Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org

Soccorsopopolare (Italie)

Les bases américaines en Italie

Bilan d’une experience dans le récent mouvement contre la guerre

On ne comprend pas la position pro-américaine de l’Italie si on ne considère pas le facteur politique majeur représenté par la chaîne des bases américaines, qui reduit l’Italie à un porte-avion US immobile au centre de la mer Méditerranée.

Les bases militaires sont un facteur fondamental, un pivot de l’impérialisme US, un pivot de leur systhème d’exploitation, de vol, de contrôle des richesses naturelles, des flux de main d’oeuvre, de drogue, de moyens financiers.

La lutte pour chasser ces bases, contre la participation de l’Italie à l’Otan, représente l’objectif politique majeur pour les forces populaires et de classe italiennes. C’est là la ligne de clivage, de démarcation avec les forces qui ont choisi la voie de la collaboration de classe, de la trahison des intérêts proletariens.

La chaîne qui a réduit l’Italie de nouveau en esclavage, a été bâtie aprés la Deuxième Guerre mondiale, avec le consensus de forces importantes du capital et de la politique italienne, avant tout la Démocratie Chrétienne. L’année clé a été 1947 et l’événement clé le voyage du leader catholique De Gasperi à Washington. C’est la consécration de l’usage de la part des imperialistes américains du fondamentalisme religieux, vrai exemple pour les décennies à venir.

Au départ les Américains ont réorganisé leurs forces qui étaient arrivées en Italie au cours du conflit. Ici, nous rappellons que dans les jours qui suivirent la fin de la guerre en Italie, au Nord de la ville de Belluno, les Américains laissèrent les armes aux nazis de la plus puissante division de Kesserling pour les employer contre Moscou si nécessaire. De même, il prirent des accords avec les fascistes du prince noir Borghese, le même qu’ils employèrent dans les années 60-70.

Ca fait soixante années déja qu’ils sont arrivés en cette région stratégique et ça nous montre la vitesse avec laquelle ils s’apprêtent à quitter la région encore plus stratégique de l’Irak.

Les Américains ont organisé leurs bases contre les pays socialistes. Les forces majeures ont été placées dans le Nord-Est de l’Italie(Vénetie, Frioul), qui est un saillant projeté vers l’Est.

Quelque kilomètres au Nord de Pordenone (Frioul) il y a la grande base aérienne d’Aviano, dans laquelle il y a des dépôts importants d’armes nucléaires, vrai fer de lance de la guerre contre la Yougoslavie. Il s’agit, avec Ramstein en Allemagne de la plus grande base aérienne US en Europe, souvent visitée par les présidents américains et par les chefs militaires. Maintenant la base est en train d’être aggrandie, avec le project Aviano 2000. Cela démonstre les vraies intentions américaines qui sont toutes destinées à maintenir le contrôle sur l’Europe, en particulier la Méditerranée, le routes du pétrole, la région du Moyen Orient.

Derrière Aviano, à quelque dizaines de kilomètres, à Vicenza (Veneto), il y a la grande base de Camp Ederle avec des milliers de troupes spéciales de l’US Air Forces 173e brigade. (ces forces sont maintenant soit en Afghanistan, soit dans la partie nord de l’Irak, où elles ont été parachutées lors de la plus grande opération de débarquement depuis la Deuxième Guerre mondiale. Leur tache spécifique est de garder les champs d’extraction du pétrole à Kirkuk pour les multinationales.

A Verona il y a le commandement de l’Otan pour l’Europe du Sud (troupes terrestres).

Près de Pise, au Camp Darby, il y a l’entrepôt logistique stratégique, le plus grand dépôt de matériel de guerre américain au monde. On a bien vu l’importance de ces sites dans la récente aggression contre l’Irak.

Le commandement naval de la Méditerranée est à Naples et ses bases principales sont a Naples, à Gaeta, en Sardaigne (La Maddalena).

Une autre grande base est en Sicile (Sigonella). Aux bases américaines sont subordonnées les bases de l’Otan, terrestres, aériennes et navales (les plus importantes aujourd’hui sont celles de la Pouille de Taranto, Gioia del Colle).

Ces bases américaines ont eu, depuis le début, une importance capitale dans la stratégie imperialiste, avec comme objectif la lutte contre le socialisne, contre les pays socialistes Europe de l’Est et contre le mouvement ouvrier en Italie. Elles ont garanti la restauration pleine du pouvoir bourgeois en Italie, profondément compromis avec le fascisme et mis en difficulté par l’ampleur de la résistance ouvrière et populaire contre le fascisme nazi.

Quand en Italie à nouveau ce pouvoir bourgeois a été secoué par les luttes des travailleurs, des étudiants et des autres couches populaires (dans les années 60-70), les bases américaines ont lancé une guerre antipopulaire de basse intensité (stratégie de la tension) déja testée en Grèce et ailleurs. En particulier nous rappellons ici l’organisation terroriste noire la Rose des vents (qui est l’emblème de l’Otan) organisée par des militaires fascistes -comme le colonel Spiazzi de Verona -liée aux Américains. De la lutte armée de gauche en Italie on sait tout. Par contre, aucune lumière n’a été faite sur les les massacres que nous avons appellé massacres d’Etat ou mieux encore massacres de l’Otan.

Très importante aussi est l’influence économique, le pouvoir de corruption des bases américaines. Un exemple : pour protéger leur base stratégique de Camp Ederle à Vicenza, les Américains ont favorisé au maximum les exportations de l’or d’Afrique du Sud vers Vicenza, pour l’orfèvrerie industrielle. La foire de l’or de Vicenza est devenue la plus importante au monde et Vicenza une des capitales de l’orfèvrerie. Et dans le même temps, le politicien en chef démocrate-chrétien de Vicenza (Mariano Rumor), est un des plus puissant homme d’Italie de l’après-guerre.

Depuis leurs bases, les américains ont répandu dans le pays pas seulement leur produits, leurs Mac Donalds, leur Coca Cola, mais aussi leur organisation du travail, leur dérégularation, leur néolibéralisme, leur « culture » de confrontation, d’inégalité, de domination. Il suffit de se rappeler que leurs troupes sont au-dessus de la loi italienne, même quand ils provoquent des massacres de civils italiens, comme pour la coupure du cable du télephérique du Cermis, qui provoqua des dizaines de victimes. Ils s’entraînaient pour le massacre de civils en Yougoslavie et ils n’ont pas pu être poursuivis par la justice italienne et la justice américaine ne les a pas non plus poursuivis.

Dernierèment, nous avons vu avec la guerre de Yougoslavie et celle d’Irak l’importance militaire de ces bases. N’oublions pas leur importance politique et sociale, les contacts avec les secteurs réactionnaires italiens (Loge P2, les promoteurs des loi d’exceptions, ceux qui sont contre le suffrage proportionnel , ceux qui sont pour la dérégulation, qui actuellement sont au gouvernement et aussi dominent la prétendue « opposition »).

Contre ce réseau infernal, se sont battus des génerations d'ouvriers, des travailleurs, des jeunes. Chaque cycle de lutte de classe en Italie a exprimé comme objectif majeur (et pas que dans les chansons qui pourtant ne manquent pas) le départ des bases américaines.

Des partisans de la paix, ceux qui se sont battus contre l’Otan dans toutes les années 50, ceux qui ont soutenu la lutte de l’héroique peuple du Vietnam, qui nous montre toujours comment bâtir un front anti-imperialiste à direction prolétarienne, comme l’avaient fait d’ailleus Staline et Mao Zedong dans leurs guerres populaires. Et nous avons repris maintenant (à l’époque de Seattle) les manifs contre les bases américaines en ces temps de nouvelle crise générale et de guerre imperialiste.

L’objectif du départ des bases américaines de nos terres est plus que jamais l’objectif central autour duquel bâtir le front contre la guerre et le front de classe et populaire en Italie.

La lutte contre les bases américaines est le point central, pratique qui relie le travail de construction, d’unification des communistes, des impérialistes, du front antiguerre, partie stratégique centrale du front populaire élargi.

Les dernières semaines, dans toute l’Italie, se sont developpées beaucoup d’initiatives contre les bases américaines : contre Camp Ederle, contre Camp Darby, contre Aviano, contre les bases de Sardaigne, de Naples et Gaeta et d’autres encore. Nous avons aussi cherché à bloquer les trains de guerre qui transportaient les armes et les tanks anéricains des bases vers Camp Darby, et parfois avec un certain succès. Le mouvement contre la guerre n’a jamais connu une telle ampleur.

Mais comme le développement d’un tel mouvement contre la guerre a été grand, la chute maintenant est profonde. Pourquoi ?

Il faut dire clairement qu’il y a eu des grandes failles dans le mouvement. Le mouvement contre la guerre a été très large, mais la direction de la majorité des masses en mouvement est encore aux mains des réformistes, des socio-démocrates, puisque les révolutionnaires en Italie sont encore en échec, incapables de se réunir et de former le noyau dur dont le mouvement contre la guerre impérialiste a besoin, pour continuer la résistance jusqu’à la victoire. Tout front contre la guerre risque de s’effondrer rapidement s’il n’y a pas ce noyau, cette structure.C’est là notre tâche majeure. Il faut que les Italiens construisent aussi leur anneau dans la chaîne mondiale, globale comme on dit aujourd’hui, de solidarité, de fraternité, chaîne internationale qui ira résister, combattre, étrangler et vaincre l’hydre imperialiste.

A chaque crise imperialiste générale, sa guerre mondiale, mais à chaque guerre mondiale, sa révolution. Que toutes nos forces aillent à sa préparation, à son développement.

RESISTONS UNIS !

RESISTONS ! RESISTONS !

A la fin les peuples auront la victoire !