Zdenik Stefek
Union Communiste de la Jeunesse (KSM), République tchèque
Contribution au Séminaire Communiste International "Impérialisme,
fascisation et fascisme"
Bruxelles, 2-4 mai 2000
La "contre-révolution de velours" a eu lieu en Tchécoslovaquie
le 17 novembre 1989. Elle allait lancer le processus de restauration du capitalisme
et du capitalisme sauvage. La chasse aux sorcières contre tout ce qui
est progressiste, et particulièrement contre les communistes, débutait
en 1990. Les complices de la chasse aux sorcières et de la promotion
de la discriminartion et d'une société fascisante comprenaient
les appareils législatifs, les organisations de l'ultra-droite et l'appareil
d'Etat répressif, de concert avec d'autres institutions et individus,
n'allait pas hésiter à recourir à des méthodes complètement
illégales.
Les lois présentant des éléments discriminatoires et fascisants:
deux lois de contrôle;
la loi sur l'illégalité du régime communiste;
un loi permettant de poursuivre les personnes accusées d'avoir commis des "crimes sous le communisme" sans tenir compte le moins du monde de l'époque où ces prétendus "crimes" ont été commis;
le Code criminel (qui permet de poursuivre les mouvements préconisant la "haine de classe").
Sur le plan de la continuité des problèmes économiques et politiques de la République tchèque, qui se sont accompagnés d'une nette hausse du soutien électoral au parti communiste, les "chasseurs de rouges" ont proposé un nouvel amendement du Code criminel, visant transformer en délit criminel non seulement l'idéologie communiste, mais également les sympathies à son égard. C'est un secret de polichinelle de dire que ceci allait servir de prétexte au bannissement du Parti Communiste ainsi que de l'Union Communiste de la Jeunesse. Il est heureux, toutefois, que cet amendement ait été rejeté au Parlement (par une seul voix!) au début du mois d'avril.
Les organisations de l'ultra-droite
Des signes de fascisme sont de plus en plus apparents dans les organisations de l'ultra-droite, lesquelles commencent sérieusement à coordonner leurs activités sur un plan international. Des organisations ne dissimulant nullement leurs ambitions parlementaires, même aux yeux de leurs pires ennemis, les communistes, sont occupées à s'unir. Leurs défilés, cortèges et manifestations sont de plus en plus visibles. Les antifascistes de la République tchèque sont la plupart du temps en minorité et, en raison du sectarisme, particulièrement dans le chef des anarchistes, ils sont incapables de créer un font antifasciste uni. Toutefois, nous tentons actuellement d'y remédier. Le fascisme latent des partis parlementaires bourgeois commence à montrer son réel visage.
D'autres méthodes illégales
En s'appuyant sur l'expérience directe, on peut affirmer que:
généralement, les forces nationales de police de la République tchèque se situent du côté des néo-fascistes. Elles tolèrent leurs activités, alors qu'elles stigmatisent les antifascistes et qu'elles n'hésitent pas à recourir à la violence pour disséminer leurs manifestations;
les fils des officiers supérieurs de la police nationale sympathisent très souvent avec l'ultra-droite et les racistes;
dans leur lutte contre les communistes, certains politiciens de droite n'hésiteraient nullement à sabrer dans d'importants droits civiques (ni même à prendre les armes pour écraser les communistes);
sous la pression de l'opinion publique, même les anticommunistes s'expriment contre le fascisme (ce qui ne les empêche nullement de patauger en plein racisme politique);
les anticommunistes essaient de mettre sur un même pied fascisme et communisme;
selon des rapports qui n'ont toutefois pas été confirmés, il existerait des contacts de plus en plus nourris entre les partis parlementaires de droite et les néo-fascistes qui se présentent volontiers eux-mêmes comme une arme en vue d'éreinter les syndicats et les actions de gauche;
des organisations de gauche, parmi lesquelles l'Union Communiste de la Jeunesse, sont placées sous l'étroite surveillance des services secrets et leurs membres sont persécutés sous le manteau.
Des exemples?
la violence policière contre les antifascistes lors du 1er mai 1999, après que les néo-fascistes avaient reçu l'autorisatiopn de défiler dans Prague, ainsi que le 28 octobre 1999, toujours à Prague;
l'arrestation par la police de cinq jeunes communistes qui, durant un discours d'Albright, avaient protesté contre les dictats américains. Ils risquent aujourd'hui huit ans d'emprisonnement pour avoir affiché, par exemple, un marteau et une faucille sur leurs drapeaux...