Résolution : Justice pour Leoncio Pitao et tous les prisonniers politiques aux Philippines
Séminaire Communiste Internationale, Bruxelles, 2 – 4 mai 2000
La répression politique augmente aux Philippines, pendant que la crise socio-économique s’aggrave et que l’exploitation du peuple philippin par les capitalistes monopolistes de l’étranger et les grands compradores locaux s’intensifie. Les prisonniers politiques sont les preuves vivantes de cette situation.
Les deux premières années du régime Estrada, plus de deux cents personnes ont été arrêtées et emprisonnées à cause de leurs convictions politiques. La plupart d'entre eux ont été arrêtés sans avertissement, détenus illégalement, torturés, et inculpés pour délits de droit communs plutôt que d’infractions politiques. Un nombre significatif a été exécuté arbitrairement ou a disparu.
Le camarade Leoncio Pitao, aussi connu sous le nom de Parago Sandoval, commandant de la Nouvelle Armée Populaire (NPA, New People’s Army), se trouve actuellement parmi les détenus. Il a été arrêté le 2 novembre 1999 et détenu dans un camp militaire à Manila. En contradiction avec la jurisprudence en vigueur, selon laquelle l'inculpation de rébellion (une infraction politique) ne puisse être scindée, ni mêlée à des charges pour délit de droit commun, il a été accusé sans raison de 18 délits de droit commun tel que meurtre, vol, tentative de meurtre, incendie criminelle et enlèvement.
Ses droits à un procès juste et un traitement humain ont été niés - détenu pendant de nombreux jours sans pouvoir communiquer, régulièrement soumis à des interrogatoires durs et longs. Les visites de sa femme, de ses avocats et de ses médecins lui ont été refusés fréquemment pour de longues périodes.
Le camarade Pitao est un prisonnier de guerre. Néanmoins, le gouvernement réactionnaire ne reconnaît pas ses droits tel qu’ils sont stipulés par les Conventions de Genève, le Protocole I, l’Accord global sur le Respect des Droits de l'Homme et le Droit Humanitaire International, signés par les parties négociantes du Gouvernement de la République des Philippines (GRP) et le Front National Démocratique des Philippines (FNDP) le 16 mars 1998 et approuvés par le Président du GRP Estrada lui-même le 7 août 1998 et le Président du FNDP Mariano Orosa le 10 avril 1998.
Par contre, le Parti Communiste des Philippines, le Front National Démocratique des Philippines et la Nouvelle Armée Populaire observent strictement les droits des prisonniers de guerre et leur accordent un traitement humain.
Leoncio Pitao a été lui-même responsable de la capture de deux hauts officiers de l’armée philippine en février 1999, le Général Brigadier Victor Obillo et son adjoint le Capitaine Eduardo Montealto, et de leur prompte libération après 58 jours de détention par les forces de la NPA sous son commandement. Après leur libération, le Général Obillo a remercié Pitao pour le respect et le traitement humain qu’ils avaient reçus.
Les soussignés demandent que le Gouvernement de la République des Philippines respecte les droits du camarade Pitao et le relâche après un délai raisonnable. Nous demandons également que ce même gouvernement mette fin à la répression du peuple philippin, à la criminalisation des infractions politiques et aux exécutions arbitraires, qu’il respecte les droits des prisonniers de guerre et qu'il mette en liberté tous les prisonniers politiques.