José Maria Sison
Président fondateur du Parti Communiste des Philippines
Il est d'une grande importance pour le prolétariat et pour le reste des habitants de la planète, dans leur actuelle lutte contre l'impérialisme et en faveur de leur libération nationale, de la démocratie et du socialisme, que nous examinions de plus près le phénomène du fascisme avant la Seconde Guerre mondiale.
A ce propos, on m'a demandé de concentrer mon attention sur le fascisme allemand, conformément au thème de la conférence: "Impérialisme, fascisation et fascisme". Il est dans l'ordre des choses que l'on se concentre sur la principale des forces de l'Axe et que l'on s'en tienne en même temps aux délais accordés par le séminaire et qui ne laissent tout simplement pas le temps de traiter en profondeur le phénomène du fascisme dans d'autres pays.
Même en se limitant au fascisme allemand, il faudrait faire référence à un vaste contexte historique, impliquant le développement et la crise générale du capitalisme monopoliste, la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie monopoliste et les corrélations entre les fascistes, les social-démocrates et les communistes à l'époque de la république de Weimar.
Il est d'une extrême importance que notre survol historique puisse aider à comprendre la persistance et la poursuite du développement des facteurs qui génèrent le fascisme et la guerre jusqu'aux circonstances que nous connaissons actuellement, de façon à pouvoir dégager des lignes directrices pour la lutte révolutionnaire actuelle. Il est donc indispensable de considérer tous les stades de la crise générale du capitalisme monopoliste jusqu'à l'époque actuelle de façon à pouvoir saisir la situation, les tâches et les perspectives actuelles des forces et peuples révolutionnaires face à l'impérialisme, à la réaction fasciste et au révisionnisme.
1. Impérialisme, fascisation et fascisme
Même lorsque le capitalisme monopoliste, à partir des années 1870, commençait à asseoir sa position dominante dans les pays capitalistes industriels les plus développés, la bourgeoisie monopoliste n'a cessé de claironner la doctrine du laisser-faire, qui avait été le cri de guerre de la bourgeoisie pré-monopoliste contre les monopoles commerciaux et réglementations étatiques.
Dans le dernier quart du 19e siècle, la bourgeoisie monopoliste allait supplanter la libre compétition par le monopole et consolider un Etat bourgeois monopoliste auquel elle allait recourir afin d'opprimer et d'exploiter la classe ouvrière. A l'évènement de l'ère internationale de l'impérialisme moderne, au début du 20e siècle, la bourgeoisie monopoliste d'un pays, qui avait combiné le capital industriel et le capital bancaire pour former le capital financier, a utilisé l'Etat pour protéger ses propres industries et entrer en compétition, contre la bourgeoisie monopoliste d'autres pays, pour les marchés, les sources de matières premières, les domaines d'investissements et la domination des colonies, des semi-colonies et des pays dépendants.
Les impérialistes débitaient des tas d'âneries quant au libre commerce dans le seul souci de protéger leurs intérêts économiques nationaux et ultra-nationaux et de provoquer des guerre à plus grande échelle en vue de la redistribution du monde. De 1898 à 1914, l'impérialisme allait acquérir sa dimension définitive en tant que stade suprême du capitalisme. La guerre hispano-américaine de 1898, la guerre des Boers contre les Anglais (1899-1902), la guerre russo-japonaise (1904-5) et la crise économique de 1900 en Europe devaient marquer l'avènement de l'ère mondiale de l'impérialisme moderne.
Certains pays impérialistes, comme l'Angleterre, présentaient l'avantage d'avoir des possessions coloniales déjà bien avant l'ère impérialiste. D'autres puissances impérialistes, comme les Etats-Unis, l'Allemagne et le Japon, étaient des nouveaux-venus dans la course à l'acquisition de colonies et s'étaient mués en catalyseurs de la redistribution du monde en recourant à la guerre. Pour étayer l'expansion du capital, la bourgeoisie monopoliste de tous les pays impérialistes lança une certaine forme de capitalisme monopoliste d'Etat que ce soit à travers les intérêts propres de l'Etat dans les industries stratégiques ou à travers des contrats de fournitures ayant trait à la guerre et des subsides.
Comme le capitalisme monopoliste se développait en Allemagne, la lutte des classes entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat s'intensifia, tout comme dans le reste de l'Europe. Au cours de la lutte des classes, le mouvement de la classe ouvrière acquit de la puissance. Dans la dernière décennie du 19e siècle, la marxisme devint la tendance dominante dans le mouvement ouvrier. Le Parti Social-Démocratique allemand était le parti le plus important et le principal pilier de la Seconde Internationale.
Après tous ses efforts précédents en vue de supprimer le socialisme et ce, depuis l'époque de Bismarck, la bourgeoisie monopoliste se fit à l'idée de l'existence de l'incontournable parti social-démocratique et tenta à cultiver les tendances réformistes en son sein. Bernstein fut la première figure de proue du révisionnisme, défendant le socialisme évolutionnaire sous les auspices de l'Etat bourgeois. Ensuite, son ancien partisan Kautsky, lui aussi, passa au révisionnisme qui n'allait pas tarder à devenir la principale tendance de la Seconde Internationale.
La social-démocratie se mua de façon marquante en libéralisme bourgeois habillé d'une phraséologie marxiste et socialiste. C'était une idéologie petite-bourgeoise au service de la bourgeoisie monopoliste. Les dirigeants social-démocratiques épousèrent le réformisme et appliquèrent la collaboration de classe avec la bourgeoisie monopoliste. Ils soutenaient le renforcement de l'Etat bourgeois monopoliste ainsi que la colonisation des peuples et nations opprimés. Il est très instructif d'étudier les uvres de Lénine qui soutenaient l'essence révolutionnaire du marxisme et s'opposaient complètement et dans les moindres détails à la ligne révisionniste renégate de Kautsky et de ses disciples.
Lorsque les puissances impérialistes se préparèrent à la guerre, dans le cadre de la lutte de plus en plus intense en vue de la redistribution des territoires économiques, les social-démocrates votèrent les crédits de guerre en recourant au verbiage du social-chauvinisme et du social-pacifisme. Lorsque la guerre éclata, ils furent embarrassés, mais pas au point d'en mourir, comme allait le montrer la suite des événements.
Point culminant du premier stade de la crise générale du capitalisme monopoliste, la Première Guerre mondiale éclata en 1914. Elle eut des conséquences désastreuses pour le système capitaliste mondial en ce sens que les puissances impérialistes essayèrent de se détruire les unes les autres et que, par conséquent, les Bolcheviks et le prolétariat transformèrent la guerre impérialiste en une guerre civile révolutionnaire et qu'ils triomphèrent dans le maillon le plus faible de la chaîne des puissances impérialistes, la Russie, qui représentait un sixième de la planète.
L'Allemagne et ses cohortes perdirent la guerre entre les puissances impérialistes. Des révolutions prolétariennes éclatèrent en Europe centrale. Les travailleurs furent à même de s'emparer du pouvoir mais le perdirent en raison des trahisons de la section collaborationniste de la classe dominante du mouvement social-démocratique. La plus importante de ces révolutions fut la révolution allemande de novembre 1918.
Les Spartakistes et les Indépendants avaient la majorité au Conseil berlinois des Travailleurs et des Soviets des Soldats. Mais les Indépendants ne suivirent pas la direction de Liebknecht, qui rejetait l'approche des dirigeants collaborationnistes de classe, discrédités, du parti social-démocratique, et les Indépendants permirent à ces deniers de regagner la prédominance politique et de s'infiltrer dans la direction de la révolution avant de la trahir.
La bourgeoise monopoliste allemande, traumatisée par la défaite dans la guerre, par la victoire de la révolution russe, par la révolution allemande de 1918 et par l'aggravation de la crise économique, reconnut plus qu'elle ne l'avait jamais fait auparavant la nécessité de s'assurer les services du parti social-démocratique en tant qu'outil spécial de la soumission de la classe ouvrière à l'Etat bourgeois et de prévention à la progression des communistes allemands et du mouvement révolutionnaire prolétarien.
Comme Lénine le faisait remarquer, le développement du capitalisme monopoliste d'Etat allait s'accélérer après la Première Guerre mondiale. La bourgeoisie monopoliste de tous les pays impérialistes, tant les vainqueurs que les vaincus de la précédente guerre, devait utiliser l'Etat afin de concentrer le capital et de contrôler la classe ouvrière en vue d'une nouvelle période de compétition monopoliste et d'une autre guerre de redistribution du monde. Et tout spécialement dans une nation vaincue comme l'Allemagne impérialiste, la bourgeoisie monopoliste devait se servir de l'Etat afin de reconstruire son économie ruinée et, dans un même temps, subir les exactions des vainqueurs de la précédente guerre.
Persistant dans leur croyance que le socialisme peut découler pacifiquement du capitalisme monopoliste, les social-démocrates interprétèrent le développement accéléré du capitalisme monopoliste d'Etat comme la condition grandissante à l'évolution pacifique du socialisme. Ils crurent plus que jamais auparavant qu'ils pouvaient transformer l'Etat bourgeois contre la bourgeoisie monopoliste. Ils refusèrent de reconnaître que la bourgeoisie monopoliste privée dirigeait et contrôlait le capitalisme monopoliste d'Etat aux dépens de la classe ouvrière. Par conséquent, ils évitèrent la lutte prolétarienne des classes contre la bourgeoisie monopoliste et son Etat.
La bourgeoisie monopoliste allemande soutint la social-démocratie en tant qu'instrument spécial le plus important pour contrôler la bureaucratie syndicale, diviser la classe ouvrière et s'opposer aux communistes dans la période allant de 1918 à 1930. Mais, par la suite, elle favorisa de plus en plus le recours aux fascistes pour la répression brutale des communistes et du mouvement ouvrier au fur et à mesure que la crise économique internationale et intérieure empirait que que la république de Weimar devait plus instable. Elle fut également impressionnée lorsque, dès 1922, les fascistes allaient interdire les communistes en Italie.
En guise d'élément essentiel si l'on veut comprendre la montée des fascistes allemands au pouvoir, il convient de s'attarder à la fois sur la complémentarité de la social-démocratie et du fascisme et sur le fait qu'ils ont été utilisés en alternance comme instruments par la bourgeoisie monopoliste allemande. Si la social-démocratie fut l'outil de la main gauche de la bourgeoisie monopoliste, le fascisme fut celui de sa main droite.
Les social-démocrates et les fascistes ont un caractère de classe commun et un même penchant pour la démagogie. Ils ont adopté la position petite-bourgeoise et ont fait appel au niveau de conscience des couches de la classe moyenne, même si les social-démocrates se sont spécialisés dans la mise sur pied de syndicats bureaucratiques et les fascistes, de même, à mobiliser les jeunes. Ils ont utilisé une phraséologie grandiloquente anticapitaliste et révolutionnaire tout en continuant, malgré tout, à servir la bourgeoisie monopoliste. Par-dessus tout, leurs dirigeants ont été pareillement anticommunistes, quoique la social-démocratie ait un courant de gauche en raison de son affiliation de masse prolétarienne et que l'ensemble du fascisme soit rabiquement anticommuniste.
Les social-démocrates et les fascistes différaient dans leurs méthodes. Les social-démocrates vivaient sur le réformisme et sur la loyauté à la constitution bourgeoise-démocratique. Les fascistes étaient partisans de l'usage non déguisé de la terreur contre les communistes, la classe ouvrière et les autres opposants politiques. Ils se montraient bien plus sauvages que les social-démocrates en recourant à la démagogie pour constituer un mouvement de masse. Ils faisaient ressortir les préjugés chauvins, raciaux et religieux. Ils les combinaient aux récriminations populaires contre le traité de Versailles, contre les capitalistes, contre les Junkers (les hobereaux) et les fonctionnaires corrompus et contre les conditions économiques et sociales particulièrement difficiles.
Au cours de leur recherche du pouvoir politique, les fascistes allemands gagnèrent la confiance de la bourgeoisie monopoliste en appliquant leur anticommunisme rabique, en perturbant les meetings et autres activités des communistes, en brisant les grèves ouvrières et en tabassant ou assassinant des communistes. Ils collaborèrent avec l'armée et la police et courtisèrent les officiers afin qu'ils s'inscrivent au parti nazi. Après qu'une bande nazie eut perturbé une action communiste, l'armée ou la police arrêtèrent et emprisonnèrent les victimes, qui allaient être traînées en justice et condamnées par les juges.
Dans Mein Kampf, Hitler admet ouvertement que pour battre les communistes, les fascistes doivent leur voler la couleur rouge. Par conséquent, il accapara le mot "socialisme". Le programme nazi en 21 points comprenait cyniquement ce qui suit: suppression des revenus non gagnés, la suppression de l'esclavage des intérêts, la confiscation des revenus non gagnés, la confiscation de tous les profits de guerre, la nationalisation de tous les trusts, le partage des bénéfices dans les grosses entreprises, la confiscation des terres sans compensation et à des fins municipales et la peine de mort pour les usuriers et les profiteurs.
En coulisses, la propagande extravagante des fascistes leur valut de généreuses contributions en argent de la part des Krupp et des Thyssen, des Deterling et des Hohenzollern. Au cours de l'année critique, 1932, la bourgeoisie monopoliste acclama les fascistes et les salua comme étant ses instruments préférés pour détourner le peuple et combattre les communistes. Elle les considérait comme les instruments nécessaires pour en arriver à un type "restreint" de constitution dans la phase de consolidation du capitalisme allemand. Ce système est amplement discuté dans la Deutsche Führerbriefe, le bulletin confidentiel de la Fédération de l'Industrie Allemande.
Les principaux dirigeants du parti social-démocratique participèrent au procès de fascisation à long terme et facilitèrent l'accession au pouvoir des fascistes. C'étaient des social-fascistes, socialistes en paroles mais fascistes par leurs actes, pour avoir collaboré avec l'ennemi de classe en liquidant la révolution prolétarienne de novembre 1918, en soutenant, sous la république de Weimar, les décrets d'urgence et autres mesures hostiles aux travailleurs et au peuple dans toute une série de régimes et en repoussant et en s'opposant activement aux appels répétés des communistes en vue d'un front antifasciste uni.
Si les social-démocrates avaient accepté l'offre d'un front uni contre les fascistes, leur force combinée aurait été capable d'isoler et de vaincre les fascistes. Dans toutes les élections qui ont précédé la nomination au poste de chancelier de Hitler, en 1933, le cumul des votes des socialistes et des communistes représentaient une majorité écrasante majorité. Mais chaque fois que les communistes proposèrent de constituer un front uni, les social-démocrates accrurent leur propagande anticommuniste, exclurent les communistes des syndicats et chassèrent les social-démocrates de gauche bien connus.
Les dirigeants du parti social-démocratique approuvèrent la nomination de Hitler au poste de chancelier, sur base de la prétention bizarre que les fascistes seraient discrédités par leur échec à remplir leurs promesses. Et même après que Hitler eut entrepris toute une série de mesures en vue de monopoliser le pouvoir politique et de réprimer les communistes, la classe ouvrière et d'autres opposants politiques, le dirigeant social-démocrate Ebert supplia Hitler, par l'entremise de Hindenburg, de tolérer les social-démocrates et de se montrer accommodants avec eux sous le régime nazi.
Les communistes commirent leurs propres erreurs au moment où ils furent confrontés à l'accession au pouvoir des nazis. Ils permirent aux fascistes de reprendre les griefs du peuple contre les dommages de guerre intolérables imposés par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale et négligèrent d'accorder autant d'attention que ne leur en accordaient les fascistes à secouer, organiser et mobiliser les jeunes, les chômeurs, la petite bourgeoisie et les masses semi-prolétariennes urbaines.
En dépit des appels du camarade Thaelman et du Comité Exécutif de l'Internationale Communiste invitant les communistes allemands à ne pas négliger le travail au sein des principaux syndicats contrôlés par les social-démocrates, les communistes allemands ne confièrent ce travail qu'à 10% de leurs effectifs et se confinèrent de façon sectaire dans l'opposition des syndicats rouges.
Une fois au pouvoir, les fascistes transformèrent l'Etat bourgeois en dictature ouvertement fasciste des éléments les plus rabiquement réactionnaires, chauvins et impérialistes du capital financier. Ce fut l'attaque la plus féroce du capital contre le peuple du travail, avec son chauvinisme débridé, sa guerre prédatrice, sa réaction et sa contre-révolution enragées, l'ennemi le plus virulent du prolétariat et de tout le monde ouvrier.
Pendant un bout de temps, le régime nazi sembla à même de stabiliser la situation et de satisfaire la bourgeoisie monopoliste avec les systèmes et dispositifs du capitalisme monopoliste étatique. Il favorisa des projets de travaux publics et de production de guerre, engendrant des bénéfices pour la bourgeoisie monopoliste et une certaine reprise temporaire de l'emploi. Mais l'impitoyable crise économique mondiale et la hausse rapide de la production de guerre et de la militarisation des jeunes continuèrent à bouleverser l'économie et l'existence des gens et poussèrent même davantage les fascistes à lancer l'agression et à déclencher la Seconde Guerre mondiale, dans le but ultime de détruire l'Union soviétique.
La Seconde Guerre mondiale fut le point culminant du second stade de la crise générale du capitalisme monopoliste. Ce fut essentiellement une guerre entre impérialistes, au cours de laquelle un alignement de puissances impérialistes en combattit un autre en vue d'une redistribution du monde. Toutefois, la guerre ne pouvait plus être décidée entre les seules puissances impérialistes. Les fascistes allemands avaient pour principal objectif la destruction de l'Union soviétique. A son tour, en tant que puissance alliée, l'Union soviétique assura la défaite des troupes de l'Axe et la progression des forces de libération nationale, de la démocratie et du socialisme.
Elle opposa le rempart le plus puissant au fascisme et mena victorieusement une guerre patriotique. Elle supporta le choc principal de l'offensive fasciste en Europe. Mais c'est elle qui porta le coup le plus mortel au fascisme allemand. Après avoir remporté la bataille de Stalingrad, plaque tournante de la guerre, l'Union soviétique mena une puissante contre-offensive qui allait sceller le sort des fascistes allemands et de leurs cohortes.
La Troisième Internationale et les communistes de divers pays ont régulièrement lancé des appels en faveur de la formation d'un front uni des travailleurs et d'un Front Populaire contre les fascistes. Ils étaient les plus résolus, les plus militants, en effectuant ces appels. L'application de la politique de front uni s'étendit à toutes les formes de lutte, selon les circonstances se présentant dans divers pays.
Le front uni pour la lutte révolutionnaire armée contre les fascistes fut d'une importance cruciale. Il allait se traduire par la libération de peuples entiers et par l'installation de démocraties populaires en Asie et en Europe de l'Est. L'exemple le meilleur et le plus important de la politique de front antifasciste uni des communistes fut appliqué en Chine. Gardant leur indépendance et leur initiative, les communistes chinois signèrent une trêve et une alliance avec le Kouo-min-tang contre le Japon, tirèrent parti de la guerre impérialiste pour renforcer l'armée populaire et se préparèrent à la guerre civile révolutionnaire qui aurait lieu après la Seconde Guerre mondiale.
2. Le fascisme au cours de la période de la guerre froide
Peu de temps après la victoire des puissances alliées au cours de la Seconde Guerre mondiale, le troisième stade de la crise générale du capitalisme monopoliste allait commencer. Un tiers de l'humanité passait sous la direction du prolétariat révolutionnaire. Plusieurs pays socialistes apparaissaient en Asie et en Europe de l'Est. Une grande vague de mouvements de libération nationale traversait l'Asie et l'Afrique.
Cependant, les Etats-Unis émergeaient en tant que puissance impérialiste n° 1, puisqu'ils étaient sortis à peu près intacts de la guerre et qu'ils avaient ramassé les bénéfices de la guerre en se joignant tardivement à la Première Guerre mondiale. Les décideurs politiques américains étaient inquiets de ce que la Seconde Guerre mondiale eût engendré plusieurs pays socialistes et mouvements de libération nationale. Ils étaient ennuyés au sujet d'une réapparition de la crise économique américaine au cas où la production de guerre aurait dû s'arrêter et que des divisions entières de troupes américaines auraient dû être démobilisées.
Les Etats-Unis décidèrent de lancer la guerre froide en guise de prétexte à la poursuite de sa production de guerre, au déploiement de troupes américaines dans des bases militaires d'outre-mer et à la mise en place d'alliances militaires. Ils s'autoproclamèrent les champions de l'alliance impérialiste contre le communisme et se bombardèrent défenseurs du "monde libre". Ils sautèrent dans les bottes de l'Allemagne fasciste en tant que puissance anticommuniste la plus enragée et ennemi le plus agressif des pays socialistes et des mouvements de libération nationale.
Ils adoptèrent la démagogie fasciste. N'ayant ni parti social-démocratique ni parti communiste impressionnants dans leurs frontières nationales, les Etats-Unis s'attelèrent à présenter fallacieusement le capitalisme monopoliste en tant que "libre entreprise" et le fait de s'y conformer comme une "modération" entre les extrêmes présumés que sont le fascisme et le communisme. La propagande impérialiste des Etats-Unis commença par mettre sur un même pied l'Union soviétique et l'Allemagne de Hitler.
Au sein de la société américaine, les chasses aux sorcières mccarthystes visèrent les communistes et tous ceux qui étaient suspectés de communisme dans tous les secteurs de la vie. Mais la nation américaine, bourgeoise monopoliste ne devint pas une dictature fasciste complète. En moissonnant la plupart des bénéfices de la Seconde Guerre mondiale, elle acquit, en fait, de grandes latitudes économiques qui lui permirent d'éviter les froncements de sourcils de la démocratie bourgeoise. Elle était plutôt partisane du profit émanant de la remise sur pied des économies dévastées de l'Europe et du Japon et de l'agrandissement d'un empire néo-néo-colonial américain au détriment de ses propres alliés impérialistes. Elle conçut les Nations Unies et les accords de Bretton Woods comme l'ossature de la Pax Americana.
La politique d'endiguement de la guerre froide consista en un blocus économique et en la mise sur pied de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et d'autres alliances militaires destinées à encercler l'Union soviétique et les autres pays socialistes. Si l'Union soviétique n'avait pas développé la bombe atomique assez tôt pour provoquer une impasse nucléaire en Europe, les Etats-Unis auraient utilisé leur monopole nucléaire pour provoquer directement une guerre contre l'Union soviétique. Un peu plus tôt au cours de la dernière année de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis avaient utilisé la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki afin d'anticiper une offensive soviétique contre le Japon.
Dans la poursuite de la croisade anticommuniste, les Etats-Unis ont blanchi les crimes de guerre fascistes des bourgeoisies monopolistes des anciennes puissances de l'Axe et les ont encouragées à entreprendre une reconstruction économique subordonnée au capitalisme monopoliste américain. L'Allemagne de l'Ouest a servi de base avancée pour contenir l'Union soviétique à l'Ouest et le Japon a joué le même rôle pour contenir l'Union soviétique dans le Pacifique et la Chine, la République Démocratie Populaire de Corée et le Viêt-nam en Asie.
C'est dans les pays d'Asie, d'Afrique et de l'Amérique latine que l'impérialisme américain a installé des gouvernements fascistes afin de dominer les travailleurs et de supprimer les forces légales démocratiques ainsi que les mouvements de libération nationale. Il s'agissait de régimes rabiquement anticommunistes et régnant ouvertement par la terreur. C'est aussi dans ces pays que l'impérialisme américain lança ses guerres d'agression. Les guerres américaines d'agression contre la Corée et, ensuite, contre le Viêt-nam et l'ensemble de l'Indonésie ne cessèrent d'agrandir le complexe militaro-industriel des Etats-Unis.
La guerre froide fut pratiquement une Troisième Guerre mondiale, si nous tenons compte des éléments suivants: 1) l'ampleur massive des bases militaires d'outre-mer, du personnel et du matériel déployés par les Américains afin d'encercler les pays socialistes et d'éliminer les peuples; 2) les millions de morts et de blessés parmi les combattants et les populations locales lors des guerres américaines d'agression; et 3) les infortunées victimes de carnages lors des campagnes de terreur orchestrées par les Etats-Unis et menées par les régimes fascistes sponsorisés par les Etats-Unis.
Rien qu'en Asie du Sud-Est, l'impérialisme américain et ses marionnettes ont été responsables de la mort de plus de 6 millions de personnes au Viêt-nam et du massacre de plus d'un million de communistes et de présumés communistes par le régime militaire fasciste de Suharto en Indonésie. Pourquoi taxons-nous de fascisme le règne ouvert de la terreur des régimes fantoches qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale? Ils se sont engagés dans une démagogie anticommuniste et un terrorisme d'Etat sans vergogne pour le compte de la grande bourgeoisie tant étrangère que domestique.
Par conséquent, dans l'expérience historique des Philippines, nous avons décrit comme fasciste le régime de Marcos, de 1972 à 1986. Ce fut un pouvoir violemment anticommuniste qui laissa de côté les subtilités démocratiques bourgeoises et assassina au moins 100.000 personnes (y compris le peuple des Moro) afin de servir les intérêts de la bourgeoisie étrangère et domestique. La conquête militaire des Philippines par les Américains, qui commença en 1899, tua au moins un million de personnes, soit 10% de la population. Mais nous ne la taxons pas de fascisme, parce qu'il s'agissait simplement d'une guerre d'agression impérialiste.
Dans notre galerie de portraits de dictateurs fascistes ou de terroristes bourgeois d'Etat, nous devons inclure certains "héros" du "monde libre" tel que le voient les Etats-Unis: Tchang Kaï-chek en Chine, Syngman Rhee et Park Chung-hee en Corée du Sud, Ngô Dinh Diêm et Nguyên Van Thiêu au Viêt-nam du Sud, Lon Nol au Cambodge, Suharto en Indonésie, Marcos aux Philippines, Zia ul-Haq au Pakistan, le Shah d'Iran, Mobutu au Congo, Botha en Afrique du Sud, Idi Amin en Ouganda, Videla en Argentine, Castello Branco, Costa e Silva, Medici et Geisel au Brésil, Batista à Cuba, Somoza au Nicaragua, Pinochet au Chili, Stroessner au Paraguay, Duvalier à Haïti, Fujimori au Pérou et d'autres encore.
En dépit des millions de morts et de blessés et des ressources colossales dépensées par les Etats-Unis dans la guerre froide, les forces révolutionnaires du monde ont remporté d'importantes victoires sans précédent jusqu'au milieu des années 70. Celles-ci comprenaient la Grande Révoltuion Culturelle Prolétarienne en Chine et la victoire des peuples vietnamien et autres en Indochine contre l'impérialisme américain. On peut dire que ce furent les plus grandes victoires de la cause révolutionnaire du socialisme et de la libération nationale consécutives au troisième stade de la crise générale du capitalisme monopoliste et antérieures au revirement du socialisme en Chine.
Aucun pays socialiste n'a jamais été vaincu par aucune guerre américaine d'agression. Lorsque l'Union soviétique est passée sous domination révisionniste, les Etats-Unis réussirent finalement à déjouer les tactiques soviétiques dans la guerre froide en stimulant le néo-colonialisme et la course aux armements et en pénétrant tous les pays sous domination révisionniste. Le plus important facteur qui causa jamais la restauration du capitalisme dans les pays socialistes de la classe ouvrière fut l'apparition et les progrès du révisionnisme moderne, centré sur l'Union soviétique et répandu à l'échelle mondiale. Depuis l'époque de Khrouchtchev jusqu'à celle de Gorbatchev, les révisionnistes modernes ont déclaré que la classe ouvrière avait achevé sa mission historique de construction du socialisme et ceci, dans l'intention de liquider la dictature de classe du prolétariat ainsi que la lutte des classes et de hâter la restauration du capitalisme.
Là où la classe ouvrière avait pris le pouvoir et construit le socialisme mais où la bourgeoisie, par la suite, avait retrouvé le pouvoir politique et privatisé les avoirs publics, les révisionnistes modernes ont tenu le rôle des révisionnistes classiques, les social-démocrates, un rôle de traîtres au socialisme. Dès que les révisionnistes modernes ont pris le pouvoir, ils sont devenus des capitalistes bureaucrates monopolistes et des social-fascistes recourant à la démagogie et à la terreur contre les véritables marxistes-léninistes, la classe ouvrière et le peuple tout entier.
En Europe de l'Est, Tito, en Yougoslavie, fut le pionnier du révisionnisme moderne et du social-fascisme, précédant Khrouchtchev de plusieurs années de la même façon que Mussolini avait été le prédécesseur de Hitler. Sous les encouragements des révisionnistes khrouchtchéviens en personne, les partis dirigeants de l'Europe de l'Est empruntèrent avec enthousiasme la route du révisionnisme, sous le couvert de la campagne contre Staline. Ils comptaient dans leurs rangs des social-démocrates prônant sans sourciller la collaboration des classes et qui, du jour au lendemain, s'étaient mués en communistes après le triomphe de la contre-offensive soviétique.
Après 1956, pendant plus de trente ans, la force politique et économique de l'Union soviétique fut minée par une bourgeoisie bureaucratique monopoliste aux doigts longs, bien indulgente à son propre égard, et qui s'appropria indûment, mue par son seul enrichissement personnel et par la course aux armements avec les Etats-Unis, une part sans cesse plus importante des excédents produits par le prolétariat. La bourgeoisie bureaucratique monopoliste faisait semblant d'être communiste et encensait comme socialiste la propriété par l'Etat des moyens de production, jusqu'à ce que Gorbatchev et Eltsine baissent leur masque communiste et socialiste, désintègrent l'Union soviétique et activent la privatisation ouverte des avoirs publics.
En ce qui concerne la Chine, des conditions internes vinrent nourrir le révisionnisme moderne comme dans tous les pays révisionnistes précédents. Même si les classes des capitalistes et des grands propriétaires avaient été éliminées sur un plan légal et économique, elles pouvaient être ramenées à la vie par les révisionnistes qui germaient et se développaient à partir de la section petite-bourgeoise de la démocratie et de l'intelligentsia et qui avaient déclaré prématurément que la lutte des classes était déjà en train de se terminer.
En Chine, peu après la mort de Mao, comme cela avait déjà été le cas en Union soviétique après la mort de Staline, les révisionnistes se hâtèrent de passer à l'action pour ravir le pouvoir politique au prolétariat révolutionnaire. Ils transformèrent la dictature de classe du prolétariat en dictature de la bourgeoisie bureaucratique monopoliste. Recourant à des méthodes social-fascistes, ils persécutèrent systématiquement les vrais communistes et les évincèrent du parti communiste et des positions dirigeantes de l'Etat. Ils parlaient à tout propos d'ordre social et de stabilité et avaient la bouche pleine de discipline socialiste de travail dans la seule intention de livrer les masses laborieuses à l'exploitation par les monopoles étrangers et la grande bourgeoisie domestique.
La restauration ouverte du capitalisme en Chine s'est même produite plus rapidement qu'en Union soviétique après que les révisionnistes chinois se furent emparés du pouvoir politique. L'ancienne bourgeoisie récupéra immédiatement ses avoirs, elle reçut pour la seconde fois des indemnités de remboursement couvrant les obligations de guerre et fut autorisée à emprunter des capitaux auprès des banques d'Etat afin de se lancer dans les affaires privées. La nouvelle bourgeoisie démantela le système de propriété en commun, razzia les banques d'Etat en contractant des emprunts sans garantie, reprit les petites et moyennes entreprises existantes sous la fiction légale de la gestion à bail, monta des entreprises privées en acquérant à bon marché équipements et matières premières auprès du secteur d'Etat et ouvrit l'économie aux investissements directs et indirects de la part des capitalistes monopolistes étrangers.
Dans tout pays où le socialisme a été trahi, la nouvelle bourgeoisie dominante tend à revêtir le caractère de la grande bourgeoisie compradore parce qu'elle subordonne l'économie aux banques et firmes impérialistes étrangères, qu'elle sape et détruit les fondations industrielles précédemment installées sous le socialisme et qu'elle planque des fonds à l'étranger de la façon la plus débridée qui soit. Craignant toujours les travailleurs qu'elle a spoliés, elle est rapidement susceptible d'utiliser contre eux les appareils coercitifs de l'Etat ainsi que des bandes armées privées.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les communistes ont remporté d'importantes victoires sur l'impérialisme, le révisionnisme et le fascisme ainsi que contre toute forme de réaction. Mais jusqu'à présent, leur ennemi le plus mortel a été le révisionnisme moderne qui est arrivé à diriger les partis communistes et les sociétés socialistes de l'intérieur. Dès le départ, les renégats révisionnistes s'appuient sur une bureaucratie et une intelligentsia devenues petites-bourgeoises et, progressivement, ils grimpent jusqu'aux échelons les plus élevés de l'autorité au sein du parti, de l'Etat, de l'armée, des entreprises économiques et des institutions culturelles jusqu'à ce qu'ils soient à même de s'emparer du pouvoir politique et d'utiliser les leviers du pouvoir pour restaurer le capitalisme.
Les communistes disposent d'une arme pour combattre et vaincre le révisionnisme moderne au sein d'une société socialiste. C'est la théorie et la pratique de la poursuite de la révolution sous la dictature du prolétariat, afin de consolider le socialisme, de combattre le révisionnisme et d'empêcher la restauration du capitalisme. Il est nécessaire, mais pas encore suffisant, d'installer la dictature de la classe prolétarienne via des moyens politico-militaires, de transformer la propriété privée des moyens de production en propriété publique dans le cadre de la construction socialiste, de former un grand nombre de professionnels et de techniciens, de prendre des mesures administratives et judiciaires contre les adversaires domestiques de classe et d'organiser la défense contre les impérialistes.
Pendant toute une époque historique, il est nécessaire de soutenir l'hégémonie de la classe ouvrière et de mener la lutte des classes à la base et dans les superstructures de la société socialiste, de garder la primauté des rapports socialistes de production sur les forces de production, de consolider la position de classe prolétarienne de la bureaucratie et de l'intelligentsia et d'appliquer sans discontinuer, par étapes, la révolution culturelle prolétarienne afin de mener à bien la conquête prolétarienne des superstructures par le biais de l'éducation et du mouvement de masse sous la direction du parti révolutionnaire du prolétariat, jusqu'à ce que l'impérialisme soit battu à l'échelle mondiale et que le communisme devienne possible.
En Chine, où l'on a inauguré la théorie antirévisionniste et la pratique de la révolution permanente sous la dictature du prolétariat et par le biais de la révolution culturelle, la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne a été de mise pendant une décennie (de 1966 à 1976), mais elle n'a toutefois pu empêcher la montée au pouvoir des révisionnistes dirigés par Deng Xiaoping et la restauration par les mêmes du capitalistes.
L'attitude marxiste-léniniste à l'égard d'un tel revirement ne devrait différer en aucun cas de celle adoptée à l'égard du succès et de la défaite de la Commune de Paris en 1871. Elle exige de tous les communistes qu'ils étudient les conditions objectives et les facteurs subjectifs dans la construction du socialisme en tant que nouveau phénomène révolutionnaire qui connaît le succès pendant quelque temps mais finit par être battu, qu'ils analysent la victoire du prolétariat révolutionnaire et qu'ils tirent toutes les leçons positives et négatives afin d'atteindre un niveau plus élevé de conscience révolutionnaire et de lutte des classes en défendant, en consolidant et en développant plus avant le socialisme.
Nous devons affronter carrément le fait que c'est le révisionnisme moderne qui a détruit le socialisme de l'intérieur, plutôt que l'impérialisme depuis l'extérieur. C'est notre devoir impérieux de poser le problème et d'uvrer à sa solution sur base de toutes les expériences et réalisations concrètes précédentes. Le problème pratique le plus urgent, aujourd'hui, et qui se pose à l'échelle mondiale, est de combattre et de vaincre la grande bourgeoisie et tous les réactionnaires et de réaliser la libération nationale, la démocratie et le socialisme. Mais nous devons être à même de répondre immédiatement à la question honnête des camarades et des gens aussi bien qu'aux moqueries malicieuses de l'ennemi à propos de la résolution et de la compétence des vrais communistes pour soutenir et développer le socialisme une fois qu'il aura acquis la victoire.
Dans l'intervalle, l'impérialisme et toute forme de réaction génèrent eux-mêmes les conditions objectives pour la résurgence des mouvements anti-impérialistes et socialistes. Nous disposons d'une grande richesse théorique et pratique marxiste-léniniste, laquelle a été testée et a fait ses preuves, pour mener la révolution socialiste et sa construction jusqu'à un certain point. Nous devons être prévoyants au point d'aller au-delà de ce point en empêchant l'apparition du révisionnisme et la restauration du capitalisme dans toute société socialiste future et de garder le drapeau rouge du socialisme déployé durant toute une époque historique complète jusqu'à ce que nous ayons atteint le seuil du communisme.
3. Courants et perspectives du fascisme
Sous les conditions de la pleine restauration du capitalisme dans l'ancienne Union soviétique, les impérialistes et les réactionnaires ont la témérité de clamer que l'histoire ne peut aller au-delà du capitalisme monopoliste et ils intensifient l'oppression et l'exploitation des travailleurs d'une façon encore jamais vue.
Pour la seconde fois depuis 1870, la bourgeoisie monopoliste fait des efforts gargantuesques et absurdes pour se dépeindre comme le parangon de la globalisation du "libre marché" et pour utiliser l'Etat bourgeois monopoliste aussi bien que les Etats néo-coloniaux fantoches afin de mener à bien une campagne systématique contre la classe ouvrière et les peuples opprimés et, ce faisant, d'accroître au maximum les bénéfices de la bourgeoisie monopoliste. Les monopoles géants ont accéléré la concentration du capital productif et financier et ont centralisé le contrôle des marchés.
Reprenant la mode néo-libérale lancée par l'impérialisme américain, tous les alliés impérialistes et les régimes fantoches néo-coloniaux se gargarisent du langage de la démocratie bourgeoise et du "libre marché". Les partis bourgeois de tous genres font la même chose partout dans le monde. En Europe, aujourd'hui, les social-démocrates, les Verts et les autres partis qui camouflent leurs grandes idées bourgeoises sous un vocabulaire petit-bourgeois peuvent à peine se distinguer des autres grands partis bourgeois lorsqu'ils préconisent leurs réformes néo-libérales.
Même lorsque la globalisation du "libre marché" essaie de conjurer l'illusion qu'il est pour la privatisation des biens publics plutôt que pour les investissements directs de l'Etat dans des entreprises productives, le capitalisme monopoliste d'Etat continue à se développer en tant que générateur du capital financier et fournisseur de contrats d'achat et de subsides à la bourgeoisie monopoliste. S'appuyant sur ses antécédents, la bourgeoisie monopoliste peut glisser du langage anachronique du néo-libéralisme vers les termes plus crus d'intervention de l'Etat et de protectionnisme dès le moment où l'on assiste à l'aggravation de la crise capitaliste.
Contre la productivité sociale sans cesse croissante due à l'amélioration des technologies et aux compétences plus élevées du prolétariat, la bourgeoisie monopoliste est engagée dans une course effrénée au profit, en poussant vers le bas le niveau des salaires, en provoquant le chômage de masse, en liquidant la concurrence, en poursuivant la ruine des pays clients et, ce faisant, en rapetissant le marché capitaliste mondial. La crise de surproduction qui sévit dans le système capitaliste mondial ne cesse de s'aggraver et de s'approfondir. Les phases de destruction des forces productrices se succèdent les unes aux autres, aggravant le chômage chronique de masse et la crise financière chronique et rapetissant dans le même temps le marché mondial.
Nous en sommes maintenant à un nouveau stade de la crise générale du capitalisme monopoliste qui se développe depuis la seconde moitié des années 70. Ce nouveau stade englobe la saignée des pays du tiers monde et des Etats bureaucratiques monopolistes (même si ces derniers se font passer pour socialistes), la défaite de l'Union soviétique au cours de la guerre froide et la surproduction actuelle de tous les types de marchandises qui, depuis peu, s'étend également aux technologies de pointe.
Les contradictions s'intensifient entre l'impérialisme et les peuples opprimés, parmi les puissances impérialistes et entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat des pays impérialistes. Les Etats-Unis parviennent encore à maintenir en place l'alliance impérialiste contre les travailleurs et les peuples opprimés. Mais ils attisent de plus en plus les ressentiments de leurs alliés impérialistes en agissant unilatéralement en fonction de leur propre intérêt national. Il y a aussi des contradictions croissantes entre les Etats impérialistes et les Etats néo-coloniaux. Le nouveau désordre mondial devient plus turbulent et il génère les conditions du fascisme et de la guerre de même que la résurgence des mouvements anti-impérialistes et socialistes.
Parmi les pays impérialistes, les Etats-Unis ont l'économie la plus forte du fait qu'ils ont le leadership sur le plan des hautes technologies, qu'ils entraînent l'Europe et le Japon à investir dans les valeurs américaines, qu'ils préconisent l'offensive commerciale et qu'ils pratiquent le protectionnisme, qu'ils écrèment surtout les Etats clients placés sous leur domination néo-coloniale et qu'ils tirent avantage de leurs alliés impérialistes. Toutefois, les Etats-Unis éprouvent de grandes difficultés à tenter de surmonter les coûts astronomiques de leur victoire dans la guerre froide qui se traduisent par un lourd fardeau de dettes provoquées par leurs exorbitantes dépenses militaires et les facilités commerciales accordées à leurs anciens alliés sur la ligne de front de la guerre froide.
Les Etats-Unis sont toujours le débiteur n° 1 de la planète et ils subissent d'énormes déficits commerciaux en dépit de leur offensive commerciale. La plus importante baudruche financière dans le monde se situe aujourd'hui aux Etats-Unis. Elle consiste dans la surévaluation des avoirs, tout particulièrement dans les secteurs des services financiers et de la haute technologie. En fait, les chiffres actuels de la haute croissance américaine sont trop gonflés en raison de cette surévaluation. Le taux élevé de l'emploi, aujourd'hui, est en fait colmaté par les emplois à temps partiel qui ont remplacé pour une part très importante les emplois normaux.
En quelque sorte, on peut dire que l'Allemagne a concrétisé l'ambition de voir un jour l'Allemagne posséder la suprématie économique en Europe. Mais suite à l'intensification de la compétition avec le capitalisme monopoliste américain, l'Allemagne et le reste de l'Europe occidentale ont fini par stagner et sont affligées d'une crise chronique de surproduction et de chômage de masse répétitif. La Russie et l'Europe de l'Est sont disponibles pour l'expansion capitaliste, mais celle-ci est limitée à la fois par la politique impérialiste occidentale consistant à se délester de ses surplus de production et par la dégradation continue des économies de ces pays sous les auspices de la grande bourgeoisie compradore qui présente un caractère extrêmement corrompu et criminel, et plus particulièrement en Russie.
Depuis l'éclatement de sa baudruche financière en 1990, le Japon est resté pratiquement dans un état de dépression économique. La bourgeoisie monopoliste a construit des sites industriels à l'étranger et ceux-ci ont servi à pousser vers le bas la production domestique ainsi que l'emploi au Japon même. En tant que principal créancier dans le financement de la haute consommation des classes exploiteuses de l'Asie de l'Est et de la surproduction de certaines marchandises, le Japon a été durement touché par l'explosion de la bulle financière est-asiatique en 1997. Les Etats-Unis continuent à encourager fortement l'offensive commerciale et financière au Japon et dans l'ensemble de l'Asie.
Dans les pays capitalistes moins industrialisés, où les travailleurs souffrent davantage que partout ailleurs du chômage de masse et des coupes sombres dans les acquis sociaux durement gagnés, le mouvement ouvrier et le large mouvement reposant sur le peuple sont davantage engagés, aujourd'hui, contre la bourgeoisie monopoliste et ses partis politiques bourgeois. En temps voulu, ces mouvements sont amenés à prendre de l'ampleur et à monter au créneau pour défendre les droits des travailleurs et des peuples de tous les pays capitalistes industriels.
En l'absence d'un puissant parti révolutionnaire prolétarien, il s'avère que la bourgeoisie monopoliste n'est pas intéressée à sponsoriser le fascisme dans les pays capitalistes industriels les plus avancés. Ainsi, les partis bourgeois clament fallacieusement que ce sont les communistes qui engendrent les fascistes. En premier lieu, c'est la crise du système dirigeant qui engendre la résistance des travailleurs et du peuple et les progrès du mouvement socialiste dirigé par les communistes. Quand la bourgeoisie monopoliste adopte le fascisme pour déchaîner la terreur, les communistes, les travailleurs et le reste du peuple ont tous les droits de vouloir mener une révolution armée.
En raison de la crise économique, les trois centres mondiaux du capitalisme (Les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon) sont de plus en plus amenés à devoir se brouiller entre eux à propos des problèmes politiques, économiques, financiers et militaires. Les courants nationalistes, racistes et fascistes surgissent en proportion directe avec la détérioration des conditions socio-économiques résultant des réformes néo-libérales entreprises par les partis bourgeois dominants. Les partis, groupes et mouvements fascistes exercent déjà leur influence sur la propagande bourgeoise et ils se préparent à prendre l'initiative des mains des partis bourgeois-démocratiques.
Souhaitant partager les coûts de sa politique d'agression et toujours effrayée d'avoir à subir des pertes américaines dans des guerres terrestres, les Etats-Unis ont encouragé à la fois l'Allemagne et le Japon à réarmer, à s'engager dans la production de guerre au-delà des limitations anciennes et à participer à des guerres d'agression. Aujourd'hui, un débat fait fureur à propos de la question de savoir si l'Europe doit disposer d'une force militaire indépendante par rapport aux Etats-Unis. Au Japon, le mécontentement grandit à propos des termes des "nouvelles directives sécuritaires" américano-japonaises qui permettent aux Etats-Unis d'utiliser le Japon et ses ressources pour satisfaire les intentions militaires américaines. Et tout cas, on est occupé à remonter les machines de guerre et les fascistes caressent le rêve de pouvoir les reprendre un jour ou l'autre.
La guerre a déjà éclaté en Europe: les Etats-Unis et l'Otan ont mené des guerres d'agression dans les Balkans, tandis que la Russie s'engageait dans une guerre contre la Tchétchénie. Vu que le fléau de la guerre se répand en Europe, l'Allemagne peut déployer des troupes et utiliser ses armes, d'abord, en alliance avec les Etats-Unis et, de manière croissante, en fonction de ses propres intérêts impérialistes. Les Etats-Unis sont également en train de mêler le Japon à des préparatifs de guerre et des tensions de guerre à propos du problème de Taïwan et dans des préparatifs de guerre contre la Chine, la Corée du Nord et les mouvements de libération nationale en Asie de l'Est. Le Japon réarme au-delà des limites de "l'autodéfense", d'abord, en alliance avec les Etats-Unis, mais également en fonction de ses propres intérêts impérialistes à long terme.
La Russie, nation impérialiste très affaiblie, est aujourd'hui un foyer de nationalisme et de fascisme. Elle connaît une situation similaire à celle de l'Allemagne au lendemain de sa défaite dans la Première Guerre mondiale. Elle connaît des passes économiques pénibles et elle est de plus en plus soumise aux dictats des puissances impérialistes dominantes, victorieuses de la guerre froide, qui sont stratégiquement déterminées à l'affaiblir encore un peu plus, économiquement et socialement parlant, afin de réduire à l'impuissance son arsenal nucléaire et ses autres systèmes d'armements modernes.
Une dictature militaire fasciste peut surgir et tirer parti des doléances du peuple russe en lui promettant de relancer l'industrie et l'agriculture, elle pourrait semer la terreur au nom de la loi et de l'ordre, s'engager dans des programmes de construction militaire et entreprendre des actions agressives sous le prétexte de défendre le territoire russe et de défendre les populations russes des pays voisins. La pente de glissement de la longue période de social-fascisme des régimes révisionnistes du passé et la domination actuelle de la grande bourgeoisie compradore et criminelle vers une dictature militaire fasciste est très courte.
L'expansion de l'Otan aux frontières de la Russie, la guerre d'agression contre la Yougoslavie et la néo-colonisation par les Etats-Unis et l'Otan des Balkans ont un caractère provocateur et peuvent stimuler l'apparition d'une dictature militaro-fasciste en Russie. Ceci est également encouragé, en Russie même, par le parti qui a succédé au vieux parti révisionniste qui joue avec obséquiosité le rôle d'opposition loyale et qui, à l'instar des social-démocrates de la république de Weimar entrave le développement d'une véritable direction marxiste-léniniste parmi les travailleurs et le reste de la population. On ressent le besoin urgent de successeurs véritables à Lénine et à Staline pour préparer la révolution prolétarienne.
La Chine est aussi un ancien pays socialiste de grande dimension contre lequel l'impérialisme américain applique la double tactique d'engagement et d'endiguement. La politique d'engagement vise à stimuler davantage la croissance des investissements étrangers, le capitalisme comprador et la désintégration du secteur étatique de l'économie, et à s'assurer que l'enseigne communiste et socialiste aura été larguée en temps utile. La politique de l'endiguement vise à menacer subtilement ou bien ouvertement la Chine militairement et à la pousser à devenir une néo-colonie à part entière des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont délibérément bombardé l'ambassade de Chine à Belgrade pour montrer la précision de leurs armes militaires de haute technologie.
La grande bourgeoisie compradore est déjà dominante, en Chine, avec ses capitalistes privés et ses capitalistes bureaucrates. La bourgeoisie nationale, qui cherche à défendre l'indépendance de la Chine et à développer ses fondations industrielles, joue les seconds violons et représente la force motrice d'une variété anti-impérialiste de nationalisme bourgeois. Aujourd'hui, les conditions économiques et sociales se désintègrent rapidement. Des manifestations spontanées de travailleurs et des émeutes de paysans apparaissent de plus en plus. Comme il s'ensuit une polarisation, on peut discerner deux perspectives contradictoires: celle d'une dictature militaire fasciste et celle d'une révolution prolétarienne.
Les pays les plus ruinés par la crise de surproduction qui se poursuit au sein du système capitaliste mondial sont ceux d'Asie, d'Afrique et de l'Amérique latine, en même temps que plusieurs pays en pleine régression de l'ancien bloc soviétique. ces pays comptent l'écrasante majorité des habitants de la planète. Ils subissent la pression de la fourniture excédentaire mondiale de matières en grande partie premières et par l'un ou l'autre produit manufacturé de piètre qualité qu'ils produisent pour l'exportation. Ils sont écrasés par d'éternels déficits commerciaux et par leur dette extérieure. Incapables de maîtriser le poids sans cesse croissant de cette même dette extérieure, ils subissent des formes particulièrement dures d'austérité et autres dépendances drastiques imposées par le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et l'Organisation Mondiale du Commerce.
Dans tous les pays sous-développés, l'impérialisme américain et ses alliés impérialistes interviennent quelque peu afin de définir le cours des événements. Ils prennent "normalement" la clique dirigeante locale pour servir de marionnettes et contrôler la situation locale même via un régime fasciste. Ils justifient leurs interventions et agressions militaires contre le peuple et les forces de l'anti-impérialisme en prétendant combattre les communistes et les "terroristes".
Les Etats néo-coloniaux fantoches sont enclins à recourir à la terreur ouverte en imposant par la force des politiques impérialistes et en supprimant la résistance du peuple. Il y a une tendance croissante à mettre en place des régimes fascistes en lieu et place de gouvernements à façade démocratique bourgeoise. Guerres et tensions de guerre aux proportions régionales apparaissent du fait que l'impérialisme américain manipule les Etats néo-coloniaux en les dressant les uns contre les autres selon le principe "diviser pour régner" et parce que certains Etats néo-coloniaux tentent de détourner l'attention de leur mauvaise administration et de leur crise domestique en se montant hostiles vis-à-vis de leurs voisins.
La violence et l'emploi démagogique d'un anticommunisme effréné, du nationalisme, de l'ethnocentrisme et de la religion caractérisent de plus en plus la conduite des cliques dirigeantes dans leur oppression du peuple aussi bien que dans leur rivalité avec leurs opposants politiques. On perpètre des massacres délibérés et on déplace des millions de personnes, spécialement en Afrique. Rien qu'au Rwanda, un million de personnes ont été massacrées au cours de la dernière décennie. Des centaines de milliers d'autres ont également été massacrées en Bosnie suite aux conflits ethniques excités par les impérialistes et leurs marionnettes.
L'impérialisme américain est prompt à s'engager dans l'intervention militaire directe au cours de conflits armés dans des pays producteurs de pétrole ou présentant un rapport stratégique avec les intérêts pétroliers américains. Hypocritement, il invoque l'humanitarisme et le maintien de la paix en vue de déployer et utiliser ses forces militaires d'agression. C'est ainsi qu'il a lancé des guerres d'agression contre l'Irak et la Yougoslavie afin de resserrer son contrôle sur les ressources pétrolières et gagner des positions de force sur le plan stratégique.
Les succès de l'impérialisme américain dans ses guerres d'agression contre l'Irak et la Yougoslavie ou en imposant sa Pax Americana dans le Moyen-Orient, dans les Balkans et en Europe Centrale et de l'Est sont temporaires. Ils sèment purement et simplement les semences des guerres qui auront lieu dans un futur très proche, entre les puissances impérialistes elles-mêmes et entre les impérialistes et les peuples opprimés.
L'impérialisme américain se vante de sa puissance économique et financière et de ses prouesses militaires de haute technologie en tant qu'instruments destinés à soumettre d'autres pays et à les garder comme néo-colonies. Dans un même temps, il est ennuyé à mort par les affirmations d'indépendance nationale, par l'instabilité sociale et la possession d'armes nucléaires par des Etats clients; il essaie d'intervenir rapidement dans les conflits, tels celui qui oppose l'Inde au Pakistan sur la question du Cachemire, afin de promouvoir l'hégémonie américaine.
En Asie, en Afrique et en Amérique latine, existent des mouvements de masse légaux et des mouvements révolutionnaires armés en vue de la libération nationale et de la démocratie. Des partis marxistes-léninistes dirigent un nombre important de ces mouvements. Les mouvements révolutionnaires armés les plus soutenus sont ceux qui poursuivent la ligne stratégique visant à encercler les villes, à les isoler des campagnes et à accumuler des forces durant une période prolongée jusqu'à la prise finale du pouvoir politique à l'échelle nationale.
La politique libérale des impérialistes américains vise à abandonner ou à diminuer leurs prétentions à développer "l'aide" keynésienne "au développement" et à extraire davantage de super-profits des néo-colonies via la mise en place du "libre marché". Cette politique mène à la formation de régimes fascistes, avec ou sans façade démocratique bourgeoise. Elle est très dure avec le peuple et le pousse à s'insurger. Elle discrédite et affaiblit également les régimes fantoches néo-coloniaux et en fait des cibles vulnérables pour une guerre populaire prolongée, contre laquelle l'armement high-tech américain à longue portée est inefficace.
L'impérialisme américain tourne en dérision les Etats qui adoptent une position anti-impérialiste en les désignant comme "Etats terroristes", afin de camoufler son propre rôle agressif et de préparer ou lancer une guerre d'agression. Avec une arrogance et une lâcheté sans bornes, il a utilisé, et menacé de continuer à le faire, des armes de haute technologie contre de tels Etats et contre les populations civiles, les infrastructures civiles, les écoles, les hôpitaux, les sources d'énergie, les installations d'eau, les infrastructures médiatiques, etc. Toutefois, les régimes néo-coloniaux fantoches des Etats-Unis sont des cibles vulnérables pour une guerre populaire prolongée.
Depuis des décennies, l'impérialisme américain n'a cessé de recourir au blocus économique et aux menaces militaires contre la République Démocratique Populaire de Corée et contre Cuba. Sagement, courageusement et avec succès, ces pays ont défendu leur indépendance nationale et les aspirations socialistes de leurs peuples. Ils inspirent les peuples du monde et les encouragent à lutter contre l'impérialisme et contre toute forme de réaction et en vue de la réalisation de leurs propres aspirations nationales, démocratiques et socialistes.
Le nouveau désordre mondial engendre le fascisme et la guerre et il inflige d'intolérables souffrances aux peuples. Dans un même temps, il pousse le peuple à engager la lutte révolutionnaire. La façon pour les communistes d'écarter ou de vaincre le fascisme et la guerre est de renforcer leurs propres rangs idéologiquement, politiquement et organisationnellement et de s'engager dans un front uni au sein d'un mouvement de masse légal et, là où la chose est faisable, dans la révolution armée afin de faire triompher la libération nationale, la démocratie et le socialisme.
Dans tous les pays dominés par l'impérialisme, il doit y avoir un parti révolutionnaire du prolétariat pour diriger les masses prolétariennes et non prolétariennes du mouvement révolutionnaire. Dans les pays capitalistes industrialisés, ce genre de parti soit être à même de surgir, d'organiser et de mobiliser les travailleurs et le reste du peuple. Dans les pays dont les paysans composent encore la majorité ou une partie importante de la population, un tel parti doit s'appuyer sur l'alliance ouvrier-paysan comme force principale du mouvement révolutionnaire.
Les partis révolutionnaires du prolétariat dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux jouent un rôle spécial lorsqu'ils mènent une guerre populaire prolongée. C'est la façon immédiate et décisive de mener la révolution armée contre les impérialistes et les classes exploiteuses locales. C'est aussi la manière d'améliorer les conditions d'existence du mouvement révolutionnaire du prolétariat et des gens dans les pays capitalistes industriels, afin d'écarter le fascisme et la guerre et de renverser l'Etat monopoliste bourgeois au cas où le fascisme et la guerre ne pourraient être évités.
Les travailleurs et les peuples opprimés du monde doivent s'unir pour combattre l'impérialisme et viser à la réalisation du socialisme. Les luttes révolutionnaires dans les pays sous-développés doivent se soutenir mutuellement afin de hisser les mouvements anti-impérialistes et socialistes d'un niveau à un nouveau niveau supérieur. De tous temps, les révolutionnaires prolétariens doivent conserver l'indépendance et l'initiative et exercer leur vigilance contre les révisionnistes qui se spécialisent dans le sabotage des mouvements ou gouvernements révolutionnaires par l'intérieur, même s'il est nécessaire de conduire un large front uni contre l'ennemi commun.
Tout développement ultérieur du capitalisme monopoliste d'Etat dans les pays impérialistes, soit comme générateur de capital financier ou comme investisseur direct dans des entreprises productives, avec ou sans la mascarade du "libre marché", amplifie les conditions matérielles générales pour le socialisme, mais elles ne débouchent pas automatiquement sur le socialisme ni ne deviennent automatiquement l'argument en faveur de l'évolution pacifique vers le socialisme. Le capitalisme monopoliste d'Etat dans les pays impérialistes est précisément un instrument pour empêcher la révolution socialiste, pour intensifier les contradictions entre impérialistes, pour continuer à exploiter les peuples opprimés de la terre, pour détruire les forces productrices fournée par fournée lors des crises de surproduction et pour amener le fascisme et la guerre.
Le développement ultérieur des forces productrices sous le capitalisme monopoliste ne peut de lui-même mener au socialisme que ce soit à l'échelle nationale ou à l'échelle internationale. Le socialisme ne peut être réalisé que lorsque les forces subjectives de la révolution gagnent suffisamment de force pour écraser et détruire l'Etat bourgeois. La prise par les armes du pouvoir politique par le prolétariat et l'établissement de la dictature de classe du prolétariat dans un pays après l'autre sont des conditions préalables de la révolution socialiste,; que celle-ci passe par la révolution néo-démocratique ou pas.
L'agitation sociale qui se répand actuellement et qui s'intensifie à travers le monde est le prélude à la résurgence du mouvement anti-impérialiste et socialiste au 21e siècle. De grandes victoires attendent le prolétariat et les peuples opprimés de la terre!