Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org

Professeur José Maria Sison, Président fondateur du Parti Communiste des Philippines

L’expérience du Parti Communiste des Philippines au sein des fronts anti-impérialiste et anti-guerre

Chers Camarades,

Mes salutations les plus cordiales de camaraderie et de solidarité révolutionnaire à toutes les délégations présentes à ce Séminaire Communiste de Bruxelles !

Je suis reconnaissant envers le Parti du Travail de Belgique de m’avoir donné l’occasion d’intervenir, même si certains obstacles m’empêchent d’être présent parmi vous aujourd’hui.

Obéissant au gouvernement américain, le Conseil européen de l’Union européenne m’a signalé comme « terroriste », en compagnie du Parti Communiste des Philippines (CPP) et de la Nouvelle Armée Populaire (NPA). Dans ce contexte, l’Etat néerlandais a cessé de me verser la modeste allocation censée couvrir mes frais de nourriture et mon loyer, ainsi que mon assurance médicale qui me sont normalement dues en ma qualité de réfugié politique reconnu. Mon petit compte en banque personnel a été gelé et il m’est interdit de couvrir la faible distance séparant Utrecht, aux Pays-Bas, de Bruxelles, en Belgique.

Les Etats-Unis ont l’audace de cataloguer le CPP, la NPA et moi-même de « terroristes » et de nous infliger des mesures punitives. Ils se servent des attentats du 11 septembre pour se permettre de diaboliser et d’attaquer comme prétendument « terroristes » des mouvements de libération nationale, des gouvernements qui entendent affirmer leur indépendance nationale, ainsi que leurs dirigeants, de déclencher des guerres d’agression contre l’Afghanistan et l’Irak et de menacer d’assassinat des œuvres de la CIA des dirigeants anti-impérialistes.

L’impérialisme américain est la puissance terroriste n°1 de toute l’histoire de l’humanité. Il a infligé la violence quotidienne de l’exploitation impérialiste à des milliards d’êtres humains. En déclenchant des guerres d’agression, en recourant à des armes de destruction nucléaires et autres armes hyper sophistiquées, en soutenant des régimes fantoches et leur terreur ouverte et en instiguant des massacres, il a également assassiné et meurtri à jamais des millions d’êtres humains.

I. le point de vue du cpp sur l’impérialisme américain et la guerre

Comme Lénine l’a dit, l’impérialisme, en tant que stade suprême du capitalisme en Amérique et en Europe et, plus tard, en Asie, s’est défini durant la période de 1898 à 1914. Lénine a fait remarquer que les principaux repères historiques ayant amené l’ère de l’impérialisme moderne ou capitalisme monopoliste étaient la guerre hispano-américaine de 1898, la guerre des Boers (1899-1902), la guerre russo-japonaise (1904-1905) et la crise économique de l’Europe en 1900.

Etant passés au capitalisme monopoliste vers la fin du 19e siècle, les Etats-Unis ont été contraints d’étendre leur territoire économique. Ils ont acquis des colonies qui allaient leur servir de marchés pour leurs surplus de produits manufacturés, de zones d’investissements pour leurs capitaux excédentaires, de sources à bon compte de matières premières et, enfin, de zones d’influence.

En tant que derniers venus dans l’acquisition de colonies à des fins d’exploitation impérialiste, les Etats-Unis ont calculé qu’ils pourraient aisément ravir des colonies comme Porto Rico, Cuba et les Philippines à cette vieille puissance coloniale qu’était l’Espagne. Par conséquent, ils ont déclenché la guerre hispano-américaine en 1898. Ils ont fait sauter leur propre navire de guerre, le cuirassé Maine, à Cuba, tuant quelque 300 de leurs propres officiers et hommes d’équipage, et ont accusé l’Espagne du forfait de façon à disposer d’un prétexte pour lui déclarer la guerre.

Les Philippines intéressaient spécialement les impérialistes américains comme endroit clé de leurs plans visant à transformer l’océan Pacifique en « lac américain » et à en faire une base avancée en vue d’obtenir une part du gros « gâteau chinois ». Mais, dès 1896 déjà, le peuple philippin avait entamé sa révolution d’indépendance nationale contre l’Espagne. Ce fut la première révolution bourgeoise démocratique de l’Asie. Et, en 1898, ils étaient parvenus à libérer la totalité des Philippines, à l’exception de la ville fortifiée de Manille.

Pour commencer, les impérialistes américains ont fait mine de nouer des liens d’amitié avec la direction révolutionnaire philippine. Mais ils n’ont pas tardé à dévoiler leurs mauvaises intentions : s’assurer à leur tour la domination coloniale sur le peuple philippin. Après avoir racheté les Philippines à l’Espagne pour 20 millions de dollars via le traité de Paris du 30 décembre 1898, le 4 février 1899, ils ont déclenché une guerre totale d’agression contre le peuple philippin.

Afin de justifier cette agression, l’impérialisme américain a répandu le mensonge selon lequel les révolutionnaires philippins étaient prêts à massacrer tous les étrangers blancs de Manille et qu’ils étaient non civilisés, au point d’avoir besoin d’une longue éducation avant d’accéder à l’autodétermination. Le président McKinley a été jusqu’à prétendre qu’une nuit, Dieu l’avait éveillé et lui avait confié la mission de poursuivre la christianisation des Philippins et de leur enseigner la démocratie.

Depuis le début de la guerre philippino-américaine, en 1899, jusqu’à la fin officielle de la prétendue campagne de pacification, en 1913, les agresseurs américains ont tué au moins 1,5 million de Philippins. Mais alourdir sans cesse le nombre des victimes, d’une génération à l’autre, voilà bien la violence quotidienne de l’exploitation impérialiste : d’abord, durant la période coloniale et semi-féodale s’étendant de 1902 à 1941, ensuite au cours de la période semi-coloniale et semi-féodale s’étendant de 1946 à nos jours.

Au début de l’année 1942, les fascistes japonais ont chassé les colonialistes américains et ont occupé les Philippines jusqu’en 1945, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale entre impérialistes. Durant trois ans, le parti fusionné des communistes et des socialistes allait diriger une Armée du Peuple pour mener à bien une guerre populaire contre les impérialistes japonais et établir un gouvernement populaire dans plusieurs provinces. Mais, en 1945, les impérialistes américains sont revenus afin de reconquérir la majeure partie, d’abord, puis la totalité des provinces philippines.

Les Etats-Unis ont accordé un semblant d’indépendance au pays en 1946. Mais, depuis, ils ont poursuivi leur domination économique, politique, militaire et culturelle et ont utilisé les classes des exploiteurs locaux que sont les grands compradores et les gros propriétaires en tant qu’agents d’exploitation et d’oppression. Le système dirigeant philippin a conservé un caractère semi-colonial et semi-féodal et, par conséquent, le peuple philippin mène une révolution démocratique nationale.

II. L’expérience du CPP au sein du front anti-impérialiste

Tous les communistes et autres patriotes philippins sont pleinement conscients du fait que l’impérialisme américain est responsable de la conquête et de la colonisation par la force des Philippines, de l’oppression répétée des communistes depuis leur apparition en 1930, de la reconquête du pays au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de la répression sanglante du mouvement révolutionnaire armé du peuple au début des années 50 et de l’instauration d’une très forte réaction anticommuniste jusqu’au début des années 60.

Depuis sa réapparition, le 26 décembre 1968, le Parti Communiste des Philippines (CPP) a toujours soutenu avec résolution et de façon militante la ligne générale de la lutte de libération nationale et de la démocratie et ce, par le biais d’une lutte populaire prolongée contre l’impérialisme américain et les classes des exploiteurs locaux.

En 1968, le CPP comptait dans ses rangs des révolutionnaires prolétariens endurcis dans les luttes contre l’impérialisme américain et japonais, depuis les années 30, et qui s’étaient inspirés des victoires des communistes et du peuple en Union soviétique, en Chine, en Corée, en Indochine, à Cuba et ailleurs.

Depuis 1968, les cadres et membres du CPP ont acquis une riche expérience au cours des luttes démocratiques contre le fascisme, l’impérialisme et la féodalité qui se sont déroulées depuis l’époque de Marcos jusqu’à nos jours. Depuis 1960, ils ont étudié, soutenu et pris leurs les luttes anti-impérialistes à l’étranger, et tout particulièrement les luttes de Cuba, du Vietnam et de la Chine, ainsi que d’autres encore.

Le CPP a dirigé le peuple philippin dans des luttes de masse contre les traités, accords, politiques, législations et compromis iniques qui ont permis aux Etats-Unis de contrôler l’économie, la politique, l’armée et la culture des Philippines. Les plus puissantes des armes brandies par le CPP sont la Nouvelle Armée Populaire et le Front National Démocratique des Philippines.

Le CPP dirige la NPA en vue de combattre et de renverser le système fantoche des dirigeants réactionnaires via une guerre populaire prolongée. Cette guerre se déroule principalement sur base d’une alliance entre travailleurs et paysans. L’armée populaire combat et accumule des forces armées dans les zones rurales jusqu’au moment où elle pourra s’emparer du pouvoir dans les villes à l’échelle de la nation. Actuellement, la guerre révolutionnaire revêt la forme d’une guérilla intensive et extensive reposant de plus en plus sur une base de masse en expansion constante.

Tout en opérant sous forme d’un front uni, le CPP développe plusieurs types d’alliances : l’alliance fondamentale entre les travailleurs et les paysans, fondation de tout le mouvement révolutionnaire, l’alliance progressiste des masses laborieuses et de la bourgeoisie moyenne et l’alliance instable et temporaire avec certaines sections réactionnaires en vue d’isoler et de détruire le pouvoir de l’ennemi, c’est-à-dire les forces les plus réactionnaires, on ne peut plus serviles à l’égard de l’impérialisme américain.

Dans chacune de ces sortes d’alliances, le CPP, en tant qu’avant-garde de la classe ouvrière, se révèle comme la force motrice. Il définit clairement la ligne de conduite et fournit un travail énorme afin d’assurer la réalisation de ses objectifs. Il s’allie à d’autres forces, conformément à la ligne et aux objectifs autour desquels on s’est mis d’accord, en vue de rassembler contre l’ennemi une masse la plus considérable possible.

Le CPP estime également qu’il convient de lutter contre les idées et les actions incorrectes qui causent du tort aux intérêts de l’alliance, soit via des imprudences opportunistes « de gauche », soit via une complaisance opportuniste de droite vis-à-vis des exigences de l’ennemi. Il poursuit des initiatives et défend son indépendance afin de faire progresser résolument la révolution même s’il existe une certaine flexibilité dans la mise en application de la politique et de la tactique du front uni.

Le CPP met sur pied des organes de pouvoir politique démocratique et des organisations de masse en rapport avec la lutte révolutionnaire armée basée dans les zones rurales, qui représente la principale forme de lutte. Dans un même temps, il coordonne les diverses formes de luttes, armée et non armée, illégale et légale, ainsi que divers types d’organisations de masse (destinées aux travailleurs, aux paysans, aux femmes, aux jeunes, aux hommes de métier, etc.) et de mouvements de masse tant dans les zones urbaines que rurales.

Peu après la réapparition du CPP en 1968, les impérialistes américains et le régime de Marcos ont estimé qu’ils pouvaient anéantir le CPP et la résurgence du mouvement révolutionnaire de masse en consacrant plus de fonds encore à l’accroissement des effectifs et des équipements militaires. Finalement, le régime de Marcos, sous la houlette des Etats-Unis, a instauré la loi martiale et imposé au peuple 14 années de dictature fasciste.

Mais le CPP et le mouvement révolutionnaire de masse n’ont pas disparus. Ils ont acquis davantage de puissance en relançant de plus belle la lutte armée selon une ligne antifasciste, anti-impérialiste et anti-féodale. En fin de compte, le CPP a prouvé avec succès qu’il avait opté pour le bon choix en recourant à la politique et à la tactique du front uni élargi en vue de provoquer l’isolement et la chute de la dictature fasciste de Marcos.

C’est le marxisme-léninisme qui guide le CPP. Le Parti a suivi avec fermeté la ligne générale de la nouvelle révolution démocratique à perspective socialiste. Il a rectifié d’importantes déviances tant subjectives qu’opportunistes lors du Second Mouvement de Rectifications Majeures, à la suite de quoi il a continué à se renforcer sur les plans idéologique, politique et organisationnel.

En recourant aux lignes politiques et à la tactique du front uni élargi, le CPP est également parvenu à provoquer la chute du président fantoche Estrada, en 2001, et, tout récemment, il a forcé le successeur de celui-ci, la présidente Arroyo, à annoncer son retrait des élections présidentielles de 2004. Chaque président, chaque clique dirigeante peuvent être isolés et chassés du pouvoir via des actions de masse pacifiques et à grande échelle. Mais il n’est pas possible de renverser la totalité du système en place sans recourir à la révolution armée.

Par conséquent, le CPP est fermement décidé à poursuivre la ligne stratégique de la guerre populaire prolongée permettant au mouvement révolutionnaire armé d’encercler les villes et de les isoler des campagnes et, de la sorte, de masser une force de frappe jusqu’au moment où cette dernière sera en mesure de s’emparer du pouvoir politique dans les villes et ce, à l’échelle nationale. Dans un même temps, le CPP recourt à la ligne politique et à la tactique du front uni pour isoler, affaiblir et chasser du pouvoir une clique réactionnaire après l’autre et, via ce processus, renforcer le mouvement révolutionnaire jusqu’à ce qu’il soit en mesure de renverser tout le système en place.

La crise du système capitaliste mondial et du système en place aux Philippines s’aggrave de plus en plus. En suivant la ligne de la globalisation « libre-échangiste » dictée par les Etats-Unis, les régimes qui ont succédé à Marcos ont l’un après l’autre engendré une crise du système domestique en place. Cette crise est liée à la crise même du système capitaliste mondial, à la différence près qu’elle est encore bien plus grave.

L’actuel régime fantoche d’Arroyo est devenu si désespéré sur les plans économique et politique qu’il accepte les exigences américaines d’intervenir militairement aux Philippines sous le prétexte de lancer « un second front » dans la guerre contre le terrorisme. Le régime Bush recourt à toutes sortes de prétextes, tels les exercices d’entraînement ou l’action civique, pour tenter de déployer davantage de troupes opérationnelles et d’installer des bases militaires américaines aux Philippines, en violation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays.

La révolution armée aux Philippines présente les caractéristiques d’une guerre civile entre les révolutionnaires et les réactionnaires locaux. Mais les impérialistes américains veulent à tout prix se lancer dans une escalade de l’intervention militaire, si possible même atteignant le niveau d’une agression totale. Comme il l’a maintes fois répété, le CPP est préparé, s’il le faut, à mener une guerre de libération nationale contre l’impérialisme américain et à permettre au peuple philippin d’exiger auprès de ces mêmes impérialistes américains le paiement de leurs dettes de sang.

III. La nécessite d’une large solidarité contre l’impérialisme et la guerre

Le CPP est engagé dans une lutte légitime pour la démocratie et la libération nationale contre l’impérialisme américain et la réaction locale. Dans un esprit d’internationalisme prolétarien et de solidarité anti-impérialiste avec le monde entier, il comprend et soutient les luttes similaires menées par les peuples du monde contre l’impérialisme et toute forme de réaction.

Le CPP considère comme étant légitimes les guerres révolutionnaires menées par les peuples contre les impérialistes et leurs marionnettes réactionnaires. De même, les estimant illégitimes, il s’oppose aux guerres d’agression et autres actions violentes déclenchées par les impérialistes. Il adhère fermement à la ligne consistant à lutter contre l’impérialisme et à tenter de faire cesser la guerre impérialiste avec le mouvement de masse contre la guerre et, là où c’est possible, en recourant à la guerre révolutionnaire.

L’impérialisme américain est agressif de par sa nature. Il recourt au terrorisme afin d’étendre et de renforcer son hégémonie. Il est le principal producteur, dépositaire et utilisateur d’armes de destruction massive. Il s’engage dans des interventions militaires et dans des agressions afin de plier le monde à sa convenance. Il installe et soutient des régimes fantoches régnant directement par la terreur et les utilise pour attaquer les peuples et les forces révolutionnaires.

La crise de surproduction qui traverse le monde capitaliste est devenue si grave que les Etats-Unis sont devenus plus rapaces et agressifs que jamais, qu’ils intensifient l’exploitation des peuples du monde et qu’ils accroissent les contradictions entre impérialistes en s’arrogeant la part du lion dans leurs prises de guerre. Les monstres du chauvinisme, du racisme et fascisme dissimulent leurs horribles faces dans chacun des pays impérialistes et ils témoignent du combat plus acharné encore des puissances impérialistes en vue du repartage du monde.

Les actuels dirigeants de l’impérialisme américain estiment qu’ils peuvent relancer les Etats-Unis et l’économie capitaliste mondiale en plaçant davantage de capitaux dans les mains de la bourgeoisie monopoliste, en attisant l’hystérie à propos des attentats du 11 septembre, en encourageant la production de guerre, en déclenchant des guerres d’agression et en faisant main basse sur de nouveaux territoires économiques et tout particulièrement sur ceux qui abritent des réserves pétrolières ou que traversent les voies d’acheminement du pétrole. Les Etats-Unis sont on ne peut plus arrogants quant à leur situation de superpuissance unique et à leurs armements ultra-sophistiqués.

En fait, l’impérialisme américain est affligé d’une soif démesurée de puissance. Il s’est beaucoup trop étendu et continue à s’étendre. Ses actions agressives engendrent la résistance des mouvements de libération nationale, des mouvements populaires révolutionnaires et des gouvernements désireux d’affirmer leur indépendance nationale. D’autres gouvernements impérialistes sont mis sous pression et offensés par la volonté des Etats-Unis d’encore accroître leur hégémonie.

Depuis sa réapparition en 1968, le CPP a pris l’initiative et coopéré avec diverses forces philippines en vue de soulever et de mobiliser d’importantes masses populaires contre les guerres impérialistes d’agression, l’intervention militaire, les menaces de guerre, le chantage nucléaire, les bases militaires étrangères et les blocus économiques et militaires contre des pays qui osent affirmer leur indépendance nationale et contre des nations et peuples luttant pour leur libération nationale et la révolution sociale.

Le CPP est on ne peut plus conscient du fait que les Philippines constituent un archipel et que le peuple et les forces révolutionnaires doivent compter sur eux-mêmes et progresser étape par étape en prenant de l’expansion et en se renforçant. Pour ce faire, il est prudent de ne pas s’étendre au-delà de ses capacités du moment. Le CPP est également conscient d’avoir à éviter de dépendre de facteurs externes. Il accueille favorablement tout soutien de l’étranger sans toutefois en dépendre. Il soutient les forces révolutionnaires à l’étranger et, de même, les encourage à compter avant tout sur elles-mêmes.

En tant que communistes, les cadres et membres du CPP souhaitent que le prolétariat et le peuple philippins s’emparent du pouvoir afin de mener à bien la révolution nationale démocratique et de poursuivre la révolution socialiste. Ils souhaitent donc contribuer au développement d’un vaste mouvement anti-impérialiste et d’une révolution prolétarienne mondiale.

Le CPP s’est engagé dans divers types de relations avec des partis et organisations étrangers. Certaines relations se passent nettement dans le cadre idéologique du marxisme-léninisme et d’autres dans le cadre d’une large solidarité anti-impérialiste. Le CPP préconise des relations directes, d’un peuple à l’autre, via des formations de masse sur base d’une large solidarité anti-impérialiste. En s’opposant à l’impérialisme et à la guerre, le CPP cherche, directement ou via le NDFP, à développer des relations de coopération avec certains gouvernements et agences inter-gouvernementales à l’étranger.

Il devient dramatiquement nécessaire que toutes les forces possibles dans le monde s’engagent à se soutenir mutuellement et à coopérer en vue de bâtir une large solidarité anti-impérialiste. Il est nécessaire que se constitue un front international uni en vue d’affronter la puissance impérialiste et terroriste n°1 et de demeurer sur ses gardes face aux autres puissances impérialistes. Quoi qu’il en soit, le prolétariat révolutionnaire, par le biais des partis communistes, des syndicats et des pays voués au socialisme, doit s’impliquer et militer au sein d’un front international uni de ce genre et il doit laisser s’exprimer pleinement le vaste mouvement de la masse.

De même qu’au sein du front uni national, il existe des pièges, il existe également des moyens de les éviter sur le plan du front uni international. Les communistes qui dirigent les forces progressistes unies doivent veiller à ce que le front uni international ne se laisse pas détourner de sa voie, qu’il ne s’effondre pas ni ne se laisse désintégrer par des déviances opportunistes, aussi bien « gauchistes » que de droite. Les forces de la gauche doivent toujours tendre à prendre le meilleur sur le centre et tirer parti des scissions qui règnent au sein de la droite afin d’isoler et de vaincre l’ennemi, l’impérialisme américain, aujourd’hui le pire de tous.

Il est particulièrement encourageant d’assister à l’ampleur sans cesse croissante du mouvement de masse à travers le monde, tant contre l’impérialisme que contre la guerre, et particulièrement contre la guerre d’agression des Etats-Unis contre l’Irak et, partant, contre l’occupation de ce pays. Ce mouvement mondial de masse a été une réussite. Les partis communistes l’ont soutenu et ont consciemment évité de porter préjudice au caractère d’unité et de masse de ce mouvement. Par conséquent, toute une série de forces politiques associées aux masses organisées ou spontanées se dressent facilement pour se rassembler contre la guerre impérialiste.

Les récentes déclarations publiques du CPP expriment l’espoir de voir le mouvement de masse continuer à se développer avec une telle ampleur, une telle vigueur que l’impérialisme américain va perdre tout crédit, se retrouvera isolé et vaincu définitivement en dépit de ses armements puissants et hautement sophistiqués. La pourriture interne de l’impérialisme américain en tant que système politico-économique est de plus en plus visible. Ce n’est qu’une question de temps avant que la puissance militaire américaine s’épuise à son propre succès quand elle se livre à des actes d’agression et qu’elle pousse les peuples du monde à se dresser pour lui opposer une résistance révolutionnaire.

Les cadres et membres du CPP ont constamment prôné la constitution d’un front commun contre l’impérialisme américain. Ils sont déterminés à poursuivre la révolution philippine et à accorder leur soutien moral et politique aux révolutions des autres peuples du monde entier. Ils sont reconnaissants envers les gens qui, à l’étranger, soutiennent la révolution philippine au sein de leurs mouvements révolutionnaires. Ils en ont tiré des leçons et y ont puisé de l’inspiration.

Dans leur formation même de communistes, ils se sont engagés à faire progresser la révolution philippine ainsi que la révolution prolétarienne mondiale. Ils espèrent qu’un jour, l’impérialisme sera vaincu, que le socialisme dominera dans le monde entier et que le communisme deviendra possible. Ils regardent vers l’avant, vers un futur brillant débarrassé de l’impérialisme, sans guerre et sans exploitation de quelque classe que ce soit par une autre.