Contribution
au Séminaire Communiste International
'Crises économiques et possibilité d'une crise mondiale majeure'
Bruxelles, 2-4
mai 2002
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org
Sénégal
Parti africain pour la démocratie et le socialisme (And-Jef / PADS Sénégal)
Globalisation, fragilisation des économies périphériques, crises sociales
Ni les relations bilatérales, ni celles multilatérales entre Etats n'échappent a cette réalité. Il y a comme une sorte de consensus de fait véritable chape de plomb au dessus de la tête des Etats surtout ceux à économies fragiles.
L'équilibre des forces est aujourd'hui rompu avec la disparition du bloc soviétique C'est la captation des économies périphériques avec un contrôle total des milieux financiers dans les rapports nord -sud, de sorte que le transfert de technologie est relégué au second plan.
Les grandes organisations financières du système des nations unies (FMI, Banque Mondiale ont été conçues pour réguler l'économie mondiale en termes d'appuis, d'accompagnement et, de soutien aux économies parmi les moins développées.
Avec la chute du mur de Berlin, nous assistons à une plus grande expansion de l'économie libérale et l'influence de ces organisations devient totale sur les économies en particulier sur celles de la périphérie.
A côté de leur intervention, il y a des sociétés tentaculaires multinationales qui par fusions successives généralisées depuis la fin du 19ème siècle et au cours du 20e siècle ont abouti à la fusion du capital bancaire et du capital industriel pour donner le capital financier.
Ces sociétés ont fructifié des capitaux gigantesques et exercent une grande influence sur les économies fragiles. Elles se manifestent ainsi dans l'achat des sociétés en difficultés financières dont les déficits sont très importants.
La fin du 20e siècle et le début du 3ème millénaire sont marqués ainsi par ces multinationales à capitaux importants, transfrontalières, mais aussi par l'influence très grande du FMI et de la Banque Mondiale qui initient et dictent des politiques économiques. Cela va avoir des incidences très négatives au niveau des pays sous-développés. Ces pays sont pour la plupart des ex-colonies qui ont connu une économie captive, dépendante, une absence de souveraineté dans la prise de décisions stratégiques.
La vocation de ces pays dans le cadre de la division internationale du travail, c'est de fournir des matières premières et servir de débouchés aux produits manufacturés. Ce système a d'ailleurs très peu évolué jusqu'à ce jour malgré l 'accession de nombreux de ces pays à l'indépendance.
Dans la nomenclature ces pays sont ceux de la périphérie par rapport à ceux du centre (EUROPE - AMERIQUE DU NORD). En dépit des politiques nationales entreprises après les indépendances sous le coup du nationalisme avec l'essor des bourgeoisies nationales qui tentèrent d'entreprendre une dynamique autonome nationaliste.
Ces dynamiques ont très peu résisté aux soubresauts. Les incidences de la guerre froide ont bloqué leur épanouissement. Mais il y a eu aussi la grande crise pétrolière de 1973 (la crise du Kippour) quand les pays arabes brandirent le pétrole comme arme économique et politique.
Au fur et à mesure du renchérissement du prix du pétrole, les pays du centre vont beaucoup souffrir, ce qui va entraîner un blocage total des économies à la périphérie avec un renchérissement du coût de la production de tous les produits manufacturés et toute l'économie en sera affectée.
Les années 70 marquèrent le début d'une plus grande fragilisation (presque la banqueroute) des économies périphériques.
Il a fallu donc faire appel aux organisations financières (FMI et BM) qui vont ainsi (pour tenter de relever les économies) imposer un certain nombre de conditions.
Entre autres, l'annulation des budgets sociaux, ou leur réduction au minimum. Ainsi, seuls les secteurs dits " productifs méritaient d'être appuyés. (Energie, industrie, PME, PMI). Ceux dits improductifs sont essentiellement la santé et l'éducation, des secteurs qui développent pourtant la qualité des ressources humaines.
Ceci va agenouiller davantage les masses quand on sait que par le fait de l'inflation et le mauvais partage des richesses (relativement faibles), les crises sociales vont se manifester et se développeront toutes ces convulsions vont aboutir à la remise en cause des pouvoirs en place dans un contexte de guerre froide où les menaces de révolutions se faisant sentir, l'occident va encourager voire même imposer la démocratisation, le multipartisme afin de légitimer par des élections des régimes fréquentables, et faire partir de manière assez élégante certaines dictatures trop entachées par des élections organisées sous la supervision d'observateurs étrangers.
Les conférences nationales permirent de contourner les convulsions trop risquées. De douces " révolutions démocratiques " vont être soutenues par l'occident capitaliste.
En Amérique Latine après les sanglantes répressions anticommunistes de la guerre froide, voilà l'arrivée au pouvoir des dirigeants moins suspects. Au Chili, Pinochet fut obligé de céder de la place.
A partir donc des années 90, le monde étant devenu monopolaire du point de vue de son leadership politique, économique et militaire on assiste à des craquellements un peu partout dues à des manifestations identitaires.
A défaut de se retrouver dans un bloc mondial les crises vont se manifester sous des formes identitaires. La manifestation pour la prise en charge de son terroir, de sa localité, voire même de son pays par le système mondial, ou par l'état central unitaire sera à l'ordre du jour.
L'impérialisme va d'ailleurs user de cette arme pour démanteler certains Etats en Europe comme en afrique.
Des craquellements apparaissent aussi sous l'angle des manifestations culturelles, parce que le système de pensée unique se traduit aussi dans bon nombre de pays par l'hégémonie de la langue et de la culture du colonisateur, mais aussi par celles de l'ethnie dominante. Tout ceci va se traduire par des frustrations. Par exemple, au Sénégal en plus de la culture française véhiculée par les médias, il y a celle de l'ethnie dominante, c'est à dire la culture islamo-wolof.
En Côte d'Ivoire la communauté AKAN se fondant un peu sur l'authenticité reprocherait à d'autres d'être venus un peu tard dans le cadre des migrations de peuple à travers l'histoire de ce pays. On y greffe également des considérations économiques et religieuses.
Cette manifestation de la crise par la mise entre parenthèse des aspects sociaux, par la crise pétrolière qui développe l'inflation et fragilise les économies et les sociétés périphériques, se traduit aussi d'une autre manière au niveau des Etats. Malgré le poids de la crise, les Etats vont accepter qu'on les dope en crédits, au point d'accepter toutes les conditionnalités des organisations financières, mais aussi dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale.
Le but avoué serait de rechercher des économies fortes pour sortir du cadre des économies captives.
C'est le cas des " dragons " du Sud-Est asiatique, mais aussi de certains pays d'Amérique Latine.
La promotion de la petite et moyenne entreprise fut encouragée dans ces pays par un dopage financier des entreprises. Certaines vont se spécialiser dans le transfert d'industries dans le domaine électronique et informatique bénéficiant de facilités fiscales, d'une main-d’œuvre qualifiée, disciplinée et désyndicalisée. Mais au fur et à mesure que ces investissements se développèrent, s'impose la nécessité de maintenir ce rythme sinon de l'intensifier en multipliant les emprunts afin de maintenir la croissance.
Si ces investissements ont entraîné à court et moyen terme des conséquences positives pour ces pays (réduction du chômage, taux de croissance élevé), dans le long terme les conséquences négatives se feront sentir.
L'argent emprunté devrant être payé une fois les échéances atteintes. Des mesures contraignantes seront forcément prises : blocage et ou réduction de la masse salariale, déflation, etc.
Tous ces pays émergents seront fortement secoués par des crises. Juste avant la chute du mur de Berlin, dans le cadre des relations bilatérales les pays du centre et les organisations de Bretton Woods n'étaient pas aussi intransigeants en matière de paiement de la dette. On craignait en effet que fortement secoués par la crise, les Etats ne connaissent des révolutions et changent de camp et à défaut d'être complaisants, les partenaires du centre étaient compréhensifs. Une fois la menace communiste apparemment disparue, les bailleurs exigent le paiement des dettes sous peine de prendre des mesures de rétorsion, face aux risques d'écroulement, les Etats prennent des mesures contre les travailleurs et les populations. Ex : ARGENTINE.
La dette n'a fait qu'agenouiller les Etats au lieu de relever les économies comme prévu et d'arriver à un équilibre. Cette dette par son mécanisme de et les intérêts qu'elle génère est un véritable rocher de Sisyphe.
Aujourd'hui beaucoup d'Etats ne peuvent ni assurer le paiement de cette dette ni cesser de s'endetter et vivent donc sous les caprices des bailleurs. Ces suivent un accompagnement forcé et sont simplement victimes de la règle du capitalisme, règle du calcul froid et du profit.
Les sociétés financières ne peuvent exister que grâce aux surprofits. Dans les pays fortement agricoles l'intervention des programmes d'ajustement a retiré tout soutien du secteur agricole.
Pas de financement de l'agriculture signifie donc pas de modernisation des équipements, pas d'intrants, pas d'appui technique, scientifique etc.
La conséquence, c'est la faillite du secteur agricole et le déséquilibre alimentaire dans tous ces pays de la périphérie. Un important exode rural va s'en suivre et aboutira à l'émergence de villes tentaculaires, véritables bombes à retardement.
La détresse du monde paysan s'est traduite de manière la plus spectaculaire par le soulèvement dans le CHIAPAS.
Aujourd'hui, c'est le grand capital qui confisque l'agriculture en opérant de grands investissements et les paysans chassés de leurs terres sont des laissés pour compte.
L'exode se traduit de plus en plus de la périphérie vers le centre du sud vers le nord . C'est ainsi que les années 80 seront fortement marquées par le développement de l'émigration clandestine qui va créer des crises importantes : civilisationnelles, culturelles et économiques.
Jusqu'en 1970 le mouvement xénophobe en Europe était assez marginal et cette tendance va se poursuivre jusqu'en 1980.
La main-d’œuvre étrangère était même sollicitée.
Le flux migratoire des années 80 correspond au début de l'échec des premiers programmes d'ajustement structurels.
Le flux est devenu très important au point d'inquiéter certains milieux en Europe.
Certains théoriciens avancent d'ailleurs que dans l'histoire de l'humanité, toute civilisation qui se développe, s'étend à d'autres communautés finit par être absorbé (selon la loi du nombre) par les communautés allogènes.
L'exemple de Rome et de la GRECE qui ont eu à intégrer les Barbares est un exemple dans l'histoire. Au noyau de base, original, il y a généralement un ensemble de communautés étrangères qui viennent s'y greffer et faire sauter le verrou par le jeu du déséquilibre provoqué. Ceux qui existaient auparavant vont finir par se diluer dans le magma des civilisations qui arrivent. Cette thèse a souvent conforté la xénophobie de l'extrême droite européenne.
En France, en Italie, et en Allemagne, le fort taux de croissance de la population immigrée a provoqué dans les milieux bourgeois et conservateurs une incitation (par des mesures fiscales) à la procréation.
Dans ces pays, l'extrême droite développe un discours raciste et xénophobe, anti-immigration.
Les immigrés sont devenus aujourd'hui les boucs émissaires des crises économiques et civilisationnelles, que connaît les pays capitalistes industrialisés et l'immigration est l'un des thèmes centraux de la campagne électorale en France.
Les conséquences possibles des crises au niveau des économies captives sont liées à la situation de ces pays, à leur passé.
- A l'origine ces pays étaient d'anciennes colonies, depuis leur indépendance leurs économies sont mises en dépendance ;
- Elles n'ont pas pu se défaire de cette dépendance malgré les volontés nationalistes exprimées ;
- Elles ont été très marquées par la crise pétrolière des années 70 et pour éviter un bouleversement trop risqué en pleine guerre froide, l'occident a soutenu par des politiques d'ajustement ces économies, soit dans le cadre des relations bilatérales, comme dans celui de l'utilisation des organismes du système onusien (FMI, Banque Mondiale). Toutes ces politiques n'ont fait que renforcer la dépendance et contribuer à faire perdre le minimum de souveraineté qui restait à ces Etats.
Malgré toutes les crises sociales que toutes ces politiques ont entraîné on a pu les contenir dans les limites du raisonnable dans un contexte mondial de l'époque marqué par la lutte entre les deux blocs.
Après l'effondrement du mur de Berlin, tous se retrouvent face à la réalité froide du système capitaliste. Il faut faire payer les dettes arrivées à échéances et tout de suite.
Les conditionnalités ne font que renforcer les déséquilibres et beaucoup d'Etats sont obligés de les accepter alors qu'elles sont devenues plus sévères.
Au Sénégal par exemple, vers la fin des années 80, les autorités gouvernementales ont même développé des formes de résistance et de ruses face aux institutions financières par exemple dans des secteurs comme l'agriculture, qui emploie 70 % de la population et qui constituait la clientèle électorale massive du régime en place.
Aujourd'hui c'est le Chef de l'Etat élu démocratiquement grâce à une coalition de partis politiques qui déclare publiquement que c'est le FMI et la BM qui ont imposé la Nouvelle Politique Agricole qui sévit au niveau du monde rural.
On est loin de cette période où de petits caporaux de l'armée pouvaient par un banal coup d' Etat militaire prendre le pouvoir.
Avec le triomphe du néolibéralisme et l'unipolarité dans la gestion des affaires du monde, c'est la loi des injonctions et des diktats.
Comme conséquence il y a de grands mouvements sociaux qui se développent sous la forme de vastes déplacements de populations.
A l'intérieur des pays ces mouvements s'opèrent de la campagne vers les villes et à l'externe des pays du Sud, vers ceux du nord.
A l'interne ces déplacements massifs créent un développement anarchique de villes tentaculaires, avec comme corollaire, le chômage, l'insécurité, l'exclusion, des problèmes écologiques et de santé, des difficultés sérieuses dans l'encadrement, l'éducation et la formation des jeunes.
A l'externe des pays, c'est l'immigration tous azimuts avec comme corollaire la montée de la xénophobie et du racisme qui ajoutés à la crise interne à ces pays fait le lit de l'extrême-droite un peu partout en Europe.
La problématique de la sécurité se révèle à travers la campagne électorale en France quand Mr Lionel JOSPIN candidat aux élections présidentielles du 21 Avril 2002 reconnaît qu'il s'était trompé d'analyses, donc de solutions en tant que Chef du gouvervement face à la montée de l'insécurité en France.
La question de l'intégration des immigrés et de leurs descendants qui ne posent pas que des revendications liées à l'emploi, car bénéficiant d'ailleurs du RMI (Revenu Minimum d'Insertion) est très profonde.
C'est dans les quartiers chauds d'Europe (majoritairement peuplés d'immigrés ou de leurs descendants) que prospère le radicalisme islamiste anti-occidental et même antisémite
Il suffit pour cela de se référer aux évènements du 11 Septembre 2001, à l'origine des « Kamikaze » et aux réactions des habitants de ces « quartiers chauds ».
Le 11 Septembre n'est du reste qu'une alerte qui permet rétrospectivement de faire le point sur beaucoup de choses.
En Afrique les foyers de tensions d'un type nouveau se développent depuis plus d'une décennie.
Dans les années 60 à 70 l'instabilité en Afrique était surtout lié à des coups d'Etats et quelques guerres civiles classiques. Dès la chute du mur de Berlin, l'Afrique va se transformer en un champ de confrontations extraordinaire.
A côté des conflits de moyenne et de base intensité, on assiste à une intensification de conflits de haute intensité, qui provoquent des pertes en vies humaines énormes, des déplacements de populations et qui impliquent les multinationales.
Le capitalisme international a beaucoup d'intérêts en Afrique et il ne peut s'empêcher d'y intervenir, car les enjeux se posent en termes de matières premières, bon marché et de débouchés.
L'interdépendance du monde est aujourd'hui telle que toute crise qui affecte l'Afrique (notamment les crises de haute intensité) affecte forcément le centre de gravité du capitalisme.
Après l'épisode des confrontations EST-OUEST de la guerre froide, l'Afrique risque de se retrouver face à des confrontations inter-impérialistes?
Au Congo Brazza la flagrante et sanglante implications des multinationales pétrolières dans le conflit est connu.
En Angola et en Sierra-Lionne le diamant est un enjeu important dans le conflit.
1,5 Millions de dollar par jour ; c'est le chiffre d'affaires du trafic du diamant angolais par l'UNITA de SAVIMBI.
De graves problèmes se posent avec ces nouvelles données géostratégiques et géopolitiques et interpellent la gauche par rapport à la stabilité du monde et à l'avenir de l'humanité.
Faute de solutions, les gens sont prêts à aller à l'aventure. Si les pays développés n'aident pas à la résolution de tous ces problèmes (qu'il ne pourra pas d'ailleurs résoudre dans sa dynamique capitaliste actuelle de la loi du profit et du calcul froid) le fondamentalisme risque de s'installer en Afrique et de s'y développer. Le slogan le plus utilisé aujourd'hui c'est : « A BAS L'OCCIDENT ! A BAS L'AMERIQUE, LE GRAND SATAN ! »
L'islamisme radical Wahhabite est présenté aujourd'hui comme la seule alternative pour lutter contre l'arrogance de l'impérialisme. Dans beaucoup de pays il représente la forme de réaction concrète face à l'expansion totalitaire du mode de vie occidental et de la pensée unique?
La question du trafic de la drogue et sa connexion avec les réseaux terroristes démontrent ici comment les sociétés humaines essayent de résoudre les difficultés qu'elles rencontrent.
Le trafic de la drogue est devenu un moyen rapide pour les organisations clandestines de s'armer, de se financer et de bénéficier de la collaboration de la maffia qui dispose de réseaux denses et nébuleux.
Il s'y ajoute les moyens de lutte car nul ne pouvait s'imaginer avant le 11 Septembre que des « cutters » et des avions de ligne pouvaient être utilisés comme arme pour donner les résultats destructeurs qu'on a vu.
C'est pourquoi l'hypothèse de recherche sur les armes bactériologiques par certains milieux extrémistes n'est pas à écarter ?
Cette préoccupation ne doit pas cautionner cependant la supercherie des Etats - Unis d'Amérique qui veulent s'acharner sur l'Irak, pendant que certains de ses alliés inconditionnels poursuivent calmement leurs recherches nucléaires et n'ont jamais été des modèles en matière de respects de droits de l'homme et de démocratie.
Ce terrorisme d'une nouvelle forme ne peut se comprendre qu'en mesurant le total désespoir qui traverse la conscience des peuples opprimés, des exclus et des pauvres qui manquent de repères.
Les risques potentiels de grands déséquilibres mondiaux sont là et affectent ce monde dont la tête de pont est néo-libérale. La gestion libérale du monde ne conduit qu'à la misère et à des guerres de rapines. LA majorité de la population mondiale considère cette gestion comme la pire des injustices. 77 % de l'énergie produite dans le monde est consommée par les pays dits riches.
On estime que sur 25 OOO Milliards de dollars US $, 20 % de la population mondiale contrôle 80 % de cette masse financière énorme. Les USA dépensent chaque jour 30 millions de dollars pour leur tapageuse lutte contre les réseaux d'ALKAÏDA et OSHAMA BEN LADEN.
Il y a donc un réel problème de distribution de la richesse à l'échelle planétaire et son utilisation pour satisfaire les besoins prioritaires humains. Avec de telles sommes il est possible de vaincre le sous- développement et de freiner la dégradation de l'écosystème . Il y a un danger croissant sur la couche d'ozone à cause de la surproduction de gaz toxiques, une injustice de plus contre les pays d'Afrique qui ne bénéficient pas de cette industrialisation. Pendant ce temps la déforestation se poursuit entraînant une désertification ravageuse.
En 1957 la Côte-d'Ivoire avait une réserve forestière de 16 millions d'hectares. En 2002; il ne reste plus que deux (2) millions d'hectares.
Au 20e siècle c'est le marché mondial structuré avec une relative interdépendance des économies. La globalisation est un phénomène qui a pris ses racines dans le passé et s'est propagé dans l'histoire contemporaine par la domination du monde par le libéralisme qui organise, structure et dirige l'économie dans toutes les parties du monde.
L'humanité doit faire face à plusieurs crises qui sont des défis majeurs :
- la question de l'immigration et des mouvements de populations : " laisser faire, laisser passer " disent les libéraux. Mais ce qui est paradoxal c'est que la liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises (avec l'OMC ) voit à l'opposé une fermeture des frontières et un refus de mouvement de populations ;
- la question de l'énergie, dont le pétrole, se pose avec acuité quand on observe ce qui se passe aujourd'hui au Proche et Moyen-Orient. L'humanité n'arrive pas à bâtir un environnement de paix dans cette partie du monde qui regorge de ressources énergétiques ;
- la poursuite de la course aux armements, malgré la fin de la guerre froide, ce qui augure des confrontations inter-impérialistes. Des millions de dollars sont dépensés chaque jour alors que ces sommes pouvaient servir à financer le DEVELOPPEMENT et combattre la misère et l'ignorance.
- malgré le développement des moyens de communication et de la technologie le monde actuel est celui de l'incommunication. Il n'y a pas de dialogue mais un monologue des puissants qui imposent leur pensée unique aux démunis ;
- malgré les progrès de la biotechnologie, les ¾ de l'humanité vivent dans la faim et la malnutrition. Malgré le développement de la médecine celle-ci est entre les mains du capital qui bloque toute lutte efficace contre la pandémie du sida et le paludisme. Ces maladies sont aujourd'hui des menaces sérieuses pour les pays en voie de développement. Tout ce qui procède est dû à une mauvaise gestion du monde qui est sous l'emprise du libéralisme arrogant et destructeur.
Notre préoccupation ici était d'identifier les grands problèmes qui se posent à l'économie mondiale et aux économies sectorielles et de voir comment la non résolution de ces problèmes est susceptible de créer un embrasement à l'échelle mondial.
CONCLUSION
Cependant, il n'y a pas lieu de désespérer face à cette globalisation anarchique et injuste, et cette crise qui affecte l'économie mondiale.
Cette crise crée des convulsions énormes au plan économique social et culturel et menace la stabilité des Etats de même que leur cohésion interne.
On note parallèlement à cela un regain d'intérêt dans la mobilisation pour la lutte contre l'injustice, les idéaux d'équité pour une gestion juste et équilibrée du monde. On constate aujourd'hui un vaste rassemblement qui mobilise les éléments de la gauche traditionnelle, en passant par les écologistes, le mouvement citoyen afin de sonner l'alerte face à la dérive vers laquelle se dirige l'humanité.
Le monde ne peut exister et se développer en se basant sur la seule loi du capital et du profit au déTriment des peuples. Il faut mettre l'homme au poste de commande en favorisant le développement des ressources humaines en qualité et en quantité. Il faut mettre en place une véritable internationale de masse afin de combattre toutes les dérives fascisantes présentes et à venir.
Il faut intensifier et organiser la lutte contre la globalisation pour un autre monde. Les peuples aspirent à plus de justice et d'équité. Les communistes doivent organiser la lutte des peuples et assumer le rôle d'avant-garde pour une globalisation de la solidarité.
Seul le communisme peut sauver l'humanité.
DAKAR, le 21 avril 2002
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