Contribution
au Séminaire Communiste International
'Crises économiques et possibilité d'une crise mondiale majeure'
Bruxelles, 2-4
mai 2002
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org
Oleg Chenine,
Président du Conseil de l’Union des Partis Communistes – Parti Communiste de
l’Union Soviétique;
1er secrétaire du C.C. du Parti Communiste de l’Union
Karl Marx attirait à juste titre l’attention sur trois particularités du capital. Premièrement, l’appropriation sans frein du travail impayé des travailleurs salariés, c’est à dire la plus-value sous la forme de profit maximum possible. Deuxièmement, l’auto-accroissement du capital, comme forme absolument nécessaire de son existence. Troisièmement, la croissance infinie de la masse de marchandises comme résultat des deux premières particularités, ce qui sert aujourd’hui comme condition et facteur stimulant de l’énorme consommation en grande partie parasitaire du « milliard doré ». Et chaque ralentissement, mais plus encore, chaque arrêt de ce gaspillage de la consommation a pour résultat la surcharge des marchés de vente ou une diminution du courant de matière première en provenance des pays en développement, et menacent le secteur développé de l’économie mondiale de crises catastrophiques globales.
Pour nous, il est évident que la contradiction fondamentale -entre travail et capital-reste valable au début du nouveau siècle et millénaire. Bien plus, son rôle et sa signification pour les destins de toute l’humanité grandit, car à présent, on est en présence de la combinaison d’une série de crises « rampantes » - écologique, démographique, de ressources et sociale (sans même parler de la crise de surproduction, née du régime capitaliste immanent). Les plus dangereuses sont la crise sociale géopolitique, qui réside dans l’opposition croissante d’une masse énorme de population pauvre de la planète envers l’occident qui s’engraisse, et la fracture socio-culturelle, spirituelle et morale de nombreux peuples, y compris le peuple russe, tombant sous la définition du génocide : « destruction du modèle national confisqué du peuple envahi et son attachement».
Voici ce qu’écrivait il y a 120 ans le penseur russe Nikoloi Fédorov : « l’Angleterre a comme objectif - au moyen de son libre commerce, appuyé toutefois par un armement bien au point - de transformer l’humanité en un organisme international, c’est-à-dire de donner à toute l’humanité une forme anti-chrétienne, dans laquelle « subordination » et même « union » dans une aliénation, une division collective maximale trouvent leur pleine expression… tous les peuples y joueront le rôle d’ordres inférieurs, de travailleurs non qualifiés, produisant matières premières ou produits semis-finis… » Dans ces mots, nous voyons, avant tout, le sort prédit - avec une précision extrême - de la Russie-URSS, préparé par les prétendants actuels à la domination mondiale globale et par leurs complices « nationaux » intérieurs.
Admettons que la terminologie ait changé (le mot « globalisation » n’a été lancé que 2-3 décennies d’ici), que le centre de ces forces se soit déplacé au siècle passé – de Londres à Berlin, de Berlin à Washington et New York. Que finalement, le qualificatif « pourrissant » dont Vladimir Ilitch caractérise le dernier stade du capitalisme, pour les champions actuels de la « démocratie » semble un démenti par les événements mondiaux dans les dernières décennies. La définition de l’essence de la globalisation donnée par Marx et Engels encore en 1848, est et reste vraie, elle a été et est partagée par tous ceux qui, sincèrement préoccupés des destins de l’humanité et capables de se rendre compte des évènements dans toute leur entièreté et leur interdépendance, découvrent les signes clairs de la putréfaction et dans les crises socio-économiques ébranlant tantôt l’un, tantôt l’autre pays capitaliste, et ce dans l’oubli total de la notion de « justice » dans les relations entre pays, dans la domination du droit du puissant et de la morale double, et dans la chute générale brutale de la culture et de la morale.
Le nouveau tournant dans l’histoire a été marqué par les évènements tragiques du 11 septembre 2001, qu’on qualifie illégalement « d’acte de terrorisme international ». A notre avis, a eu lieu ce jour là une provocation à grande échelle, tendant à un renforcement de la domination de l’hyper-impérialisme et de sa force de frappe – le sionisme, face à la menace d’une crise générale et à son résultat final – un nouveau partage du monde. Ensemble avec les gratte-ciel, s’est écroulé le mythe de la sécurité et de la prospérité du « monde civilisé » bourgeois. La capture de quelques avions a obligé l’administration des USA à mettre en action un plan extraordinaire d’action en cas de guerre nucléaire. Concrètement a été démontrée la vulnérabilité des mégalopoles actuelles et de l’infrastructure de transport et de communication.
La source réelle du vrai terrorisme contemporain – c’est l’impérialisme international, divisant l’humanité en une majorité hautement exploitée et une poignée de métropoles, dont l’oligarchie financière baigne dans le luxe et engraisse ses habitants et « l’élite » des pays satellites sur le compte de cette majorité. Un tel ordre mondial conduit inévitablement à la terreur des deux côtés. Aucune mesure punitive ne pourra en finir avec le terrorisme tant que continuera d’exister le régime qui l’engendre.
La globalisation impérialiste contribue aux actes terroristes, mais aussi la contre-révolution en URSS et dans les pays d’Europe de l’Est. Justement, le socialisme a contenu pendant longtemps l’extrémisme de droite et de gauche, il a proposé aux peuples une alternative réelle au statu-quo impérialiste, il a fortement limité l’usage de méthodes violentes dans les relations entre Etats. Avec sa destruction par trahison, les mains de ceux qui sèment l’arbitraire sont libres.
En outre, cette tragédie est apparue comme le résultat d’une politique de conjurations et de terreur qui a été menée par l’administration américaine pendant toute la période d’après-guerre. Ce n’est pas un secret que le réseau international d’organisations terroristes des fondamentalistes islamiques fut créé il y a près de 20 ans avec la participation très active des services spéciaux des USA et de leurs alliés. Il fut créé pour la guerre contre la révolution afghane et l’URSS, mais ensuite, il fut actif à plusieurs reprises dans les Balkans et dans les pays de la CEI.
Les explosions à New York et à Washington ont eu lieu au moment où dans le monde capitaliste, et avant tout aux USA, s’approchait une crise économique et politique la plus sérieuse après la « victoire à la Pyrhus dans la Guerre Froide ». La domination du dollar dans le système financier international paraissait sérieusement menacée. Aux USA, les indicateurs économiques sont tombés brutalement. Le système politique présentait une profonde fissure. Les résultats des élections divisaient la société américaine. Le parti républicain dirigeant perdit la majorité au Sénat.
Le 11 septembre se profilait l’ouverture de la session de l’A.G. de l’ONU, où les leaders des USA devaient entendre beaucoup de choses désagréables. Le même jour commençait à travailler la session extraordinaire de l’organisation des Etats américains, approuvant la « charte démocratique » - par nature un acte d’intégration politique de l’hémisphère occidental. Comme l’ONU, aussi l’intégration des deux Amériques provoque depuis longtemps l’hostilité des forces d’extrême-droite des USA, n’acceptant même pas les plus minimes concessions au « Tiers Monde » sur le compte des privilèges de la « classe moyenne ».
Depuis des temps anciens est connu le principe aidant à trouver la trace des criminels : « Cherche à qui cela profite ». Les actions aux USA ne peuvent pas être favorables ni aux forces anti-impérialistes de gauche, ni aux peuples menant une lutte inégale contre l’impérialisme des USA et de ses satellites. Pour les révolutionnaires, elles ne sont pas seulement moralement inacceptables mais elles sont aussi inopportunes, car elles donnent à la réaction impérialiste le prétexte souhaité pour des répressions et des interventions de masse, pour propager la chasse aux éléments défavorables. Ces actions ne répondent même pas aux intérêts même des régimes fondamentalistes du Moyen-Orient.
Ces évènements ont servi cette partie de l’oligarchie impérialiste, qui déjà à plusieurs reprises cherche la solution des problèmes internes et internationaux sur la voie du militarisme, sur la course aux armements et aux guerres d’agression. Il est symptomatique que toutes les principales actions terroristes sur les territoires des métropoles impérialistes ces dernières années (l’usage de gaz paralysant les nerfs à Tokyo, l’attentat au centre commercial d’Oklaoma et d’autres) ont été accomplis ni par des gauches, ni par des patriotes de pays du « Tiers-Monde », mais par des extrèmes-droites locales. C’est pourquoi les USA et leurs associés, divisant le monde en « complices du terrorisme », en pays de « l’axe du mal » et en combattant avec eux, ont eu la possibilité de renforcer la pression sur ceux qui ne se pressent pas à s’unir à l’idée du « Nouvel Ordre Mondial ».
Cet « Ordre » a déjà apporté à l’humanité des pertes colossales incalculables, toutefois les Etats agresseurs, surtout USA et Israël continuent à allonger la liste des citoyens pacifiques assassinés, le nombre des pauvres et des déshérités privés du droit d’habiter leur pays natal, du droit à une vie digne de l’homme. Subitement après le 11 septembre, la situation a empiré fortement au Moyen-Orient, entraînant le déclenchement d’une guerre non déclarée entre Israël et la Palestine. Le peuple héroïque et martyr de Palestine est devenu l’une des victimes de cette politique de globalisation et simultanément un combattant décidé contre elle.
Le devoir de tous les honnêtes gens de la terre est de condamner sans réserve la politique du terrorisme d’état, l’assassinat de politiciens, de femmes, d’enfants et de vieillards, la politique de génocide, d’étouffement dans l’étau du blocus d’une population pacifique privée de produits alimentaires, de médicaments, même d’eau, la politique d’occupation du territoire de l’Etat palestinien, menée par Israël avec le soutien entier des USA, d’exiger l’exécution rigoureuse des décisions de l’Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le problème du Moyent-Orient. Une solution globale n’est possible que sur base du départ d’Israël de toutes les terres occupées et l’acceptation de l’indépendance de l’Etat palestinien avec comme capitale Jérusalem.
Toutefois , les USA et leurs alliés de l’OTAN continuent à bafouer le statut de l’ONU, à fouler les principes de la sécurité internationale, établis après la victoire sur le fascisme. Les Américains ont annoncé déjà qu’ils pourraient utiliser l’arme nucléaire même contre des pays non-nucléaires, ce qui peut mettre le monde au bord de la catastrophe. On peut dire la même chose de la mise en application de l’article du Traité OTAN prévoyant des actions collectives en réponse à une attaque hypothétique sur un des membres du bloc d’agression.
Toutes ces démarches très dangereuses poursuivent les même buts que l’agression récente dans les Balkans : enrichissement des compagnies minières et pétrolières, renforcement artificiel de la position du dollar, asservissement des alliés à une discipline OTAN sévère, répression de toute tendance même faible d’indépendance nationale et de dignité des pays du « Tiers-Monde ». Accessoirement, les dirigeants des USA ne son pas loin d’éliminer leurs anciens agents (dans le genre de Ben Laden), sortis de leur contrôle et (ou) trop compromis par leurs actes criminels.
La direction des USA a décidé encore cette fois-ci de réunir dans sa personne les fonctions de procureur, de juge et de bourreau. Pour chaque enquête , le président a désigné des coupables – l’organisation Al-Quaida et sa soi-disant figure clé Oussama Ben Laden, mais aussi des pays qui coopéreraient avec lui. Le Congrès des USA a déclaré la guerre « au terrorisme international » et pour cela a violé l’esprit et la lettre de sa constitution et du droit international, en ne citant pas l’Etat à qui la guerre est déclarée, et en laissant au président le droit illimité de décider sur la question.
Une violation non moins grossière du droit international apparaît être l’ultimatum des USA aux gouvernements étrangers sur l’extradition de citoyens de tels ou tels autres pays pour jugement aux USA selon les lois américaines. A nouveau, comme ça fut déjà le cas avec des citoyens libyens et mexicains, avec des serbes bosniaques, avec Ocalan et S. Milosevic, « le monde civilisé » sans autorisation préalable lie tous les autres à l’extra-territoriale de sa justice. Il est résolu à châtier et à grâcier des citoyens de n’importe quel pays sans tenir compte de sa législation. Ces actions en fait représentent en soi un enlèvement criminel des gens. De telle sorte que nous avons affaire à de graves violations du droit international et des droits de l’homme.
Certes, les USA, comme n’importe quel état, sont en droit de défendre leur intérêts nationaux, le droit et la sécurité de leurs citoyens. Mais cette défense ne doit pas se faire sous la forme d’un procès global de Lynch. Pas un seul état au monde n’a le droit d’infliger un « châtiment », c’est-à-dire à appliquer des sanctions contre des états et des peuples, qu’il estime indésirables.
Le capitalisme contemporain essaie de « ne pas découvrir son visage ». Sa nature féroce se cache derrière des termes mélodieux – dans un cas, c’est « démocratie », dans un autre « libéralisme », dans le troisième cas – c’est « société des possibilités égales », dans le quatrième cas – c’est « nouvelle civilisation humaine » ou bien « monde post-industriel » etc. … Derrière tous ces euphémismes, à la suite desquels se trouve la « globalisation » se trouve une seule et même réalité : propriété privée, pouvoir de la bourgeoisie, exploitation, pillage matériel et spirituel et ruine d’autres pays et peuples, attrait violent pour l’agression.
Toute la deuxième moitié du 20e siècle a été caractérisée par l’accélération du processus de centralisation du capital et de sa concentration en quelques mains. Ultra-impérialisme, sociétés transnationales des sept pays industrialisés ont monopolisé placements de capitaux, production, commerce et profits, obtenant une liberté complète du marché, de l’entreprise et du commerce mondial. La spéculation financière, les affaires, dépassant fréquemment la production réelle sont la source des processus destructeurs spontanés.
L’ensemble de ces activités a élargi le gouffre entre pays riches et pays pauvres, entre couches supérieures et inférieures de la population, provoquant un chômage massif, menant à une production à grande échelle de l’industrie dans les pays développés, à une corruption effrénée, à une dégradation morale et à une détérioration de la sphère sociale dans le monde entier, à un étouffement de la culture de la majorité des peuples du monde.
Avec cela, nous ne devons plus nous satisfaire de phrases générales à propos de riches et de pauvres. Quand nous parlons de gouvernement mondial, nous pensons à une société assez consolidée de sociétés multinationales importantes, de groupes financiers les plus riches, d’états leaders avec leurs centres d’information et d’analyse, d’organisations officielles, semi-secrètes et secrètes, liées par une parenté de clan et idéologique. Ces structures s’appuient sur cette partie de la population de la terre qu’on appelle « le milliard doré », - la population d’Amérique du Nord, d’Europe occidentale, du Japon et la partie cosmopolite pro-occidentale de l’élite des pays de la « périphérie capitaliste ». Les multinationales et l’appareil qu’ils engendrent de domination de classe sur le monde s’éloignent toujours d’avantage et des économies nationales, et des intérêts nationaux. Pour atteindre leurs buts, ils sont prêts si nécessaire à porter un coup même aux riches pays-métropoles, ce que les événements du 11 septembre ont prouvé.
Le rôle du « cheval de Troie » dans ces processus est joué par les partis de la social-démocratie actuelle, surtout d’Europe occidentale. Ils ont même refusé les restes de la plate-forme réformatrice, ont dignement pris la place des libéraux dans le camp impérialiste, et sont devenus essentiellement une des fractions du capital international.
Au même moment, une série de partis qui jusqu’à présent s’appellent communistes, pratiquement ont déjà glissés sur des positions, auparavant occupées par la social-démocratie. Sous couvert de démagogie sociale, leurs organes dirigeants agissent comme conducteurs des intérêts du capital dans le mouvement ouvrier, prennent des positions de pousser dans le pouvoir et du travail surtout parlementaire, avec une dérive inévitable de l’internationalisme vers le nationalisme. La pratique journalière prouve la justesse de la conclusion de Lénine que la bataille contre l’impérialisme ne peut être réussie, que quand elle s’accompagne de la lutte contre l’opportunisme et le révisionnisme. Exécutant les décisions du 32e Congrès extraordinaire de l’Union des Partis Communistes-PCUS, le Plénum du Conseil du 20 janvier a exclu de l’Union une série de ces partis, dont nous avons en son temps pré-informé les partis frères.
L’analyse de la situation quasi dans tout l’espace post-soviétique, et en premier chef dans la Fédération de Russie, montre que sur ces quelques dernières années, pas un seul des facteurs économiques fondamentaux (fonds de base, force de travail, produit final commun) ne s’est élargi. Selon l’indicateur économique le plus important - de la productivité du travail – l’industrie de la Fédération de Russie recule sur le niveau de 1991 de plus d’une fois et demi. L’expérience mondiale montre que si l’état n’est pas capable de créer les conditions pour une phase effective de développement évolué de l’économie avec pleine adaptation à l’environnement extérieur changeant rapidement, alors, même après avoir atteint une stabilisation macro-économique au lieu de croissance, il peut survenir une dépression de longue durée.
La crise mondiale n’a pas pu ne pas ébranler les états formés sur le territoire de l’URSS. Même l’union de la Biélorussie et de la Russie piétine sur place, si elle ne recule pas. Par la pression exercée par le côté russe, et par les milieux qui lui sont proches de la bureaucratie biélorusse, après les élections présidentielles en Biélorussie on a annoncé une politique d’état de libéralisation et de privatisation. Le processus très lent d’intégration des ex-républiques de l’URSS avance sur la voie capitaliste – quasi exclusivement dans les intérêts des banques et sociétés s’occupant de ressources énergétiques et de carburant.
Toutes les affirmations des autorités sur la croissance économique, c’est une tromperie. La grosse production, sauf les branches des matières premières et en partie le complexe militaro-industriel, se trouve en position de stagnation. Le parc de machines-outils, l’équipement et la technique sont arrivés à une usure totale et à la ruine, ce dont témoignent les catastrophes et accidents fréquents. Le déclin de la science est irréparable, la sécurité de production est perdue. Une apparition courante dans la vie, ce sont les coupures en masse d’énergie électrique.
Dans la mesure où production et science ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins intérieurs du pays, l’inflation dépasse les indices planifiés et officiellement annoncés. Les prix des services communaux, l’approvisionnement et les autres marchandises de consommation populaires, les médicaments, les coûts du trajet de transport montent littéralement chaque jour. C’est pourquoi le niveau de vie des populations tombe toujours plus bas, bien que déjà maintenant une partie importante de la population ne mangea pas à sa faim. En même temps se poursuit le pillage des ressources naturelles du pays, de même que la fuite de milliards de dollars à l’étranger. La narcomanie augmente par poussées, la criminalité a atteint des niveaux énormes, ainsi que le chômage visible et caché. Dans les villes, il y a des millions d’enfants sans-abris.
Les « réformateurs », les apologistes des idées économiques libérales-radicales des modèles occidentaux (il est difficile de croire qu’ils étaient sincères dans leurs plans de « reconstruction » de la Russie), ne s’étaient pas attendus à ce que la ruine du potentiel économique exige des dépenses plus grandes que pour sa reconstitution. Le renforcement de la concurrence du marché extérieur est capable d’exercer une influence positive sur l’économie seulement à condition d’avoir un courant très important d’investissements. Dans le cas contraire, le dépassement des prix intérieurs sur les prix mondiaux sans usage souple de mesures protectionnistes conduit à un krach de branches entières de l’économie.
La corruption et le libéralisme sur l’espace post-soviétique vont de pair, c’est pourquoi le libéralisme comme paradigme économique appuie la corruption. Ensemble avec eux, immanquablement vient leur « troisième sœur », la criminalisation de toute la vie sociale. Toutes les conversations sur le « commerce honnête » et « l’économie de marché à orientation sociale » sont simplement absurdes, car l’entreprise privée est par définition une spéculation légitimée, la loi du marché – c’est retirer le profit maximum, mais la solution de n’importe quelle question sociale est orientée vers sa baisse.
Il est caractéristique que directement après le référendum de juin (1992) sur la confiance à la politique libéralo-monétaire économique, le lauréat Nobel Vassili Leontev, connaissant bien la mentalité russe, déclara que « la Russie a encore besoin de 70 ans pour créer un système valable d’instituts de la propriété privée ». Et cela sous condition, que le peuple adoptera le système capitaliste et « le monde libre » tendra la main pour aider.
Les événements du 11 septembre ont servi de signal pour un changement marqué de la politique extérieure du régime de Poutine. La Russie a fait toutes les concessions possibles aux USA, reconnaissant de fait le statut de puissance coloniale, dépendante et périphérique. D’abord, il y a eu le renoncement à la base militaire navale au Vietnam et de la base d’antenne radio à Cuba. Ensuite, furent cédées sous contrôle de l’OTAN les Républiques soviétiques d’Asie Centrale et du Caucase. Les autorités soit-disant communistes de Moldavie cédent aux globalistes de l’OTAN toutes les positions. Maintenant, quasi sur tout le périmètre des frontières de l’Union