Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org

Réseau Résistance Suisse (Colombie), José Vicente Galet*

Les expériences de travail du parti dans les fronts antiimpérialistes et dans les fronts contre la guerre

Zurich - la Suisse, avril 2003

Il a été et sera unanime la voix des partis marxistes-leninistes contre les menaces de guerre et de la guerre même. La défense de la paix est la consigne, mais pas la paix qui proposent et imposent les puissances, mais une paix libre et souveraine dans la justice sociale. Le nouvel ordre international que veut imposer l'empire américain empêche la corrélation juridique déjà faible de l'organisation de Nations Unies et met en question la capacité de réponse des autres puissances.

Bien que la paix doive être au-dessus de tout, les Etats-Unis passent au-dessus de tous.

Le droit international est devenu l'instrument juridique d'ordre international qui permet à un réduit groupe d'États d'exercer sa suprématie sur le reste du monde non seulement à travers le pillage économique et l'usure financière, mais aussi avec la violence armée, la terreur, avec de véritables actes de banditisme international.

Les pays impérialistes ont défini le Droit International, afin de garantir leurs intérêts économiques et stratégiques et de soumettre toute tentative de soulèvement et d'opposition à leur hégémonie.

Aujourd'hui nous assistons à un processus logique prévu, comme dirait Marx : le capitalisme avance vers un état supérieur. Pour l’impérialisme, aujourd'hui, les Etats doivent entrer dans un processus de transformation de l’économie que les Cubains appellent une économie transnationale. Le capitalisme doit alors chercher deux possibilités pour trouver des espaces qui prolongent sa survie: à savoir, la guerre inter-imperialiste ou à la crise économique et c’est à cela que nous assistons aujourd'hui.

Le capitalisme, comme système, n'a pas une autre issue à sa propre crise que la destruction massive des forces productives. D'abord, la force de travail de millions d'êtres humains. C'est-à-dire, l'essence même de l'humanité. Ceci explique que tandis que les êtres humains sont capables de produire des aliments pour le triple de la population mondiale, plus d'un tiers meurt littéralement de faim.

Le capitalisme monopoliste transnational peut alors éliminer une grande partie de la population, pour eux, superflues et inutiles ; ils peuvent tuer 2000 iraquíens, ils peuvent laisser mourir quelques millions d’hommes, femmes et enfants en Afrique, en Asie et en Amérique latine, mais la grande tragédie du capitalisme est qu'il ne peut pas exterminer tout le monde.

L'expérience historique du mouvement communiste nous apprend que la tendance à la solidarité internationale, à l'aide mutuelle et à la coordination d'actions, qui est une tendance consubstantielle aux partis frères, reçoit un élan particulièrement puissant dans les périodes critiques du développement mondial. Tel est précisément le moment que nous vivons actuellement, un moment où augmentent brusquement les influences que les facteurs internationaux exercent dans la vie politique interne et dans les contradictions de classe, dans lesquelles les forces de l'impérialisme essayent de renforcer leur alliance militariste et contre révolutionnaire, en mettant en danger la paix et le progrès social.

Les secteurs les plus réactionnaires de l'impérialisme s'efforcent dans tous les fronts, et par tous les moyens de prendre la revanche sociale des défaites historiques souffertes, en essayant d'obtenir la supériorité stratégique et imposer leur domination dans toute la planète. La politique de confrontation, guerre préventive et armamentisme de l'administration américaine aggrave la menace d'une troisième guerre mondiale. Toutefois, les mobilisations récentes contre la guerre et de rejet à la politique impériale, mettent en évidence le réveil continu, décidé, croissant d'une énorme force de paix qui loge dans son sein le parti marxiste-leniniste en créant un front anti-impérialiste qui cherche à faire face aux intérêts du capital.

La crise du capitalisme et ses contradictions créent une base réelle pour la formation d'une coalition mondiale de la raison, d'une coalition de tous les adversaires à la guerre, qui pourrait compter sur les communistes, des sociaux-démocrates, pacifistes, représentantes des pays socialistes, parlementaires, membres des gouvernements, organisations sociales

Je sais que rassembler à tous ceux qui plaident pour la paix et le progrès social c'est une tâche vive, contradictoire et difficile. Mais il est aujourd'hui plus urgent que dans le passé. Les succès atteints dans l'action conjointe justifient les efforts qui doivent être apportés d'une partie et d'une autre, pour dépasser les préjugés et les idées préconçues, en essayant toujours d'établir un climat de respect mutuel, favorable à la recherche patiente de solutions acceptables.

Les expériences dans les fronts antiimperialistes sont positives, et ils sont encadrés depuis la première rencontre qui a eu lieu au Montenegro en Yougoslavie en 1997, comme expression de protestation contre l'agression de l'OTAN, jusqu'aux rencontres récentes comme celui de la France, qui a eu lieu en février de cette année, mais il manque beaucoup à consolider, nous avons besoin avec urgence d’un front large, qui devienne une tribune de la lutte antimperialiste, ça vaut la peine de donner suite à cette expérience. Nous ne devons pas méconnaître qu’après l'éboulement de l'URSS et de la proclamation du "Nouvel Ordre Mondial" par les Etats-Unis les possibilités d'atteindre la victoire dans un seul pays sont très limitées.

L’action conjointe du Front Antiimpérialiste a son fondement dans la diversité et la décentralisation. Mais tout comme il n'y a pas lutte sans unité, il ne peut pas y avoir unité sans lutte. Un profond débat d'idées est aujourd'hui indispensable sur qui est l'ennemi principal, contre qui doit être dirigé le bord principal de la lutte et tout doit signaler contre le système économique et politique néo-libéral. Aujourd'hui, tant dans le Front Large, que entre tous les progressistes et révolutionnaires, la ligne de délimitation fondamentale, est de combattre ou non contre les projets de l'ennemi principal de tous les peuples du monde.

Combattre conséquemment contre la globalisation, contre l'exploitation, les guerres, les abus contre les droits humains, la destruction de l'environnement et l'immense fossé entre les pays riches et pauvres, doit nous diriger nécessairement à combattre le principal appui de tout le système capitaliste dans le monde, bien au-dessus de tout autre puissance, les Etats-Unis en tant que plus haut responsable de la globalisation. C’est celle ci la principale bataille à mener dans le Front

Pour donner des coups à notre ennemi, pour freiner son offensive, une coordination internationale est urgente, le Front, que nous construisons. La victoire d’un seul pays sans l’appui et la participation du mouvement antimperialiste mondial, est suprêmement difficile.

Les débats pendant les rencontres qui ont été effectuées démontrent qu'il manque encore un chemin considérable pour que le Front devienne un instrument de lutte efficace et solide. Nous ne pouvons pas construire un front seulement sur les généralités antimpérialistes, sans avoir une plate-forme politique claire qui assume d’une façon critique les expériences positives et négatives.

Nous croyons que des sujets de grande importance comme ceux que je mentionnerai ensuite requièrent notre réponse commune et méritent un consensus que jusqu’au présent n'a pas été obtenu, ceux-ci seraient entre autres, ces sujets :

* L'appui ferme et inconditionnel au processus d'insurrection politique et armée que vit la Colombie et qu'incarnent les groupes insurgés, comme opposition politique et militaire ferme au modèle économique néo-libéral non seulement en Colombie, mais dans la toute Amérique latine et dans le monde.

* L'appui à tous les mouvements, peuples et nations qui combattent contre l'impérialisme pour leur pleine souveraineté, comme le cas de l'Irlande, Le Congo, Philippines entre autres.

* Malgré les expériences négatives des processus de paix dans le Sud et l'Amérique Central et le Moyen Orient, nous ne pouvons pas nous opposer aux négociations et les dialogues comme voies de solution aux conflits armés, sociaux et politiques.

* Il faut souligner que la lutte armée, comme dans le cas de la Colombie aujourd'hui est essentiel et indispensable pour obtenir les changements que demande le pays, étant donné que l'État et son gouvernement a fermé les portes à toute possibilité d'une issue politique négociée.

À l'égale de la lutte et de l'action commune, le Front Large doit avancer dans la clarification pragmatique. Par conséquent il est de notre tâche de pousser cette clarification par le biais de séminaires théorique-pratiques.

Un Front combattif a besoin d'un centre international qui a le mandat des organisations et des courants participant et qui est chargé de promouvoir les campagnes accordées et à les coordonner.

Le parti par conséquent, fait la proposition de prendre part des manifestations qui interrogent minimalement le bellicisme en cours,(Bellicisme de l’impérialisme) mais nous le faisons en posant la nécessité d'un FRONT UNIQUE ANTIMPERIALISTE, qui rejette le pacifisme impuissant, en projetant le sentiment populaire pour la paix vers le seul chemin possible de victoire : la guerre totale au capitalisme, dont l'Impérialisme que nous souffrons est son pire expression de barbarie.

* Colombien Défenseur de Droits Humains exilé en Suisse, Réseau Résistance Suisse, Coordination Campagne Européenne l'Autre Colombie est possible dans la Paix et la Justice Sociale.