La globalisation impérialiste et le processus révolutionnaire mondial

Résolution générale

Séminaire Communiste International, Bruxelles, 4 mai 2001

Selon les idéologues académiques du monde occidental, la globalisation serait un processus naturel, inévitable qui apporte aussi bien des possibilités énormes de développement de tous les pays du monde que des défis sérieux à relever. L’histoire ayant prouvé que l’économie basée sur l’entreprise privée et le marché est la plus performante, tous les pays du monde seraient obligés d’accepter le marché libre chez eux comme partie intégrante du marché libre global, ainsi que les privatisations, les libéralisations et les dérégulations qui en sont les prémisses.

En observant les réalités du monde actuel et l’histoire depuis un siècle et demi, nous pouvons dire que la globalisation actuelle n’est pas un phénomène nouveau. Marx écrivait déjà dans le Manifeste du Parti communiste en 1848 : « Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. (…) Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration continue des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares.» Cette tendance s’est complètement affirmée avec le passage du capitalisme libéral au capitalisme des monopoles et avec l’avènement de l’ère de l’impérialisme. La globalisation actuelle constitue un approfondissement et un élargissement de toutes les contradictions qui marquent l’impérialisme depuis sa naissance au début du vingtième siècle.

Globalisation impérialiste et révolution : 1900-1960

Vers 1900-1910, le capitalisme monopoliste dominait en Grande Bretagne, en France, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas et partiellement en Russie. Pour échapper aux crises économiques qui secouaient ces pays, ces pays se sont tous engagés dans une politique de colonisation. Aucun coin du monde n’échappait à la voracité des puissances impérialistes.

La globalisation impérialiste est née avec les conquêtes coloniales.

Les crises de surproduction ont poussé certains pays impérialistes à exiger un partage « plus juste » des colonies, donnant le signal de la Première Guerre mondiale qui a coûté la vie à 10 millions de personnes. Jamais l’humanité n’avait connu une violence aussi barbare et aussi généralisée.

La classe ouvrière est la classe la plus révolutionnaire de l’histoire, elle a la vocation historique de délivrer le monde de l’exploitation de l’homme par l’homme en renversant la bourgeoisie, la dernière classe exploiteuse dans l’histoire de l’humanité, la dernière et aussi la plus féroce. Mais c’est uniquement en Russie que la classe ouvrière, alliée à la paysannerie pauvre, a déployé assez d’énergie révolutionnaire pour écraser les forces armées de la bourgeoisie russe et des neuf pays impérialistes qui sont intervenus militairement en Russie.

La globalisation impérialiste s’est accentuée au cours des années vingt et trente. Elle était caractérisée par une hostilité irréductible de toutes les puissances impérialistes contre le premier et seul pays socialiste au monde, par une extension et une intensification de la colonisation et de la soumission de pays semi-coloniaux et par une rivalité croissante entre les puissances impérialistes pour s’emparer des marchés et des matières premières dans le monde entier. La crise mondiale de 1929 a été une crise de surproduction, liée à un effondrement financier. Les grands pays capitalistes ont tenté d’en sortir par une politique keynésienne de travaux publics et de grands programmes d’armement.

Tout cela a abouti à la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle 50 millions d’êtres humains sont tombés sous la barbarie de ce système criminel qui se nomme impérialisme. Au cours de la guerre antifasciste, 23 millions de Soviétiques se sont sacrifiés pour débarrasser l’URSS et le monde entier du fascisme. Dans les pays d’Europe de l’Est, l’Union soviétique a aidé de façon notoire au triomphe de la révolution antifasciste, qui s’est transformée en révolution socialiste. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les peuples chinois et coréen ont intensifié leur guerre de libération nationale contre l’occupation fasciste et ses collaborateurs. Après la défaite de ces derniers, ils se sont dressés contre l’impérialisme américain et ses laquais locaux et ont arraché la victoire dans la révolution anti-impérialiste et démocratique qui, sous la direction du Parti communiste, s’est transformée en révolution socialiste. Ces victoires ont donné une grande impulsion aux mouvements révolutionnaires anticolonialistes en Asie et en Afrique, qui ont triomphé au cours des années cinquante et soixante dans la plupart des colonies.

L’impérialisme américain s’est enrichi au début de la Seconde Guerre mondiale en vendant aussi bien aux « démocraties » qu’aux pays fascistes. Il est entré très tard dans la guerre en Europe, dans le but essentiel d’empêcher la victoire de la révolution socialiste en France, en Italie et en Allemagne, grâce aux efforts conjoints des masses populaires armées et de l’Armée rouge. En pleine guerre, le général Patton a proposé de changer d’alliance et de marcher sur Moscou avec des divisions de l’armée hitlérienne... Les États-Unis ont exterminé les populations de Hiroshima et de Nagasaki sans aucune justification militaire : il s’agissait d’un avertissement à l’Union soviétique et c’est ainsi que s’est ouverte la « Guerre froide ».

L’impérialisme américain, continuant directement la politique hitlérienne de guerre à outrance contre le socialisme, s’est lancé dans une guerre d’agression contre la Corée, prélude à la guerre contre la Chine et éventuellement contre l’Union soviétique. Mais l’impérialisme a été vaincu en Corée devant la résistance héroïque du peuple coréen aidé par les volontaires, soutenu par tous les pays socialistes et par un mouvement mondial de toutes les forces défendant la paix et l’indépendance.

Au cours des années cinquante, l’impérialisme, dirigé par l’impérialisme américain, a été fondamentalement ébranlé face au passage d’un tiers de l’humanité au système socialiste, face à la montée des révolutions anticoloniales et anti-impérialistes dans le tiers monde et face au développement des luttes ouvrières et populaires dans les pays capitalistes eux-mêmes.

 

De l’opportunisme à la contre-révolution à l’échelle mondiale

L’impérialisme a pu temporairement sortir de cette impasse mortelle, essentiellement grâce au développement de l’opportunisme au sein des trois grands courants révolutionnaires qui marquent notre époque : le mouvement pour l’édification socialiste dans les pays libérés de l’exploitation capitaliste, le mouvement pour l’indépendance politique et économique dans les pays dominés et le mouvement révolutionnaire des ouvriers et des travailleurs dans les pays impérialistes.

En Union soviétique, l’arrivée au pouvoir du révisionnisme avec Khrouchtchev a marqué une rupture radicale envers la politique révolutionnaire suivie sous Lénine et Staline. Tous les principes marxistes-léninistes ont été liquidés l’un après l’autre. Les révisionnistes ont déclaré que le socialisme avait définitivement triomphé, qu’une restauration capitaliste était devenue impossible, que la lutte des classes avait cessé en Union soviétique et, par conséquent, que la dictature du prolétariat contre la bourgeoise et les éléments bourgeois n’était plus nécessaire. L’éducation révolutionnaire a été dénaturée fondamentalement pour être finalement liquidée. Les idées et les comportements bourgeois se sont installés chez les dirigeants du parti et de l’État. Des principes de l’économie capitaliste ont été progressivement réintroduits, à partir du rétablissement du principe du bénéfice capitaliste en 1965. L’enrichissement personnel s’est développé de même qu’un secteur d’économie capitaliste noire.

La dégénérescence idéologique, politique et économique a conduit en 1990 à la restauration intégrale du capitalisme dans ses formes les plus sauvages. La production de l’ex-Union soviétique était en 1999 à 57% du niveau de 1990 (et celle de l’Ukraine même à 39%). Sa population a diminué de 6 millions d’habitants en 8 ans, la mortalité est deux fois plus importante que la natalité, l’espérance de vie a chuté de 64 à 61 ans, 60% de la population a un revenu inférieur au minimum vital.

Dans le monde impérialiste, la plupart des partis communistes, qui avaient depuis toujours des tendances opportunistes marquées, ont complètement dégénéré dès que Khrouchtchev a pris la voie révisionniste. Ils sont devenus partie intégrante du monde politique bourgeois.

Dans les pays du tiers monde, la plupart des partis révolutionnaires anti-impérialistes et communistes ont été influencés par le déferlement de l’opportunisme et du révisionnisme dans le reste du monde. Des coups d’État contre-révolutionnaires ont éliminé la plupart des dirigeants fidèles au combat anti-impérialiste. Les nouveaux dirigeants ont simplement repris les positions des anciens colonisateurs au sein de l’appareil néocolonial. Ils sont devenus une bourgeoisie compradore et bureaucratique, forces intermédiaires sur lesquelles s’appuie l’impérialisme pour maintenir sa domination politique et économique sur ces pays.

 

Les caractéristiques de la globalisation actuelle

C’est dans ce contexte que se situe la nouvelle phase de la globalisation impérialiste que le monde subit actuellement.

Cette globalisation n’est rien d’autre que l’extension à presque toute la planète et l’intensification de toutes les contradictions qui caractérisent l’impérialisme depuis sa naissance en 1900. Loin d’être un processus naturel et bénéfique pour tout le monde, la globalisation pousse l’exploitation, la domination et la répression et la terreur à leurs extrêmes limites, préparant ainsi l’émergence de mouvements révolutionnaires anti-impérialistes et anticapitalistes d’une ampleur mondiale, jamais vue dans l’histoire.

Du point de vue économique, la phase actuelle de la globalisation impérialiste est marquée par les révolutions dans les domaines de l’informatique, de la communication et des transports, elle est marquée également par des vagues de concentrations sans précédent au sein de multinationales opérant à l’échelle mondiale.

La globalisation actuelle est l’œuvre de trois forces liées entre elles : d’abord les grandes multinationales, ensuite les États impérialistes qui protègent et défendent les intérêts de leurs monopoles et des alliances internationales dans lesquelles ils s’engagent et finalement les institutions dominées par les États impérialistes et les multinationales, telles que le FMI, la Banque Mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce.

La globalisation actuelle est aussi façonnée par les crises profondes qui secouent le monde impérialiste et qui obligent les multinationales à s’accaparer toutes les sources de profit possible dans les pays dominés et à pousser l’exploitation de la classe ouvrière dans le monde entier à ses limites extrêmes.

Les anciens pays socialistes : des poudrières

La contre-révolution dans les pays socialistes est sans aucun doute une victoire de l’impérialisme, mais elle n’a en rien contribué à atténuer les contradictions du monde capitaliste et impérialiste, au contraire, elle les a toutes aiguisées. Quarante pour cent de l’économie russe est aux mains de la mafia, devenue la force maffieuse la plus forte et la plus redoutable au monde. Dans tout le monde capitaliste, l’économie du crime s’est développée sous cette nouvelle impulsion venue de l’Est. Les beaux discours sur les mérites du marché libre ne peuvent plus cacher que le capitalisme est devenu, au fond, un système maffieux. La trahison nationale de la nouvelle bourgeoisie dans les pays de l’ex-Union soviétique, l’humiliation nationale d’une nation fière réduite à l’état d’une néocolonie américaine et européenne, la dégradation invraisemblable des conditions de vie des travailleurs, tout cela conduira inévitablement à de nouvelles grandes luttes révolutionnaires. Poussé par la crise qui le secoue, l’impérialisme veut s’emparer des richesses fabuleuses des pays de la Mer Caspienne et de la Sibérie. L’Otan se prépare déjà à faire la guerre à la Russie. Mais toute guerre d’agression contre l’ex-Union soviétique, y développera inévitablement les forces de la révolution socialiste.

Tiers monde : recolonisation intégrale par le « marché libre »

Lors des moments les plus difficiles pour l’impérialisme mondial, au cours des années 70, les bourgeoisies nationales et compradores du tiers monde ont été poussées à s’endetter énormément pour construire des infrastructures et pour créer des entreprises produisant des matières premières, leur offrant en même temps l’occasion de s’enrichir par des moyens illégaux. Le but était de les empêcher de créer une industrie nationale axée sur les besoins des masses populaires. Les dettes écrasantes ont mis ces bourgeoisies locales à genoux. Pour pouvoir imposer les dictats de l’impérialisme, elles sont devenues encore plus répressives et sanguinaires envers leurs peuples. La dette totale est passée de 61 milliards de dollars en 1970 à 2.554 milliards en 1999. Il sera difficile de l’augmenter encore. Les recettes d’exportations de nombreux pays ne sont plus suffisantes pour assurer le service de la dette extérieure...

L’impérialisme ayant poussé tous les pays à s’endetter pour produire des matières premières, la crise de surproduction des matières premières qui a suivi a fini par mettre à terre un grand nombre de bourgeoisies du tiers monde. Les années 1998-99 ont connu une chute sans précédent des cours des produits de base exportés par le tiers monde.

L'impérialisme, tout en forçant l'entrée de ses produits dans le tiers monde, invente de nouvelles mesures de protectionnisme contre les biens manufacturés et les produits alimentaires venant du tiers monde. Lors de l’Uruguay Round sur la libéralisation du commerce, les impérialistes ont imposé leur libéralisation, en échange de quoi les pays du tiers monde ont reçu des promesses... jamais tenues. Le protectionnisme essaie de retarder la catastrophe sociale en Occident, tout en aggravant la catastrophe déjà insoutenable pour quatre milliards d’êtres humains.

Avec l’OMC, l'impérialisme rend plus difficile l'accès aux avancées technologiques et scientifiques. Pour survivre, des milliards d'habitants du tiers monde ont besoin d'une meilleure nourriture et de médicaments. Les multinationales imposent des brevets coûteux sur leurs produits pharmaceutiques et denrées alimentaires, extorquant leurs derniers sous aux damnés de la terre.

Les bourgeoisies bureaucratiques et compradores ne pouvaient opposer aucune résistance lorsque l’impérialisme, pour sortir de sa propre crise, a exigé qu’elles renoncent à leur souveraineté économique et qu’elles bradent leur patrimoine national. Elles ont été forcées de privatiser les entreprises nationales et de libéraliser les importations, ce qui a entraîné la destruction des faibles forces productrices nationales.

Comme « bienfait » de la globalisation, un certain nombre de pays dominés ont reçu des investissements de « délocalisation » : des productions, dont le coût salarial est devenu « trop lourd », ont été déplacées. Il s’agit essentiellement, à part l’électronique, d’usines de textiles et de chaussures, ce qui a provoqué la faillite de la production nationale dans ces secteurs, entraînant davantage de pertes d’emplois que d’embauches.

Lors des grandes crises récentes au Mexique (1995), en Asie du Sud-Est (1997) et au Brésil (1998), d’énormes fuites de capitaux se sont opérées en direction des États-Unis. Ces dernières années, les États-Unis ont gagné entre 300 et 400 milliards de dollars grâce à ces fuites de capitaux.

Plus la surproduction prend des aspects menaçants dans les pays impérialistes, plus ces derniers détruisent la production nationale dans les pays dominés. A la surproduction des pays riches, correspond une sous-production croissante dans la plupart des pays du tiers monde, où l’impérialisme rend impossible même l’éclosion d’un capitalisme national. Le mensonge selon lequel « le capitalisme permet de développer les pays et le socialisme a échoué » est encore répété par certains au moment où nous avons vu se produire une destruction massive de forces productives dans les anciens pays socialistes et dans les pays du tiers monde qui avaient connu un certain développement industriel.

La « globalisation » actuelle a dans les pays opprimés une double face : extension et intensification de la domination économique de l’impérialisme et, en même temps, renforcement de tous les facteurs de division parmi les masses opprimées et dominées. L’impérialisme « globalise » les divisions ethniques, nationales, religieuses et raciales afin de pousser les masses opprimées à s’entre-déchirer et à s’entre-tuer et rendre ainsi impossible toute résistance, populaire et unie, à la domination.

La mondialisation a produit une ‘internationale de la terreur’, qui utilise les médias comme arme de guerre psychologique et crée ou développe des forces paramilitaires.

L’agression militaire contre l’Irak de janvier 1991 se poursuit aujourd’hui sous forme d’agression économique, renforcée de temps en temps par de nouvelles attaques militaires. 1.500.000 de vies irakiennes ont déjà été sacrifiées au dieu de la globalisation impérialiste.

L’agression impérialiste au Moyen Orient, à travers son laquais Israël, en est un autre exemple, contre lequel le peuple palestinien développe une héroïque lutte anti-impérialiste.

Craignant l’émergence d’un Congo indépendant et puissant au cœur de l’Afrique, l’impérialisme a lancé une agression barbare contre le pays de Kabila par armées rwandaise et ougandaise interposées. Il s’agissait de briser la volonté d’indépendance politique et économique de ce pays potentiellement très riche et de mettre la main sur les plus grandes réserves au monde de minerais stratégiques comme l’or, le diamant, le cobalt et de minéraux rares, comme le niobium, le tantale, le colombium. L’impérialisme américain a provoqué un véritable génocide au Congo où déjà plus de trois millions personnes ont trouvé la mort à cause de l’agression et des destructions qu’elle a causées.

Le rôle croissant des organisations communistes et anti-impérialistes en Colombie et en Equateur inquiète l’impérialisme américain, qui menace d’attaquer ces pays pour garantir la domination des multinationales et des gouvernements corrompus et soumis aux intérêts de Washington.

Surexploitation de la classe ouvrière mondiale

En invoquant les contraintes imposées par la globalisation, les mêmes multinationales mènent des offensives en règle contre les acquis de la classe ouvrière dans les pays impérialistes comme dans les pays dominés. Chutes des salaires, contrats de travail à durée limitée, généralisation des jobs mi-temps, accroissement de la flexibilité, intensification à l’extrême des rythmes de travail, fermetures d’usines, démantèlement de la Sécurité sociale, limitation des indemnités de chômage, augmentation des impôts des travailleurs au moment où les impôts sur les sociétés sont revus à la baisse...

Les travailleurs assurent l’augmentation de la productivité et de l’extraction de la plus-value aux prix de leur stress, des problèmes psychologiques, de la maladie et même de la mort...

Crises économiques et financières

La « globalisation » impérialiste accentue énormément le parasitisme et le caractère spéculatif du capital financier. L’éclatement de la bulle des actions technologiques sur les bourses américaines a fait « disparaître » 4.000 milliards de dollars... Cela aura inévitablement comme résultat que les États-Unis réduiront leurs importations du Japon et de l’Europe. Le jour où ces pays créanciers retireront une partie de leur argent des États-Unis, tout peut arriver.

La dette américaine (ménages, entreprises et État) a atteint le niveau le plus élevé de l’histoire. Elle est passé d’environ 140% du PIB américain en 1981 à 189% en 1991, niveau auquel elle se situe toujours. S’il y a récession importante, une telle dette provoquera des faillites catastrophiques pour les travailleurs et des saisies pour incapacité à rembourser les créances contractées.

L’appauvrissement des masses aussi bien dans les anciens pays socialistes que dans les pays dominés et dans les métropoles impérialistes, doit nécessairement aggraver les crises de surproduction et les crises financières.

Depuis de nombreuses années, le secteur de l’automobile est caractérisé par la surproduction et les surcapacités. De grandes crises se succèdent dans des pays importants : au Mexique en 1995, en Asie du Sud-Est en 1997, au Brésil et en Russie en 1998. Le Japon connaît la stagnation depuis dix ans. Au début 2001, la crise de surproduction a éclaté dans le secteur des nouvelles technologies, le secteur devenu le symbole du « dynamisme » irrésistible du capitalisme monopoliste…

Les facteurs s’accumulent qui peuvent provoquer à l’avenir une crise majeure d’envergure mondiale qui fera trembler le monde entier.

 

Contradictions entre les trois centres impérialistes
et danger d’une guerre mondiale

Dès l’écroulement de l’Union soviétique, leur principal ennemi commun, les contradictions entre les trois grands centres impérialistes sont devenues plus manifestes et plus aiguës.

Les Etats-Unis, puissance hégémonique

Les États-Unis restent de loin la puissance impérialiste la plus puissante dans le domaine économique, mais surtout militaire. Ils sont la seule superpuissance militaire. Ils proclament ouvertement vouloir défendre leur hégémonie mondiale contre tout rival potentiel.

Mais le développement inégal, loi inhérente au capitalisme, est en train de modifier les rapports de force économiques.

En 1945, le PIB des États-Unis représentait 50% du PIB mondial.

En 1999, le PIB des États-Unis tombe à 28,8% , celui de l’Union européenne se situe à 27,3% et celui du Japon à 14,5%.

Selon certaines estimations, la part des États-Unis chutera vers 2020 autour de 10 à 15 %, à peu près le niveau qu’atteindront l’Europe et le Japon et, également - selon les estimations les plus optimistes - la Chine.

L’Union européenne, un rival possible

L’Union européenne constitue le projet stratégique commun de tous les pays impérialistes d’Europe, exigé par les grands monopoles européens. Ces derniers visent à conquérir des marchés dans le monde entier, au détriment de leurs concurrents américains et japonais.

A lui seul, aucun pays impérialiste européen ne peut valablement contester la domination américaine ou japonaise. Cette Europe est loin d’être achevée. Sa construction est traversée par les rivalités entre ses (grandes) composantes, l’Allemagne imposant le plus sa volonté, les autres (la France, la Grande Bretagne, l’Italie, même les « petits ») voulant aussi avoir leur mot à dire. Mais tous les monopoles de tous les pays européens veulent le grand marché de l’Union européenne pour se développer, afin de pouvoir se mesurer aux concurrents américains et japonais.

Les contradictions continuent à se développer entre les Etats-Unis et l’Union européenne, entre autres dans les domaines commerciaux et monétaires. Des rivalités farouches opposent les deux centres pour la domination de l’Afrique et du monde arabe.

Les Etats-Unis veulent une Europe unie et suffisamment forte pour les aider à embrigader l’Europe de l’Est et à contenir la Russie. Ensuite parce qu’un marché unique intégré profite aussi à leurs multinationales implantées sur le continent européen.

Pour maintenir la domination impérialiste sur le monde, l'Otan est indispensable aussi bien pour les Etats-Unis que pour l’Europe. L’Otan est le bras armé de l’impérialisme américain et européen qui menace directement la Russie, la Chine et tous les pays du tiers monde. Même un pays comme l’Algérie, qui en 1975 encore brandissait le drapeau du combat anti-impérialiste, a effectué des exercices militaires conjoints avec l’Otan et discute sa collaboration à ce pacte militaire agressif.

D’autre part, les Etats-Unis veulent également maintenir l’Otan pour contrôler et, si nécessaire, affaiblir et diviser cette puissance concurrente qu’est l’Europe en construction. Il s’agit d’empêcher l’émergence d’une superpuissance européenne qui contesterait l’hégémonie économique et militaire américaine.

La guerre d’agression de l’Otan contre la Yougoslavie était essentiellement une guerre pour contrôler les routes vers le pétrole du Moyen Orient et de la Mer Caspienne, ainsi qu’une préparation à la guerre contre la Russie. Mais comme les intérêts des multinationales européennes et américaines ne concordent pas dans ces deux zones stratégiques, l’Europe a décidé de se doter d’une armée d’agression « indépendante ».

L’Europe est consciente qu’elle ne pourra pas dominer les marchés et zones qu’elle convoite sans sa propre armée. Le 29 mai 1999, en pleine guerre d’agression contre la Yougoslavie, la France et l’Allemagne proclament « leur détermination à contribuer de tout leur poids afin que l’Union européenne s’équipe des moyens nécessaires pour faire face à des crises internationales », et cela sans intervention directe des Etats-Unis. Ceux-ci craignent que cette armée européenne puisse se développer de plus en plus en dehors de l’Otan, pour finalement entrer en compétition avec eux.

L’Europe s’oppose également à la nouvelle course aux armements que veulent initier les Américains avec la construction d’une défense antimissile.

Les Etats-Unis peuvent tenter à nouveau de « sortir de la crise » en prenant la voie de la militarisation et de la préparation à une grande guerre internationale. La Chine et la Russie seraient les cibles essentielles, ainsi que la République Populaire Démocratique de Corée. Mais l’Europe sait que si elle se laisse entraîner dans une telle aventure, elle en sera la victime.

Force et faiblesses du Japon

L’énorme puissance industrielle et financière du Japon en fait, dans de nombreux domaines, un concurrent puissant des Etats-Unis. Mais son isolement relatif en Asie et sa faiblesse militaire font que le Japon n’a pas la potentialité de mettre en cause l’hégémonie mondiale des Etats-Unis.

En valeur courante d’échange, le PIB japonais s’élevait à 4.610 milliards de dollars en 2000, représentant 46,5% du PIB américain et 59% du PIB européen. En 1996, 36,5% des investissements japonais à l’étranger s’effectuaient aux Etats-Unis contre seulement 30,5 % en Asie. Les Etats-Unis ont un très important déficit commercial avec le Japon – 77,5 milliards de dollars en 1999, dû surtout à l’importation de voitures et d’électronique.

Mais le Japon – un archipel sans réserves de matières premières, ni ressources énergétiques – se trouve aujourd’hui face à une Chine indépendante dont la puissance économique ne fait que croître et dont les relations en Asie et dans le monde s’intensifient à tous les niveaux. La Chine est décidée à réincorporer sa province de Taiwan – partenaire économique important du Japon – et un jour, cela se fera. La Corée du Sud est un concurrent aussi bien qu’un partenaire du Japon, mais elle pourrait redéfinir sa stratégie, suite aux négociations de réunification pacifique avec le Nord.

Même si c’est encore de loin son premier partenaire économique, le Japon cherche à diminuer sa dépendance des Etats-Unis. Ce qui n’est possible qu’en créant des liens avec l’Eurasie continentale. Pour le moment, le Japon est de loin le premier investisseur en Chine. La réunification de la Corée pourrait lui faciliter l’accès aux ressources (notamment énergétiques) de la Chine, de la Sibérie, des Républiques indépendantes de l’Eurasie centrale.

Pour sa « défense », le Japon dépend aujourd’hui de son alliance avec les Etats-Unis. Néanmoins, il a le deuxième plus gros budget militaire au monde et une grande armée très bien équipée.

Face aux changements qui bouleversent l’Asie, deux tendances se dessinent. Une première – largement majoritaire – pense pouvoir continuer à se développer dans le giron américain et profiter du libre-échange et du parapluie militaire américain.

Une deuxième tendance – minoritaire – estime qu’il va falloir au Japon asseoir sa propre sphère de domination en construisant une armée puissante capable d’intervenir partout en Asie. Cela permettra au Japon de s’assurer le contrôle militaire sur son approvisionnement en matières premières.

Si les Etats-Unis se lancent dans l’aventure d’une grande guerre avec la Chine, la position du Japon est incertaine. Plusieurs analystes américains n’excluent pas, qu’en cas de conflit majeur des Etats-Unis avec la Chine, le Japon resterait neutre, voire même s’allierait à la Chine.

La Chine : l’émergence d’une grande puissance indépendante

La Chine constitue un des plus grands défis à la domination impérialiste dans le monde. Durant les deux dernières décennies, caractérisées par des réformes profondes de son système, elle a connu des taux de croissance avoisinant les 8%. Elle a presque triplé son PIB de 1990 à 1999.

La restauration intégrale du capitalisme en ex-Union soviétique et en Europe de l’Est et la soumission de ces pays à l’impérialisme américain, ainsi que l’agressivité redoublée de l’impérialisme (Irak, Yougoslavie-Kosovo) ont raffermi le caractère anti-impérialiste de la politique chinoise.

L’impérialisme voit d’un très mauvais œil la Chine renforcer ses liens politiques et ses échanges économiques avec d’autres pays d’Asie, principalement, mais aussi avec l’Amérique latine et l’Afrique, ce qui renforce leur capacité commune à se soustraire à sa domination impérialiste.

Les puissances impérialistes se servent de la question de Taiwan, du Tibet, des prétendues atteintes aux droits de l’homme, etc., afin d’exercer des pressions, de susciter des tensions et d’affaiblir le gouvernement et le Parti Communiste Chinois. Le but ultime de l’impérialisme est la chute du régime et l’instauration d’un régime néocolonial en Chine.

Voulant casser le développement de la Chine par une contre-révolution intérieure, les Etats-Unis ne sont pas sûrs d’y arriver. La Chine peut s’affirmer comme grande puissance indépendante. Aussi, les Etats-Unis se préparent-ils à la guerre contre la Chine. L’administration Bush envisage de donner à la Chine le statut d’ennemi stratégique pour le siècle à venir.

Nouvelle menaces contre la Corée

Le processus de rapprochement pacifique du Nord et du Sud de la Corée place les impérialistes américains devant un grave problème stratégique. La possible réunification de la Corée est perçue par l’impérialisme américain comme une réelle menace à sa domination en Asie du Nord-Est. Elle mènera à une remise en question de la présence massive de troupes et de missiles américains en Asie du Nord-Est – obligeant l’impérialisme américain et japonais à rechercher de nouvelles formes de sécurité régionale. Dans un rapport de septembre 2000, le Ministère de la Défense US déclare que les Etats-Unis pourraient déclencher « une guerre de grande envergure » dans la région.

Le potentiel anti-impérialiste de la Russie

La nouvelle bourgeoisie russe, maffieuse et compradore, n’a pas une emprise ferme sur les masses populaires. Les peuples de la Russie ont de grandes potentialités anti-impérialistes. Brisée en tant que grande nation et humiliée comme une néocolonie par l’impérialisme, la Russie va voir ses contradictions avec les Etats-Unis nécessairement s’aiguiser. La Russie a intérêt à se rapprocher des pays du tiers monde qui veulent se débarrasser de l’emprise impérialiste, à rétablir des relations économiques avec les pays socialistes, à stimuler l’intégration des républiques ex-soviétiques et à encourager toutes les voies vers la résurrection de l’Union soviétique comme Etat socialiste, la réelle alternative à la globalisation impérialiste et à une nouvelle guerre mondiale.

Depuis 1996, s’est formé le « Groupe de Shanghai », qui réunit chaque année la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Il se fixe pour objectif d’intensifier la coopération dans les domaines économique, politique et militaire.

Le danger d’une guerre mondiale

La crise s’aggravant, l’impérialisme américain opte pour la militarisation de son économie et pour une politique d’affrontement qui, dans l’éventualité d’une crise grave et durable, pourrait aboutir à une nouvelle guerre mondiale. Le développement inégal des puissances impérialistes est un facteur qui mène à la guerre.

Le matériel explosif qui pourrait provoquer une nouvelle guerre mondiale, s’entasse dangereusement, essentiellement à cause de la position hégémonique des Etats-Unis. Si la superpuissance américaine ose déclencher une troisième guerre mondiale, poussant ainsi à ses limites l’oppression qui pèse sur les masses populaires, la tâche des révolutionnaires sera de combattre partout dans le monde cette puissance diabolique dans le but de la vaincre et d’ouvrir la voie à la révolution nationale et démocratique et à la révolution socialiste.

 

Vers un nouvel essor des luttes révolutionnaires
anti-impérialistes et socialistes dans le monde

 

Les puissances impérialistes s’attendaient à ce que la restauration intégrale du capitalisme en Union soviétique et en Europe de l’Est entraîne l’écroulement de tous les pays se réclamant du socialisme. Ces « espoirs » ne se sont pas réalisés. La R.P.D. de Corée, Cuba, le Viêt-nam, le Laos et la Chine ont maintenu, pour l’essentiel, leur indépendance et leur régime politique et social.

Le représentant cubain déclare : « La globalisation tente à contrôler le monde, mais il y a un pays qui résiste et obtient des résultats que d’autres ne peuvent pas montrer. Aujourd’hui, chaque jour, 35.000 enfants meurent à cause de la faim ; aucun d’eux n’est cubain. Ce même jour, des milliers de personnes meurent par manque de soins médicaux ; aucun d’eux n’est cubain. En ce moment, des millions de personnes sont enfermées dans l’ignorance par manque de livres et d’écoles. Aucun n’est cubain. La globalisation néolibérale et hégémonique nous agresse autant que le reste de l’humanité ; mais Cuba répond à cette agression avec encore plus de révolution et en consolidant le socialisme sur son territoire. Nous avançons et nous vaincrons. Cuba ne tombera pas, cela nous pouvons l’affirmer ! »

Que malgré tout son acharnement, l’impérialisme américain n’ait pas réussi à détruire les fondements du socialisme dans des petits pays comme Cuba, la R.P.D. de Corée, le Viêt-nam et le Laos est un signe de sa faiblesse stratégique et de la force des idées socialistes.

La globalisation impérialiste qui pousse toutes les contradictions du monde impérialiste à son comble, produira inévitablement une contre-offensive globale de toutes les forces populaires écrasées par la misère, la surexploitation, la domination, la terreur et la guerre. La conscience grandit que le mode de production capitaliste n’est plus compatible avec la simple survie de l’humanité, que l’impérialisme est réellement devenu un système génocidaire.

Jamais la contradiction n'a été aussi aiguë entre le caractère social de la production et le caractère privé de la propriété des moyens de production, propriété qui enferme ce potentiel productif dans le carcan intenable que lui impose la nécessité de maximaliser les bénéfices pour une classe infime de capitalistes.

Les usines et autres entreprises ne peuvent se multiplier et produire que dans la mesure où elles rapportent des bénéfices conséquents aux capitalistes, laissant la majeure partie de l’humanité - devenue superflue et inutile - végéter dans des situations inhumaines.

La contradiction s’aiguise entre le développement fulgurant des forces de production et des technologies, permettant de réaliser des produits en nombre pratiquement illimité, et l’étroitesse des marchés solvables, limités par la misère et la pauvreté de l’immense majorité de l’humanité.

Le capitalisme ne peut assurer les bénéfices nécessaires d’une mince couche d’actionnaires qu’en détruisant la santé physique et mentale des travailleurs, qu’en maintenant l’obscurantisme, qu’en attisant des guerres civiles réactionnaires et qu’en entretenant des bandes fascistes, qu’en provoquant des génocides par la violence armée, par les embargos, par la famine, par l’extension non contrée des maladies et des épidémies…

L’humanité ne pourra se résigner plus longtemps à un sort aussi barbare et inhumain.

L’exploitation, l’exclusion et la terreur qui caractérisent la globalisation impérialiste, provoqueront certainement de nouvelles révolutions nationales, anti-impérialistes et de nouvelles révolutions socialistes sur une échelle plus large que celles qui ont marqué le vingtième siècle.

Plus que jamais, les deux grands courants révolutionnaires de notre époque marchent main dans la main: la révolution démocratique et anti-impérialiste dans les pays dominés et la révolution socialiste dans les pays capitalistes. L’accomplissement de la révolution nationale et démocratique permet aux forces révolutionnaires d’entamer l’étape de la révolution socialiste. Affrontant toute la violence de l’impérialisme, qui n’est autre chose que le capitalisme des monopoles, les masses populaires se rendent compte que la voie capitaliste n’offre pas d’issue. L’expérience a montré que même les bourgeoisies nationales révolutionnaires, comme celle qui en Algérie a dirigé la guerre anticoloniale, n’a pas été en mesure de maintenir les conquêtes populaires. Mues par leurs intérêts égoïstes, des fractions de cette bourgeoisie sont passées l’une à après l’autre du côté de l’impérialisme, faisant retomber l’Algérie dans l’état d’une néocolonie.

Seule la classe ouvrière, en alliance avec toutes les classes laborieuses, peut diriger de façon conséquente la révolution anti-impérialiste jusqu’au bout et préparer le passage futur à la révolution socialiste qui bannira toute forme d’exploitation de l’homme par l’homme.

Plus que jamais dans l’histoire, le socialisme est une nécessité absolue pour la survie, la dignité et le développement culturel et spirituel des masses populaires. Et plus que jamais dans l’histoire, les développements technologiques rendent le socialisme possible.

Le prodigieux développement des forces productives de ces dernières décennies a mis entre les mains de l’humanité un potentiel qui peut lui permettre d'arracher de leur arriération économique tous les peuples du monde. Grâce aux moyens qu'elle a acquis, la société peut rapidement venir à bout des maladies, de la faim et de la malnutrition, de l'analphabétisme et de l'ignorance. La condition est que la société se débarrasse de la camisole infernale dans laquelle la propriété privée enferme les moyens de production. La condition est la réorganisation sur des bases socialistes.

La dictature du prolétariat, s’appuyant sur les masses populaires, contre la grande bourgeoisie est la condition du changement du système économique et social. Cette dictature contre les forces de la barbarie impérialiste rendra possible la réalisation d’une démocratie réelle et agissante pour les masses populaires. Le socialisme développera l’instruction populaire, les sciences et techniques, les moyens de productions, plus vite et à une échelle infiniment plus large que l’impérialisme le fait aujourd’hui. La production sera planifiée en fonction de la couverture maximale des besoins matériels et culturels du peuple.

En tant qu'internationalistes, les communistes ne combattent nullement les processus objectivement nécessaires de mondialisation. Le socialisme se réalisera en tant que système international de Républiques socialistes fédérées. Il sera guidé par les principes de la solidarité et de l’entraide pour mettre en commun de façon planifiée les progrès du développement. L’internationalisme prolétarien guidera le rapprochement des peuples, la liquidation de toutes barrières ethniques ou nationales, la disparition des pratiques et comportements discriminatoires, et du chauvinisme, les échanges mutuellement avantageux entre les peuples, le partage des connaissances et du savoir débarrassés de toute considération mercantile, le développement harmonieux et proportionné de toutes les régions du monde, si sur cette base, la production obéit à un plan prenant en compte les besoins de tous les hommes dans le cadre de la coopération.