au moment de la guerre, il y aurait eu beaucoup de Vlassov.

Les résultats du deuxième plan quinquennal montrent le réarmement techno-scientifique de l’industrie soviétique. L’analphabétisme a été progressivement éliminé parmi les personnes de moins de 50 ans et plus de 10 millions se sont engagées dans le travail intellectuel. Le mouvement stakhanoviste a conduit à une croissance de la productivité du travail de 82%. Le géopolitique Huntington, adversaire sévère de l’idéologie communiste, tient en grand estime la victoire des Russes « sur les conditions naturelles dures de l’Eurasie du Nord », et compare la modernisation de l’économie nationale de l’URSS de 1929 à 1941 avec « la découverte du feu par nos ancêtres ».

Et pourtant, dans les aspects essentiels de l’armement, l’URSS restait en arrière de l’Allemagne, en particulier en aviation. Ce a été clairement démontré en Espagne. J. V. Staline a réussit dans une situation compliquée à utiliser au maximum les contradictions entre impérialistes. Premièrement, de manière tout à fait correcte, après de nombreux atermoiements de la part de l’Angleterre et de la France, le Traité de non-agression avec l’Allemagne a été conclu le 23 août 1939. Il a permit non seulement de retarder le début de la guerre, mais aussi de déplacer les frontières occidentales de l’URSS, de récupérer les territoires perdus en 1920 de l’Ukraine occidentale, de la Biélorussie occidentale et de la Bessarabie.

D’après les mémoires de V. M. Molotov, « Staline a forcé Hitler à signer le pacte de non-agression sans aucune concertation avec son allié japonais. Cela a provoqué la fureur de Tokyo, sur quoi nous avions compté. Cela préjugeait du succès des négociations avec le ministre japonais des Affaires Etrangères Matsuoka à Moskou en avril 1941 ». C’est alors que Matsuoka et Molotov ont signé un pacte de non-agression, sans concertation préalable des Japonais avec l’Allemagne, ce qu’ils étaient pourtant obligés de faire selon le pacte anti-Komintern conclu auparavant. Le 13 avril 1941, Staline est venu lui-même à la gare accompagner le ministre japonais, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Molotov écrit: « Le train était en retard d’une heure. Avec Staline nous lui avons généreusement servi à boire, et nous avons presque dû le porter dans le wagon. Le fait que le Japon ne s’était pas mis à nous combattre valaient bien de tels adieux.»

En septembre - octobre 1939 les accords de secours mutuel entre l’Union Soviétique, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été signés. Avec cela, il n’était pas alors question de « soviétisation » de ces républiques baltes. Mais sept mois de négociations avec le gouvernement de Finlande n’ont pas donné de résultats et la guerre a débuté le 30 novembre. Elle coûta à l’URSS non seulement de grandes pertes, mais aussi l’exclusion, le 14 décembre, de la Société des Nations. La frontière à Leningrad a été reportée vers le Nord.

C’est seulement après l’agression d’Hitler contre les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, l’occupation de la France et la création d’une situation révolutionnaire classique dans les républiques baltes, que la soviétisation fut engagée. Les élections du 14-15 juillet 1940 ont donné la victoire absolue aux unions du peuple travailleur, de 93% en Estonie à 99% en Lituanie). Et bien que la bourgeoisie nouvellement apparue essayait de présenter ces élections comme « illégales », personne n’a réussi à apporter les preuves de falsification. Les trois, cinq et six août 1940, le Soviet Suprême de l’URSS a adopté une résolution d’intégration des trois nouvelles républiques dans l’Union. Le 2 août, l’entrée de la Moldavie dans l’URSS a été approuvée. Dès le début, la Bessarabie et la République autonome de Moldavie, l’actuelle Pridniester faisaient partie de cette nouvelle république de l’Union Soviétique.

Au cours du temps gagné grâce au pacte de non-agression, la préparation à la guerre se déroulait plus intensivement que jamais. C’est dans cette période que furent élaborés et mis en production pratiquement tous les types d’armements modernes, dépassant le niveau mondial, et naturellement le niveau allemand, ce qui fut une surprise désagréable pour les troupes allemandes fascistes sur les champs de bataille.

Le cinq mai 1941, lors d’une rencontre avec les lauréats des académies militaires, Staline a déclaré que la guerre avec l’Allemagne était inévitable. « Nous, communistes, ne sommes pas des pacifistes, nous avons toujours été contre des guerres injustes, des guerres impérialistes pour le partage du monde, des guerres pour l’asservissement et l’exploitation des travailleurs. Nous avons toujours été pour des guerres justes, pour la liberté et l’indépendance des peuples, pour la libération des peuples de l’exploitation capitaliste, pour la guerre la plus juste pour la défense de la patrie socialiste. »

Fin mai 1941, un mois avant l’agression des occupants hitlériens contre l’URSS, s’est tenue une séance élargie du Politburo du CC du PCUS (b), où la situation politique extérieure et militaire ont été analysée. Le pays n’était pas encore prêt à s’opposer avec force à l’armée allemande fasciste déjà remobilisée. Celle-ci avait soumise déjà l’Europe occidentale, en mettant au service de l’impérialisme allemand toutes les ressources des pays européens, ce qui renforçait la puissance de l’Allemagne. A cette époque, l’armée fasciste avait acquis l’expérience de la guerre moderne en Europe. Au frontières de l’URSS, se tenaient plus de 300 divisions, armées jusqu’aux dents, prêtes à se lancer à l’attaque.

En dressant le bilan de cette réunion du Bureau Politique du CC du PCUS (b), J. V. Staline remarquait : « La période de 1939 à 1941 confirmait la justesse du cours pris par le parti pour la préparation du pays à la défense avec tous les moyens. Nous avons créé une base économique forte, pour résister à l’agression, c’est le principal.

Deuièmement, en nous souciant chaque jour des forces armées, nous avons éduqué une armée puissante et combative, et l’avons préparé à la défense de la patrie.

L’histoire nous apprend que, quand on ne prend pas soin de l’armée et quand on ne lui témoigne pas de soutien moral, il se forme une autre morale, démoralisant l’armée. L’armée doit jouir d’un soin exclusif et de l’amour du peuple et du gouvernement – voilà où réside la force morale suprême de l’armée. Il faut choyer l’armée. Là est le gage du succès, de la victoire. »

Et Staline a choyé l’armée et apprit cela à tout le peuple soviétique. L’armée rouge – ensuite soviétique – fut l’enfant choyé du peuple soviétique et elle fut invaincue ! « C’est l’idéal, quand le général et le politicien sont ‘réunis’ dans un seul personnage. Le politique-stratège, qui connaît obligatoirement la politique internationale, doit se représenter clairement la situation à l’intérieur du pays. Il doit connaître ses possibilités économiques, les conditions internes politiques et l’esprit du peuple. » (Clausewitz) Staline correspondait entièrement à cette analyse de l’historien et théoricien militaire allemand.

Au cours de la préparation du pays à la défense, le Politburo du CC du PCUS(b) a pris une série de décisions importantes pour fortifier l’influence du parti dans les forces armées soviétiques. Par exemple, « De l’accueil des soldats rouges dans le parti », « Du travail parmi les jeunes communistes dans l’armée rouge », « De la sélection de 4000 communistes pour le travail politique à l’armée rouge. »

Toutefois, quand le 22 juin 1941, l’Allemagne hitlérienne attaquait lâchement notre pays et violait lâchement le pacte de non-agression, l’Armée rouge a été contrainte, dans un premier temps, de faire retraite malgré des combats acharnés. Le 24 juin, le conseil pour l’évacuation a été créé, avec à la tête L. M. Kaganovitch. En juillet - août 1941, insatisfait de l’activité du ministère de la défense, Staline a repris tous les postes de commandement des forces armées du pays. Le 10 juillet, dans le cadre de la réforme du haut commandement devenu le grand Quartier Général, Staline a remplacé Timoshenko. Le 19 juillet, Staline est devenu ministre de la Défense et, le 8 août, commandant en chef.

En octobre, pendant les jours les plus durs et selon les témoignages de ses gardes, Staline paraissait régulièrement dans les rues de Moscou : les gens devaient voir que le chef était avec eux.

A notre époque, et c’est très caractéristique, trois heures après le début de l’agression anglo-américaine, Saddam Hussein est apparu en direct et a appelé la nation à la guerre sainte. La fin du message - « Mort à l’agresseur ! » - coïncide avec les appels militaires de l’Etat-major soviétique d’il y a 60 ans : « Mort aux occupants allemands ! » Aujourd’hui, après un blocus de dix ans et un espionnage intensif, on constate que les Américains ont été surpris de rencontrer une résistance farouche de la part des troupes et du peuple d’Irak. Leur pari d’un « blitzkrieg » a échoué. Les impérialistes se sont clairement empressés de partager la peau de l’ours, avant qu’il n’ait été tué.

En 1941, directement après l’attaque d’Hitler contre l’URSS, messieurs Roosevelt et Churchill se sont déclaré prêts à aider notre pays. Toutefois, leurs militaires étaient sceptiques sur les chances de l’Union soviétique. Les Américains estimaient qu’Hitler mettrait trois mois et les Britanniques seulement six semaines pour écraser l’URSS. Personne ne croyait en sa capacité de résister longtemps.

Les opinions des politiciens occidentaux ont changé après la première rencontre entre Staline et Hopkins le 30 juillet. Staline est arrivé à créer chez les alliés l’idée d’une longue guerre et de grandes perspectives pour l’Armée Rouge. Il a transmis immédiatement à Roosevelt qu’il « saluerait dans n’importe quel secteur du front russe des troupes américaines entièrement sous le commandement américain ». Le trois septembre, dans une lettre à Churchill, le premier ministre britannique, Staline proposait de « créer déjà cette année un deuxième front quelque part dans les Balkans ou en France ». Le 13 septembre, il écrivait à Churchill : « Il me semble que la Grande-Bretagne pourrait sans risque mettre 25 à 30 divisions à Arkhangelsk ou bien les transporter via l’Iran dans les régions sud de l’URSS pour une coopération militaire avec les troupes russes… » Mais les alliés ne se sont pas hâté de répondre.

Déjà le 28 septembre, au cours d’entretiens avec Harriman et Beaverbrook, Staline n’a pas posé la question du deuxième front, mais a demandé aux Britanniques de l’aide en Ukraine. Quand le lord Beaverbrook a évoqué l’intérêt des Britanniques à transférer des troupes au Caucase, Staline a remarqué : « Au Caucase, il n’y a pas de guerre, mais bien en Ukraine. » Il s’est comporté non comme un agent d’affaire résigné, mais comme un dirigeant autoritaire. Il ne demandait pas, mais il exigeait de l’aide avec insistance et durement, condamnant les moindres tentatives de diminuer le volume des fournitures d’armes et des matériaux stratégiques. Il est intéressant de noter que l’aide militaire à l’URSS, tant vantée par les alliés, ne constituait que 3% de sa propre production militaire en temps de guerre. Il est vrai, néanmoins, que cette part fut notablement plus élevée dans les premières années de la guerre, les plus pénibles, quand notre industrie de guerre ne tournait pas encore à plein.

Préparant telle ou telle autre opération, l’état-major appelait l’un après l’autre des officiers du quartier général, et travaillait avec eux quelques heures. Si bien qu’au moment de la rencontre avec les commandants de front, il était informé et tout à fait préparé à la prise de décisions. Staline préférait être en rapport avec les gens personnellement. Cela lui permettait de mieux connaître l’essence du problème, de vérifier l’exécution et de proposer son avis aux principaux spécialistes, mais aussi d’apprendre d’eux. Quasi toutes les décisions étaient prises après examen collégial, avec participation des personnes les plus compétentes et responsables.

A la réunion solennelle du 6 novembre 1942, Staline a déclaré : « L’Armée Rouge supporte sur elle tout le poids de la guerre contre l’Allemagne hitlérienne et ses complices. Aucun autre pays et aucune autre armée ne pourrait résister à une telle horde sauvage de criminels germano-fascistes… Et non seulement résister, mais vaincre… Le jour n’est pas loin où l’ennemi connaîtra la force de nouveaux coups de l’Armée Rouge. Et ce sera la fête dans nos rues ! » Staline soulignait constamment la supériorité de l’Etat soviétique sur l’ennemi, sur le plan moral et spirituel, sans laquelle la victoire serait impossible.

Après les rencontres à Moscou en août 1942, Churchill s’est rappelé que Staline lui disait « beaucoup de choses désagréables », en particulier que « nous avions trop peur de nous battre contre les Allemands, que nous avions renié la promesse d’ouvrir un second front et à propos des fournitures à la Russie ». En même temps, Staline donnait à comprendre qu’il appréciait la sincérité de l’interlocuteur, quand il remarquait : « Nous préférons des ennemis déclarés à des amis qui font semblant. »

Quand finalement l’URSS, au prix de pertes et privations incroyables a commencé, seule, à broyer les troupes germano fascistes, Staline a pu négocier avec les alliés en position de force, leur dicter des conditions, établir une nouvelle architecture de la construction mondiale. Moins de quatre années après l’exclusion de l’Union soviétique de la Société des Nations, Roosevelt et Churchill cherchaient auprès de l’URSS du soutien pour la création d’une nouvelle organisation mondiale, dotée du droit d’envoyer des troupes dans n’importe quelle région de la planète. Fermement et sans défaillance, Staline a insisté sur la sécurité des frontières soviétiques. A Téhéran, il a répété ce qu’il avait déjà dit à Eden, en décembre 1941 : « Les Russes ne disposent pas de ports exempts de gel sur la Baltique. C’est pourquoi il faudrait aux Russes les ports libres de gel de Königsberg et de Memel et la partie correspondante du territoire de la Prusse orientale. D’autant plus que, historiquement, ce sont des terres traditionnellement slaves. » Churchill, qui avant Stalingrad et Koursk refusait même d’examiner la question de la reconnaissance de la frontière occidentale de la Russie de 1940, a été obligé de répondre : « C’est une proposition très intéressante, que j’étudierai sans faute. »

Les politicards russes actuels sont prêts à abandonner Kaliningrad, conquise avec tant de peine. Plus précisément, ils sont prêts à l’offrir dans l’assiette de l’Allemagne. Ils ne s’encombrent même pas de ce territoire de la Lituanie, Klaïpeda (Memel), obtenu par Staline (pour les Russes !), alors que les autorités lituaniennes posent des exigences humiliantes au transit des citoyens de Russie.

Avec une obstination maniaque, la bourgeoisie s’affaire à confirmer dans la conscience collective le mythe des « cruautés de Staline » à propos de l’exécution, en avril 1940, par des troupes du Ministère de l’Intérieur, dans le bois de Katyn, près de Smolensk, de 10.000 officiers polonais. En 1993, aveuglé par un anticommunisme ardent, le régime d’Eltsine a reconnu, par intérêt politique, cette falsification, cette gigantesque provocation. Pourtant, encore avant la libération de Smolensk par l’Armée Rouge, les experts internationaux de la commission envoyée à Katyn par les Allemands, ont constaté que les balles dans les cadavres étaient de le marque allemande GEZO, série D, calibre 7.65 mm. Le 8 mai 1943, le menteur pathologique Goebbels, écrivait dans son journal: « Malheureusement, on a trouvé des munitions allemandes dans les fosses de Katyn …Si ce fait est connu de l’ennemi, il faudra alors renoncer à toute l’histoire de Katyn. » L’émigration polonaise, « le gouvernement en exil » de Sikorsky, a spécialement insisté sur cette version. Staline a fermement déclaré : « Nous débarrasserons la Pologne du gouvernement émigré ». Il a catégoriquement rejeté « la pression sur le gouvernement soviétique dans le but de lui arracher des reculs territoriaux sur le compte des intérêts de l’Ukraine soviétique, de la Biélorussie soviétique et de la Lituanie soviétique ». Dans un entretien intime, Roosevelt a déclaré qu’une partie importante de ses électeurs était d’origine polonaise et balte… et bien « qu’il soit personnellement d’accord avec Staline à propos du déplacement de la frontière russo-polonaise vers l’Ouest… il ne pouvait appuyer publiquement un tel accord à l’heure actuelle. »

Dans les mémoires de Harriman, Roosevelt a alors demandé à Staline s’il ne fallait pas laisser les peuples d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie exprimer leur droit à disposer d’eux-mêmes. Staline a répondu que, par le passé, la Grande Bretagne et les Etats-Unis étaient les alliés de la Russie tsariste, dans laquelle les peuples baltes n’avaient aucune autonomie, mais personne ne posait alors la question de l’opinion publique. Staline a assuré à Roosevelt que la population des républiques baltes aurait beaucoup de possibilités d’exprimer sa volonté dans le cadre de la constitution soviétique, mais il a rejeté l’idée d’un contrôle international sur une telle expression de leur volonté.

Harriman a expliqué « l’indulgence » de Roosevelt par son besoin d’obtenir le soutien de Staline à la création de la nouvelle organisation internationale des Nations Unies. Staline a posé beaucoup de questions à Roosevelt concernant l’ONU, mais au fond il soutenait cette proposition. Tout cela indiquait que les rapports de force mondiaux avaient considérablement changé en faveur de l’URSS.

Staline occupait clairement la place de leader informel dans ce petit collectif. Comme chef d’une puissance en guerre, Staline venait à une conférence quand et à l’endroit où lui, commandant en chef, convenait de se trouver. Il s’exprimait contre n’importe quelle tentative d’ajouter au nombre des participants la Chine et la France. En conséquence, Churchill et Roosevelt ont accepté les exigences pressantes de Staline concernant les priorités dans leur campagne militaire en 1944. Ils ont accepté ses propositions de fixer la date de l’opération « Overlord » et le commandement des troupes expéditionnaires. Il est utile de rappeler cela au 60ème anniversaire de la Conférence de Téhéran.

Du 4 au 11 février 1945, eut lieu la Conférence de Yalta. Durant celle-ci, les alliés ont opiniâtrement essayé de refuser un élargissement de la sphère d’influence de notre pays, en vain. Bien que dans les décisions sur la Pologne et la Yougoslavie a été mentionnée la nécessité d’élargir les gouvernements par des représentants des forces pro-occidentales, en fait on reconnaissait leur base communiste, de gauche, et la structure correspondante de l’Etat et de leur politique après la guerre.

Par un accord secret, signé à Yalta, l’URSS devait entrer en guerre contre le Japon du côté des alliés deux à trois mois après la capitulation de l’Allemagne. En échange de quoi, serait reconnue l’indépendance de la République Populaire de Mongolie, ainsi que le retour à l’URSS de la partie sud de Sakhaline, avec les îles contiguës et les îles Kouriles. Le bail de Port Arthur par l’URSS a été prolongé, et les droits préférentiels sur le port de Dalni (Dairen) ainsi que les droits de l’Union soviétique sur les chemins de fer du Sud de la Manchourie et de l’Est de la Chine.

Lors de l’examen du projet de statut de l’ONU, Staline a posé à nouveau la question de l’accession à l’ONU des républiques soviétiques. Au début, il s’agissait de l’Ukraine, de la Biélorussie et de la Lituanie. L’important pour l’URSS était la transformation de l’ONU en un instrument de collaboration des trois grandes puissances. Pour la première fois dans son histoire millénaire, le système de Yalta a permis à notre pays d’avoir une frontière occidentale sûre presque sur toute sa longueur. A l’agresseur potentiel, s’opposaient de puissantes unités des troupes soviétiques en Europe centrale. Les conditions pour la création de frontières sûres en Extrême-Orient ont été créées. La flotte soviétique a reçu la possibilité de se baser dans les ports des pays du sud-est de l’Europe. La sécurité de l’URSS était assurée solidement et pour longtemps.

A la conférence de Potsdam, après une année et demi, la situation avait changé. Pourtant, l’autorité de Staline avait grandi de façon extraordinaire. Il s’était permis, par exemple, de refuser de recevoir le roi de Grande-Bretagne, Georges VI, malgré la demande de Churchill. Staline a pu transformer les engagements conclus précédemment en accords favorables pour l’URSS.

L’armée soviétique, armée victorieuse, était sortie de la guerre moralement aguerrie, fortifiée dans son organisation, invincible sur le plan militaire. La politique correcte du PCUS (b) et la direction ferme et habile de J. Staline entretenaient l’unité de l’armée et du peuple. L’unité morale et politique de la société soviétique a joué un rôle décisif dans la victoire.

Le pays a guéri rapidement de ses blessures, dans un laps de temps étonnamment court. Mais ces blessures étaient sévères. Les hitlériens avaient détruit et pillé 1.710 villes et villages urbanisés. Ils avaient incendié plus de 70.000 villages et hameaux. Ils avaient anéanti environ 32.000 entreprises, détruit 65.000 km de voies ferrées, saccagé 98.000 kolkhozes, 5.000 sovkhozes et stations de machines et tracteurs. Ils avaient détruit des dizaines de milliers d’hôpitaux, écoles, instituts techniques, bibliothèques, pillé des centaines de musées, volant de magnifiques trésors culturels et artistiques.

Notre plus grande perte pendant la guerre a été la mort de 27 millions de nos citoyens. C’étaient surtout des jeunes, les meilleurs et les plus actifs de nos hommes et femmes, beaucoup d’enfants. Un très grand nombre des nôtres a été anéanti dans les camps de concentration hitlériens et en territoires occupés, alors que le chiffre total des pertes en soldats de l’URSS est comparable à celui des germano-fascistes : 8.668.400 contre 8.640.500.

Le parti s’est trouvé trois fois sur le champ de bataille, ce qui est apparu irréparable. En 1946, Staline a déclaré : « Rien que pendant les six premiers mois de guerre, plus de 500.000 communistes ont péri sur les fronts et, pendant toute la guerre, plus de trois millions. C’était les meilleurs d’entre nous, généreux et purs, des combattants pleins d’abnégation et désintéressés, luttant pour le socialisme, pour le bonheur du peuple. Maintenant ils nous manquent… S’ils étaient encore vivants, beaucoup de nos difficultés actuelles seraient déjà dépassées… »

Mais la leçon historique importante, c’est qu’une nouvelle et jeune structure sociale a vaincu la force de frappe de l’impérialisme. Les valets hypocrites du capital, les faux historiens essaient en vain de voiler, de déformer ce fait. La victoire était militaire, politique et idéologique.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont utilisé des bombes atomiques contre les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki. C’était le début de leur chantage nucléaire contre leur allié de la coalition anti-hitlérienne, l’URSS. Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, absolument insensés du point de vue militaire, étaient un avertissement clair à l’Union soviétique : désormais l’Amérique dictera sa volonté au monde entier. Ainsi a commencé la « Guerre froide ».

Les tentatives de la direction soviétique d’arrêter l’aggravation de la situation internationale après le discours de Churchill à Fulton, n’ont pas eu de succès. Selon la directive du Conseil de Sécurité Nationale N° 20/1 du 8 août 1948, « les objectifs des Etats-Unis par rapport à la Russie … reviennent en essence à ceci : a) ramener au minimum la puissance et l’influence de Moscou ; b) changer fondamentalement la théorie et la pratique de la politique extérieure suivies par le gouvernement au pouvoir en Russie. »

L’URSS a dignement répondu. Les recherches sur l’énergie atomique, dans la technologie des fusées ont eu pour résultat, que J. V. Staline, encore de son vivant, a rompu le blocus atomique et a conduit notre pays dans le monde de l’atome et du cosmos. Simultanément, Staline a consacré beaucoup de forces à la création de l’aviation à réaction. Les nouveaux instituts scientifico-industriels, dont il parlait en 1946, ont été surtout formés pour leur apport potentiel à la défense du pays. Des bases aériennes ont été créées et chacune d’elles a élaboré son modèle d’avions. Ils se manifestèrent en 1947, d’abord avec le Mig-15. C’est pourquoi les Etats-Unis ont été obligés de renoncer au lancement du plan Fleetwood, adopté le 1er septembre 1948, qui prévoyait le début de la guerre contre l’URSS avant le premier avril 1949, et ensuite au plan Trojan, qui prévoyait des actions militaires à partir du premier janvier 1950 avec l’utilisation de 300 bombes atomiques contre 100 villes soviétiques.

Le front de lutte s’est déplacé vers l’Extrême-Orient, où est intervenue la division de la Corée et où a triomphé la révolution chinoise. Les hostilités militaires dans la péninsule coréenne ont commencé le 25 juin 1950. Aujourd’hui, l’Irak subit l’agression de brigandage sans aucun mandat de l’ONU. A l’époque, les Etats-Unis ont réussi à obtenir que l’ONU déclare comme agresseur la République Populaire Démocratique de Corée et ils ont envoyé en Corée des troupes sous commandement du général américain MacArthur. Le 1er octobre, le général a exigé du maréchal Kim Il Sung la capitulation sans condition et, le 23 octobre, il s’est emparé de Pyongyang.

Mais voilà que s’est fait connaître la solidarité fraternelle socialiste, l’internationalisme prolétarien, qui nous manque tant aujourd’hui. Le 15 octobre 1950, Staline a envoyé à l’ambassadeur Shtykov un message codé : « Pyongyang… est pour le camarade Kim Il Sung. Après hésitation et une série de décisions provisoires, les camarades chinois ont finalement décidé de porter assistance à la Corée avec des troupes. Je suis heureux que soit finalement prise cette décision définitive et favorable pour la Corée. Je vous souhaite des succès. Phin Si. » (Phin Si signifie « vent d’ouest »). Le 25 novembre, les troupes blindées nord-coréennes et chinoises passaient à l’attaque et commençaient à chasser l’adversaire vers le sud.

La défaite des troupes américaines sous l’égide de l’ONU a provoqué un choc dans tout le monde « civilisé ». Le 30 novembre, le président Truman a signalé qu’il était prêt à utiliser la bombe atomique contre les troupes de la République Populaire Démocratique de Corée et de la Chine, mais il a rencontré une vive résistance de la part de ses alliés. Les premiers à tressaillir furent les Britanniques. Le premier ministre Attlee s’est rendu d’urgence à Washington, où il a déclaré que cette démarche était suicidaire.

Mais les faucons ne se sont pas calmés. Le 7 février 1951, MacArthur a appelé à l’aide les armées de Chiang kai-shek et a déclaré le début de la guerre en Asie contre le communisme. Le 24 mars, il a exigé d’utiliser l’arme atomique, mais il a seulement obtenu son limogeage de la fonction de haut commandant des troupes de l’ONU. Le bloc socialiste a ressenti le manque de ressources, et les hostilités se sont alors stabilisées au 38ème parallèle.

Le 10 juillet 1951, ont débuté les pourparlers, qui ont duré deux années. N’osant pas d’utiliser l’arme atomique, les Américains ont essayé de faire pencher le poids de leur côté par des bombardements massifs sur le territoire de la République Populaire Démocratique de Corée, mais ils ont rencontré une résistance décisive de la part de l’aviation soviétique, et ont perdu quelques centaines de leurs nouveaux appareils.

Contre le mythe selon lequel Khrouchtchev aurait proclamé la coexistence pacifique lors du 20ème congrès, il faut ici citer Staline. Le 2 avril 1952, dans un interview à un groupe de rédacteurs de journaux provinciaux américains, Joseph Vissarionovitch Staline a déclaré : « La coexistence pacifique du capitalisme et du communisme est tout à fait possible s’il y a un désir réciproque de coopérer, quand on est prêt à exécuter les engagements pris, quand on respecte le principe d’égalité et de non-intervention dans les affaires internes des autres. »

Le 17 auguste 1952, le camarade Staline a jugé la situation dans une suite d’entretiens avec la délégation de la République Populaire de Chine : « L’Amérique n’est pas capable de mener une grande guerre. Toute sa force est dans les raids, dans la bombe atomique… Les Américains sont des marchands. Les Allemands ont envahi la France en vingt jours. Les Américains ne peuvent venir à bout de la petite Corée depuis deux ans. Qu’est-ce pour une puissance ? On ne gagne pas la guerre avec la bombe atomique. » Aujourd’hui, on voit que Staline était un souple dialecticien. Il utilisait fort bien toutes les particularités d’une situation difficile et il a pu jeter les fondements d’une paix durable après la guerre, qui a garanti à l’Union Soviétique la sécurité et une position digne d’une grande puissance. Il a brisé l’encerclement capitaliste et il a établi le début du développement du socialisme comme système mondial.

Le grand praticien et théoricien marxiste J. V. Staline n’a pu vivre jusqu’à la signature de l’armistice en Corée, le 27 juillet 1953, qui fut la base de la paix dans la péninsule, jusqu’aujourd’hui. Un demi-siècle s’est écoulé depuis. Le monde a changé. L’impérialisme a réussi à prendre une revanche à grande échelle et maintenant il s’efforce d’établir une hégémonie complète du capital sur toute la planète.

Le gendarme mondial a inscrit la République Populaire Démocratique de Corée parmi les pays de « l’axe du mal » et la considère comme une de ses prochaines cibles. A la différence de la situation d’il y a un demi-siècle, cette île du socialisme affronte quasi-seule le capital international réuni. Je suis persuadé que nous sommes obligés de témoigner notre solidarité de classe prolétarienne avec le courageux peuple coréen. Aujourd’hui, il est le seul capable de montrer une opposition militaire effective à l’agresseur déchaîné.

La situation dans le Proche-Orient est un peu différente. Le développement des évènements oblige l’impérialisme à mettre à l’avant-plan des facteurs nationaux et religieux et à « présenter » à l’opinion publique son agression comme un combat de l’Occident « démocratique » et chrétien contre le fondamentalisme totalitaire musulman. Mais quelles qu’aient pu être les oppositions entre les rangs de la bourgeoisie, dans ce cas entre la bourgeoisie anglo-américaine et musulmane, c’est le prolétariat qui en souffre le plus, les vieux et les enfants.

La déclaration du président de la Russie, comme celle des autres leaders capitalistes qui ne sont pas d’accord avec les Etats-Unis, était dure dans sa forme mais vide dans son contenu, et elle n’a pu arrêter l’invasion de l’Irak. Tous ces leaders ainsi que ceux qui protestent et ceux qui soutiennent l’agression, ressemblent à des hyènes, ils craignent de lâcher leur morceau lors du partage de la proie. Avec des appels, des exhortations, l’apaisement, comme en 1938, on ne convainc pas l’agresseur. Il ne comprend que le langage de la force.

« Le capital place la garde de son union des capitalistes de tous les pays, contre les travailleurs, plus haut que les intérêts de la société, du peuple et de n’importe quoi. » Il faut diffuser cette simple pensée de Lénine par tous les moyens parmi les masses. Seules des actions larges et organisées des peuples du monde entier, des formes actives de lutte, sont capables d’arrêter la guerre, d’en finir avec elle et en même temps avec l’impérialisme.

Le développement inégal du capitalisme montre que, comme il y a 85 ans, son front peut être rompu dans un ou plusieurs pays. Il se peut très bien que la rupture, au sens littéral, puisse avoir lieu dans un des pays d’Amérique du Sud. En ce qui concerne la Russie et l’URSS, il est plus correct de parler d’une interruption de la restauration du capitalisme.

En Biélorussie domine le capitalisme d’Etat, qui maintient des segments du socialisme dans la sphère sociale et dans l’agriculture. Et bien que le président Loukachenko soit obligé de reculer devant le grand capital russe, la capitalisation et privatisation de la société en Biélorussie progressent péniblement. Cela explique les attaques furieuses de l’impérialisme international contre une union équitable entre Russie et Biélorussie et surtout contre les dirigeants de la république biélorusse. La mémoire sociale des travailleurs est trop fraîche et leur énergie et pression rendent le retour au socialisme et à l’indépendance le plus probable exactement dans cet espace restreint. Nous serions reconnaissants si les partis communistes et ouvriers exprimeraient leur solidarité de classe avec le prolétariat de ces deux républiques fraternelles.

En Russie même, l’information du journal Forbes a fait sensation, en publiant la liste des milliardaires, où sont entrés dix-sept gros bonnets nationaux, (il y a 3 ans il n’y en avait pas un seul), avec un capital égal à la moitié du budget d’Etat. Par ce nombre, la Russie dépasse l’Angleterre, la France et l’Arabie Saoudite, et n’est précédée que par les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne.

Le 5 mai verra le 185ème anniversaire de la naissance de Karl Marx. Sa conclusion, selon laquelle « l’accumulation des richesses à un pôle est en même temps l’accumulation de la pauvreté, de la douleur du travail, de l’esclavage, de l’ignorance, de l’endurcissement et dégradation morale au pôle opposé, qui produit son propre produit comme capital » peut être appliquée à la Russie. Nos chances vont s’accroître, si nous pourrons créer un bloc fort de gauche, nous unifier dans une organisation, et continuer en même temps la lutte implacable contre l’opportunisme.

Des pays capitalistes développés nous parviennent des appels à un passage évolutif « vers une nouvelle société du culte d’un 21ème siècle sur terre sans sacrifices ». Selon Marx, dans des conditions connues, il serait le plus rationnel de « s’affranchir de cette bande », c’est à dire de racheter à la bourgeoisie, terre, usines, ateliers et autres moyens de production. Pour cela, comme Lénine le disait voici 130 ans, il faut :

Chaque parti doit répondre lui-même à ces questions et à d’autres, en analysant la situation actuelle. Comme auparavant, nous pensons que la principale tâche du mouvement communiste et ouvrier international est l’union organisationnelle sur une solide base idéologique et politique, la construction conséquente d’un nouveau Kominterm, et la solution des problèmes de l’indépendance et de l’autonomie économique. Ce n’est que dans ce cas, que l’on pourra prétendre unir toutes les forces anti-impérialistes du monde. Dans cette période de crise aiguë, notre force principale est dans l’unité et le plus grand danger dans la discorde.

Moscou, 25 mars 2003