Contribution
au Séminaire Communiste International
'Crises économiques et possibilité d'une crise mondiale majeure'
Bruxelles, 2-4
mai 2002
www.icsbrussels.org , ics[at]icsbrussels.org
Pérou
Partido Proletario del Perú
Gouvernement de Toledo : réactionnaire et soumis à l'impérialisme
La période de démocratie capitaliste que connaît le pays met à découvert les
entrailles et les objectifs du gouvernement actuel et de toutes les forces en
présence. Le soutien ou l'adhésion aux événements qui marquent la scène mondiale
et nationale, portant le cachet d'une classe déterminée, démasquent le gouvernement
péruvien présidé par Alejandro Toledo M. et laisse transparaître son rôle servile
à l'impérialisme et la trahison de la volonté du peuple. Cette conduite, dictée
par ses conseillers et agents du capital transnational (Dañino et Kuczynski),
n'est pas un fait isolée de sa ligne politique, elle est intimement liée à son
caractère servile, démagogique, pro-capitaliste et réactionnaire.
Au moment où l'impérialisme accentue à nouveau, au niveau international, son attitude belliciste et conspiratrice contre les peuples qui luttent pour leur indépendance et pour le socialisme, le gouvernement Toledo joue le rôle de traître et félon. De manière misérable et déguisée, il s'empresse de condamner la digne Patrie Socialiste Cubaine, sous le faux prétexte d'une commission rogatoire pour le respect des droits de l'homme. Avec une soumission éhontée, il se soumet à l'impérialisme nord-américain et, comme une marionnette, il obéit à la demande d'appui au Plan Colombia. Avec un intérêt pro-sioniste clair, sans perdre contenance, il se tait dans toutes les langues face au génocide que commet le gouvernement d'Israël contre le peuple palestinien. Avec la bêtise d'un réactionnaire novice, il a critiqué le président du Venezuela, Hugo Chávez, prenant position en faveur du coup d'Etat civilo-militaire, sans s'apercevoir qu'il caressait un serpent putschiste de droite, vite condamné à mort par les masses populaires. Et trahissant effrontément la souveraineté nationale en faveur de l'intérêt nord-américain, il applaudit la mise en place de l'ALCA (Zone de libre échange des Amériques) et permet l'installation d'une base militaire yankee dans la forêt, sous prétexte de la lutte contre le trafic de stupéfiants et le terrorisme.
Sur le plan national, en collusion avec la bourgeoisie, il mène une campagne exagérée pour l'investissement privé, persistant dans sa politique économique de privatisations sans remarquer le gouffre créé par le néolibéralisme déjà en échec. Il patronne une concertation bourgeoise bureaucratique en marge des secteurs populaires, correspondant à son programme corporatiste d'emploi, sans réussir à rencontrer la demande d'emploi croissante du peuple et, pour donner une meilleure image apparente à son Etat discrédité, il s'apprête à revoir la Constitution capitaliste. En même temps, il rend vigueur à la corruption et à la persécution, il déploie une offensive idéologique maccarthyste contre les luttes sociales, il commence à stigmatiser les masses, il se met à utiliser de vieilles recettes de calomnies, de mise en scène et de manipulation de briseurs de grève et de mercenaires, il recourt à la qualification de terrorisme et à des accusations fantaisistes pour justifier la répression, opprimer ses adversaires et mettre en place l'espionnage et l'intimidation contre les citoyens.
Toute cette manière d'agir confirme que le gouvernement d'Alejandro Toledo s'engage dans la voie d'une faillite politique totale. Il ne compte plus aujourd'hui que sur le soutien de 23% de la population, il ne dispose pas d'un parti unifié, capable de grandes réalisations, mais d'un conglomérat d'opportunistes et de gens de droite provenant des diverses classes qui ne pensent qu'à elles. De telle sorte que le gouvernement Toledo ne peut plus tenir, aujourd'hui et à l'avenir, sans le soutien inconditionnel de la force militaire de la bourgeoisie et du groupe bourgeois et petit-bourgeois qui a rejoint le camp de la contre-révolution et qui vit au dépens des finances l'Etat et de l'économie du peuple.
Dans ce contexte, les réclamations, les protestations et les manifestations de rejet du gouvernement Toledo se multiplient. En divers endroits du pays, les masses multiplient les mouvements de lutte, les mobilisations, les grèves et actions de résistance qui annoncent le rejet populaire de la politique gouvernementale. La perspective de ces luttes de masse dans les conditions présentes de misère, de chômage, d'exploitation et d'oppression, menacent de se généraliser dans tout le Pérou, à moins qu'elles ne soient désactivées au moyen de la violence répressive par le gouvernement. Même si c'est le cas, la polarisation sociale et politique suivra son cours antagonique. Actuellement, les forces en présence se divisent : les uns ont choisi la voie démocratique capitaliste, poursuivant l'oppression et l'exploitation de notre peuple, d'autres ont choisi de lutter sur la voie démocratique socialiste qui constitue un système alternatif supérieur au capitalisme.
Les faits démontrent que, dans le Pérou profond, où la population est en majorité humble et exploitée, les gens cherchent une issue politique à leurs problèmes. Cette issue politique pour les masses, les travailleurs de la campagne et de la ville, ne peut être en aucune manière la confirmation ni le maintien de la démocratie capitaliste parce qu'elle est bourgeoise, antipopulaire, corrompue, oppressive et qu'elle profite à ceux qui détiennent le pouvoir. L'issue pour le pays et les travailleurs est la transition et l'institutionnalisation de la démocratie du peuple, la démocratie socialiste, qui est la seule à garantir et à rendre possible le bien-être et la réalisation complète des revendications du peuple, la véritable liberté, la justice sociale, le travail stable, des salaires dignes, la sécurité et la santé pour tous.
Les luttes pour atteindre l'issue démocratique socialiste nécessitent et exigent que, dans cette période de démocratie capitaliste, se développe la lutte politique civile largement unitaire pour la possession de la démocratie pour le peuple ; que se déploie une lutte idéologique ferme contre le néolibéralisme, pour la liberté, la justice, l'égalité et le socialisme et que s'engage la lutte économique dans tout le pays, pour un salaire digne et pour le bien-être des masses, en revendiquant le transfert de la propriété bourgeoise des moyens de production aux mains des travailleurs et du peuple tout entier.
Dans ce sens, notre parti se démarque des partis petits-bourgeois, réformistes ou de gauche et de tout autre parti bourgeois. Nous exposons notre position politique qui répond clairement aux intérêts de la classe ouvrière et du peuple :
1.- Nous condamnons la faim, la pauvreté et le chômage ; nous voulons que notre peuple acquière le bien-être, le travail et la sécurité.
2.- Nous condamnons l'esclavage salarié et l'exploitation ; nous sommes pour une authentique émancipation, avec des salaires et une vie digne pour les travailleurs.
3.- Nous condamnons la politique servile et réactionnaire de ce gouvernement ; nous sommes pour la politique indépendante, souveraine et au service du peuple.
4.- Nous condamnons la persécution, la répression et l'oppression contre le peuple ; nous sommes pour liberté, l'égalité et la justice sociale pour les Péruviens.
5.- Nous condamnons les privatisations de toutes les entreprises d'Etat ; nous sommes pour leur retour au peuple et le transfert de l'administration aux travailleurs.
6.- Nous condamnons le salaire minimum ridicule ; nous sommes pour des salaires convenables, le salaire minimum doit être supérieur aux besoins familiaux de base.
7.- Nous condamnons la retraite capitaliste et dégradante pour les travailleurs ; nous sommes pour une retraite socialiste digne, avec des pensions qui donne le bien-être, la sécurité et le bonheur à tous les pensionnés.
8.- Nous condamnons l'éducation bourgeoise ; nous sommes pour une éducation socialiste (scientifique, dialectique et au service du progrès du peuple).
9.- Nous condamnons le terrorisme, d'où qu'il vienne, et tout acte de génocide ; nous sommes pour la paix et le bonheur pour notre peuple.
10.- Nous condamnons tout délit contre l'humanité ; nous sommes pour la défense des Droits de l'Homme.
11.- Nous condamnons les actes de trahison à la patrie ; nous sommes pour la défense et la sécurité de notre pays.
12.- Nous condamnons la démocratie capitaliste ; nous sommes pour la démocratie socialiste.
13.- Nous condamnons le maquillage de la société bourgeoise ; nous sommes pour la construction d'une nouvelle société.
14.- Nous condamnons le pouvoir de la bourgeoisie ; nous sommes pour que le pouvoir passe aux mains des travailleurs de la ville et de la campagne.
15.- Nous condamnons la permanence de la propriété bourgeoise des moyens de production ; nous sommes pour le transfert aux travailleurs de la propriété des moyens de production.
16.- Nous condamnons le désordre économique et la crise ; nous sommes pour une économie planifiée, productive et équitable.
17.- Nous condamnons l'Etat oppresseur, bureaucratique et parasitaire ; nous sommes pour un Etat de type nouveau, producteur, efficace et au service du peuple.
18.- Nous condamnons le capitalisme agonisant ; nous sommes pour un système nouveau et supérieur : le socialisme.
19.- Nous condamnons l'impérialisme ; nous sommes pour l'internationalisme prolétarien.
20.- Nous condamnons le complot et la guerre contre les pays qui cherchent leur émancipation et luttent pour le socialisme ; nous sommes pour le triomphe de l'émancipation prolétaire et pour le soutien aux pays socialiste comme la Corée, Cuba, la Chine, etc.
Ces mesures que nous proclamons de plein droit rassemblent les aspirations les plus profondes de notre peuple, pour lesquelles nous appelons les masses, les meilleurs fils de chaque endroit de notre patrie, à serrer les rangs avec nous pour travailler ensemble à la réalisation de ces objectifs. Ensemble, nous animons le mouvement démocratique populaire et la voie démocratique socialiste, brandissant haut nos bannières, nous démarquant de la droite, des réformistes et de la gauche.
Perou, 15 avril 2002
Conseil Politique du P.P. del P.