Contribution au Séminaire Communiste International
'Crises économiques et possibilité d'une crise mondiale majeure'
Bruxelles, 2-4 mai 2002

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Russie
Parti Communiste Ouvrier Russe – Parti Révolutionnaire des Communistes

La crise économique de 1998 en Russie comme une engeance naturelle du capitalisme et comme une possibilité manquée de sa transformation en victoire des forces révolutionnaires

Préhistoire 1998

La définition de Marx l’histoire de la société moderne est l’histoire de la lutte des classes, est aujourd’hui un outil méthodologique plus actuel que jamais pour comprendre les évènements qui se passent en Russie. La défaite du socialisme en URSS, le démembrement de l’Union Soviétique, ont prouvé que la lutte des classes ne cesse pas sous le socialisme. Pendant toute la période de l’existence de l’URSS, elle ne s’est pas arrêtée pour une heure. Tout simplement elle suivait son cours sous d’autres formes, que l’opposition directe des classes antagonistes. La lutte des classes prenait avant tout la forme de lutte prolétarienne communiste contre les tendances et les dispositions petit-bourgeoises dans la société soviétique, à l’intérieur de la classe ouvrière même, à l’intérieur du parti communiste. Plus la construction de l’économie socialiste russe était active et plus le nombre de pays et de peuples se mettant en voie de développement socialiste, plus la résistance de ses adversaires en dehors de l’URSS devenait forte et acharnée, plus la lutte de tendances de classes à l’intérieur de la société soviétique s’attirait l’attention. Dans le Programme du PCOR-PRC, dans les documents des séminaires précédents de Bruxelles, il est souligné que l’écart des principes du communisme scientifique, la retraite des positions de classe, ont d’abord abouti à la transformation du Parti Communiste de l’Union Soviétique en un parti non-communiste, ensuite à la transition des Soviets aux parlements et enfin à l’essor des tendances bourgeoises et à la chute du modèle socialiste construit.

Ainsi, confirmant cette thèse, la lutte des classes en URSS a atteint sa nouvelle tension en 1985-1991, pendant la periode dite de « perestroika », c.a.d. avec l’offensive directe des forces et dispositions antisoviétiques, anticommunistes. Ce qu’il y a en particulier, c’est que leur avant-garde était formé de dirigeants du parti, avec Gorbatchev à la tête, qui ont tout de suite trouvé le soutien idéologique, organisationnel, financier, informationnel auprès du capital mondial. A l’intérieur du PCUS cette lutte a trouvé son réflet dans des organisations du Parti, des réunions communistes, la XIXe conférence du Parti et le congrès du PCUS, avec la participation des vrais communistes et de leurs mouvements organisés, qui, exprimant les intérêts de la classe ouvrière et de tous les travailleurs, se sont opposés à la ligne opportuniste de la direction du PCUS, pratiquant le cours de la restauration du capitalisme en URSS.

Au 28e congrès, les membres du « Mouvement de l’initiative communiste » se sont trouvés en minorité. Cependant, ils ont exprimé leur désaccord avec la politique de capitalisation du pays et avec la ligne désastreuse de Gorbatchev, non seulement pour le pays mais aussi pour le PCUS même. Dans leur Déclaration, les communistes ont prévenu le congrès et tous les soviétiques, que le cours actuel des dirigeants du parti peut aboutir à la restauration du capitalisme et aux malheurs innombrables pour les peuples de l’URSS. Malheureusement, les forces se sont révélées inégales. Les communistes des échelons inférieures du parti n’ont pu rompre la situation à l’intérieur du parti, ils n’ont pas eu assez de forces pour organiser une grande résistance du peuple contre la restauration du capitalisme.

Après le coup d’Etat de 1991, accompli par la clique de Eltsine, on a commencé la privatisation. A propos, cette privatisation à été prévue déjà par les résolutions du plénum du Comité Central du PCUS d’Avril 1991. On a pillé les travailleurs et baissé brusquement leur niveau de vie. Les dépôts d’épargne des citoyens (400 milliards de roubles) ont été complètement dévalués par la « libéralisation des prix». Il faut signaler que le capital en Russie s’est formé par un partage forçé de la propriété d’Etat, du peuple, de façon criminelle. Les gens simples n’ont reçu que des feuilles de papier, appelés « vautcher ». Les idéologues des réformes promettaient une valeur égale de deux voitures, en réalité ils ne pouvaient être changées contre deux kilos de saucisson. Telle était la valeur du vautcher au marché. Or, la propriété s’est trouvée dans les mains des criminels, des fonctionnaires, de l’administration économique, des anciens dirigeants de parti et d’Etat.

Cela a provoqué une éclaircie progressive de conscience et de résistance croissante des grandes masses populaires. Ceci a obtenu un caractère organisationnel grâce à la création en 1991 du Parti Communiste Ouvrier Russe, du Parti Révolutionnaire Communiste et d’autres organisations de l’Union Communiste Russe, qui n’ont pas arrêté la lutte une seule journée, après les interdictions du PCUS par Eltsine. Cependant, la ligne opportuniste pro-gorbatcheviste du mouvement communiste n’a pas disparu, mais s’est conservée. En 1993, après une pause de 2 ans , elle s’est réalisée en ligne de conduite et idéologie du Parti Communiste de la Fédération Russe. C’était la plus grande organisation en Russie, s’appelant communiste. La crise politique a atteint son sommet, quand en 1993 le gouvernement d’Eltsine a jeté son masque de « démocratie bourgeoise ». Il a réprimé par la violence militaire la résistance de « la révolution criminelle » de démocrates honnêtes du parlement, et le peuple qui les soutenait. Il a garanti la sécurité de la nouvelle bourgeoisie et de la transformation capitaliste.

La fusillade du parlement, le Soviet, et les actions déguisantes après, l’adoption de la constitution, élections du nouveau parlement, ont rabaissé la vague de protestations. Cependant, les contradictions fondamentales entre les intérêts bourgeois et les masses des travailleurs s’aggravaient de plus en plus. Seules les formes extérieures ont changé un peu. Le régime n’a pas osé de licencier les travailleurs en masse, par peur d’une émeute du peuple, qui n’avait jamais connu le sans-emploi. Le régime a choisi une autre forme d’exploitation : le retard du paiement des salaires. En 1994 une nouvelle vague de protestations s’est élévée. Si en 1993 on comptait 20,2 milles grévistes en 264 entreprises, en 1994 il y en avait 155,3 milles de 514 entreprises. Le pic des manifestations ouvrières à été atteint en 1998 avec 579,3 milles de personnes de 12503 entreprises.

La crise de 1998

L’exigence principale des ouvriers était le paiement des salaires. A certaines entreprises on n’a pas payé le salaire depuis 2-3 ans. Le retard moyen national du paiement de salaires par personne était près d’un mois et demi. Les partis de gauche et les mouvements patriotiques ont agi avec succès dans des conditions de l’arbitraire brutal et non dissimulé des autorités et des employeurs. Il était facile de soulever les gens à la protestation. De plus en plus les actions des ouvriers, avec la participation active des communistes, ont plus un caractère plus radical et plus organisé, avec le barrage des vois ferrés et des autoroutes. Une vraie guerre des rails s’est développée. Les médias bourgeois, sans le vouloir, faisaient sans cesse la propagande de cette expérience, parce qu’il était impossible de ne pas mentionner le barrage du chemin de fer Transsibérien.

Dans ces conditions, le but de la bourgeoisie russe restait l’oppression du mouvement de protestation populaire et la continuation de la privatisation des biens d’Etat. Le gouvernement d’Eltsine, doutant de ses forces, n’osait pas opprimer les manifestations de telle envergure par des moyens policiers. Ensemble avec ce problème a surgi la crise financière internationale de 1998. Cependant, il faut souligner qu’en Russie la crise économique de 1998 n’était pas une crise ordinaire, déterminée par la nature intérieure du capital, par le caractère cyclique de son développement. Cette crise a été provoquée par le démontage du système socialiste, par le pillage et privatisation des biens publiques, par la destruction d’un système unifié d’économie populaire, créé par tout le peuple de l’Union Soviétique pendant plus de soixante-dix ans. La rupture des liens économiques par suite de la désagrégation de l’URSS a abouti à la crise de système de tout le mécanisme économique en Russie. Le volume total de production n’était que cinquante pour cent par rapport à 1989. Un facteur contribuant à l’approfondissement de la crise, accompagnant et profitant de l’empirement de la situation socio-économique, c’était l’épanouissement des spéculations financières, y compris celles du gouvernement russe. Il a émis des obligations d’état à court terme à des taux d’intérêt jusqu’à trois cent pour cent par an. Par suite de ces spéculations, les brasseurs d’affaire russes et étrangers faisaient fortune de plusieurs milliards de dollars. Vers août 1998 la dette des obligations a atteint cent trois milliards de roubles. Les structures, qui savaient d’avance de la dévaluation prochaine, ayant acheté et vendu les obligations plusieurs fois, ont réalisé leur profit, ayant échangé les roubles contre des dollars, et ont reçu encore 400 % de profit. Ainsi, les signes de la crise économique de 1998 en Russie étaitent les suivants :

un ralentissement immense de la production (à 60 % du niveau de 1989), avec du chômage caché

l’appauvrissement des masses à cause du non-paiement des salaires

la maraude des margoulins financiers, et leur alliance avec le gouvernement

La solution de la crise de 1998

Pour dissimuler un pillage du peuple de proportions pareilles, et jeter tout le poids de la crise sur les épaules des travailleurs, la bourgeoisie russe à entrepris un maneuvre politique, le remplacement du chef du gouvernement. Le 24 avril 1998, la Douma d’Etat, y compris l’opposition parlementaire « communiste », a soutenu le gouvernement de S.Kirienko, agé de 38 ans. C’est par ses mains de « jeune réformateur », que le 17 août 1998 on a dévalué le rouble de 6 pour un dollar à 22-24, une action cruelle et préméditée. La crise économique, faite à la main, s’est exprimée par la dévaluation de la devise nationale, ce qui a abouti à la triple, quadruple hausse des prix prèsque pour toutes les marchandises, y compris de première nécessité. En automne 1998 les grèves ont acquis un caractère national, et au mois d’octobre de cette année ils ont abouti à une manifestation nationale des travailleurs de toute la Russie.

Le maneuvre suivant de la bourgeoisie était la révocation du gouvernement de Kirienko, à qui on a attribué la responsabilité pour toute la crise. Kirienko n’aurait pas été à la hauteur de sa tâche à cause de sa « jeunesse ». Il a servi, comme on dit chez nous, de « garçon à battre ». En réalité, on avait organisé une opération, élaborée à un très haut niveau professionnel. La révocation et les accusations contre Kirienko ont servi de couverture au pillage des travailleurs. Plus tard, Kirienko a obtenu le poste de représantant du président de la Russie dans la région de Povolsk, ce qui prouve qu’on a bien apprécié ses mérites.

Après sa révocation, on a nommé comme chef du gouvernement Primakov, dit « modéré », ancien membre du bureau politique de Gorbatchev, et proposé par Eltsine. L’opposition parlementaire, incarné par le Parti « Communiste » de la Fédération Russe, a non seulement déclaré son soutien au nouveau gouvernement, mais aussi l’a appelé « gouvernement de confiance populaire ». Le parti y a délégué son membre Youri Maslioukov, ancien chef du département de défense du Comité Central du PCUS. Ce gouvernement a réalisé avec succès la réalisation de l’étape suivante du pillage de la population. On a vite payé les salaires arriérés … avec des roubles dévalués au calcul avant-crise. De fait on a payé 3-4 fois moins d’argent, que ce dont les travailleurs avaient droit. Le mouvement de grève a diminué très vite. Les gens n’avaient pas touché leurs salaires pendant des années, et ils étaient satisfaits même de telles « concessions » du pouvoir. Ainsi la bourgeoisie, à l’aide de l’opposition parlementaire, a réussi à terminer avec succès la deuxième opération (après 1991) d’expropriation de la propriété des gens. Le gouvernement de Primakov a « stabilisé » la situation, c’est à dire, a empêché le développement ultérieur de la lutte des travailleurs. Il est remarquable que, peu de temps après, au printemps de 1999, Primakov et le « gouvernement de confiance populaire » ont été renvoyé sans aucune motivation compréhensible. « Le Maure a fait son affaire, le Maure peut partir. »

Analyse des évènements.

L’analyse des évènements montre que :

Les gauches, en raison de la faiblesse de leurs structures, de leur morcellement, n’étaient pas prêts à l’organisation de protestation massive des travailleurs à l’échelle des régions, sans parler de la Russie entière. Après la satisfaction des exigences superficielles d’une entreprise isolée concernant le paiement du salaire retardé, son personnel l’interprétait le plus souvent comme une victoire et cessait la grève.

Cette situation était compliquée par le manque d’expérience de lutte du mouvement ouvrier et par la faiblesse extrème du mouvement syndical en Russie. Les syndicats Soviétiques n’avaient pas de fonction de lutte pour les droits de la classe ouvrière. Ils contrôlaient les garanties de l’assurance sociale, assez bien effectuée par l’Etat même. Par suite, l’expérience de l’organisation de lutte pour les droits des ouvriers était absente.

Les syndicats russes actuels, en premier lieu la plus nombreuse Fédération des Syndicats Indépendants de Russie (35 millions de membres, 95% de membres de tous les syndicats) ont hérité des syndicats précédents leur incapacité de lutter de manière efficace pour les droits des travailleurs. La FSIR a aussi hérité du système soviétique la situation où un même syndicat peut comprendre des employés, des représentants de l’administration et même des propriétaires. Ce qui rend les syndicats de la FSIR faciles à manipuler par l’administration des entreprises.

Outre cela, même à la première étape du devenir du mouvement syndical russe, c’étaient les conformistes et les renégats qui s’étaient mis à sa tête et qui ont tâché à tout prix de diriger le mouvement ouvrier vers le « partenariat » et la « collaboration de classes » favorables à la bourgeoisie. Cette situation de la direction du mouvement syndical s’était déjà formée pendant la période de « péréstroïka ». Ensuite, pendant la privatisation, en échange de loyauté aux réformes, le gouvernement a laissé une immense propriété au total de près de 5-6 milliards de dollars à la disposition de la direction syndicale : bâtiments administratifs, sites médicaux, sanatoriums, maisons de repos, entreprises touristiques , centres culturels etc. Après la restauration bourgeoise en Russie, les communistes ont à défendre les syndicats et à leur rendre leur sens initial – la défense des intérêts professionnels des employés.

Pendant la crise, la différence entre communistes et opportunistes s’est nettement manifestée. De la théorie marxiste, on sait que pendant les crises les communistes intensifient la situation, radicalisent et élargissent les actions de masse, dépassent les exigences économiques ordinaires, font des revendications politiques – démission du gouvernement et du président, cessation de la privatisation, nationalisation de la propriété privatisée. Or, les opportunistes visent toujours à atténuer les conflits. La crise de 1998 en est un exemple.

L’opposition parlementaire du PCFR n’a pas risqué la dissolution du parlement, ayant approuvé la candidature du premier ministre Primakov, comme elle l’a fait quelques mois plus tôt pour Kirienko. De plus, le PCFR a apporté son appui au gouvernement bourgeois de Primakov sous le slogan de créer un gouvernement de « confiance populaire », les représentants de gauche en faisant partie.

Ainsi, la ligne opportuniste de la direction du PCFR pour la réconciliation et l’atténuation des contradictions s’est montrée directement opposée à la ligne des communistes révolutionnaires.

La crise a été tranchée par un nouveau pillage des travailleurs, second d’après ses dimensions après 1991. La conséquence de cette crise a été la transition de la bourgeoisie russe à d’autres formes d’exploitation plus raffinées et plus dissimulées. Elle a réussit à déboucher sur une nouvelle étape de l’appropriation de la propriété d’Etat et de l’expropriation des travailleurs. En général, le niveau de production fait un peu plus de 70 % à comparer à celui de l’année 1997 avant la crise. Le niveau réel du salaire, compte rendu de toutes les « augmentations » gouvernementales, est inférieur de 21 % à celui de 1997. Les dettes salariales n’ont pas été amorties non plus. En 2001, elles faisaient plus de 50 milliards de roubles (1,8 milliards de dollars, les salaires équivalent à peu près à 100 dollars par mois).

Cependant, à cette étape-ci, le ralentissement de la production s’est arrêté puisque le procès de sa destruction a atteint une certaine limite et il est devenu désavantageux pour la bourgeoisie elle-même. De plus, le krach a abouti à une plus grande hausse de prix pour les marchandises importées et par suite à l’augmentation de la demande des produits russes, ce qui a permis de ranimer un peu la production, compte rendu de la baisse des salaires des employés des entreprises russes. L’économie s’est réorganisée à la manière coloniale. C’est pour cela qu’on observe une certaine animation dans les industries à matières premières (en premier lieu, c’est la production de pétrole et de gaz), ainsi que dans les industries insalubres de traitement primaire des matières premières (produits chimiques, aluminium).

La multiplication des conflits militaires dans le monde et le besoin d’armement des belligérants ont encouragé certains domaines du complexe militaro-industriel exportant leur production. La bourgeoisie russe a déjà envie de prendre part au pillage des pays du tiers-monde, en les excitant l’un contre l’autre et en gagnant sa part de la livraison des armes. L’accroissement de la dépendance coloniale de Russie , elle-même du développement des pays et en premier lieu des Etats-Unis se joint aux ambitions impériales de certains groupes de la bourgeoisie russe par rapport aux pays du tiers-monde. C’est par ce fait qu’il faut expliquer son recours à la rhétorique quasi patriotique, ce qui a permis d’induire en erreur une partie de la Russie.

Ainsi, la crise économique de 1998 ne s’est pas transformée en crise politique, n’a pas abouti à l’élargissement massif des travailleurs et il resté une possibilité manquée de transformation en situation révolutionnaire.

Le développement suivant des événements. Le PCOR a prévenu à plusieurs reprises que le moment arriverait où le système serait prêt à sacrifier même Eltsine pour se fixer aux positions atteintes. En 1999-2000, le groupe dirigeant a rogné en sa propre faveur, sans attendre les élections suivantes, le personnage odieux de Eltsine par Poutine dont l’apparence était plus apparente pour les électeurs. Eltsine avait accompli sa mission : destruction du régime socialiste, expropriation des travailleurs, pillage de la propriété nationale.

A la nouvelle étape, le but de la bourgeoisie russe est devenu de se fixer aux positions atteintes, stabiliser tout ce qui a été obtenu, approfondir les réformes bourgeoises, légitimer le régime social et le système politique actuels dans le cadre du droit bourgeois. Pour détourner l’attention du peuple et gagner les voix aux élections, la clique dirigeante a tout accepté jusqu’au déclenchement de la guerre en Tchétchénie.

Se rendant compte de la situation formée autour des élections présidentielles forcées après la « démission de Eltsine », les communistes révolutionnaires ont proposé en 2000 de boycotter les élections présidentielles aux fins de les faire échouer et de montrer l’évidence de leur illégalité. Le boycottage aurait pu réussir puisque pendant les élections parlementaires de 1999, le PCFR, le PCOR et d’autres blocs ont été soutenus par 35-40 % des électeurs au moins. C’est-à-dire, en cas de déclaration du boycottage par toutes les forces de gauche, et à condition d’organiser la propagande, la présence des électeurs n’aurait pas dépassé 40-45 % avec 50 % nécessaires pour reconnaître la validité des élections.

Pourtant, le PCFR a refusé le boycottage des élections et, par sa participation, a de nouveau aidé le régime, ayant donné une apparence de légitimité à la transition du pouvoir d’une clique à une autre. Poutine est devenu président après le premier tour des élections. Même si le boycottage déclaré par les représentants de gauche n’avait pas eu de succès, la position des communistes serait plus avantageuse puisque cette ligne de conduite aurait permis aux communistes de se désolidariser avec les actions antipopulaires du régime et d’éviter les accusations de l’avoir soutenu.

A l’heure actuelle, les buts communistes russes sont les suivants :

La consolidation de toutes les forces communistes plus à gauche que le PCFR. On en voit un exemple positif en l’Union du Parti Communiste Ouvrier Russe et du Parti Communiste Révolutionnaire en un seul parti PCOR_PCR.

L’élimination de l’opportunisme à l’intérieur du mouvement communiste et avant tout dans le parti parlementaire du PCFR et dans des organisations qui en sont proches. Jusqu’aujourd’hui, la direction du PCFR fait passer son soutien au gouvernement de Primakov pour un exemple heureux d’un gouvernement de coalition avec la participation de l’opposition. Tout cela étant donné que les groupes parlementaires de droite et pro-présidentiels ont déjà destitué les représentants du PCFR de tous les leviers au parlement. Leur représentant G. Seleznev, malgré la décision du PCFR, reste chef du parlement que son parti réactionnaire.

La délimitation de tous les mouvements provocateurs pseudo-gauche de toutes sortes qui ont aidé le régime dirigeant à créer une configuration des forces politiques qui lui est nécessaire.

Soumettre toute la lutte, y compris la lutte parlementaire, à un même but – l’organisation des grandes masses ouvrières à la résistance au régime. La victoire des communistes aux élections parlementaires en Moldavie a montré que ce succès ne vaut rien sans le soutien des masses populaires organisées en dehors du parlement, puisque la question du pouvoir n’est pas décidée par des bulletins jetés dans des urnes électorales, au moins, ce n’est pas la fin. L’opposition nationaliste bourgeoise s’en rend compte. Restée en dehors du parlement a organisé une pression puissante à l’aide des meetings et des manifestations, des actions de l’insoumission civile contre les communistes parlementaires en Moldavie, non sans appui des collègues occidentaux.

En réalisant ces buts, les communistes font face aux difficultés considérables. Les cercles dirigeants de Russie réduisent même les libertés bourgeoises, ils font de plus en plus souvent recours aux mesures répressives, ce qui fait preuve du glissement du régime vers la dictature aux éléments de fascisation.

D’autre part, aujourd’hui, il faut noter que pour le moment, les ouvriers et les autres groupes de travailleurs ne sont pas prêts à la résistance organisée selon des raisons subjectives. La dégradation brusque des conditions de vie n’a pourtant pas abouti à des manifestations massives, bien que la détérioration alimentaire et la dégradation du secteur social (médecine, éducation, assurance sociale) sont devenus la cause de la croissance considérable de mortalité et des maladies. Les moyens fidèles pour retenir le peuple des manifestations actives, ce sont l’alcool bon marché et accessible à tous, la drogue, la culture de masse, la religion. Le niveau des forces productives permet encore à la bourgeoisie de ne pas réduire les travailleurs à la misère totale.

Dans ces conditions, l’importance du facteur subjectif de la révolution augmente, c’est-à-dire la compréhension des raisons principales de la situation actuelle et la vision des voies pour en sortir.

Seul, le mouvement communiste organisé, purifié de l’opportunisme, armé de la théorie marxiste-léniniste peut aider la classe ouvrière à se rendre compte de son rôle objectif et son but en Russie moderne, l’organiser à la lutte victorieuse contre le système bourgeois. Aussi difficile que puisse être cette tâche, notre parti PCOR-PRC travaillera dans cette direction.

On ne tremblera pas sur la voie choisie !

Andrei Novikov