Contribution au 12ème séminaire communiste international
"Le Parti marxiste-léniniste et le Front anti-impérialiste face à la guerre"
Bruxelles, 2-4 mai 2003

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Argentine PCR

L’attaque contre l’Irak conséquences sur la situation mondiale. Le capitalisme dans sa phase imperialiste mene a une crise sans precedent

Quand l’invasion de l’Irak par une coalition dirigée par les Etats unis commençait sans attendre l’appui de l’ONU, la décision des monopoles américains était de fuir le fantôme de la récession, les effets de l’explosion de la « bulle » (burbuja) financière et l’accroissement du déficit. Bref, fuir la crise.

Depuis juillet 1997, quand elle est apparue dans le sud-ouest asiatique, le monde fut bouleversé par cette crise économique. Elle a rebondi en octobre de cette année dans d’autres pays asiatiques. Elle est apparue au Japon. La chute de Wall Street a eu lieu en août l998 et quelques jours après, le « crac » de Moscou. Les bourses d’Europe et celles des Etats-Unis sont menées au bord de l’abîme, mais elles ont pu se sauver avec des grandes difficultés.

En janvier 1999, on a connu la chute du « real » brésilien et en quelques jours le Brésil a perdu la moitié de ses réserves. Tout le « Mercosur » s’est effondré et la politique économique de Menem en Argentine a été fortement atteinte.

L’affirmation du PCR (décembre l977) a été démontrée: « L’explosion des bourses dans les pays du Sud-ouest asiatique qui a infecté d’instabilité et d’incertitude le monde entier, elle annonce une crise prolongée dans le procès d’accumulation capitaliste à échelle mondiale » et celle de janvier l998 « la crise est mondiale, profonde, elle durera longtemps et aura un effet « domino ».

Cette caractérisation s’opposait à dix années de théories et pronostics de la plupart des analystes de droite et des révisionnistes qui affirmaient premièrement, que la crise c’était une « invention » des impérialistes pour opprimer plus encore les pays émergents. Ensuite, ils ont dit que la crise était seulement un « accident » qui pourrait même finir par être une « pause rafraîchissante ».

C’était vraiment une crise classique de superproduction relative, qui atteignait l’économie capitaliste dans son ensemble et l’économie nord-américaine en premier lieu. C’était l’expression des contradictions les plus profondes qui rongent les entrailles de ce capitalisme dans sa phase impérialiste, qu’on tentait de faire apparaître comme un capitalisme sain, vigoureux et en expansion, en train de vivre une phase rajeunissante par l’action de la « globalisation ». C’était en fin la démonstration de la théorie du marxisme léninisme, selon laquelle l’aspect principal de l’impérialisme est toujours « le capitalisme parasitaire ou en état de décomposition » (Lénine, L’impérialisme, stade suprëme du capitalisme).

La crise mene a la guerre

Le capitalisme nord-américain a pu sortir de la crise de l929 avec la Deuxième Guerre Mondiale et toute sa prospérité postérieure a été liée à la guerre. Les frais de guerre en ont fait le gendarme international du capitalisme. Pendant la Guerre du Vietnam, les Américains ont réalisé des investissements d’environ 500.000 millions de dollars, ce qui a produit un énorme déficit et a conduit à la chute de l ‘ assurance en or du dollar et des accords économiques internationaux qui ont suivi la Deuxième Guerre Mondiale.

En raison de l’absence de guerre, le capitalisme monopoliste nord-américain a diminué sa croissance, a augmenté sa concentration monopoliste et de cette manière, tous les aspects spéculatifs ont été renforcés .

La croissance de ces aspects spéculatifs du capital financier est monstrueuse. « Moins de 2% du montant mondial de changement de devises sont dus au commerce extérieur, la différence de 98% a son origine dans toute sorte de spéculations » (Amayta Sen, Nobel d’Economie l998)

La restauration capitaliste en Russie (l957) et en Chine (l978) et l’effondrement de l’URSS ont permis la croissance du capitalisme nord-américain et occidental pendant dix ans. Mais la croissance du PBI est restée très inférieure à celle des périodes précédentes. La taxe des revenus des monopoles tombe. A cause de la diminution de la rentabilité des investissements dans la production ils doivent les conduire à la spéculation financière et hypothécaire, et dans les jeux «au futur ». Ils ont transformé l’économie mondiale en une immense roulette.

Pour décharger sa crise sur le reste du monde, il faut que la politique belliciste des EU et les autres pays impérialistes augmente.

La criminelle agression de l’OTAN en Yougoslavie, commandée par les EUA, a produit un brusque changement de la situation internationale. L’agression a été faite sans utiliser (comme dans la Guerre du Golfe) la masque de l’ ONU. Il est évident que les puissances impérialistes, les Etats Unis en premier lieu, se proposent d’intervenir dans tous les endroits de la terre pour défendre et augmenter leurs intérêts impérialistes.

D’autre part, l’invasion russe en Tchéchénie, a démontré de nouveau que la possession et le contrôle du pétrole est une partie fondamentale de la lutte inter-impérialiste pour contrôler les zones d’influence -

Cette tendance se renforce avec l’invasion américaine de l’Afghanistan, en utilisant le prétexte des événements du 11 septembre.

La nouvelle invasion de l’Irak, son bellicisme sans mesure, exprime la nécessité des Etats Unis de sortir de la crise grave et leur intention de contrôler le pétrole. Mais surtout, elle montre la décision d’imposer aux autres puissances une nouvelle division des zones d’influence, sans attendre la croissance du pouvoir de Chine, qui en quelques années serait en condition de s’y opposer avec des possibilités de triomphe.

On ignore si l’agression continuera avec la Syrie ou l’Iran. Mais c’est sûr qu’avec la collaboration des sionistes meurtriers les Américains tâcheront de réorganiser la Palestine voire tout le Moyen Orient.

L’agressivité des impérialistes nord-américains et anglais et l’approfondissement des contradictions entre les impérialismes, les plus fortes depuis la fin de la Guerre Froide, rend l’avenir imprévisible.

Des milliers de théories, des dizaines de bibliothèques, des illustres penseurs de la droite et de la « gauche », les révisionnistes défenseurs des « utopies », de la « seule résistance », de la lutte pour les « interstices » de J. Holloway ( qui nie la possibilité de la révolution et qui a dit « la guerre d’Afghanistan n’est pas notre guerre»), et les nouveaux défenseurs de la théorie de Kautsky de «l’ultra- impérialisme», comme les thèses de Hard et Negri qui détachent «l’empire», des états impérialistes, toutes sont tombées, écrasées par le ridicule. L’appui des révisionnistes, des cercles académiques, universitaires, des revues et journaux des états réactionnaires n’a pas suffi.

Au contraire, la définition léniniste est plus que jamais d’actualité: «1) La notre c’est l’époque des impérialismes et de la révolution du prolétariat, 2) le développement inégal de l’impérialisme et la nécessité des pays impérialistes d’appeler à la guerre pour se distribuer le monde et 3) l‘impérialisme a divisé le monde entre les nations qui oppriment et celles qui sont oppressées, le prolétariat lutte pour ces dernières et les révolutions de libération nationale s’unifient à la révolution prolétaire mondiale..

Un monde multipolaire

Tout le processus qui a conduit à l’invasion de l’Irak renforce la thèse qui affirme que malgré la politique des EUA d’établir un monde UNIPOLAIRE «se renforcent les caractéristiques d‘un MONDE MULTIPOLAIRE, et l’idée que la politique expansionniste des divers impérialismes et la lutte aiguë entre eux pour les marchés, a mis le monde dans une grande instabilité » (8e Congrés du PCR)

Après l’effondrement de l’URSS, les Etats-Unis sont restés l’unique superpuissance économique, politique et militaire du monde. Mais on peut parler de trois puissances militaires: les EU, la Russie et la Chine. Economiquement, il y a quatre puissances principales: les EUA, l’Europe (quand la plupart des pays qui la composent agissent unis), le Japon et la Chine. Et politiquement ils sont cinq: les EUA,le Japon, l’Europe, la Russie et la Chine.

Il est évident aujourd’hui qu’on ne peut vraiment résoudre aucun problème politique sérieux dans le monde, sans prendre en compte les intérêts de toutes ces puissances.

Les contradictions entre les impérialismes peuvent être utilisées par les révolutionnaires et les peuples du monde. C’est ce que nous ont appris la théorie et la pratique de Mao Tse Tung pendant la guerre contre le Japon. Nous avons aussi l’expérience de la Guerre des Malouines Mais on ne doit jamais subordonner les intérêts de la classe ouvrière et du peuple aux intérêts d’un groupe d’impérialiste. Reposer sur un impérialisme pour lutter contre un autre impérialisme a été la cause de grandes tragédies et de grandes souffrances des révolutionnaires et des peuples. Dans notre pays, même les patriotes les plus démocratiques de la Révolution d’Indépendance en 1810 en vinrent à déclarer: «Pas de maître ancien, pas de maître nouveau».

Pour les intérêts du peuple irakien il est très important que la plupart des puissances n’aient pas permis l’approbation de l’ONU à l’invasion. Ceci est positif, dans la mesure qu’on n’oublie jamais que TOUTES ces puissances ont signé la Résolution l44l qui a déclenché la guerre, soutenu le blocus et désarmé l’Irak, en vue de participer du partage du pétrole. Et même aujourd’hui, tandis que le peuple irakien verse son sang pour défendre son indépendance, elles cherchent à ne pas être exclues du partage «post Saddam».

La lutte du peuple et de la nation irakiene

Avec son sang, l’héroïque peuple d’Irak montre qu’un petit pays peut résister à l’agression de la plus grande puissance militaire de la Terre. Comme cela fut démontré déjà en Yougoslavie, en Tchéchénie et pendant l’autre invasion de l’Irak en l99l.

La guerre n’est pas seulement une addition et soustraction de technologie et des forces militaires, mais principalement une question POLITIQUE. L’impérialisme ne veut pas « tout détruire », mais dominer. Et c’est pour cela que le facteur fondamental qui décide les guerres c’est l‘homme, et pas les armes.

Mao Tse Tung disait en l970 : celui qui soutient une cause juste obtient un large consensus, mais celui qui soutient une cause injuste obtient un petit appui. Un pays faible peut vaincre un pays plus fort. Le peuple de ce petit pays doit oser commencer la lutte, prendre les armes et peser sur le destin du pays, de cette façon il pourra indéfectiblement vaincre le pays agresseur. C’est une loi de l’histoire ».

L’impérialisme pourra gagner pour un temps (ou temporairement) la bataille militaire, mais politiquement il l’a déjà perdue. Dans ce cas, le peuple d’Irak continuera la guerre pendant plusieurs années, jusqu’à obtenir son indépendance. Tôt ou tard.

Les masses du monde entier sont contre la guerre et luttent pour la défaite des Etats Unis et le triomphe de l’Irak. Nous voyons une grande vague anti-impérialiste, plus grande encore que celle provoquée par la lutte héroïque du peuple vietnamien.

Une grande vague qui approfondit la marée de luttes antérieures. Ce qui est particulièrement vérifié en Amérique du Sud: au Paraguay, en Equateur, en Colombie, au Venezuela, en Bolivie, en Argentine, etc. Une vague qui va décupler les luttes des révolutionnaires et des peuples du monde Arabe, et du Tiers Monde, ce qui peut provoquer des crises politiques dans les pays qui ont appuyé ouvertement ou secrètement l’invasion, même dans le peuple nord-américain.

Le rôle de la jeunesse et des femmes dans ces luttes est particulièrement important et aura une grande signification dans l’avenir.

Dans notre pays, l’Argentine, cette vague anti-impérialiste s’additionne à la situation révolutionnaire ouverte pour l’augmentation des luttes du peuple, commencée en l993 et les crises politiques, dont la plus forte fut l’ «Argentinazo» du l9 et 20 décembre du 2001.

L’unité entre la lutte révolutionnaire des masses et la solidarité avec le peuple irakien a multiplié chez nous, à cause du rôle impérialiste des Etats Unis à l’intérieur de notre pays et sa responsabilité dans les politiques de faim, de chômage et de soumission du FMI et en même temps parce que l’impérialisme anglais occupe militairement une partie de notre territoire: les îles Malouines.

Les communistes doivent être aux côtes des pays opprimés et lutter contre l’impérialisme agresseur. Nous tous qui avons eu cette position de principes à l’occasion de la Guerre du Golfe, de l’agression à la Tchéchénie, de l’invasion d’Afghanistan pouvons aujourd’hui être en tête de cette vague et la diriger, non pas vers le « pacifisme », mais vers l‘anti-impérialisme combatif. Cette discussion, au sein du front uni contre la guerre, est favorisée par le caractère brutal et cynique de l’invasion.

La responsabilité des marxistes-léninistes, des révolutionnaires de l’Argentine et du monde entier pour continuer à diriger le combat anti-impérialiste et renforcer les luttes de nos classes ouvrières et de nos peuples pour la révolution est plus grande que jamais.

12/04/2003