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Parti Communiste du Japon (Left)
Leçons de la lutte contre les Etats-Unis et contre la guerre au Japon
1. Situation
Aujourd’hui, le monde vit la situation la plus troublée que nous ayons connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est entré dans une nouvelle phase de crise, de guerre et de révolution. L’impérialisme américain est en déclin, surtout sur le plan économique. Jusqu’à présent, cette superpuissance a régné sur le monde grâce à la suprématie de sa force militaire, à la force du dollar américain et au contrôle des ressources pétrolières. Aujourd’hui, la domination unipolaire des Etats-Unis s’effondre.
La lutte contre les Etats-Unis et contre la guerre des travailleurs et du peuple prend une tournure sans précédent, d’une ampleur mondiale, et elle a même gagné les Etats-Unis. Dans l’intervalle, les contradictions entre les diverses puissances impérialistes s’intensifient. Ces circonstances ont poussé l’administration Bush dans ses retranchements et l’ont rendue si hargneuse que, tout en étant harcelée par les peuples du monde entier, elle allait déclencher, avec la collaboration de la Grande-Bretagne, une guerre d’agression contre l’Irak en vue du repartage du monde.
(1) Comment convient-il de considérer cette guerre dirigée par les Etats-Unis ?
Au cours de cette guerre contre l’Irak, les Etats-Unis ont dévoilé pleinement leur nature impitoyable. Ils ont effectué des bombardements sans discernement et ont utilisé diverses sortes d’armes de destruction massive, telles des bombes à fragmentation et des munitions à uranium appauvri, tout en combattant comme s’ils étaient les « champions de la liberté et de la démocratie » et en prétextant vouloir éliminer la « menace des armes de destruction massive » et servir la cause de la « liberté de l’Irak, la libération du peuple irakien et la démocratisation du Moyen-Orient ».
Les peuples des pays arabes, le Moyen-Orient et le monde exigent que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne mettent un terme à cette guerre. Davantage que quiconque, le peuple irakien lui-même s’oppose fermement à l’invasion militaire. Comment le fait d’envahir militairement l’Irak, une nation indépendante et souveraine, de fouler aux pieds sa souveraineté nationale et d’y installer un gouvernement colonial pourrait-il constituer une « guerre de libération du peuple irakien » ? Le peuple irakien ne tolérera ni n’acceptera jamais ce genre d’argument !
L’administration Bush a admis pouvoir envisager n’importe quelle option, dans son attaque contre l’Irak, y compris le recours aux armes nucléaires. Elle a également déclaré publiquement qu’elle se chargerait d’occuper l’Irak en en faisant un modèle de « démocratisation » à la japonaise, telle l’occupation du Japon par les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Ceci constitue une insulte envers le peuple japonais. L’impérialisme américain a largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki afin de massacrer des centaines de milliers d’innocents sous prétexte de « réduire au minimum les victimes et de mettre fin dès que possible à cette guerre insensée provoquée par le militarisme japonais ». Une chose saute aux yeux : la seule finalité de ces actes n’était pas d’apporter « la liberté et la paix », mais uniquement d’envahir et d’occuper le Japon et d’en faire un tremplin militaire en vue de mener des guerres d’agression en Asie, conformément à la stratégie mondiale contre-révolutionnaire des Etats-Unis.
L’agression militaire contre l’Irak, dirigée par les Etats-Unis, ne vise nullement la « libération de l’Irak » ni la « démocratisation du Moyen-Orient ». Ses objectifs sont tout autres. L’impérialisme américain a l’intention de piller les ressources pétrolières du pays – le second au monde en termes de réserves pétrolières –, assurant de la sorte de colossaux profits à l’industrie militaire et aux sociétés de construction des Etats-Unis, et d’y installer un gouvernement pro-américain en vue d’affirmer la suprématie américaine sur toute la région. En outre, après l’Irak, l’administration Bush nourrit également des plans d’invasion de la Syrie, de la Libye et de l’Iran et elle entend renverser le régime saoudien en provoquer ensuite une guerre contre la Corée du Nord. Elle a, en plus, l’intention d’entrer en guerre contre la Chine et la Russie. L’ambition de l’impérialisme américain n’est autre que de vouloir coloniser la planète entière en renversant militairement tous ses Etats souverains.
L’impérialisme américain a sorti sa « stratégie de la globalisation » après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Cette stratégie vise à obliger tous les pays, par la force des armes, à accepter les principes de l’économie de marché et des « normes américaines » ou, en d’autres termes, à lever les barrières sur le commerce et les investissements de capitaux et à appliquer des « réformes et ajustements structurels » dans l’industrie, de sorte que le capital américain puisse submerger le marché mondial.
De pair avec cette stratégie visant la domination mondiale, l’impérialisme américain s’est assuré le contrôle de tous les secteurs industriels, tels la finance, les communications, la production d’énergie, la construction, la distribution, les transports, l’agriculture, l’exploitation minière, etc. dans de nombreux pays. Il a obligé d’autres nations et peuples à se sacrifier, via le licenciement et le chômage de masse, la destruction de leur agriculture et de leurs pêcheries, la mise en faillite de leur économie nationale et l’accumulation sans cesse croissante de dettes. De la sorte, il a pillé les richesses d’autres nations et peuples, les plongeant dans la pauvreté tout en jouissant ainsi d’une « prospérité sans précédent ».
Toutefois, cette « prospérité » qui, sous la « stratégie de la globalisation », allait durer dix ans, se solda par un échec, avec le déclin de l’industrie des réseaux informatiques et l’éclatement des bulles économiques provoquées par les prix élevés des actions boursières. La crise économique des Etats-Unis gagna encore en intensité. Vu cette situation, l’impérialisme américain adopta la politique de guerre de l’administration Bush, politique que l’on peut d’ores et déjà considérer comme la seconde phase de la « stratégie de la globalisation ». Cette politique a pour but de conquérir les nations et les peuples réticents en recourant aux pressions militaires, voire à la guerre, de dominer politiquement et économiquement le monde et de l’« américaniser ». C’est une politique ignoble qui suscite en outre nombre d’appréhensions à propos du déclin historique du capitalisme américain.
Appliquant cette ligne politique, l’administration Bush a donc déclenché son agression contre l’Irak. Nous nous opposons avec véhémence à cette guerre impérialiste d’agression absolument injuste.
Le peuple irakien a affronté les troupes américaines et britanniques dans la noble intention de défendre sa patrie contre les agresseurs. Au début, les Etats-Unis pensaient, non sans vanité, que le régime de Saddam Hussein allait être amené à capituler sans conditions face à leur opération « shock and awe » (ébranlement et terreur) et à l’insurrection du peuple irakien, et que celui-ci allait accueillir leurs troupes comme des « libérateurs ». Toutefois, contrairement à ces attentes, la totalité du pays s’est muée en une région sans loi et des scissions sont apparues entre les groupes hostiles à Saddam Hussein, parmi lesquels certains affichent une nette hostilité à l’égard des occupants. Il n’existe pas de programme définitif quant à l’installation d’un gouvernement provisoire pro-américain en Irak. Le régime de Saddam Hussein est tombé suite à l’agression des troupes américano-britanniques. Mais l’invasion et l’occupation vont certainement attiser plus encore le profond sentiment de frustration du peuple irakien et des autres peuples du Moyen-Orient et des pays arabes. Entourés par toutes ces luttes, les Etats-Unis vont continuer à s’embourber jusqu’au moment où ils ne trouveront plus d’issue.
Personne n’est à même d’arrêter le sens de l’histoire qui dit que « les nations veulent leur indépendance et les peuples veulent leur libération ». Les zigzags passagers sont inévitables. Mais c’est le pouvoir du peuple qui décide du sens de l’histoire, quelle que soit la brutalité des armes dont dispose l’impérialisme.
Si le peuple est uni dans son soulèvement, il ne fait pas de doute que l’agresseur sera vaincu. Cette vérité s’est confirmée dans les expériences historiques de la révolution cubaine, de la guerre de Corée et de la guerre du Vietnam. Le peuple irakien et les autres peuples du Moyen-Orient et du monde entier seront mis à l’épreuve, dans cette lutte, et accumuleront la force suffisante pour que la révolution socialiste et de libération nationale parvienne à éliminer l’impérialisme, cause première des guerres.
(2) Le gouvernement japonais de Koïzumi soutient la guerre d’agression contre l’Irak dirigée par les Etats-Unis
Le gouvernement Koïzumi a mis tout en œuvre pour soutenir l’administration Bush, très isolée. Il a ignoré le fait que la majorité écrasante du peuple japonais et des autres peuples du monde sont opposés à la guerre en Irak. Cette guerre a très clairement montré la structure forte de la subordination du Japon aux Etats-Unis ainsi que la véritable nature du gouvernement antinational de Koïzumi.
Le gouvernement Koïzumi a ouvertement fait savoir, par l’intermédiaire de l’ambassadeur du Japon aux Nations unies, qu’il invitait instamment le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter une résolution en faveur du recours à la force militaire contre l’Irak même si l’ONU était toujours occupée à discuter du programme de ses inspections concernant les armes de destruction massive. Par la suite, il allait soutenir l’agression militaire contre l’Irak sans qu’il y ait eu de nouvelle résolution des Nations unies. Le Premier ministre Koïzumi y est allé d’un discours incohérent à la Diète (le Parlement national japonais), en optant pour la guerre plutôt que pour la paix. Il a déclaré, entre autres : « Faire de la politique en suivant l’opinion publique veut s’avérer une erreur. » (Selon un sondage de l’opinion publique, plus de 80 pour-cent de la population s’opposait à une agression militaire contre l’Irak). Ce simple fait a prouvé à suffisance qu’il ne représentait pas le peuple japonais.
Le gouvernement Koïzumi se met à plat ventre devant les Etats-Unis qui ont largué des bombes atomiques afin de tuer des centaines de milliers d’innocents et adopte une conduite qui s’oppose aux peuples de la planète.
Le gouvernement Koïzumi n’a cessé de se soumettre aux exigences de l’administration Bush. Par exemple, il a envoyé des navires ravitailleurs des Forces d’Autodéfense du Japon (FAD) soutenir la guerre d’agression contre l’Afghanistan et, à plusieurs reprises, a prolongé leur mission. Il a même envoyé là-bas un navire de guerre Aegis qui a été incorporé aux vaisseaux de la Ve Flotte américaine sous le commandement central responsable des opérations militaires contre l’Irak.
Le gouvernement Koïzumi semble accepter le paiement de plus de 2.000 milliards de yen (17 milliards de dollars US) de contribution aux frais de guerre de l’administration Bush. Il déclare en outre que le Japon entend envoyer des effectifs de ses FAD afin d’aider les Etats-Unis dans leurs opérations militaires d’après conflit et qu’il assumera également une partie des dépenses prévues pour les projets de « reconstruction » en Irak.
Le gouvernement Koïzumi joue également un rôle dans le programme américain d’agression contre la Corée du Nord. Il décrit ce pays comme étant étrange et mystérieux et a l’intention d’acheter des missiles de croisière ainsi que des missiles intercepteurs aux Etats-Unis. Il a même fait lancer un satellite de reconnaissance militaire. Il attise également l’hostilité et le chauvinisme à l’égard de la nation coréenne et prévoit même d’instaurer toute une « législation d’urgence » en tirant parti de « l’enlèvement par la Corée du Nord de citoyens japonais ». Selon les projets de lois déjà soumis à la Diète, les lois martiales permettraient aux FAD de se livrer à une attaque préventive une fois que le gouvernement aurait reconnu le danger d’une agression militaire contre le Japon et aurait autorisé les forces américaines et Japon ainsi que les FAD à exproprier des terrains et installations en cas d’urgence. La loi de protection de la vie des citoyens placerait sous contrôle chaque secteur vital de la population, comme la nourriture, la production, etc. Cela ressemble à la loi de mobilisation générale de l’époque de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement prévoit de faire passer ces projets de lois lors de l’actuelle session de la Diète.
Dans l’intervalle, le gouvernement Koïzumi multiplie les attaques contre le peuple japonais, en cherchant à appliquer des réformes structurelles sous la direction des Etats-Unis.
Sous prétexte d’apurer rapidement ses mauvaises créances, le gouvernement presse les banques de prendre des mesures de réduction de leurs propres mauvaises créances. Mais ces mesures ont poussé de nombreuses compagnies modestes à la faillite et ont jeté à la rue des centaines de milliers de chômeurs de plus. Aujourd’hui, des millions de jeunes Japonais sont à la recherche d’un emploi.
Le gouvernement se sert du chômage à la hausse comme d’un prétexte pour introduire les travailleurs sous-payés et sous-employés, comme les temps partiels, les travailleurs sous contrat et les temporaires, dans le processus de production afin de réduire considérablement le niveau des salaires et imposer des cadences tellement effrénées et épuisantes qu’elles finiraient par tuer les travailleurs..
Le gouvernement abolit les subsides aux agriculteurs qui réduisent la superficie consacrée à la culture du riz, il accélère la libéralisation de la production et de la distribution du riz et il applique de nouvelles restrictions à la Loi sur les Terres agricoles dans le but de permettre aux grosses sociétés d’acquérir de ces terres. Ces mesures vont détruire complètement l’économie de quelque trois millions de petits agriculteurs.
Le gouvernement applique également des restrictions au système des soins de santé, des assurances chômage et des pensions publiques et il accroît les taxes ainsi que les primes d’assurances. La population va donc être mise à contribution sévèrement et continuera ainsi à s’appauvrir.
Le gouvernement impose également un plan de dégraissage aux municipalités via une fusion des villes, communes et villages, d’impitoyables coupes sombres dans les budgets de l’aide sociale, des soins de santé et de l’enseignement et il a décidé de réorganiser les corps administratifs locaux de façon telle qu’ils puissent répondre aux nécessités de temps de guerre.
Le gouvernement modifie de fond en comble le système scolaire afin d’accélérer la privatisation et l’américanisation de l’éducation. Il chante les louanges des Etats-Unis, propage une culture décadente et veut créer une nouvelle génération tellement égoïste qu’elle tuera des gens sans le moindre sentiment.
Les réformes structurelles générales mentionnées ci-dessus sont destinées à faciliter la reprise de l’économie japonaise par le capital américain et à sacrifier au profit des Etats-Unis notre population appauvrie et ses enfants comme s’il s’agissait d’une chair à canon de peu de prix. Dans ce contexte, ces réformes se poursuivent dans le cadre de la stratégie de globalisation de l’impérialisme américain, une stratégie visant à lui permettre de faire la guerre et d’assurer sa suprématie sur le monde.
(3) Combattre les attaques de l’ennemi qui visent à nous arracher notre épine dorsale nationale
L’impérialisme américain renforce son contrôle sur le Japon tandis que le capital monopoliste japonais, ennemi de la nation, et le gouvernement Koïzumi sont de plus en plus inféodés aux Etats-Unis. Dans de telles conditions, la société japonaise subit un processus de ruine et de déclin. Sa situation de colonie s’aggrave progressivement sous tous les aspects – politique, économique, culturel et éducatif – et son climat social lui-même ne cesse de se détériorer. Le sentiment de frustration profonde éprouvé par des dizaines de millions de personnes se répand dans toute la société japonaise. Les contradictions nationales et sociales se sont aggravées à l’extrême. Les citoyens japonais sont plus que jamais outrés par l’arrogance de l’impérialisme japonais dans sa politique et par la servilité du gouvernement Koïzumi lorsqu’il se prosterne devant son maître américain et qu’il détruit le tissu politique, économique, culturel et éducationnel du Japon. On trouve de plus en plus d’avis et de mouvements hostiles à la guerre d’agression contre l’Irak. Mais une lutte de grande ampleur contre la guerre n’est pas encore apparue. Les activistes sérieux sont profondément concernés par la question de savoir comment ils devraient forcer la situation et comment le peuple japonais devrait accomplir ses devoirs internationaux.
Il existe également des forums de discussion à propos de l’épine dorsale de la nation japonaise. Ces gens pensent que le problème le plus grave réside dans le fait que cette épine dorsale a été brisée. Le gouvernement Koïzumi et les mass-media bourgeois propagent des opinions du style : « La guerre est un mal, mais nous ne pouvons faire autrement que d’aider les Etats-Unis », ou encore : « L’alliance entre le Japon et les Etats-Unis a la priorité. Nous n’avons pas le choix », ou : « Nous ne pouvons nous en sortir sans les Etats-Unis. » Ils se livrent à des attaques systématiques visant à saper l’esprit d’indépendance nationale. Il importe au plus haut point de passer outre à cette oppression idéologique si l’on veut redonner du sang neuf au mouvement ouvrier et populaire au Japon.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’impérialisme américain a tiré parti d’un aspect antifasciste de cette guerre pour se livrer à une imposture sans nom en se faisant passer pour une « force de libération en faveur de la paix et de la démocratie » s’opposant au fascisme et au militarisme. Après la guerre, il a occupé exclusivement le Japon et l’a totalement dominé. Cette situation est demeurée inchangée jusqu’à présent. Le Japon est l’un des pays présentant la plus grosse concentration de bases militaires américaines comme, par exemple, la base d’Okinawa. Un pays où stationnent des forces militaires étrangères n’est pas indépendant. C’est un grave problème que le mouvement révolutionnaire et, par conséquent, le mouvement des travailleurs et en faveur de la démocratie, ait été érodé par la ligne révisionniste moderne qui considérait l’impérialisme américain comme un « vecteur de paix et de démocratie » et acceptait l’agression et la domination des Etats-Unis sur le Japon.
Après la Seconde Guerre mondiale, la direction nationale du Parti communiste japonais a accueilli les forces américaines d’agression comme des libérateurs et a chanté les louanges de la prétendue démocratie d’après-guerre. Cette tendance à embellir « la paix et la démocratie » sous l’occupation et la domination des Etats-Unis a perduré jusqu’à nos jours et empêche les travailleurs et le peuple de se lancer dans la lutte.
Notre Parti et les travailleurs et citoyens évolués ont la lourde responsabilité de rompre avec cette oppression idéologique et de lancer une nouvelle lutte.
2. Comment devrions-nous combattre?
(1) Le caractère et les contradictions fondamentales de la société japonaise; les tâches de la révolution
Le programme de notre Parti explique que le Japon constitue une société capitaliste monopoliste avancée en même temps qu’un pays impérialiste. L’impérialisme japonais est subordonné à celui des Etats-Unis. Aujourd’hui, le contrôle américain sur le Japon se renforce, alors que la soumission de la société japonaise vis-à-vis des Etats-Unis ne cesse de s’accroître.
Parmi les contradictions essentielles qui marquent la société japonaise de l’après-guerre, il y a celle qui oppose le prolétariat et la bourgeoisie, et celle qui oppose la nation japonaise et l’impérialisme américain. Reposant sur ces deux contradictions essentielles, se dégage une contradiction majeure, celle qui oppose l’impérialisme américain et la bourgeoisie monopoliste japonaise, antinationale, d’une part, et le peuple japonais avec, à sa tête, la classe ouvrière, d’autre part. La contradiction majeure provient de deux facteurs. L’un consiste dans le fait qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’impérialisme américain a occupé exclusivement le Japon, conformément à sa stratégie mondiale contre-révolutionnaire, et que, par conséquent, il est apparu comme le nouveau dirigeant du peuple japonais. L’autre, c’est que la bourgeoisie monopoliste japonaise a adopté une manière de prolonger son existence et de demeurer en place en tant que dirigeante du peuple japonais, et ce, en vendant tout simplement les intérêts de la nation japonaise à l’impérialisme américain. Cette contradiction majeure a existé au sein de la société japonaise durant toute la période de l’après-guerre. Son aggravation et son évolution placent le mouvement révolutionnaire au Japon en position de prendre de l’ampleur.
L’impérialisme américain est un pilier principal des forces réactionnaires dans le monde d’après-guerre et la bourgeoisie monopoliste japonaise se prosterne devant lui. Notre tâche est de briser toute cette structure de soumission. L’impérialisme japonais place le Japon dans une situation de colonie. Renverser cette situation à la priorité sur les autres thèmes de la lutte du peuple japonais.
Par conséquent, si vous n’êtes pas d’accord pour dire qu’il faut diriger la lutte populaire contre l’impérialisme américain et que vous récusez la lutte patriotique légitime contre les forces américaines et les forces antinationales, il s’agit d’un argument abstrait, séparé des conditions réelles existant au Japon. Ce genre d’argument fait abstraction des crimes commis par l’impérialisme américain qui domine le Japon et déguise ces crimes. Si vous n’êtes pas d’accord pour dire qu’il faut diriger la lutte populaire contre les réactionnaires japonais antinationaux avec, en leur centre, la bourgeoisie monopoliste, ce genre d’argument empêche également les masses populaires de se lancer dans la lutte et, en fait, s’oppose donc même à frapper l’impérialisme américain.
Dans les conditions actuelles, il est important de s’en tenir à la ligne patriotique anti-américaine afin d’intensifier la lutte contre les Etats-Unis et dénoncer et combattre les monopoles japonais antinationaux et leur gouvernement, lesquels sont soumis à l’impérialisme américain. Dans ce contexte, nous devons associer la question de s’opposer à la guerre impérialiste à celle de se battre contre les réformes structurelles. C’est de cette manière que nous pourrons réaliser notre tâche la plus importante actuellement, qui consiste à chasser l’impérialisme américain du Japon, à renverser l’impérialisme japonais et à construire un Japon indépendant, démocratique, pacifique, prospère et socialiste.
Notre lutte au Japon revêt une importance internationale en sapant la stratégie de l’impérialisme américain visant la suprématie mondiale. En ayant bien à l’esprit l’importance de notre lutte, nous combattrons au Japon épaule contre épaule avec le peuple irakien et les autres peuples arabes.
(2) Les leçons positives de la lutte du peuple japonais après la Seconde Guerre mondiale
Notre Parti a cherché à assimiler, puis à adapter aux conditions actuelles, les traditions révolutionnaires du mouvement populaire japonais contre les bombes A et H à l’époque où le gouvernement américain avait mentionné nommément l’Irak, la Corée du Nord, la Chine, la Russie et quelques autres pays comme cibles d’une attaque nucléaire préventive et avait accru de la sorte le danger d’une autre guerre nucléaire qui aurait également frappé le Japon.
Le mouvement visant à bannir les bombes A et H avait été lancé cinq ans après la Seconde Guerre mondiale, en même temps que le Rassemblement pour la Paix, à Hiroshima, le 6 août 1950. Le Comité régional de Chugoku du Parti communiste japonais et les travailleurs et les gens qu’il dirigeait affrontèrent ouvertement les forces d’occupation américaines qui s’employèrent ouvertement à réprimer le mouvement. Ils combattirent également de front la ligne stratégique de la direction nationale du PCJ, qui considérait l’impérialisme américain comme une « force de libération », ainsi que les tendances économistes et droitières qui prédominaient au sein du mouvement ouvrier de l’époque. Pour la première fois, ils dénoncèrent publiquement les objectifs réels des bombardements atomiques et les crimes des Etats-Unis et ils parvinrent à organiser le Rassemblement pour la Paix, ce 6 août 1950, dans une ville de Hiroshima en plein état d’urgence.
Le mouvement pacifiste contre les armes nucléaires acquit bientôt le soutien des grandes masses populaires et se répandit dans tout le pays. Il fallut attendre cinq années de plus avant que la Première Conférence Mondiale contre les Bombes A et H ne soit organisée à Hiroshima. Le mouvement évolua en une force énorme et une campagne mondiale contre la production, la détention et l’usage des bombes nucléaires. Ce fut ce mouvement d’ampleur mondiale qui lia pieds et poings l’impérialisme américain et l’empêcha d’utiliser ses armements nucléaires une fois de plus durant la guerre de Corée.
Le mouvement poursuivit sa voie en tant que lutte patriotique contre les Etats-Unis et atteignit son apogée dans la lutte contre la révision du Traité de Sécurité américano-japonais de 1960. Ce fut également la plus importante lutte politique de l’après-guerre au Japon.
Le Comité régional du PCJ de Chugoku demeura fidèle à la ligne patriotique anti-américaine en dirigeant la lutte du 6 Août, en 1950. Il avait également choisi comme ligne de conduite de s’appuyer sur le peuple et de suivre la ligne de masse, tirant ainsi les leçons de l’expérience négative du mouvement communiste au Japon avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Notre Parti tire donc son origine de la lutte du 6 Août en 1950 et du mouvement populaire qui s’ensuivit au cours de la décennie. Prudemment, l’ennemi allait tenter de détruire la ligne de la lutte du 6 Août. Mais nous nous en tenons fermement à cette ligne et aux leçons positives tirées de cette lutte et nous faisons route vers la reconstruction du mouvement pour la paix contre les bombes A et H sur base d’ateliers, de centres de production et de communautés.
La leçon la plus importante, c’est qu’il nous faut tenir compte de tout, d’un point de vue stratégique, coller à la ligne patriotique anti-américaine et suivre toujours la méthode de travail qui préconise « à partir des masses, vers les masses », en faisant confiance au pouvoir du peuple et en garant à l’esprit qu’il convient de le servir intégralement afin d’enquêter sur ses conditions et de pouvoir les modifier.
La lutte contre les Etats-Unis et contre la guerre qui se déroule au Japon – jusqu’à présent, le seul pays au monde à avoir subi des bombardements nucléaires – revêt une grande importance. Nous nous opposons aux plans de guerre nucléaire de l’impérialisme américain et de ses larbins du gouvernement Koïzumi et nous exigeons le retrait immédiat de l’Irak des troupes d’agression, le retrait du soutien du gouvernement Koïzumi à la guerre dirigée par les Etats-Unis, le retour des vaisseaux des FAD de l’océan Indien, le retrait des bases américaines au Japon et l’abrogation du Traité de Sécurité américano-japonais. Nous sommes fermement décidés à accomplir à tout prix nos devoirs internationaux et ce, en unité avec les peuples de l’Irak, du Moyen-Orient et du monde entier.