Sur la loi économique fondamentale du capitalisme actuel et les contradiction inter-impérialistes

Communistes en lutte, France

Contribution au dixième Séminaire Communiste International
« La révolution socialiste mondiale dans les conditions
de la globalisation impérialiste »

Bruxelles, 2-4 mai 2001

Dans l’Anti-Dühring, Engels a montré que l’économie politique est une science essentiellement historique.

Elle recherche d’abord les lois particulières à chaque phase d’évolution de la production et de l’échange et ce n’est qu’au terme de cette recherche qu’elle peut établir le petit nombre de lois valables pour la production et l’échange en général.

Ces lois économiques ont une existence objective, indépendante de la volonté des hommes.

Or, ces lois doivent être connues, étudiées par les communistes, afin d’être utilisées dans l’intérêt de la société. « le parti du prolétariat, s’il veut être un parti véritable, doit avant tout acquérir la science des lois de développement de la production, des lois du développement économique de la société. Par conséquent, pour ne pas se tromper en politique, le parti du prolétariat, dans l’établissement de son programme aussi bien que dans son activité pratique, doit avant tout s’inspirer des lois du développement de la production, des lois du développement économique de la société. » L’Histoire du Parti communiste (b) de l’URSS.

Qu’est-ce que la ‘mondialisation’ ? Il s’agit d’un terme très à la mode surtout dès les années 1980 qui manière feutré désigne le stade actuel du capitalisme : l’impérialisme qui a été défini de manière scientifique par Lénine.

 

Partie 1 Partir de l’enseignement Marxiste-léniniste

  1. L’enseignement de Marx

  2. Marx s’est attaché à « dévoiler la loi économique de l’évolution de la société moderne ». Il a analysé l’accumulation du capital, c’est à dire la transformation d’une partie de la plus-value en capital et l’utilisation de celle-ci pour produire à nouveau. Il a montré que la libre concurrence engendre la concentration de la production qui entraîne l’accumulation de la misère à un pôle et de la richesse à un autre, donne naissance à une « armée industrielle de réserve » : les chômeurs, et provoque des crises périodiques. Il a précisé que le degré d’exploitation du travail par le capital se mesure en comparant la plus-value au capital variable, c’est à dire à la masse des salaires. Il a expliqué que le profit capitaliste a sa source dans la plus-value, dans le travail non-payé, que le taux de profit s’établit en comparant la plus-value à l’ensemble du capital engagé dans une entreprise. Marx a démontré que le taux du profit varie selon la composition organique du capital, c’est à dire le rapport existant entre le capital constant et le capital variable, et qu’en raison de la concurrence des capitaux et de leur possibilité de passer d’une branche dans une autre, il s’établit un taux moyen du profit. Enfin, il a signalé que le capital constant s’accroissait davantage que le capital variable et que la plus-value dépendant du seul capital variable, il en résulterait une baisse tendancielle du taux du profit.

  3. L’enseignement de Lénine

Lénine dans l’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916) définie les caractéristiques de l’impérialisme.

Lénine indique qu’à l’époque de l’impérialisme « le capitalisme croît avec infiniment plus de rapidité que naguère, mais cette croissance est de plus en plus irrégulière et se traduit en particulier par la décomposition des pays les plus riches en capital ». Lénine a écrit son ouvrage en 1916, à une époque où il y a «longtemps que le capitalisme a créé un marché mondial » et où la révolution d’octobre n’avait pas encore triomphé.

  1. L’enseignement de Staline

  2. Staline dans les Principes du léninisme dégage les trois contradictions principales de l’impérialisme.

    Ces contradictions « ont transformé l’ancien capitalisme ‘florissant’ en capitalisme agonisant », parce que « l’impérialisme pousse les contradictions du capitalisme jusqu’à la dernière limite, jusqu’aux bords extrêmes au-delà desquels commence la révolution ».

    Partie 2 Pourrissement général du capitalisme

    1. La fausse théorie du « super impérialisme »

    2. Lénine formula la loidéveloppement inégal des différents pays capitaliste (toujours valable aujourd’hui) et réfuta la théorie du ‘super impérialisme’ du réformiste Kautsky. Du point de vue abstrait, la théorie de Kautsky peut paraître logique : puisque les entreprises capitalistes se transforment en monopoles et puisque ceux-ci deviennent de plus en plus gigantesques, on peut imaginer un développement continu et régulier qui conduirait à un monopole unique. Mais ceci n’est qu’une « ultra niaiserie » disait Lénine car ce qui manque, c’est le contenu de cette forme, et il faut voir précisément si le contenu du capitalisme de monopoles n’est pas en contradiction absolue avec l’établissement d’un super impérialisme.

      Les propos de Kautsky repris aujourd’hui par des partis ou organisations Marxistes-léninistes ne font, entre autres, qu’encourager l’idée profondément erronée et portant de l’eau au moulin des apologistes de la ‘mondialisation’, que la domination du capital financier affaiblit soi-disant les inégalités et les contradictions de l’économie mondiale, alors qu’en réalité elle les renforce.

      Quand on examine le développement du capitalisme de monopoles, on s’aperçoit que la loi fondamentale de cette évolution, c’est la loi du développement inégal. Les diverses entreprises monopolistes et les divers Etats impérialistes ne se développent pas avec la même vitesse. Les progrès des uns se font finalement au détriment des autres.

      Lénine donne de nombreux exemples qui démontrent l’exactitude de cette loi relative à l’inégalité du développement, loi générale du système capitaliste qui n’est d’ailleurs que l’application, au stade de l’impérialisme, des lois énoncées par Marx sur la concentration du capital.

      A l’heure présente, le développement inégal du capitalisme a conduit au renforcement très rapide de l’impérialisme américain, mais la prétention de cet impérialisme à dominer et à organiser le monde au profit des monopoles américains se heurte à des difficultés grandissantes, aux antagonismes entre les divers monopoles, aux blocs impérialistes rivaux : Union Européenne et Japon, à la révolte des peuples exploités, à la maturation rapide des crises de surproduction. La théorie du ‘super impérialisme’ n’est pas plus vraie aujourd’hui qu’elle ne l’était au moment où Lénine a écrit son ouvrage.

    3. Crise générale du capitalisme et décomposition du système économique mondial

    4. Tant que le système capitaliste existera, les crises de surproduction seront inévitables ; les progrès technologique ne font que les rendre plus redoutables. Depuis 1914, un fait nouveau s’est produit qui constitue un autre élément de crise : la crise générale du capitalisme, qu’il ne faut pas confondre avec les crises économiques générales. Le capitalisme monopoliste et la crise de surproduction ont conduit les puissances impérialistes à s’unir les unes contre les autres afin de se repartager le monde et de se faire la guerre. La première crise générale du capitalisme monopoliste a débouché sur la Première guerre mondiale.

      De 1917 à 1939, la première phase de la crise générale du système capitaliste a connu trois périodes :

      • Jusqu’en 1923, période caractérisée par de profondes secousses révolutionnaires, le chaos économique, l’inflation, la rupture des relations économiques internationales.

      • De 1923 à 1928 période caractérisée par une stabilisation relative du capitalisme, le relèvement de l’économie des pays capitalistes, le développement du commerce et des relations économiques internationales, l’exploitation renforcée des travailleurs par la rationalisation.

      • De 1929 à 1939 période caractérisée par la fin de la stabilisation relative du capitalisme, l’ébranlement profond de l’économie capitaliste avec la grande crise cyclique de 1929 à 1933, l’aggravation de toutes les contradictions capitalistes.

      « La cause profonde des crises économiques de surproduction réside dans le système capitaliste lui-même. La base de la crise est dans les contradictions entre le caractère social de la production et la forme capitaliste de l’appropriation des résultats de la production. Cette contradiction essentielle du capitalisme s’exprime à son tour par la contradiction entre la croissance colossale des possibilités de production du capitalisme, calculées en vue de l’obtention du maximum de profit capitaliste et la restriction relative de la capacité d’achat des masses laborieuses dont les capitalistes s’efforceront sans cesse de maintenir le niveau d’existence à un certain standard minimum. » Staline.

      La crise générale du capitalisme est d’ailleurs à l’origine de la Seconde guerre mondiale, comme l’explique Staline dans Les problèmes économiques du socialisme en URSS.

      « Tout cela signifie que les contradictions encore plus profondes sont apparues au sein de l’économie capitaliste et que le système mondial de l’économie capitaliste est devenu dans son ensemble sensiblement plus restreint, plus faible et encore plus instable qu’il n’était avant la guerre. » Malenkov, rapport au XIX ème congrès.

      La troisième crise générale du capitalisme monopoliste n’a pour le moment pas encore débouché sur une guerre mondiale entre les puissances impérialistes traditionnelles.

      Depuis 1974, depuis le début de la crise économique structurelle actuelle (il y a trois grandes époques de crise économique structurelle : de 1873 à 1895, entre les deux guerres et depuis 1974). Toutes les solutions traditionnelles proposées par les capitalistes ne font qu’aggraver la récession au lieu de la résoudre.

      La dégénérescence révisionniste et la restauration progressive du capitalisme dans l’URSS et dans les autres pays socialistes de l’Europe de l’Est conduit à dire qu’aujourd’hui, la situation existante est comparable aux années qui ont précédé la première guerre mondiale.

      1. La « mondialisation » impérialiste actuelle

      Avec la contre-révolution et la restauration complète du capitalisme à la suite de la trahison révisionniste, l’impérialisme poursuit son pillage des ressources naturelles et humaines des pays dépendants. Un Nouvel Ordre mondial se met en place sous la devise : démocratie, libéralisme, liberté. Liberté pour le capital de pénétrer tous les marchés, liberté d’exploiter sans aucune contrainte, dictature complète et ouverte du capital et soumission par la force à toutes formes d’opposition (les guerres en Irak et en Yougoslavie pour le contrôle des matières premières en sont des dramatiques exemples). Ce sont les caractéristiques de la « mondialisation » actuelle. La « mondialisation » actuelle n’est pas une nouvelle étape du capitalisme mais bien les caractéristiques de l’impérialisme décrites par Lénine dès 1916.

      L’impérialisme est donc bien dans sa phase de déclin. Son pourrissement et son parasitisme deviennent de plus en plus évident. L’impérialisme est dans l’impasse la plus totale. Il est économiquement ébranlé. Il apporte aux travailleurs la misère, le chômage, la mort.

       

      Partie 3 La loi économique fondamentale du capitalisme actuel et le repartage du monde

      1. Le profit maximum

      2. Mais si les contradictions existant dans l’économie capitaliste soulignent que l’économie capitaliste est plus faible, plus instable depuis 1974, on doit rechercher quelle est la loi économique fondamentale du capitalisme actuel.

        La loi du capitalisme actuel c’est s’assurer « le profit capitaliste maximum par l’exploitation, la ruine et l’appauvrissement et le pillage systématique des peuples des autres pays, surtout des pays arriérés, et enfin par les guerres et la militarisation de l’économie nationale utilisées pour assurer les profits les plus élevés.» Staline.

        L’avantage de cette loi, c’est qu’elle permet de comprendre le caractère, l’objectif et les moyens du capitalisme actuel.

        La loi économique fondamentale du capitalisme actuel découverte par Staline met en lumière l’objectif, la force motrice de la production capitaliste : le profit, non pas le profit moyen, mais le profit maximum.

        Pourquoi le profit moyen ne peut-il plus suffire au capitalisme actuel ? Parce que l’impérialisme est le capitalisme des monopoles. Or comme l’a montré Lénine « les monopoles n’éliminent pas la libre concurrence dont ils sont issus. Ils coexistent avec elle, engendrant ainsi des contradictions profondes, des frottements, des conflits aigus ». Ils luttent pour imposer des prix élevés tout en augmentant le degré d’exploitation des ouvriers et en développant les forces productives sans tenir compte de la capacité d’achat.

        Au stade de l’impérialisme « il y a transfert de capitaux de certaines branches dans d’autres et tendance à l’égalisation des profits. Mais cette tendance se heurte à l’action de la loi économique fondamentale du capitalisme monopoliste, la loi du profit capitaliste maximum. A l’époque de l’impérialisme, dans les branches monopolisées, les marchandises sont vendues essentiellement à des prix de monopole, qui sont supérieurs aux prix de production et qui assurent le profit élevé de monopole, tandis que dans les branches non monopolisées, les marchandises sont souvent vendues à des prix inférieurs aux prix de production, ce qui ne procure même pas aux entrepreneurs le profit moyen.

        Les conditions objectives pour réaliser le profit maximum sont créées par l’établissement de la domination des monopoles dans telles ou telles branches de la production. Au stade de l’impérialisme, la concentration et la centralisation des capitaux atteignent le plus haut degré. De ce fait, l’élargissement de la production nécessite d’immenses investissements de capitaux. D’autre part, en période de capitalisme monopoliste, la concurrence se poursuit avec acharnement entre des entreprises géantes. De la lutte sortent victorieux les monopoles les plus forts qui disposent d’immenses capitaux et touchent le profit maximum.

        Grâce à ces immenses profits, la possibilité s’offre aux monopoles d’assurer leur domination dans le monde capitaliste. La course des monopoles au profit maximum accentue à l’extrême toutes les contradictions du capitalisme. » Manuel d’économie politique.

      3. Les moyens de l’exploitation

      4. « Par l’exploitation, la ruine et l’appauvrissement de la majorité de la population d’un pays donné. » Penons l’exemple d’un pays impérialiste : la France.

        Déjà en 1952 l’orientation des capitalistes français était définie clairement « il faut créer en France le culte du rendement, ne pas accepter la médiocrité. Il faut encourager la concurrence intérieure et plus encore affronter la concurrence étrangère. Il faut accepter les conséquences d’une telle attitude même là où elles impliquent la disparition des inaptes ou bien la concentration de ‘petits’ en un gros plus ‘rationnel’ ». Guy de Rothschild. Cette déclaration faisait écho à celle de Fontenille, délégué du patronat (CNPF), à la commission supérieure des conventions collectives en juin 1950 : « il importe de maintenir une part de misère dans le minimum vital pour éviter aux ouvriers de sombrer dans la paresse ».

        Le même discours, mais de manière plus feutrée, est tenu par le MEDEF (ex CNPF) et le gouvernement Jospin aujourd’hui.

        Nous pouvons observer quelques données statistiques. Elles soulignent la paupérisation absolue et relative de la majorité de la population.

        Selon l’INSEE (instrument de mesure officiel et donc au service du capitalisme monopoliste. Les bonzes du syndicat CGT ont abandonné leur précieux mode de calcul ) et le ministère de l’Economie, le salaire moyen en France, s’élève à 13 700 francs bruts, soit 10 500 francs nets. Mais 50% des salariés gagnent moins de 8 000 francs nets (salaire médian). Plus de 3 millions de personnes (en particulier les employés et ouvriers à temps partiel) touchent un salaire inférieur à 4 900 francs.

        Le pouvoir d’achat a régressé fin 1999 à cause de l’inflation selon l’INSEE. Globalement les salaires ont progressé de 2,2% en 1996 et 1997, 1,8% en 1998, 1,7% en 1999 pour une inflation de l’ordre de 2% l’an et un taux de croissance de 3%. Mais, moins de 2 salariés sur 3 ont vu leur salaire augmenter en 1998. Dans le même temps les dividendes ont été multipliés par 8 ou 10 fois plus. La France compte 15% de ‘bas salaires’, c’est à dire inférieurs aux deux tiers du salaire médian. Les ‘très bas salaire’, inférieurs à la moitié du médian, sont passés de 44% à 70% des ‘bas salaires’ de 1983 à 1998. En francs constants, le salaire médian s’élevait à 2500 francs en 1950 pour arriver à 7 850 en 1980 et gagner à peine plus de 1 000 francs en 18 ans pour arriver à 8 880 en 1998.

        En France 3,2 millions de personnes (dont 80% de femmes) travaillent pour un salaire mensuel inférieur à 5 000 francs. Dans les secteurs du textile, de l’habillement, du cuir ou de la grande distribution le SMIC (salaire minimum) est imposé. Le traitement des fonctionnaires a perdu un tiers de sa valeur depuis 1982. Dans la fonction publique plus d’un quart des effectifs est composé de personnels précaires.

        Il y aujourd’hui 1,13 millions de Rmistes (Revenu Minimum d’Insertion pour les plus de 25 ans : à peine plus de 2 000 francs par mois) soit plus de 5% des familles françaises qui vivent de cet expédient et 600 000 jeunes de moins de 25 ans en sont exclus.

        L’INSEE vient aussi de rendre publique son étude sur « les revenus et patrimoines des ménages ». Selon le calcul de l’INSEE (le seuil de pauvreté se définit comme la moitié du niveau de vie médian des français : 3500 francs pour une personne, 5250 francs pour un couple) le taux de pauvreté toucherait « 7,3% » des ménages. Au total ce sont plus de 1,6 millions de ménages, soit plus de 4,2 millions de personnes. Les jeunes entre 15 et 25 ans connaissent un taux de pauvreté maximal. Les travailleurs immigrés sont particulièrement frappés par la pauvreté et la misère. Depuis 1970 « la situation des ménagers salariés n’a pas connu d’amélioration notable » selon l’Institut.

        La France vient également de rétablir par ordonnance le travail des enfants dès 13 ans et le travail de nuit des femmes dans l’industrie.

        De plus, comme le fait remarquer Staline, pour apprécier la situation matérielle de la classe ouvrière dans les pays capitalistes, il faut tenir compte de l’armée de réserve, des chômeurs.

        Le ministère de l’emploi de l’économie et des finances nous indique (au sens du BIT) un chiffre de 2,3 millions de chômeurs en mars 2001. Alors qu’il était de 2,6 millions de chômeurs en 2000. Malgré ce chiffre officiel en baisse (énorme quand même) de plus de 2 millions de chômeurs, il s’agit d’une campagne médiatique du gouvernement Jospin qui relève du mensonge et de l’escroquerie. Ces statistiques se basent uniquement sur une seule catégorie de chômeurs (alors qu’il en existe 6) : les demandeurs d’emplois immédiatement disponibles et à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à plein temps.. Le gouvernement Jospin s’active pour faire radier massivement tous les chômeurs possible. Les 5 autres catégories de chômeurs voient leur nombre augmentés. Il faut ajouter que les chômeurs de plus de 55 ans sont dispensés par l’ANPE de recherche d’emploi, et donc sortis des statistiques. Un grand nombre de jeunes ou de personnes non indemnisés ne s’inscrivent pas à la l’ANPE. Autres éléments soigneusement extrait des données officielles : le taux de chômage dans les DOM-TOM (les débris de l’Empire colonial français) et les Rmistes. La réalité des chiffres du chômage se situe entre 5 à 11 millions de personnes selon diverses associations.

        La part des salaires dans le revenu national ne cesse de diminuer alors que la part des capitalistes ne cesse d’augmenter.

        Citons, aussi, l’un des moyens utilisés par les trusts pour obtenir maximum de profit. Les industries encore nationalisées sont gérées exclusivement au profit de l’oligarchie financière. Ainsi EDF-GDF vend son courant moins cher aux monopoles et au prix fort à la masse des consommateurs.

        Le gouvernement Jospin est au service du capitalisme. Pour satisfaire les monopoles le gouvernement social démocrate casse de tous les acquis sociaux conquis de haute lutte par les ouvriers et travailleurs : destruction du secteur public nationalisé par des privatisations massives (SNCF, La Poste, EDF-GDF, secteur bancaire, SFP …), du système par répartitions des retraites... La politique du gouvernement de la « Gauche Plurielle » au service des monopoles permet de jeter à la rue des milliers d’ouvriers et de travailleurs comme ceux de Danone, Marks&Spencer.

        Le gouvernement Jospin sert loyalement le système capitaliste en octroyant des exonérations de charges fiscales ou d’impôts, en appliquant les directives de l’Union Européenne … Non pas pour créer des emplois mais pour enrichir la classe exploiteuse et jeter au chômage les travailleurs. Cela a pour résultat : déréglementation du temps de travail, flexibilité et casse des statuts et des conventions collectives avec la complicité des bureaucraties syndicales (en tête la CGT et la CFDT), démantèlement du système de santé public, l'enseignement professionnel est livré aux patrons.

        Les monopoles comme Danone poussent à l’extrême l’exploitation de la classe ouvrière. En appliquant des systèmes de surmenage de toute sorte dans l’organisation et la rémunération du travail, ils arrivent à une intensification du travail exténuante (la loi sur les 35 heures, les emplois-jeunes, par exemple, permettent de flexibiliser, de précariser et de réduire les salaires des travailleurs…), qui a pour effet tout d’abord d’augmenter énormément le taux de profit et la masse de la plus-value extorquée aux ouvriers.

        Ensuite, l’intensification du travail a pour résultat qu’un nombre considérable d’ouvriers et de travailleurs excédentaires va grossir l’armée des chômeurs … Les entreprises jettent dehors ainsi tous les ouvriers qui ne peuvent résister à l’accélération excessive des procédés de fabrication et les entreprises ‘non rentables’ (car elles ne répondent pas aux critères de profit maximum) sont fermées ou délocalisées dans les pays dominés.

        VAGUE DE SUPPRESSIONS D’EMPLOIS EN FRANCE (source AFP)

        Agroalimentaire Commerce et distribution Aéronautique Automobile Télécommunication etInformatique Chimie Electroménager Métallurgie Presse
        Danone : 570 emplois (1 700 en Europe)Neslé-France : 96 emplois Marks & Spencer : 1 700 emplois (38 fermetures magasins dont 18 en France) Groupe André : 450 emplois (110 fermeture de magasins en France) AOM, Air Liberté, Air littoral : 7 000 salariés menacésEADS : 1 500 emplois (1500 en Europe) Bosch : 300 à 400 emplois Syléa et Valeo : 600 emploisL’usine de l’équipement américain Delphi à Andé (Eure) : 275 emplois Philips : 2 600 emplois (6 000 à 7 000 dans le monde)Bull : 1800 emploisEricsson : 1300 emplois (10 000 dans le monde)Molex Switch : 108 emploisWorldcom France  : 137 emplois Aventis : 800 emplois Kodak : 4 500 emplois en France au Bénélux et 3 000 à 3 500 dans le mondeSotralentz SA : 150 emploisPéchiney Electrométallurgie 250 emplois Moulinex : 1 500 emplois (4 000 en Europe) ABB Alstom : 1 800 emplois (10 000 dans le monde) Les NMPP 797 emplois d’ici à la fin 2003

        Ainsi, en appauvrissant d’une façon absolue et relative la majeure partie de la population, le capitalisme s’assure le maximum de profit. Hormis la question du profit « la question de la consommation n’intéresse pas le capitalisme. Celui ci perd de vue l’homme et ses besoins » Staline.

        Le second moyen est l’asservissement et le pillage systématique des peuples des autres pays, surtout des pays arriérés.

        Le troisième moyen employé par les capitalistes pour s’assurer le profit maximum : par les guerres et la militarisation de l’économie nationale.

        On se souvient de l’interview de Staline, en février 1951, à la Pravda : « naturellement, aux Etats -Unis, en Angleterre, comme aussi en France, il existe des forces agressives qui ont soif d’une nouvelle guerre. Elles ont besoin d’une guerre pour réaliser des surprofits, pour piller les autres pays. Ce sont les milliardaires et les millionnaires qui considèrent la guerre comme une source de profit rapportant des bénéfices fabuleux ».

        Prenons l’exemple de la France. Budget 2001 : Budget de fascisation et de guerre

        L’Etat bourgeois répond aux besoins de l’impérialisme français en orientant son budget vers le renforcement de son dispositif d’oppression à l’intérieur (fascisation) et la préparation de la guerre à l’extérieure, afin de sauvegarder les intérêts de la minorité exploiteuse.

        Une grande partie des dépenses de l’Etat en régime capitaliste vont à la guerre ou à l’entretien de l’appareil d’oppression des travailleurs. Déjà en 1992, 50% des dépenses d’équipements public de l’Etat bourgeois sont militaires. Pour accomplir sa mission, l’Etat bourgeois dispose de tout un appareil d’oppression.

        La fascisation

        Il faut « prendre en compte la priorité qu’est la sécurité » proclame le ministre Jospin. En fait, il s’agit d’accroître les mesures de surveillances, les contrôles, la répression, mais aussi moderniser les équipements de la police nationale. Ainsi 59,280 milliards de francs sont attribués pour la Police et la sécurité (plus 4,9% par rapport au budget 2000).

        Il s’agit par exemple de renforcer l es effectifs et l’équipement de la Police de proximité pour empêcher et mater les émeutes urbaines. De même 800 emplois dans la Police Nationale vont être crées et les moyens informatiques et de renseignements vont être modernisés (plus 21%). Les crédits d’équipement vont être largement augmentés dans ce budget 2001 avec la création de 10 nouvelles préfectures (4 en 2000).

        La militarisation pour des futurs guerres extérieures

        Il s’agit pour le gouvernement de la « Gauche Plurielle » de poursuivre la « programmation militaire » 1997-2002. Aussi, le budget consacré à la militarisation et à la guerre continue sa progression passant de 242,833 milliards de francs en 2000 à 244,735 milliards de francs.

        La professionnalisation de l’armée entraîne le recrutement de 11 791 militaires professionnels (cadres, militaires du rang, engagés volontaires et gendarmes).

        La gendarmerie reçoit de l’Etat capitaliste 160 millions de francs, 1050 postes et 2500 véhicules modernes et équipés, 162 millions de francs pour le renforcement du fonctionnement des brigades territoriales et 20 millions de francs pour les unités en zones sensibles.

        Le budget 2001 consacre à la Défense 83,426 milliards de francs pour les crédits d’équipement.

        Les Autorisations de Programme (AP) seront renforcées, le Budget 2001 prévoit la commande : de 20 avions de combats Rafale de Dassault pour un coût de 7 milliards de francs, 52 chars Leclerc de Giat Industries (2,3 milliards de francs). A cela, il faut rajouter : 2 nouveaux bâtiments pour la marine, la construction de 2 premières frégates Horizon et d’un nouveau transport de chaland de débarquement (TCD), la production des hélicoptères Tigre (Eurocopter) et des premiers missiles de croisière européens Scalp EG (Matra Bae Dynamics), le lancement d’un quatrième sous marin nucléaire lanceur d’engins commandé en juillet et qui recevra 1,9 milliards de francs et de la mise en service du satellite d’observation optique Helios II qui lui recevra 1,1 milliards de francs.

        « On est dans les cadres de la loi de programmation militaire » lance le député PS Bucheron. Mais, ce budget de guerre ne s’arrête pas là, puisque de nouvelles commandes s’ajoutent à une hauteur de 84 723 milliards de francs répartis de la manière suivante : 50% pour l’Espace, 27% pour le nucléaire et 65,9% pour le domaine militaire classique (nouveaux missiles balistiques, chars, armements…).

        Le financement de 50 Airbus A400M (commandés en juillet 2000) seront livrés avant la fin de mars 2001. 20 milliards de francs d’AP seront consacrées à ce programme européen dont la part française est fixée à plus de 43 milliards de francs. Ces milliards seront libérés à l’occasion de la loi de Finance rectificative de décembre 2000 (15 milliards de francs seront pris sur le budget général et 5 milliards de francs sur le budget Défense des stocks d’AP).

        Le budget de la France est donc orienté toujours plus vers le renforcement de la fascisation et la guerre. La majorité des dépenses de l’Etat capitaliste français sont improductives. En effet, les ressources du budget en régime capitaliste va à la préparation et à la conduite des guerres. Il faut également y inclure toutes les dépenses nécessitées à la fois par les recherches scientifiques dans le domaine de la production et du perfectionnement des nouveaux engins de destruction massive des êtres humains, les dépenses pour les activités de sabotage à l’étranger. « Le militarisme d’aujourd’hui est le résultat du capitalisme. Sous ses deux formes, il est une ‘manifestation vitale’ du capitalisme : en tant que force militaire utilisée par les Etats capitalistes dans leurs conflits extérieurs… et en tant qu’instrument servant, entre les mains des classes dominantes, à écraser les divers mouvements (économiques et politiques) du prolétariat. Lénine, Œuvres, Tome XV, p.169 (éd. Russe), « le militarisme belliqueux et la tactique antimilitariste de la social-démocratie 

      5. Vers de nouvelles guerres

      La marche de l’évolution montre avec évidence que les luttes économiques entre les grands monopoles et entre les divers Etats impérialistes deviennent de plus en plus sévères, mettent en jeu des moyens de plus en plus puissants, de sorte que la conséquence inévitable, ce sont les conflits, les guerres (Irak, Yougoslavie …), les destructions qui prouvent l’impossibilité d’une organisation mondiale sur la base du capitalisme monopoliste.

      Les contradictions du monde actuel s’accentuent. Quatre grandes contradictions agissent sur la base de l’antagonisme capital / travail.

      La première contradiction est que l’impérialisme est opposé aux nations opprimées (y compris les ex Etats socialistes ramenés au statut de proies et de nouvelles colonies) « celle qui existe entre la poignée de nations ‘civilisées’ dominantes et les centaines de millions d’hommes et des peuples coloniaux et dépendants du monde. L’impérialisme est l’exploitation la plus impudente et l’oppression la plus inhumaine de centaines de millions d’habitants des immenses colonies et pays dépendants » Staline.

      La seconde contradiction que le capitalisme est opposé au socialisme. Toutes les puissances impérialistes sont décidées à liquider les Etats et mouvements qui restent socialistes ou attachés aux acquis au socialisme.

      La troisième contradiction est que la bourgeoisie est opposée au prolétariat.

      La quatrième contradiction est le fait que les grandes puissances impérialistes (Etats-Unis, Union européenne et Japon) sont opposées les unes contre les autres. Les contradictions inter-impérialistes se renforcent de manière considérable, « la lutte pour le repartage du monde déjà partagé, lutte que mènent avec un acharnement particulier les nouveaux groupes financiers et puissance en quête d’une ‘place au soleil’ contre les anciens groupes de puissances, qui se cramponnent à ce qu’ils ont accaparé » Staline. La raison principale en est l’aggravation de la crise économique.

      Les Etats-Unis veulent rester la seule puissance et demeurer le seul gendarme impérialiste du monde. Mais l’affaiblissement économique relatif pousse les Etats-Unis à utiliser de plus en plus systématiquement leur suprématie militaire pour garder leur domination sur leurs rivaux, l’UE et le Japon. D’où l’aggravation des contradictions à l’intérieur du camp impérialiste. Le bloc impérialiste européen. Du Marché Commun à l’UE, le processus visant à créer une puissance européenne unifiée s’est accéléré. Actuellement nous avons en réalité un bloc impérialiste européen puisque les Etats nationaux ainsi que les contradictions entre ces Etats pour affaiblir leurs concurrents demeurent.

      Deux coalitions se disputent l’hégémonie pour orienter la politique de l’UE : le Royaume Uni et les Pays Bas chevaux de Troie de l’impérialisme états-unien. L’Allemagne et la France veulent créer une puissance concurrentielle des Etats-Unis pour lui disputer l’hégémonie mondiale. L’Allemagne notamment a besoin de « l’Europe» pour réaliser ses objectifs expansionnistes (cela ne signifie pas que l’Allemagne et la France faute d’une « l’Europe unifiée» ne soient pas obligées de s’aligner sur Washington dans tel ou tel domaine).

      Dans tous les cas, l’UE est réactionnaire au service de l’impérialisme et de la guerre. Le danger de l’impérialisme européen « unifié » ne doit pas être sous-estimé.

      L’impérialisme japonais adopte une stratégie différente de ses rivaux. La fraction politique dominante au Japon entend poursuivre la recherche de l’hégémonie mondiale économique sous le parapluie nord américain. Tandis qu’une autre fraction politique pour le moment minoritaire annonce que cette situation ne durera pas et qu’il faudra développer une politique et une armée autonomes.

      Comment va évoluer cette contradiction entre puissances impérialistes ? Cette contradiction n’a pas encore pris toute son ampleur. Mais la situation actuelle présente de fortes analogies avec la situation de la période 1900-1914.

       

      Quelles luttes contre l’impérialisme ?

      Dans les pays dominés il faut par tous les moyens soutenir les révolutions nationales et démocratiques.

      Le développement inégal des pays capitalistes détermine l’aggravation des contradictions inter impérialistes et l’inéluctabilité de conflits militaires qui conduisent à un affaiblissement réciproque des impérialistes. Le front mondial de l’impérialisme devient facilement vulnérable pour la révolution prolétarienne. C’est sur cette base que la chaine du front impérialiste peut se rompre en son maillon le plus faible, au point où les conditions sont les plus favorables pour la victoire du prolétariat (Etats européens périphériques, par exemple).

      La théorie de Lénine reste valable aujourd’hui : la révolution socialiste peut parfaitement triompher dans un seul pays ; que la victoire simultanée de la révolution socialiste dans tous les pays ou dans la plupart des pays du ‘centre’ est impossible, en raison de la maturité inégale de la révolution dans ces pays. Il s’agit de la théorie capitularde de Trotski qui affirmait que le socialisme dans un seul pays n’était pas possible. Il proclamait que « la véritable construction de l’économie socialiste en Russie ne sera possible qu’après la victoire du prolétariat dans les principaux pays d’Europe ».

      Le léninisme enseigne que, dans le cadre de l’impérialisme, la révolution socialiste triomphe d’abord, non pas nécessairement dans les pays où le capitalisme est le plus développé et où le prolétariat forme la majorité de la population, mais avant tout dans les pays qui constituent l’anneau le plus faible de la chaîne de l’impérialisme mondial.

      Pour la victoire de la révolution socialiste il faut qu’il y ait un prolétariat révolutionnaire et une avant-garde prolétarienne, groupée au sein d’un parti politique, il faut également qu’il y ait dans ce pays un allié solide du prolétariat comme la paysannerie ou les employés (la paysannerie a presque disparu en France, les employés constituent la classe qui peut être l’allié des ouvriers aujourd’hui) capable de le suivre dans une lutte décisive contre l’impérialisme.

      La révolution prolétarienne, qui triomphe dans un seul pays, marque en même temps le début de la révolution socialiste mondiale. Lénine de manière scientifique a montré, que la révolution socialiste mondiale se développerait par le détachement révolutionnaire d’une série d’autres pays du système de l’impérialisme, grâce au soutien apporté aux prolétaires de ces pays par le prolétariat des Etats impérialistes. Les pays en question pourront alors se détacher d’autant vite et plus résolument que le socialisme sera fort dans les pays où la révolution prolétarienne a triomphé.

      L’impérialisme est la veille de la révolution socialiste.

      Contribution au dixième Séminaire Communiste International
      « La révolution socialiste mondiale dans les conditions
      de la globalisation impérialiste »

      Bruxelles, 2-4 mai 2001