Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

Cercle Henri Barbusse de culture ouvrière et populaire

Crise du systeme imperialiste mondial, exacerbation des contradictions, guerres coloniales et guerre inter-imperialiste mondiale

Le Cercle Henri Barbusse soumet ce texte au débat dans le cadre du Séminaire Communiste International organisé annuellement par les camarades du PTB.

Ce texte intègre les éléments de la récente guerre coloniale américaine contre le peuple irakien et épingle des facteurs essentiels qui se mettent en place au fur et à mesure des conflits qui se succèdent depuis la défaite du socialisme et la disparition de l’URSS, éléments qui préparent le conflit majeur entre l’impérialisme américain et l’impérialisme européen en construction.

Le Cercle Henri Barbusse poursuit bien entendu le travail d’élaboration théorique sur la question fondamentale de la crise de l’impérialisme et la guerre mondiale inter impérialiste vers laquelle l’exacerbation des contradictions inter impérialistes conduit inexorablement l’humanité.

Crise du systeme imperialiste mondial,
exacerbation des contradictions, guerres coloniales
et guerre inter – imperialiste mondiale

La chute du mur de Berlin a signifié l’accélération du processus de contre-révolution mondiale en œuvre depuis déjà plusieurs décennies du fait du révisionnisme au pouvoir en URSS et dans les pays de Démocraties Populaires. La disparition des pays du camp socialiste débouche sur la liquidation des équilibres issus de la seconde guerre mondiale. L’histoire nous apprend que l’internationalisation du capitalisme s’opère toujours par un partage des sources de matières premières et des marchés entre puissances impérialistes, entre monopoles capitalistes et débouche toujours sur une nouvelle guerre visant à instaurer un nouvel équilibre déterminé par le nouveau rapport des forces. Contrairement au discours sur le « nouvel ordre mondial », nous sommes entrés dans une période lourde de menaces pour les peuples, une période de guerres de reconquête coloniale annonciatrices d’une conflagration entre puissances impérialistes.

Crise de l’imperialisme et guerres

L’ensemble de la planète est touché par une crise de surproduction chronique. Celle-ci se traduit par des périodes de stagnation de plus en plus longues suivies de périodes de reprises économiques de plus en plus brèves. Dans ce contexte, chaque impérialisme tente de s’accaparer de la « meilleure part » dans la lutte pour la nouvelle répartition des marchés, c’est à dire dans la lutte pour le repartage impérialiste du monde. Il ne s’agit pas simplement d’un choix guerrier des dirigeants des principales puissances impérialistes, mais de la logique impitoyable du mode de production capitaliste.

En effet, le système impérialiste mondial est confronté à une baisse tendancielle du taux de profit moyen. Comme l’a souligné Marx, les contre-tendances à cette loi sont à rechercher inévitablement dans la revalorisation du capital, c’est à dire dans la destruction des forces productives en excès (prolétaires, moyens de productions, etc) . Chaque impérialisme tente de revaloriser son capital et d’accroître son taux de profit au détriment de ses concurrents par la conquête de marchés détenus auparavant par les autres impérialismes. Au delà de l’unanimité apparente qu’a affiché le système impérialiste mondial au moment des guerres contre l’Irak en 1991, la Yougoslavie en 1999 et l’Afghanistan en 2001, les contradictions s’aiguisent et les intérêts s’opposent.

Le 20 août 2001, c’est à dire 22 jours avant le 11 septembre, la Une du New York Times était consacrée au danger d’une nouvelle stagnation mondiale de grande ampleur : « Les plus récentes statistiques économiques de partout dans le monde montrent que plusieurs puissances économiques ( l’Italie et l’Allemagne, le Mexique et le Brésil, le Japon et Singapour), font maintenant face à la stagnation économique, ce qui annule l’espoir que la croissance dans d’autres pays aiderait à compenser le ralentissement aux Etats-Unis ». Les trois pôles actuels du système impérialiste mondial, les Etats-Unis, le Japon et l’Europe sont simultanément touchés par le ralentissement. Le spectre d’une récession mondiale hante les dirigeants du système impérialiste mondial. Jamais depuis ce que les économistes bourgeois ont appelé le « choc pétrolier de 1973 » le recul des taux de croissances n’a été aussi important pour les principaux pays impérialistes. A la différence de 1973, il n’y a pas une « cause extérieure » déterminante qui pourrait faire espérer (après son élimination) une relance rapide. La chute a été particulièrement brutale compte tenu des taux de croissances élevés de l’année précédente. En réalité, de 2000 à 2001, nous sommes passés rapidement de l’euphorie économique à la chute vertigineuse. En effet, l’économie US (qui représente plus de 25 % de la production et de la demande mondiale) a connu une hausse de son PIB limitée à 1,3 % au premier trimestre 2001, puis à 0,3 % au second et le PIB a encore baissé de 0,4 % au troisième trimestre. La récession sévit également en Europe et en particulier en Allemagne et en France. 250 000 emplois ont été supprimés en Europe et aux Etats-Unis dans le seul secteur des télécommunications. L’économie japonaise est en crise depuis plus d’une décennie. La croissance du commerce mondial a chuté de 13,3 % en 2000 à un peu plus de 1% en 2001.

Aux États-Unis, les signes annonciateurs de la crise sont particulièrement éloquents :

La nouvelle crise mondiale qui s’annonce n’est que la généralisation d’un processus qui a d’abord débouché sur des crises financières locales : crise mexicaine en 1994, crise en Asie en 1997, crise du Brésil et de l’Argentine en 1998, crise russe en 1999, nouvelle crise argentine, etc.

La multiplication de ces crises financières conduit d’ailleurs le G7 à la mise en place du G20, le 25 septembre 1999, regroupant les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des 19 nations « stratégiques », un représentant de l’Union Européenne et les directions du FMI et de la Banque mondiale. En fait, la mise en place du G20 est un indicateur de la crise et de la concurrence acharnée qu’elle produit. La baisse tendancielle du taux de profit accélère la crise de valorisation du capital. Chaque entreprise capitaliste, chaque monopole capitaliste, chaque Etat, chaque groupe d’Etats entre en concurrence acharnée avec les autres pour valoriser son capital au détriment des autres.

Cette concurrence n’empêche pas une unité sur les besoins communs : réduire le coût des forces de travail nationales afin d’accroître le taux de profit : dérégulation, remises en causes des acquis sociaux, baisse des budgets sociaux, chômage, précarité, etc. Les conférences internationales du type G7 ou G20 expriment une contradiction ayant les deux pôles suivants comme composantes :

Derrière les discours unitaires de façade, c’est l’éclatement de l’OTAN qui s’annonce à terme. Nous ne sommes pas dans un processus d’unification de l’impérialisme kautskiste comme pourrait le faire croire le slogan erroné de « mondialisation » (qui est de plus en plus utilisé en remplacement du concept marxiste-léniniste d’impérialisme).

Le danger d’une crise de grande ampleur intervient également dans un contexte international particulier. Après l’unanimité imposée au monde et aux concurrents impérialistes au cours de la guerre du Golfe en 1991, des remises en causes ont commencé à poindre :

A cela s’ajoute le fait que la contestation mondiale des peuples monte de plus en plus contre les grands sommets de l’impérialisme ( Seattle, Gênes, etc.).

C’est dans ce contexte global qu’il faut resituer les attentats du 11 septembre, l’agression impérialiste contre l’Afghanistan et le soutien inconditionnel de Bush à l’offensive de destruction de la résistance palestinienne par Sharon. La nouvelle guerre contre l’Irak en 2003 est, après celles du Golfe, de la Yougoslavie et d’Afghanistan, une nouvelle étape dans la création des conditions, sur les fronts intérieurs et extérieurs, permettant à l’impérialisme US de maintenir sa domination sur le monde face à la fois à la colère montante des peuples et aux prétentions également impérialistes de ses concurrents. Cette guerre en annonce d’autres inévitablement.

Strategie hegemonique de l’imperialisme US

La guerre du Golfe, celle des Balkans, d’Afghanistan et la seconde guerre contre l’Irak, sont des manifestations de la stratégie offensive US dont le but est la préservation et l’extension au monde entier de l’hégémonie conquise déjà à l’époque du « monde bipolaire ».

Les axes principaux de cette stratégie sont :

Comme tous les impérialismes dominants à toutes les périodes de l’histoire, les USA tentent d’imposer une division internationale du travail selon leurs besoins et au détriment de leurs concurrents. Pour ce faire, ils ont besoin d’imposer leur hégémonie militaire et leur domination politique. Dans ce contexte, la sortie de la crise envisagée par les impérialistes américains est « war save america ». Le président des pétroliers Bush ne pouvait qu’écouter les demandes claires de ses véritables grands électeurs que sont les pétroliers américains : « A terme cela n’a aucun sens pour les compagnies occidentales de dépenser d’immenses sommes pour l’exploration du pétrole devant les côtes de l’Angola et d’y travailler à des centaines de mètres de profondeur sous la mer, alors qu’il y a un gigantesque champ pétrolifère de 40 milliards de barils en surface en Irak » (dixit un des princes du pétroles US M. Telling). En outre, la consommation d’armes profite aux industries d’armement, lesquelles constituent les principaux lobbies du monde impérialiste. Et comme celles-ci passent des commandes à de nombreux secteurs (électronique, automobile, moteur...), c’est la quasi-totalité des gros monopoles qui en profitent. Le chef économiste de la BBL, Peter Vanden Houte résume avec cynisme: « aussi inhumain que cela puisse paraître: pour l’économie mondiale, « une toute petite guerre » serait maintenant la meilleure solution. Une guerre à l’issue « favorable » signifierait une diminution du prix du pétrole et des taux d’intérêts, et une relance des cours de la bourse » (AFP 21 septembre 2002).

Les idéologues et stratèges de l’impérialisme américain ont commencé à planifier leur stratégie au milieu des
années 80 au moment même où le liquidateur contre-révolutionnaire Gorbatchev entamait sa politique de destruction de l’URSS et du camp socialiste. Schultz, chef de la diplomatie US en 1985, notait que « nous sommes prêts à dissuader les Soviétiques de livrer une guerre nucléaire totale ou d’attaquer nos principaux alliés, mais il n’est pas du tout évident que nous soyons aussi prêts et organisés pour empêcher et contrer la zone grise des défis intermédiaires auxquels nous avons le plus de chances d’être confrontés, à savoir les conflits de faible intensité » (Le Monde Diplomatique, avril 1991). Le rapport de la commission sur la stratégie intégrée à long terme du 10 janvier 1988 intitulé « la dissuasion sélective » précisait que « ces conflits de faible ou de moyenne intensité dans le tiers monde sont à l’évidence moins dangereux que ne le serait toute guerre soviéto-américaine et pourtant ils ont eu et auront un effet cumulatif négatif sur l’accès des Etats-Unis à des régions critiques » (idem). Henri Kissinger préconisait déjà « qu’il faut donc qu’en plus de notre force nucléaire de représailles, nous constituions des unités qui puissent intervenir rapidement et soient à même de faire sentir leur puissance » (idem). Gaspar Weinberger, Secrétaire d’Etat US à la défense de l’époque en concluait que « la priorité élevée que nous avons attribuée au Spécial Operation Force (SOF) reflète notre sentiment que les conflits de faible intensité sont la menace à laquelle nous allons le plus vraisemblablement avoir à faire face dans les années à venir » .

Un mémorandum de septembre 1950 du Département d’Etat US éclaire nettement le sens de ce qui arrive aujourd’hui à travers les guerres d’agression américaine : « Le contrôle de cette source d’énergie, le pétrole, importante dans la paix comme dans la guerre est un objectif souhaitable en soi (…). Les gouvernements des Etats-Unis devraient s’efforcer de développer au maximum les concessions (pétrolières) américaines » (idem). Et David L. Boren, sénateur et président de la Commission chargée du renseignement (CIA), d’élargir le champ d’application de la stratégie hégémonique américaine du « nouvel ordre mondial » né de la défaite de l’URSS : « Nous avons eu des relations étranges et symbiotiques avec l’URSS (…). Le déclin de l’Union Soviétique (…) pourrait tout aussi bien entraîner le déclin des Etats-Unis (…). Les pays européens, le Japon et d’autres pays ont volontiers accepté la direction américaine au cours des décennies passées. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient besoin de nous (…). Seront-ils désireux, dans ce nouveau contexte, d’accepter la direction des Etats-Unis, comme c’était le cas, il y a quelques mois ? Je ne le pense pas » (idem). Comme nous l’écrivions en novembre 2002 dans notre analyse intitulée « Nous sommes tous Irakiens et Palestiniens », La Maison Blanche n’hésite plus à menacer ouvertement ses « alliés » européens et japonais (en plus de la Russie et de la Chine). Elle déclare dans The National Security Strategy of the United States of America de septembre 2002 : « Nos forces seront suffisamment puissantes pour dissuader tout adversaire qui tenterait de dépasser, ne fût-ce même que d’égaler, la puissance militaire des Etats-Unis »

Pour préserver leur hégémonie, les États-Unis n’hésitent pas à « recourir aux mesures préventives unilatérales de caractère militaire à l'encontre des Etats qui, de l'avis de Washington, peuvent présenter une menace potentielle pour les USA. Ce postulat, camouflé derrière la nécessité de lutter contre le terrorisme international, répudie totalement les principes de la souveraineté et de l'égalité des Etats qui ont été confirmés comme principes intangibles du droit international depuis déjà la paix de Westphalie en 1648. Dans les Statuts de l’ONU, la menace d'employer la force ou son emploi contre l'inviolabilité territoriale ou l'indépendance des États sont reconnus comme illégaux, tandis que la «guerre préventive» est définie comme crime de guerre par le Tribunal de Nuremberg » (déclaration du PCbUS in Nouvelles d’URSS, N°41). En effet, l’évolution très nette de la politique US est la domination mondiale totale. Le fait que l’administration US ait de façon unilatérale et méprisante décidée, flanqué de l’impérialisme anglais, de déclencher sa guerre d’agression coloniale de l’Irak en est une illustration concrète.

Le danger de confondre fascisme et hegemonisme

Le Cercle Henri Barbusse attire l’attention sur le fait que l’hégémonisme écrasant d’aujourd’hui de l’impérialisme US ne suffit pas à lui seul pour confondre nazisme hitlérien et l’impérialiste US dominant. L’hégémonie mondiale exercée par ce dernier met en exergue de plus en plus clairement, comme nous l’enseigne Lénine (voir notre contribution sur ce thème au Séminaire Communiste International de 2000), le fait que « la superstructure politique qui coiffe la nouvelle économie, le capitalisme monopoliste..., c’est le tournant à partir de la démocratie vers la réaction politique... En politique extérieure tout comme en politique intérieure, l’impérialisme tend à enfreindre la démocratie, à instaurer la réaction » (Une caricature du marxisme). C’est ainsi qu’il existe une variété de superstructures politiques sous la dictature du capital financier, lesquelles expriment toutes, à différents degrés, la tendance fondamentale inhérente à l’impérialisme à enfreindre la démocratie, à instaurer la réaction. En fait, ces variétés de superstructures politiques reflètent en général le rapport de force entre le capital et le travail dans la lutte de classe dans un pays donné, à un moment donné. Par exemple, bien que tous frappés par la crise de surproduction des années 30, les USA ont gardé une forme étatique bourgeoise non fasciste, même si la répression contre les communistes, contre la classe ouvrière y sévissait aussi. Mais l’IC a combattu à l’époque la tendance à voir dans le « new deal » de Roosevelt le fascisme.

Pour bien différencier les deux formes possibles de dictature du capital financier, Dimitrov précise : « L’arrivée du fascisme au pouvoir, ce n’est pas la substitution ordinaire d’un gouvernement bourgeois à un autre, mais le remplacement d’une forme étatique de la domination de classe de la bourgeoisie - la démocratie bourgeoise - par une autre forme de cette domination, la dictature terroriste déclarée ». Le VIIème congrès de l’IC donne cette définition scientifique du fascisme : « Le fascisme, c’est le pouvoir du capital financier lui-même. C’est l’organisation de la répression terroriste contre la classe ouvrière et la partie la plus révolutionnaire de la paysannerie et des intellectuels. Le fascisme en politique extérieure, c’est le chauvinisme sous sa forme la plus grossière, cultivant une haine bestiale contre les autres peuples »(VIIème congrès de l’IC, juillet 1935). Quant au nazisme, cette variante allemande du fascisme, Dimitrov la définit comme suit: « La variété la plus réactionnaire du fascisme, c’est le fascisme de type allemand. Il s’intitule impudemment national-socialisme sans avoir rien de commun avec le socialisme. Le fascisme hitlérien, ce n’est pas seulement un nationalisme bourgeois, c’est un chauvinisme bestial. C’est un système gouvernemental de banditisme politique, un système de provocations et de tortures à l’égard de la classe ouvrière et des éléments révolutionnaires de la paysannerie, de la petite bourgeoisie et des intellectuels. C’est la barbarie médiévale et la sauvagerie. C’est une agression effrénée à l’égard des autres peuples et des autres pays ». « Le fascisme allemand apparaît comme la troupe de choc de la contre-révolution internationale, comme le principal fomentateur de la guerre impérialiste, comme l’instigateur de la croisade contre l’Union Soviétique, la grande patrie des travailleurs du monde entier »(idem). Au XVIIème congrès du PCbUS en 1934, Staline précise que: « la victoire du fascisme en Allemagne, il ne faut pas seulement la considérer simplement comme un signe de faiblesse de la classe ouvrière et comme le résultat des trahisons perpétrées contre elle par la social-démocratie qui a frayé la route au fascisme. Il faut la considérer aussi comme un signe de faiblesse de la bourgeoisie, comme un signe montrant que la bourgeoisie n’est plus en mesure d’exercer le pouvoir par les vieilles méthodes du parlementarisme et de la démocratie bourgeoise, ce qui l’oblige à recourir dans sa politique intérieure, aux méthodes terroristes de gouvernement; comme un signe attestant qu’elle n’a plus la force de trouver une issue à la situation actuelle sur la base d’une politique extérieure de paix, ce qui l’oblige à recourir à une politique de guerre ».

Cette caractérisation du fascisme demeure à ce jour d’une actualité vérifiée par les faits. Le fascisme est le produit de l’impérialisme, principalement de la crise du système capitaliste. Le remplacement d’une « forme de la domination de classe de la bourgeoisie-la démocratie bourgeoise- par une autre forme de cette domination, la dictature terroriste déclarée » est la substance essentielle de ce qu’est le fascisme. Le fascisme constitue, dans des conditions déterminées, un besoin réel de sauvetage, de préservation, de pérennisation du capitalisme. C’est ainsi qu’il ne peut être permis de confondre ce que Lénine appelle fort justement « l’impérialisme, c’est la réaction politique sur toute la ligne » avec le fascisme. Si tout fasciste est impérialiste, tout impérialiste n’est pas fasciste. En général, les partis fascistes se développent dans une lutte contre les partis « traditionnels » (de droite et de « gauche ») du capital, même si à un certain stade de leur développement, les éléments bourgeois de ces partis (de droite comme de « gauche ») rejoignent le parti fasciste. Bush a été élu par une tricherie monumentale consensuelle d’une bourgeoisie américaine toutes tendances confondues qui reste unie sur le projet hégémonique de l’impérialisme US.

La combinaison de la répression et de la démagogie sociale ou nationaliste-chauvine est aussi inhérente à la démocratie bourgeoise, quelle que soit sa forme parlementaire ou autre. L’accent est bien sûr mis ici sur la corruption de l’aristocratie ouvrière, de la bureaucratie syndicale, sur le réformisme comme moyen de division et d’affaiblissement du mouvement ouvrier. C’est lorsque ce mécanisme de duperie sociale, de contrôle social du mouvement ouvrier devient inefficace, que l’autorité des partis bourgeois « traditionnels » s’effondre, que le capital met en selle le fascisme. La fonction sociale et politique du réformisme s’épuisant, le besoin se fait sentir pour le capital de détruire le mouvement ouvrier organisé par la force. Évidemment le fascisme naît en général en se présentant comme une force « anti-capitaliste, anti-bourgeoise » pour se faire une base de masse au sein de la petite bourgeoisie, des classes moyennes, des ouvriers déclassés et arriérés. Au-delà des particularités nationales qui influent nécessairement sur la propagande fasciste, cette caractéristique de la démagogie sociale (anti-bureaucratisme, anti-corruption, etc.) et nationaliste-chauvine et raciste, on la retrouve chez les fascistes italiens avec Mussolini, chez les nazis hitlériens et chez Le Pen en France de nos jours.

On ne peut non plus alléguer les intolérables discours religieux de Bush pour en conclure que les « USA sont devenus fascistes ». En cette période de contre-révolution mondiale, l’irrationnel s’empare de pans entiers de toutes les sociétés. C’est le retour en force des religions, des superstitions parallèlement d’ailleurs au retour en force des pires discours colonialistes sur le « droit d’ingérence », « l’exportation de la démocratie, des droits l’homme, des droits des minorités », etc. La « re-mondialisation » du capitalisme engendre le retour des « croisades » de l’Occident et des « Djihad ». La fonction idéologique de cela est pour l’impérialisme US notamment de substituer à « l’axe du mal » communiste d’hier un nouvel « axe du mal civilisationnel » prétexte à sa ballade guerrière re-colonisatrice à travers la planète.

L’équation entre fascisme nazi et hégémonisme US ne peut en vérité qu’être de plus en plus instrumentalisée par l’impérialisme européen en construction pour créer « l’union sacrée » et entraîner les prolétaires et les peuples d’Europe sur le chemin du social-chauvinisme et du social-impérialisme. « L’union sacrée antifasciste » est aujourd’hui une stratégie social-démocrate pour dévoyer la lutte révolutionnaire du prolétariat et des peuples de chaque nation européenne pour l’indépendance et la souveraineté nationales contre l’édification d’un Etat multinational européen impérialiste et hégémonique.

C’est ce qu’on peut voir clairement poindre dans un texte intitulé « socialistes de toute l’Europe, unissez-vous ! », de Laurent Fabius, Pierre Mauroy et Michel Rocard, tous ténors et hauts responsables de l’Internationale Socialiste : « le socialisme dans un seul pays n’a évidemment plus de sens. Si l’on veut être efficace et peser vraiment sur le cours des choses, les politiques à mettre en œuvre et les régulations à construire se situent désormais à l’échelle des continents et du monde. (…) La social-démocratie se définit par la recherche d’un triple compromis entre le capital et le travail, le marché et l’Etat, la compétition et la solidarité. (…) Les trois compromis de la social-démocratie doivent donc être actualisés, nos méthodes réformées et internationalisées. (…) Il faut aussi éviter tout repli sur soi, car le déséquilibre actuel qui fait des Etats-Unis l’acteur dominant du système international doit être corrigé. (…) La refondation de la social-démocratie passera d’abord par l’Europe. (…) devant les enjeux de la gouvernance internationale … l’Europe constitue le bon échelon d’intervention et de représentation. (…) nous voyons ce qu’elle peut d’ores et déjà dans la sphère économique ! Puissance douce, soft power, comme diraient les Anglo-Saxons ? (…) un monde qui se structurera autour de quatre ou cinq grands ensembles régionaux, dont l’Europe. (…) la social-démocratie doit prendre appui sur l’Europe » (Le Monde du 29 octobre 2002). La social-démocratie, de principale force politique atlantiste à l’époque du face à face entre capitalisme (USA, OTAN) et socialisme (URSS, pacte de Varsovie), annonce son passage avec armes et bagages dans le camp de la bourgeoisie impérialiste européenne qui travaille à l’émergence d’une Union Européenne impérialiste et hégémonique concurrente des USA.

Il n’y aura pas non plus « un monde qui se structurera autour de quatre ou cinq grands ensembles régionaux, dont l’Europe » comme tente de le faire croire la social-démocratie. La guerre est à l’ordre du jour et l’humanité marche vers l’affrontement militaire inévitable généralisé. Le rêve kautskiste d’un monde où l’entente pacifique entre les impérialistes pour se partager le gâteau pacifiquement est aussi puérile aujourd’hui qu’en 1914 quand il développait sa théorie idéaliste de « super-impérialisme ». Les sociaux démocrates tentent ici de duper encore une fois les peuples et le prolétariat pour présenter l’impérialisme européen comme étant plus « pacifiste » et moins belliciste que son concurrent américain.

La montée en puissance des contradictions inter-imperilaistes

Staline a, dès 1952 en pleine « guerre froide », perçu et signalé la montée à terme de la contradiction inter-impérialiste : « En apparence, la « sérénité » règne partout : les Etats-Unis d’Amérique ont réduit à la portion congrue l’Europe occidentale, le Japon et autres pays capitalistes ; l’Allemagne (de l’Ouest), la Grande Bretagne, la France, l’Italie et le Japon, tombés dans les griffes des Etats-Unis, exécutent docilement leurs injonctions. Mais on aurait tort de croire que cette « sérénité » puisse se maintenir « pour l’éternité » ; que ces pays supporteront sans fin la domination et le joug des Etats-Unis d’Amérique ; qu’ils n’essayeront pas de s’arracher au joug américain pour s’engager sur le chemin de l’indépendance. (…) Ces pays mènent aujourd’hui une existence lamentable sous la botte de l’impérialisme américain, leur industrie et leur agriculture, leur commerce, leur politique extérieure et intérieure, toute leur existence sont enchaînés par le « régime » d’occupation américain. Pourtant, hier encore, c’étaient de grandes puissances impérialistes… Penser que ces pays n’essayeront pas de se relever, de briser le « régime » des Etats-Unis et de s’engager sur le chemin de l’indépendance, c’est croire aux miracles » (Les problèmes économiques du socialisme, 1952).

Une fois le dernier kopeck des prêts américains du Plan Marshall remboursé vers 1978, notamment par la République Fédérale d’Allemagne, les bourgeoisies impérialistes d’Europe ont accéléré le processus d’unification européenne en vue de construire la nouvelle puissance à prétention hégémonique. Les principales étapes de cette construction sont le traité de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice et l’avènement récent de la monnaie unique l’Euro rivale du dollar américain. Déjà plusieurs pays comme l’Irak (avant l’occupation américaine), la Syrie, plusieurs pays de l’Est européen et certains d’extrême-orient ont de fait adopté l’Euro à la place du dollar comme monnaie d’échanges sur le plan international. L’Euro devient peu à peu la monnaie étalon concurrente du dollar sur le marché mondial. A signaler le rôle particulier de la social-démocratie européenne dans ce processus et l’alignement progressif des partis communistes révisionnistes devenus complètement réformistes et des trotskistes toutes tendances confondues au nom du mot d’ordre de « l’Europe sociale ou des travailleurs ». Comme le dit Lénine contre les trotskistes: « Du point de vue des conditions économiques de l’impérialisme, c'est-à-dire de l’exportation des capitaux et du partage du monde par les puissances coloniales « avancées » et « civilisées », les Etats-Unis d’Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires. Le capital est devenu international et monopoliste. Le monde se trouve partagé entre une poignée de grandes puissances, c'est-à-dire de puissances qui s’enrichissent en pillant et en opprimant les nations sans retenue. (…) Les Etats-Unis d’Europe, en régime capitaliste, équivaudraient à une entente pour le partage des colonies. Or, en régime capitaliste, le partage ne peut avoir d’autre base, d’autre principe, que la force. (…) En régime capitaliste, le développement égal des différentes économies et des différents États est impossible. Les seuls moyens possibles, en régime capitaliste, de rétablir de temps en temps l’équilibre compromis, ce sont les crises dans l’industrie et les guerres en politique. Certes des ententes provisoires sont possibles entre capitalistes et entre puissances. En ce sens, les Etats-Unis d’Europe sont également possibles, comme une entente des capitalistes européens…dans le but d’étouffer en commun le socialisme en Europe, de protéger en commun les colonies accaparées contre le Japon et l’Amérique… » (A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe, Œuvres Complètes, tome 21, p.351-355).

Dans le cadre de cette lutte globale pour le repartage du monde, la bourgeoisie européenne est de moins en moins passive. Contrairement à l’idée simpliste qui la décrit à la remorque des USA, la bourgeoisie européenne accélère son processus de construction afin de faire face à l’hégémonie américaine. Ce processus d’unification des différentes fractions du capital financier européen est bien sûr contradictoire, chacune des bourgeoisies tentant de se placer au mieux dans la nouvelle configuration européenne. L’union dont il est question est donc instable. Nous l’avons observé lors du ralliement de l’Espagne d’Aznar et de l’Italie de Berlusconi sur le choix guerrier anglo-saxon contre l’Irak. Il s’agit en fait d’une renégociation permanente en fonction des rapports de forces et en fonction des pressions américaines pour empêcher la réalisation des projets des capitalistes européens. Les pays dominants l’Europe, en tout premier lieu l’Allemagne, et la France en second lieu, cherchent à s’asservir ainsi les bourgeoisies européennes plus faibles. Dans le cadre de ces renégociations permanentes, les différentes bourgeoisies continuent de s’affronter soutenues chacune par leur État respectif. Ce processus d’unification contradictoire conduit de nouveau à une remise en cause des États nations ou des Etats multinationaux dans la perspective de constituer une nouvelle entité supranationale plus adaptée à la lutte contre le concurrent US. La mise en circulation de l’Euro est un pas qualitatif nouveau dans la mise en place de cette nouvelle puissance à prétention hégémonique.

Les prétentions européennes à intervenir partout sur la planète ne sont actuellement que des potentialités du fait des contradictions d’intérêts qui rongent les différentes fractions du capital financier et du fait que l’armée européenne est à venir (fin avril 2003, à Bruxelles, l’Allemagne, la France, la Belgique et le Luxembourg viennent cependant de relancer l’union européenne de sécurité et de défense). Le processus est cependant suffisamment avancé pour faire peur à l’impérialisme US et pour l’amener à se repositionner brutalement sur l’ensemble de la planète.

Donnons deux exemples parmi beaucoup d’autres de cette rivalité grandissante entre l’Europe et les USA :

  1. l’embargo contre l’Irak et la nouvelle guerre contre l’Irak:

  2. Le 20 mai 1996, un aménagement de l’embargo contre l’Irak est décrété avec comme nom « pétrole contre nourriture ». Immédiatement, les industriels européens et en particulier français se rendent à Bagdad. Le 1er juillet les USA mettent leur veto à l’accord du 20 mai. Les USA veulent ainsi apparaître comme les seuls maîtres dans la région. N’oublions pas que l’Irak possède les secondes réserves mondiales de pétrole.

    En 2003, unis pour désarmer l’Irak, les impérialistes se sont opposés sur le plan diplomatique à propos de la guerre au point qu’un rapprochement commence à s’opérer entre l’Allemagne, la France et la Russie. Notons dans ce cadre que ce rapprochement a été célébré avec éclat en janvier 2003 à l’occasion du 40ème anniversaire du Traité de Paris célébrant la « réconciliation » entre la France et l’Allemagne. Or en 1963 ce Traité de Paris n’avait été ratifié par le Bundestag en mai qu’avec l’ajout d’un préambule proposé par les Allemands, qui précisait l’importance de l’alliance germano-américaine : « (…) le maintien et le renforcement de l’alliance des peuples libres et, en particulier, une étroite association entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique » et rappelait quel était l’objectif immédiat de l’Allemagne: « le rétablissement de l’unité allemande ». La nouvelle politique européenne, c’est surtout la nouvelle politique de l’Allemagne qui, après la chute de l’Union Soviétique et l’absorption de la RDA, peut s’émanciper de l’alliance stratégique avec les États-Unis dans le cadre de la guerre froide.

  3. De la loi Helms-Burton à la loi d’Amato :

La loi Helms-Burton signée le 12 mars 1996 vise à renforcer l’embargo contre Cuba. Elle permet de refuser tout visa aux dirigeants des entreprises non américaines qui utilisent à Cuba des actifs expropriés et nationalisés par la révolution. L’article 3 permet également aux anciens propriétaires cubains expropriés d’attaquer en justice les entreprises qui utilisent leurs anciennes propriétés privées. Cuba est ainsi conçu déjà comme chasse gardée US. C’est une attaque directe contre l’Union Européenne avec qui Cuba traite 45 % de son commerce extérieur. Les Européens protestent mais les USA votent une seconde loi touchant cette fois la Libye et l’Iran accusés de soutenir le terrorisme: la loi d’Amato. Cette loi vise les sociétés vendant à ces pays des technologies ou des équipements pour une valeur supérieure à 40 millions de dollars. Ce sont directement des sociétés européennes qui sont visées : Elf, Shell, Agip, Schlumberger, Technip, etc. De nouveau, les Européens s’insurgent mais sans aucun résultat.

Nous pourrions multiplier ces exemples. Aucun impérialisme ne peut aujourd’hui envisager une confrontation armée avec les USA, mais cela n’empêche pas les impérialistes européens d’entretenir des conflits indirects en utilisant les peuples comme chair à canon. Du conflit avec les islamistes en Algérie au génocide et à l’hécatombe dans l’Afrique des grands lacs, les guerres inter-impérialistes indirectes ont fait déjà des millions de morts. De fait, le conflit réactionnaire au sein de la bourgeoisie ivoirienne a été l’occasion d’une occupation militaire de la Côte d’ivoire par l’impérialisme français.

Les participations européennes aux guerres déclenchées par les USA ne sont pas antinomiques avec l’existence d’une contradiction aiguë entre eux. Le choix américain d’impliquer l’Europe vise à attiser les contradictions au sein de l’UE entre les différents pays. Pour les Européens, une fois la guerre considérée comme inévitable et compte tenu de l’impossibilité actuelle d’un conflit avec les USA, la participation à la guerre vise à participer au partage du butin. Cette tactique de l’impérialisme européen en construction vient de franchir une étape nouvelle au cours du processus qui a conduit à l’agression US contre l’Irak en 2003. La menace de veto et l’option des « inspections pour désarmer l’Irak et non la guerre » a conduit à une crise diplomatique entre le « noyau dur » de l’Union Européenne et les impérialistes anglo-américains. Le rapprochement avec la Russie peut devenir une alliance temporaire nécessitant « le parapluie nucléaire » russe en attendant que l’Union Européenne puisse se doter d’une force de frappe militaire qui, au-delà de l’arsenal français, soit capable de rivaliser avec la puissance de feu US. Quelle ironie de l’histoire !

En participant ou en ne participant pas aux guerres de reconquête coloniale, retenons que les Européens ont les mêmes objectifs que les USA : accès aux matières premières et contrôle des régions géostratégiques.

L’impérialisme européen doit en conséquence se percevoir au travers des contradictions suivantes :

Ces contradictions sont à prendre dans leurs liaisons. Elles font système. Cela suffit pour tordre le coup à l’illusion de s’appuyer sur le plan stratégique sur un impérialisme pour en combattre un autre sur le plan stratégique. Cela est particulièrement vrai pour le Moyen-Orient où de nombreuses illusions peuvent se faire jour quant aux véritables intentions européennes. En effet, dans le cas de la récente guerre contre l’Irak, les Américains ont « terminé le travail » d’une guerre commencée en 1990. La conquête coloniale à laquelle nous venons d’assister est en réalité l’aboutissement d’une guerre multiforme menée contre le peuple irakien par les impérialistes coalisés depuis 1990.

Cette guerre a eu trois visages : - militaire avec la première guerre du Golfe dont Bush père disait qu’elle a « ramené l’Irak à l’âge de pierre », puis le dépeçage de l’Irak au sud et au nord et les bombardements réguliers pendant 10 ans, enfin avec le rouleur compresseur de la guerre de mars et avril 2003 ; - économique avec l’embargo, voté à l’unanimité dès l’automne 1990 par les grandes puissances impérialistes (France comprise, droite et gauche soutenant cette mesure, même si par la suite pour les intérêts de Total Fina notamment l’embargo a commencé à être critiqué et contourné), un embargo qui a tué près d’1.600.000 d’irakiens, qui a placé le pays dans une situation sanitaire dramatique et stoppé tout développement économique; - « désarmement dit pacifique » qui n’a servi finalement qu’au désarmement de l’Irak et de son peuple face à la colonisation armée américaine. Il était évident que l’Irak n’était non seulement pas la fameuse « quatrième armée du monde », mais que l’ONU a été utilisée pour lui ôter toute capacité militaire d’autodéfense, y compris même sur le plan des armes conventionnelles (l’aviation irakienne n’a pu jouer par exemple aucun rôle), à fortiori sur le plan des armes ABC (atomiques, bactériologiques et chimiques) dites de « destruction massive » qui furent le prétexte à l’invasion. Les troupes américano-britanniques ont montré au contraire, à ceux qui pouvaient encore en douter ou l’avaient oublié, que les impérialistes n’hésitent pas à utiliser toutes sortes d’armes conventionnelles ou pas (uranium appauvri notamment) pour causer des destructions et massacres terribles contre un peuple et son armée désarmés. Le monde a assisté en direct à la résistance des kalachnikov irakiens contre les missiles US, à la suite de la résistance des pierres palestiniennes contre les chars israéliens.

En réalité, c’est l’ensemble méditerranéen, moyen-oriental s’étendant à l’Asie centrale qui est analysé comme zone stratégique par l’impérialisme européen. Elle est le terrain d’affrontement le plus virulent des contradictions inter-impérialistes. Pour des raisons historiques, économiques et géopolitiques, cette zone est un terrain dangereux de confrontation entre impérialismes. Au niveau historique, cette zone a été dominée par les différents colonialismes européens qui gardent de nombreux atouts en particulier dans la dépendance des gouvernements des pays méditerranéens et moyen-orientaux. Une lutte féroce de plus en plus oppose les USA et l’Europe pour le contrôle des gouvernements de cet ancien « pré-carré » colonial. Au niveau économique, cette zone recèle une partie non négligeable des ressources en gaz naturel. Si le pétrole a été l’énergie du 20ème siècle, le gaz sera celui du 21ème siècle. Au niveau géopolitique, cette zone fait transition avec l’ensemble du continent africain qui est un autre enjeu des rivalités inter impérialistes.

Cette région du monde est également essentielle au niveau idéologique. Elle a été, est encore un des espaces essentiels des luttes de libérations nationales. De la guerre d’indépendance algérienne aux différents nationalismes arabes (Irak, Syrie, etc.) en passant par la figure de l’Egyptien Nasser, la région a symbolisé la décolonisation et la révolution nationale et démocratique. La résistance palestinienne est aux yeux du monde entier le symbole de la lutte des peuples pour leurs droits nationaux. Si par le passé les USA ont tenté d’utiliser les luttes de libérations nationales pour affaiblir les puissances coloniales, l’Europe tente de se présenter aujourd’hui comme rempart à l’hégémonisme US et à son allié israélien.

Les contradictions fondamentales en œuvre dans le monde

En réalité l’ensemble des contradictions s’aiguise aujourd’hui :

- la contradiction entre le travail et le capital : sur l’ensemble de la planète, la bourgeoisie tente de restaurer son profit maximum en attaquant les acquis des décennies de luttes antérieures.

- la contradiction entre l’impérialisme et le socialisme : les quelques pays de l’ex-camp socialiste encore existants sont soumis à une pression économique et politique sans précédent visant à les contraindre à des concessions de plus en plus grandes au fonctionnement capitaliste de l’économie. L’objectif de cette pression est la dégradation des conditions de vie populaire afin de susciter des contradictions entre masses populaires et dirigeants de ces États Ces pays sont également menacés militairement sous prétexte de « lutte pour les droits de l’homme », de « droit d’ingérence humanitaire », de « guerres préventives », de lutte contre le totalitarisme et de lutte contre le terrorisme.

- la contradiction entre impérialisme et peuples coloniaux, semi coloniaux et dépendants : les politiques du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) poussent ces peuples à la misère. Une véritable recolonisation des pays est en cours. Tout un arsenal idéologique est mis en œuvre pour déstabiliser et pousser à la balkanisation des États nations ou multinationaux qui avaient arraché leur indépendance dans les décennies 50, 60 et 70 : islamisme, ethnisme, idéologie des droits de l’homme, etc.

- la contradiction inter-impérialiste : C’est la contradiction aujourd’hui la plus explosive sur la planète, productrice de guerres derrière lesquelles se cache la lutte pour le repartage du globe avec comme point commun des différents belligérants le besoin de casser les cadres étatiques nationaux (tentative de désintégrer État central congolais, éclatement de l’ex-Yougoslavie, volonté d’éclatement de la Russie et de la Chine, etc.). C’est dans ce combat sans merci que doivent se resituer les contradictions entre les deux blocs les plus dynamiques et offensifs : l’Europe et les USA. La lutte des USA contre l’Europe ne se réalise pas pour l’instant ouvertement. La tactique de l’impérialisme US consiste à détruire les pays « récalcitrants », c’est à dire ceux s’appuyant ou tentant de s’appuyer sur l’impérialisme européen pour desserrer l’étau de la domination US et qui d’une manière et d’une autre sont dirigés par des bourgeoisies nationales qui défendent l’indépendance et la souveraineté nationales.

Ces contradictions se manifestent sur la base de la loi économique fondamentale de l’époque de l’impérialisme, c'est-à-dire du capitalisme arrivé à maturité. J.V. Staline la définit ainsi : « La loi qui convient le mieux à la notion de loi économique fondamentale du capitalisme est celle de la plus-value, celle de la naissance et de l’accroissement du profit capitaliste. En effet, elle détermine les traits essentiels de la production capitaliste (...). Les traits principaux et les exigences de la loi économique fondamentale du capitalisme actuel pourraient être formulés à peu près ainsi: assurer le profit capitaliste maximum par l’exploitation, la ruine et l’appauvrissement de la majorité de la population d’un pays donné, par l’asservissement et le pillage systématique des peuples des autres pays, surtout des pays arriérés, et enfin par les guerres et la militarisation de l’économie nationale utilisées pour assurer les profits les plus élevées » (Les Problèmes économiques du socialisme).

Etats nations ou multinationaux, obstacles a la « re-mondialisation » du capital

« Le capitalisme, en développement, - dit Lénine - connaît deux tendances historiques dans la question nationale. La première : le réveil de la vie nationale et des mouvements nationaux, la lutte contre toute oppression nationale, la création d’Etats nationaux. La seconde : le développement et la multiplication de relations de toutes sortes entre les nations ; la destruction des barrières nationales, la création de l’unité internationale du capital, de la vie économique en général, de la politique, de la science, etc. Ces deux tendances constituent la loi universelle du capitalisme. La première domine au début de son développement, la seconde caractérise le capitalisme déjà mûr et qui va vers sa transformation en une société socialiste » (Notes critiques sur la question nationale, Œuvres complètes, tome 20, p.20).

Depuis la décennie 70, la bourgeoisie impérialiste est confrontée à une crise de surproduction, précisément à une crise profonde de valorisation de son capital du fait de la baisse tendancielle du taux de profit. Pour y répondre le capital monopoliste accélère les processus de concentration et d’internationalisation des capitaux et des profits. La loi absolue du capitalisme, à son stade suprême l’impérialisme, est la recherche du profit maximum. Le résultat est l’exacerbation des contradictions entre impérialismes, une attaque sans précédent contre les niveaux de vie des masses populaires sur l’ensemble de la planète et une recolonisation des peuples opprimés ou dépendants. Cette crise aurait pu être mortelle et déboucher sur une situation révolutionnaire inédite si l’URSS, les pays de l’Est et le Mouvement Communiste International n’avaient pas été gangrenés par le révisionnisme et le réformisme. La disparition du camp socialiste a constitué une bouffée d’air pour un système impérialiste mondial surchargé de capitaux en quête de valorisation. La perspective de nouveaux marchés à l’Est de l’Europe s’est traduite par une lutte sans merci entre les différents impérialismes avec comme conséquence le retour de la guerre en Europe. La disparition de l’équilibre relatif du « monde bipolaire » a frayé la voie à l’ouverture forcée des marchés nationaux aux impérialistes, principalement à l’impérialisme US. Crise de l’impérialisme, notamment du système d’endettement usurier du Tiers Monde et défaite de l’URSS ont impulsé auparavant les plans d’ajustement structurel, les diktats du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale, l’offensive libérale contre les travailleurs et les peuples, puis ont poussé l’impérialisme dans les guerres successives contre les États et les peuples qui résistent à l’hégémonie impérialiste. C’est dans ce cadre que l’impérialisme a substitué à « l’empire du mal soviétique » d’hier le nouvel ennemi qu’il dénomme « États voyous », « terrorisme », « le bien contre le mal », « la civilisation contre la barbarie », etc. En réalité, ce qui est le plus avantageux, le plus commode pour l’impérialisme, c’est la recolonisation pure et simple des pays, régions ou zones où se concentrent les matières premières stratégiques comme le pétrole et le gaz. Voilà pourquoi, les peuples re-subissent, comme au XIXème siècle lors des conquêtes coloniales, la politique de l’asservissement par le feu et le fer. Voilà pourquoi, les pays indépendants comme l’Afghanistan, l’Irak ou la Yougoslavie sont dépecés et/ou soumis à un protectorat par la force. Voilà pourquoi, l’ethnisme ou l’islamisme politique sont utilisés comme moyens d’implosion des États multinationaux et de recolonisation.

Il faut prendre toute la mesure des effets désastreux de la disparition de l’URSS. Cette dernière faisait contrepoids dans le monde entier à la domination de l’impérialisme. Cette contradiction avec l’URSS a en quelque sorte surdéterminée les contradictions inter-impérialistes. C’est ce qui a conduit les USA à aider à la reconstruction des économies européenne et japonaise après la seconde guerre mondiale, même si c’était aussi un débouché pour la production industrielle US. La disparition de l’URSS produit la fin de cette surdétermination, c’est à dire le retour à l’antagonisme «pur » entre les USA et leurs « alliés ». Désormais les USA comptent faire valoir entièrement leur hégémonie.

Dans ce combat inter-impérialiste pour le repartage du monde, les Etats nations ou multinationaux qui défendent l’indépendance et la souveraineté nationales sont devenus une entrave à la reproduction élargie du capital. Les différents impérialismes s’attaquent donc à la structure et à l’existence même de ces Etats en les démembrant, en balkanisant les pays ayant une importance stratégique au niveau économique ou militaire, en soutenant le développement des particularismes ethniques, religieux ou identitaires. En fait comme le disait Lénine en 1915 lors de la première guerre mondiale : « l’impérialisme a développé les forces productives au point que l’humanité n’a plus qu’à passer au socialisme ou bien à subir pendant des années et même des dizaines d’années la lutte armée des grandes puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à l’aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature » (Le Socialisme et la Guerre).

Il ne s’agit pas seulement des Etats nations ou multinationaux du Tiers Monde, mais ce processus de l’internationalisation sanglante du capitalisme baptisée aujourd’hui « mondialisation » touche aussi les anciennes puissances impérialistes coloniales européennes. C’est pourquoi, comme le soulignait déjà Staline le 14 octobre 1952 dans son discours de clôture du XIXème congrès du PCUS, la question de la souveraineté nationale redevient centrale pour tous les peuples et pour les communistes. Même l’Europe, hier sous domination US et aujourd’hui en voie d’émancipation de la tutelle US pour ses propres intérêts impérialistes hégémoniques, n’échappe pas à ce processus : « Autrefois, la bourgeoisie était considérée comme la tête de la nation, elle défendait les droits et l’indépendance de la nation, les plaçant « au dessus de tout ». Maintenant, il ne reste plus trace du « principe national ». Maintenant, la bourgeoisie troque les droits et l’indépendance de la nation contre des dollars. Le drapeau de l’indépendance nationale et de la souveraineté nationale est jeté par-dessus bord. Sans aucun doute, c’est à vous, représentants des partis communistes et démocratiques, de relever ce drapeau et de le porter en avant si vous voulez être des patriotes, si vous voulez devenir la force dirigeante de la nation » (Numéro spécial des Cahiers du communisme, novembre 1952).

L’hégémonisme US et le processus de construction du pôle impérialiste européen posent la question de la défense de la souveraineté nationale comme alternative pour briser la construction d’un impérialisme européen, pour s’opposer à la domination US sur les pays européens et frayer ainsi la voie à la révolution socialiste. L’actualité du « nouvel ordre impérialiste » US et l’accélération de la construction de l’Union Européenne accentuent donc cette exigence.

La doctrine de « la guerre preventive » (xxieme siecle) est une copie de la doctrine selon laquelle « pour obtenir la paix, on doit preparer la guerre » (XIXème et XXème siècles)

Vers 1861, il y a plus de 140 ans, Karl Marx écrivait : « De tous les dogmes des politiques fanatiques de notre temps, aucun n’a causé autant de dommage que celui qui dit : ‘pour obtenir la paix, on doit préparer la guerre’. Cette grande vérité dont la caractéristique notable est qu’elle contient un grand mensonge, est le cri de guerre qui a appelé toute l’Europe à s’armer et à générer un tel fanatisme belligérant, au point que chaque nouveau traité de paix est comme une nouvelle déclaration de guerre, et est avidement exploité. Au moment où les Etats d’Europe (du monde) sont devenus autant de champs armés, dont les mercenaires brûlent du désir de bondir l’un sur l’autre et de se trancher la gorge l’un l’autre pour la plus grande gloire de la paix, la seule considération avant chaque déclenchement de guerre concerne simplement les insignifiants détails de savoir de quel côté on doit être. Aussitôt que cette considération fortuite est réglée de façon satisfaisante par les parlementaires et les diplomates avec l’aide du vieux slogan ‘pour obtenir la paix, on doit préparer la guerre’, alors l’une de ces guerres de civilisation commence dont la barbarie frivole appartient exclusivement à la période la plus moderne de la bourgeoisie impérialiste » (Invasion Collected Works, vol. 16, page 439, traduit par nous). Déjà Karl Marx prévoyait l’émergence de « la période la plus moderne de la bourgeoisie impérialiste » et maintenant longtemps après sa mort l’humanité, après un intermède progressiste de 70 ans grâce à la Révolution Bochévique, au socialisme en URSS et au camp socialiste et des Démocraties Populaires, revit la barbarie de la « re-mondialisation » du capitalisme.

Karl Marx et Friedrich Engels pouvaient dire à l’époque qu’« un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre ». La victoire temporaire de la re-mondialisation du capitalisme a modifié fortement le rapport des forces à l’échelle du monde entre les patrons et les travailleurs, entre les pays dominants et les pays opprimés. La défaite de l’URSS, du socialisme « réel » s’est accompagnée d’une offensive sans précédent du capital pour décapiter idéologiquement et politiquement le mouvement ouvrier. Les vainqueurs de la « guerre froide » ont propagé la « fin de l’histoire », la « fin de la classe ouvrière », « la fin des nations ». Les idéologues de la « mondialisation » ont cherché à atomiser la société en diluant les classes sociales au profit de la notion de « société de marché qui détermine des intérêts individuels ». Ceci est sensé être la nouvelle « Bible éternelle » à la place de l’enseignement scientifique de Karl Marx et de Friedrich Engels selon lequel « l’histoire de toute société est l’histoire de la lutte des classes ». Ils ont aussi dissout les nations et la notion d’Etat dans l’épaisse soupe idéologique de la « mondialisation » pour couvrir le rouleau compresseur du marché mondial qui écrase les petites nations, les petits pays, démantèle les Etats, privatise les économies nationales, transforme les citoyens en clients, réduit les cultures nationales au folklore, etc. C’est justement cela que Karl Marx appelait « la période la plus moderne de la bourgeoisie impérialiste » dont Octobre 1917 et la construction du socialisme avait temporairement dispensé l’humanité. En effet, l’évolution du capitalisme depuis 1945, de la crise générale de l’impérialisme a vu se succéder d’abord la période de « reconstruction » d’après guerre, puis celle d’une stabilité relative du capitalisme qu’on a appelé aussi période « de prospérité ou d’expansion économique », puis enfin la crise de surproduction structurelle des débuts années 70 qui perdure jusqu’aujourd’hui.

La crise générale du système capitaliste mondial fait rage. Le facteur décisif qui va déterminer tous les autres dans les années 45/60 jusqu’à la défaite de l’URSS a été décrit par la « déclaration sur les problèmes de la situation internationale » lors de la fondation du Kominform: « Ce désaccord (entre l’URSS et les USA) dans la détermination des buts de la guerre et des tâches relatives à l’organisation du monde d’après guerre n’a cessé de s’approfondir depuis la fin des hostilités. Deux lignes politiques opposées se sont manifestées: à l’un des pôles, la politique de l’URSS et des autres pays démocratiques, qui vise à saper l’impérialisme et à renforcer la démocratie; au pôle opposé, la politique des Etats-Unis et de l’Angleterre, qui vise à renforcer l’impérialisme et à étrangler la démocratie. Et parce que l’URSS et les démocraties nouvelles sont devenues un obstacle à la réalisation des plans impérialistes de lutte pour la domination mondiale et pour l’écrasement des mouvements démocratiques, une croisade est organisée contre elles. (...) Ainsi deux camps se sont formés dans le monde: d’une part, le camp impérialiste et antidémocratique, qui a pour but essentiel l’établissement de la domination mondiale de l’impérialisme américain et l’écrasement de la démocratie et, d’autre part, le camp anti-impérialiste et démocratique, dont le but essentiel consiste à saper l’impérialisme, à renforcer la démocratie, à liquider les restes du fascisme. La lutte entre ces deux camps, entre le camp impérialiste et le camp anti-impérialiste, se déroule dans les conditions de l’accentuation continue de la crise générale du capitalisme, de l’affaiblissement des forces du capitalisme et de l’affermissement des forces du socialisme et de la démocratie » (Conférence d’Information des neuf partis Communistes en Pologne, septembre 1947).

La première grande étape de la « mondialisation » capitaliste a été la conquête par le feu et le sang des vastes empires coloniaux par les impérialismes européens, principalement à la fin du 19éme siècle. Une fois l’hypothèque que faisait peser sur le système capitaliste mondial l’existence du socialisme, de l’URSS levée, à nouveau reprend la marche infernale de la « re-mondialisation », c'est-à-dire l’internationalisation du capital, laquelle conduit fatalement au fait que « c’est justement la nécessité de réaliser les profits maximums qui pousse le capitalisme de monopole à des actes hasardeux comme l’asservissement et le pillage systématique des colonies et des autres pays arriérés ; la transformation d’une série de pays indépendants en pays dépendants ; l’organisation de nouvelles guerres qui sont pour les brasseurs d’affaires du capitalisme actuel de meilleurs business leur permettant de tirer le maximum de profits, enfin les efforts tentés pour conquérir la domination économique mondiale » (Les derniers écrits de J. V. Staline, 1952-53).

Conclusion : la guerre inter- imperialiste mondiale est inevitable

Comparaison n’est pas toujours raison, mais force est de constater que la reprise du processus d’internationalisation du capital et de recolonisation en cours impulsé par l’hégémonisme américain actuel et partagé par l’Europe impérialiste en construction n’est que le retour à l’échelle de la planète de la politique d’exportation du capital et de conquête coloniale menée par les puissances européennes à la fin du XIXème siècle (avec à l’époque l’Angleterre comme puissance dominante et hégémonique).

Cette première étape de la « mondialisation » du capitalisme par le canon et la mort déboucha sur la guerre inter- impérialiste de 1914-1918, confirmant les justes paroles de Lénine selon lesquelles « il n’est pas possible d’avoir une paix durable et démocratique sans renversement de l’impérialisme ». L’histoire retiendra que c’est au cours de ce conflit militaire inter-impérialiste que surgit la Révolution Socialiste d’Octobre 1917, laquelle stoppa pendant 70 ans l’expansion continue du capitalisme à l’échelle mondiale.

C’est à cette répétition générale que le Mouvement Communiste en reconstruction, le prolétariat international et les peuples opprimés doivent se préparer pour s’acquitter de la mission historique : Renverser la dictature du capital.

Cercle Henri Barbusse

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