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Nadine Rosa-Rosso, Parti du Travail de Belgique (PTB)
The
political and tactical tasks of the communists facing the issue of war
Le Parti du Travail de Belgique a consacré son septième congrès pendant
l’année 2002 à redéfinir la stratégie politique, idéologique et organisationnelle
du parti dans la nouvelle situation internationale.
Dans ce but, les débats du congrès ont été centrés sur quatre questions essentielles
:
1°) la position des communistes face à la mondialisation
2°) la position des communistes face à la construction européenne
3°) la conception d’un parti communiste adapté aux réalités du 21ème siècle
4°) la révision des statuts du parti, inchangés depuis son congrès de fondation
en 1979.
Beaucoup des délégués au congrès ont estimé que les thèses débattues et les
orientations adoptées par le 7ème congrès du parti constituaient en quelque
sorte un acte de refondation.
Naturellement, l’essence même de l’orientation révolutionnaire du parti et de
son organisation de type léniniste n’a pas été modifiée.
Mais les conditions internationales et aussi nationales dans lesquelles le parti
doit maintenir ces orientations sont fondamentalement différentes de celles
des années 70, années de fondation du parti.
C’est d’ailleurs cette incapacité à s’adapter aux conditions nouvelles qui avaient
nécessité un congrès de rectificaiton du parti, le 5ème congrès du parti, qui
s’est tenu en &995 et qui a produit les thèses que vous pouvez trouver dans
« Parti de la Révolution ».
Vous pouvez trouver toutes les thèses ainsi que les statuts révisés dans ces
deux petitslivres, qui sont aussi disponibles à notre stand.
Je vous surtout vous expliquer comment nous avons traduit ces thèses dans notre
pratique.
Le nouveau Comité Central élu par notre 7ème congrès a élu un nouveau Bureau
Politique, plus large que le précédent, et dont les candidats ont été sélectionnés
en fonction de leur capacités spécifiques à mettre en pratique les nouvelles
orientations. Les 6 axes élaborés dans IMPACT (Internationaliser, Moderniser,
Professionaliser, Agrandir, Communiquer et le Tous ensemble pour la politique
de front) sont tous représentés au sein du Bureau Politique.
Le Bureau Politique est devenu un organe chargé de diriger personnellement tous
les aspects de la vie du parti, de son organisation de la jeunesse et du front.
Il doit veiller à ce que toutes les orientations du congrès et toutes les décisions
du Comité Centrale soient réalisées selon un plan central.
Cela peut sembler évident, et pourtant, cela a nécessité une profonde réorganisation
de la direction. Le Bureau Politique a aussi été rajeune par l’arrivée de plusieurs
jeunes cadres, tout en préservant l’expérience des cadres fondateurs du parti
au sein du même organe.
Deuxièmement, le Comité Central qui a lui-même été élargi dans sa conception
à la jeunesse et au monde du travail, en particulier les syndicalistes, s’est
réuni le 10 août 2002, quelques semaines après son élection pour définir une
résolution centrale qui unifie tous les secteurs du parti.
Cette résolution, appelée simplement « Résolution du 10 août du Comité Central
», fixe un objectif commun à toutes les unités parti, de haut en bas, ainsi
qu’à l’organisation de la jeunesse et à toutes les organisations de front dirigées
par le parti, à savoir :
« Construire un front révolutionnaire, à l’échelle du continent européen, contre
la guerre et pour la défense du socialisme ».
La nécessité et l’urgence d’un front révolutionnaire contre la guerre à l’échelle
du continent peuvent sembler évidentes aujourd’hui.
Mais en août 2002, elles n’apparaissaient à bon nombre de membres du parti,
y compris et à commencer parmi les membres du Comité Central et même du Bureau
Politique.
D’abord, pendant l’été 2002, la situation internationale était différente. Bien
sûr, il y avait déjà eu la guerre contre l’Afghanistan. Mais pour beaucoup elle
apparaissait encore seulement comme une réaction, condamnable certes, aux attentats
du 11 septembre, mais pas comme le début de l’offensive généralisée et systèmatique
de l’impérialisme US.
La conscience que la guerre allait affecter tous les aspects de la vie des travailleurs
n’était pas non plus très élevée.
Certains dans le parti voulaient donner la priorité à une campagne contre les
privatisations imposées par l’Union europénne.
Et comme souvent, la tendance à ne voir que les préoccupations de son propre
secteur de travail s’opposait au développement d’une tâche centrale commune
pour tout le parti, telle que la résolution du 10 août du Comité Central la
formulait.
La résolution a précisé plusieurs points pour la création et le développement
du front contre la guerre :
1. Le front est avant tout dirigé contre l’impérialisme américain, et
c’est dans le cadre de cette lutte que nous poursuivon notre combat contre le
caractère impérialiste et antipopulaire de l’Union européenne.
Il y avait à cela deux raisons principales : la première est que l’orientation
vers la guerre est initiée par les USA et que c’est la seule puissance impérialiste
capable en ce moment de mettre cette orientaiton en partique. La deuxième raison
découle de la première, à savoir que le sentiment anti-américain se développe
dans les masses et que c’est aux communistes de diriger politiquement et pratiquement
cette colère. C’est pour cette raison que nous avons baptisé ce front : « Stop
USA » (United States of aggressions)
2. C’est un front révolutionnaire, qui doit être dirigé par les communistes
et la classe ouvrière. Dans ce point, nous avons eu un débat sur la priorité
à donner à la part de la classe ouvrière qui est issue de l’immigration, et
en particulier de celle issue des pays arabes. Ceci a débouché sur l’alliance
avec l’AEL (Ligue arabe européenne), association antiimpérialiste et antiraciste
radicale présente en Belgique et dans certains autres pays européens. Nous avons
aussi demandé à Roberto D’Orazio, dirigeant ouvrier de Clabecq et bien connu
dans notre pays, de faire partie des initiateurs du front contre la guerre
3. La troisième caractéristique du front que nous avons stipulée est qu’il doit
être essentiellement portée par la jeunesse, qui a déjà prouvé sa capacité à
se mobiliser contre la mondialisation et les sommets européens. Puisuqu’il s’agit
d’un front à long terme, il est essentiel que la nouvelle génération apprenne
à y faire ses armes et à se former comme futurs dirigeants de masse de ce front.
Pour mettre cela en pratique, nous avons pris de nombreuses initiatives avec
notre organisation de la jeunesse. Tout d’abord elle a tenu un congrès d’unification
et y a adopté ses nouvelles formes d’organisation, sous le slogan central «
Chenge the Wolrd ». Notre organisation de la jeunesse a organisé un voyage de
100 travailleurs volontaires au Vietnam, avec des délégations d’autres pays
européens, pour y apprendre à la fois à défendre le socialisme et à comprendre
les conséquences meurtrières à long terme des agressions de l’impérialisme américain.
Nos jeunes ont aussi formé des brigades « Che-Leyla » pour faire le lien entre
la lutte anti-impérialiste menée par Che Guevara et la lutte du peuple palestinien.
D’ailleurs, un nouveau voyage de 100 jeunes est actuellement en préparation
pour le travail volontaire en Palestine à l’été prochain.
La résolution du Comité Central a été étudiée et discutée dans toutes les unités
du parti, avec l’aide d’une présentation en PowerPoint et la présence de cadres
du parti.
Tout cela nous a permis de mettre très rapidement sur pied le front Stop USA
et d’être reconnus, même par nos ennemis, comme les leaders incontestés en Belgique
du front contre l’impérialisme américain. Nos médecins, nos avocats ont eux
aussi appliqué cette résolution avec fermeté. Trois de nos médecins sont partis
à Bagdad juste avant et pendant la guerre ; nos avocats ont intenté un procès
contre le gouvernement belge à propos du transport d’armes sur le sol belge
et un nouveau procès est en préparation contre le général américain Tommy Franks.
Avant même que nos ayons pu déposer la plainte , la Maison Blanche a déjà réagi
et toute la presse américaine et internationale harcèle nos avocats de questions
! Tant le travail de nos médecins que celui de nos avocats ont ouvert des opportunités
énormes pour élargir le front, dans notre pays comme dans le monde entier.
Je voudrais d’ailleurs terminer cette intervention par un appel concret. Dans
la mise sur pied de Stop USA, nous avons pu bénéficier de l’expérience du travail
remarquable que fait ANSWER aux Etats Unis. Nous aimerions maintenat que notre
expérience puisse servir à d’autres partis et organisations communistes sur
le continent. Il est donc particulièrement urgent non seulement d’échanger nos
expériences à ce sujet, mais de conclure des accords pratiques pour voir comment
développer ce front à l’avenir.
Pour le Bureau politique, c’est Jo Cottenier qui a la responsabilité de la construction
de ce front. J’espère qu ‘après m’avoir entendue, beaucoup d’entre vous auront
l’envie de le contacter et de fixer des rendez-vous avec lui pour aller de l’avant
dans la pratique.