Ludmil Kostadinov, Rédacteur en chef de "Rabotnitcheski Vestnik",
Parti Communiste de Bulgarie
Contribution au Séminaire communiste international "Impérialisme, fascisation et fascisme"
Bruxelles, 2-4 Mai 2000 ÊA la question de Pittman : "Les tendances fascistes dans le monde sont-elles différentes aujourd'hui de celles qui se sont développées entre les deux guerres?", Georges Dimitrov répond de la façon suivante:
"Si l'on peut parler de telles différences, elles consistent principalement dans le fait que après la Première Guerre Mondiale c'étaient les Allemands qui introduisaient ces tendances, alors qu'aujourd'hui les impérialistes d'autres pays les introduisent Il est évident que des formes spécifiques correspondent aux traditions et à la situation politique du pays où ils se développent. Les tendances fascistes aux Etats-Unis sont idéologiquement masquées sous les aspects d'"américanisme", de "défense de la libre initiative", de "sauvegarde de la démocratie", de "soutien aux peuples libres", de "défense des institutions libres", de "sécurité contre le totalitarisme". Les restaurateurs du fascisme aux Etats-Unis ne sont pas aussi naïfs pour répéter machinalement l'idéologie que Goëbels et Rosenberg répandaient, et qui a échoué de façon catastrophique C'est pourquoi ils masquent leurs aspirations à l'hégémonie et habilement utilisent les idées de "liberté", de "démocratie" et de "paix". Les formes de l'idéologie fasciste apparaissent changées, mais leur contenu reste le même. C'est l'aspiration à la domination mondiale. Auparavant l'impérialisme allemand unis avec les impérialismes italiens et japonais ont tenté d'arriver à ce but Aujourd'hui le nouveau fascisme de Churchill et ses disciples en Angleterre et aux Etats-Unis poursuivent le même objectif, la domination mondiale."
Dans la période qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale, des régimes fascistes se sont établis principalement dans les pays du Tiers-monde. Il s'agit d'un phénomène que l'on peut appeler exportation du fascisme. Ce fascisme est très différant du fascisme dans les grands pays impérialistes comme l'Allemagne et l'Italie avant la Seconde Guerre Mondiale. Il est implanté de l'extérieur ouvertement ou masqué, et parfois garde des aspects de démocratie bourgeoise. L'appui principal et le gardien de ces régimes fascistes, l'exportateur du fascisme dans la période de l'après-guerre est l'impérialisme américain.
Après la restauration du capitalisme et l'établissement de la domination du capital financier mondial en URSS et dans les ex-pays socialistes de l'Europe de l'Est, ces derniers sont devenus la cible d'exportation du fascisme. L'exemple le plus récent est le régime fasciste d'occupation de Kossovo, imposé par l'OTAN avec intervention militaire. En Tchétchénie, une dictature particulièrement cruelle s'est établie dans la période 1991-1999, avec l'aide ouverte des Etats-Unis et leurs alliés. Dans tous les ex-pays socialistes, l'appui principal des forces réactionnaires et de leurs activités préparant les conditions d'une dictature fasciste, sont les Etats-Unis. La dépendance politique, économique et militaire de ces pays vis-à-vis des Etats-Unis est telle que le risque est réel d'implantation du fascisme dès que la domination américaine soit remise en cause. C'est dans les pays du Tiers-Monde, et dernièrement dans les "nouvelles démocraties" de l'Europe de l'Est que la dictature terroriste ouverte s'est implantée au profit des pays capitalistes développés, car l'exploitation y fait rage, la situation économique est catastrophique et la domination du capital étranger et de ses marionnettes locales ne peut pas toujours s'exercer sous la forme de démocratie bourgeoise. Le grand danger d'établissement de dictatures fascistes de nos jours vient de l'aspiration à l'hégémonie mondiale de l'impérialisme américain et de ses alliés principaux en Europe et en Asie pour l'établissement de leur règne économique et politique illimité dans le monde entier.
La tâche des communistes dans ces conditions est de mener une politique de front uni avec toutes les forces qui s'opposent à l'aspiration des Etats-Unis et de leurs alliés à la domination mondiale. Ces forces sont:
tout d'abord, les pays socialistes existant actuellement: le Vietnam, la Corée, la Chine, le Cuba.
En second lieu, ce sont tous les pays capitalistes qui ont su préserver et sont prêts à défendre leur indépendance. Ce sont des pays du Tiers-monde, ainsi que certains des ex-pays socialistes où le capitalisme avait été rétabli.
Il est possible que certains des pays capitalistes développés s'opposent aux Etats-Unis.
Ce sont aussi toutes les forces des pays pauvres qui luttent pour leur indépendance et pour la suppression de la domination étrangère.
Enfin, ce sont toutes les forces aux Etats-Unis même et chez leurs alliés, qui sont conscientes que l'aspiration à la domination mondiale mènent à la guerre mondiale et à une catastrophe inouïe pour l'humanité entière, y compris pour leur propre pays.
La guerre n'est pas inévitable. Le meilleur moyen pour l'éviter serait la victoire à l'intérieur des Etats-Unis et de leurs alliés des forces qui s'opposent à la tentative de l'impérialisme américain de dominer le monde. Il est possible que cela arrive suite à une défaite plus importante des agresseurs dans un conflit local.
La pire des variantes serait que les agresseurs ne soient pas arrêtés à temps et que l'on arrive à un conflit mondial utilisant l'arme nucléaire. Les tentatives des Etats-Unis de développer un système de défense anti-fusées montrent que dans certains cercles américains sévit l'illusion qu'une guerre mondiale nucléaire peut être gagnée. Une telle guerre, malgré les énormes destructions et victimes, ne se terminera pas par l'extinction de l'humanité, mais par la mort de l'impérialisme.
Ainsi, un choix se dresse devant les peuples: la mort de l'impérialisme sans guerre; après une guerre réduite avec peu de victimes, ou bien après une guerre nucléaire avec d'innombrables victimes.