Séminaire communiste international, Bruxelles 2-4 mai 2000
Résolution
Combattre l’impérialisme, la fascisation et le fascisme
Le monde connaît aujourd’hui une vague de concentration de capitaux sans précédent. Dans de plus en plus de branches, une poignée de monopoles se partagent le marché mondial. Les 50 plus grands monopoles réalisent une production annuelle qui dépasse de loin le Produit intérieur brut de la plupart des pays d'Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.
Au sein des monopoles, les travailleurs subissent des formes extrêmes de la dictature économique du capital. L’exploitation y est poussée au maximum, elle détruit la santé des travailleurs, provoque la mort, contraint les travailleurs au suicide, tout en condamnant des masses de plus en plus importantes au chômage.
Les organismes internationaux comme le FMI et l’Organisation Mondiale du Commerce sont les cadres institutionnels qui imposent la dictature économique des multinationales au monde entier. Au nom de "la libre entreprise", les monopoles imposent le totalitarisme du marché qui ruine des régions et des pays entiers, plonge deux milliards d’hommes dans des conditions de vie indignes de l’être humain.
La nouvelle phase de la crise générale du système capitaliste mondial, qui commença en 1971, s’est encore approfondie depuis 1989-1991, les années de la contre-révolution et de la restauration intégrale du capitalisme en Europe de l’Est et en Union Soviétique.
L’approfondissement de la crise accentue la rivalité entre les trois centres de l’impérialisme mondial : les Etats-Unis, l'Union Européenne et le Japon. Opérant sur des marchés de plus en plus internationalisés, les centres impérialistes intensifient leur domination néocoloniale sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Ils y installent des régimes policiers et des dictatures militaires, organisent des coups d’Etat et des guerres d’agression (Irak, Panama, Yougoslavie, RD du Congo) et provoquent des guerres civiles réactionnaires (Républiques de l’ex-URRS, Algérie, Rwanda).
L’écrasante majorité des six milliards d’hommes qui habitent notre planète ne pourra pas tolérer éternellement cette dictature économique et politique des monopoles qui provoque des génocides en série.
Face à la résistance populaire montante, les puissances impérialistes augmentent leurs forces de répression et en améliorent leur niveau technologique. Leurs services de polices et leurs armées revêtent de plus en plus un caractère international, essentiellement dans le cadre de l’OTAN sous contrôle américain, grâce à la mise sur pied d’une armée européenne et par le pacte militaire entre Etats-Unis et Japon. Dans leurs néocolonies, les puissances impérialistes prennent directement en charge la formation et l’équipement d’unités d’élite dans les armées et les polices pour servir leur stratégie de domination.
Les monopoles se subordonnent directement le secteur de l’information et de la communication dans le but d’en tirer des profits maximaux et d’en faire des instruments idéologiques et politiques pour justifier et glorifier leur règne dictatorial. Dans ce domaine, la "liberté du marché" est la liberté de répandre les calomnies et les mensonges les plus grossiers et les plus perfides pour combattre les luttes des travailleurs et des peuples opprimés. Aux mains des monopoles, les moyens de communication et d’information sont devenus des armes de guerre politique et idéologique permanente contre les travailleurs et contre les peuples dominés. Ils servent à faire "accepter" la destruction des droits démocratiques des travailleurs, à faire accepter les interventions, les agressions et les génocides dans les pays dominés.
Notre monde vit sous la dictature économique des monopoles et sous la dictature politique des forces de répression qui garantissent la "liberté d’exploiter" à ces multinationales. Dans ce contexte, la démocratie parlementaire bourgeoisie est devenue plus que jamais tromperie, duperie et mascarade où le peuple a essentiellement le choix entre différentes forces politiques qui défendent toutes la domination des monopoles et le totalitarisme du marché libre. Les élections sont devenues un exercice de légitimation "démocratique" de la dictature des monopoles. Après 32 années de dictature mobutiste au Congo (Zaïre), la France et les Etats-Unis estimaient que Mobutu gagnerait sans doute les élections prévues pour 1997… Le dictateur Eyadema du Togo, depuis trente années l’allié le plus fidèle de Mobutu, a gagné effectivement les élections présidentielles organisées en 1998.
Les travailleurs et les peuples du monde entier font aujourd’hui face à la fascisation, au fascisme et au danger de guerre qui sont inhérents à l’impérialisme.
Avec la 1ère Guerre mondiale et la révolution d’Octobre 1917 s’est ouverte l’ère de la crise générale du capitalisme. Dès cette époque, l’impérialisme est caractérisé par une tendance permanente à la fascisation. "A la libre concurrence correspond la démocratie. Au monopole correspond la réaction politique ", a dit Lénine. L’impérialisme, c’est l’expansion à l’extérieur et la réaction politique à l’intérieur. L’impérialisme, c’est la négation de la démocratie et la tendance généralisée à liquider les droits démocratiques qui permettent de s’opposer au système d’exploitation et qui facilitent la lutte pour le socialisme. La tendance au fascisme est une tendance inhérente à la dictature de la bourgeoisie à l’époque de l’impérialisme.
Lorsque les monopoles voient leurs intérêts de classe menacés, lorsque la démocratie bourgeoise n’est plus en mesure d’empêcher la révolution ou de réaliser les agressions militaires voulues par les cercles les plus réactionnaires de la bourgeoisie, celle-ci a recours au fascisme.
L’objectif premier du mouvement fasciste est la destruction du mouvement ouvrier et révolutionnaire et la soumission, par la terreur, des masses populaires au règne des monopoles. Le fascisme accompagne cette terreur ouverte contre l’avant-garde ouvrière par une démagogie sociale pseudo-révolutionnaire ou pseudo-démocratique qui vise à détourner la classe ouvrière de ses organisations de lutte et de la soumettre à des organisations de collaboration de classe.
Pour arriver au pouvoir, le fascisme se sert de la démagogie anticommuniste, raciste, nationaliste ou religieuse. Le fascisme, mouvement terroriste au service des monopoles, peut avoir recours à une phraséologie "anti-monopoliste" pour attirer dans ses rangs la petite bourgeoisie opprimée par le grand capital.
Le fascisme au pouvoir, c’est la dictature terroriste déclarée des éléments les plus réactionnaires, les plus agressifs du capital financier.
Dans certains cas, le fascisme prépare son arrivée au pouvoir par l’organisation de mouvements de masse réactionnaires, dans d’autres cas, il prend directement appui sur le pouvoir d’Etat bourgeois pour ensuite se lancer dans la conquête politique des masses. Dans les deux cas, l’instrument essentiel de la dictature fasciste est l’appareil d’Etat bourgeois ou féodal-bourgeois, dont il amplifie les tendances inhérentes.
La démocratie bourgeoise et le fascisme constituent deux formes de domination du grand capital. Le caractère de classe de la démocratie bourgeoise et du fascisme est le même : ce sont deux formes différentes de la dictature du grand capital. La combinaison de la répression et de la démagogie sociale ou nationale-chauvine est commune aux deux formes, mais le dosage est différent. Si le fascisme est caractérisé par la terreur ouverte contre le mouvement révolutionnaire et ouvrier, la démocratie bourgeoisie isole et détruit de l’intérieur le mouvement révolutionnaire et ouvrier par des moyens politiques, idéologiques et policiers.
Les éléments de continuité entre la démocratie bourgeoise et le fascisme doivent être appréciés à leur juste valeur. On ne peut sous-estimer les mesures réactionnaires, fascisantes mises en place par la bourgeoisie et par la social-démocratie dans les pays de démocratie bourgeoise. Elles sont les pas nécessaires dans la préparation d’une dictature fasciste ouverte.
Les deux formes de la dictature bourgeoise ne sont pas séparées par une muraille de Chine, les éléments de la forme terroriste grandissent au sein de la démocratie bourgeoisie et avec son appui. Ainsi, dans de nombreux cas, le fascisme est arrivé au pouvoir de façon "démocratique", par la voie de la légalité bourgeoise. C’était notamment le cas de Hitler en Allemagne. Le fascisme grandit au sein de la démocratie bourgeoise et arrive au pouvoir avec l’aide de celle-ci et sur fond de crise politique aiguë de la forme démocratique de la dictature bourgeoise. La fascisation et le fascisme sont deux expressions de la dégénérescence inévitable de la démocratie bourgeoise à l'époque de l'impérialisme.
Les puissances impérialistes les plus ‘démocratiques’ ont toujours recouru aux méthodes de la dictature fasciste pour maintenir leur domination dans les colonies et néocolonies. Devant les luttes de libération nationale, elles ont utilisé les méthodes propres à la dictature terroriste des éléments les plus réactionnaires et agressifs du capital monopolistique. C’était le cas en Algérie pour la France, au Kenya pour la Grande Bretagne, en Corée, au Vietnam et en Irak pour les Etats-Unis. L’utilisation des moyens fascistes dans les colonies et néocolonies offre aux militaires, aux forces de répression et aux politiciens une expérience qui peut être appliquée à la situation intérieure des pays impérialistes lorsque le besoin s’en fait sentir.
Depuis l’arrivée des fascistes au pouvoir en Italie en 1921, la grande bourgeoisie monopoliste a acquis beaucoup d’expérience dans l’utilisation alternative des formes "démocratiques" et terroristes de sa dictature contre les masses populaires. C’est la même main de la grande bourgeoisie qui met alternativement en œuvre les deux politiques, celui du parlementarisme bourgeois et celui du fascisme. Au Chili, la grande bourgeoisie compradore a mobilisé des masses réactionnaires et tout l’appareil militaire pour réaliser le coup d’Etat fasciste de Pinochet en septembre 1973. Puis en 1990, elle a drapé à nouveau sa dictature des formes parlementaires ‘démocratiques’… tout en laissant le chef des forces fascistes, le général Pinochet, à la tête de l’armée ! Au Pérou, sous Fujimori, la forme démocratique du régime parlementaire a été maintenue et a servi à faire accepter l’instauration d’une véritable terreur fasciste dans toutes les régions où la guerre populaire se développait.
L’histoire montre que la social-démocratie porte une responsabilité écrasante dans la victoire du fascisme en Allemagne. La social-démocratie de droite a dirigé la répression féroce contre la révolution ouvrière de Berlin en novembre 1918. Les premiers groupes fascistes ont été formés par des éléments de l’armée qui ont participé à ces massacres. Au cours des années vingt et au début des années trente, la social-démocratie allemande a soumis les travailleurs à la dictature du capital et réprimé violemment leurs luttes. Devant la montée du fascisme hitlérien, elle a refusé d’organiser un front uni antifasciste. Même après l’arrivée au pouvoir du parti nazi, la social-démocratie allemande a continué à faire des alliances ouvertes avec le parti fasciste. En Belgique, le président du parti social-démocrate, Henri De Man, a publié un Manifeste en 1940, au nom de son parti, pour saluer la victoire des armées nazies. En France, la grande majorité des parlementaires sociaux-démocrates ont voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, cautionnant le régime collabo de Vichy. Ainsi, au cours des années trente, est apparu au sein de la social-démocratie un courant pro-fasciste qu’on peut appeler social-fasciste.
Les communistes ont été au cours des années trente les partisans les plus farouches de la lutte unitaire de la classe ouvrière contre la fascisation et la menace fasciste. Les dirigeants sociaux-démocrates, par leur anticommunisme et leur volonté farouche de défendre le système capitaliste et l’Etat bourgeois, ont refusé dans la majorité des pays toutes les offres de front uni lancées par les communistes.
Le fascisme hitlérien a voulu remplir une mission essentielle pour le maintien du système impérialiste secoué par des crises profondes : éliminer le parti communiste en Allemagne et détruire le socialisme en Union soviétique. L’anticommunisme et la volonté de conquête de matières premières, de forces de travail et d’un immense marché sur le territoire de l’Union soviétique ont été les principaux moteurs de la préparation de guerre par Hitler. Mais grâce au grand sens de la tactique de Staline et du parti bolchevique, Hitler a dû commencer sa campagne pour la domination mondiale par la guerre contre ses pairs impérialistes, l’Angleterre et la France.
Entre 1928 et 1941, sous la direction de Staline et du Parti bolchevique, l’Union soviétique s’est transformée radicalement d’un pays agricole arriéré en une puissance industrielle moderne. L’industrialisation socialiste, la collectivisation et la mécanisation de l’agriculture et la généralisation d’une instruction scientifique et technique ont constitué trois grandes révolutions réalisées par les masses ouvrières et paysannes. Elles ont permis de former une puissante Armée rouge dotée d’un armement moderne. L’Armée rouge et la population soviétique ont fait preuve d’un héroïsme sans pareil au cours de la grande guerre patriotique antifasciste. Au prix de 24 millions de morts, l’Union soviétique a défait les armées d’agression nazies et a brisé, presque toute seule, les dernières résistances hitlériennes devant Berlin.
Immédiatement après la défaite des armées nazies, les Etats-Unis ont conquis l’hégémonie mondiale, ils ont pris à leur compte le combat entamé par les fascistes allemands et ils se sont mis à la tête des forces les plus réactionnaires et anticommunistes du monde entier. Les Etats-Unis ont accueilli sur leur territoire plus de 10.000 anciens nazis allemands, lituaniens, russes etc. Ces anciens nazis ont joué un rôle essentiel dans la croisade anticommuniste lancée par l’impérialisme américain même avant la fin de la seconde guerre mondiale. Déjà en pleine guerre, le général Patton a proposé de changer d’alliance et de marcher, ensemble avec des divisions allemandes, sur Moscou. Les Etats-Unis ont jeté la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki sans la moindre raison militaire, le Japon étant sur le point de capituler. Ce crime contre l’humanité était avant tout un avertissement à l’Union soviétique.
Dans sa campagne anticommuniste déclenchée dès 1945, l’impérialisme américain a perfectionné toutes les techniques mises au point par l’impérialisme hitlérien. La propagande américaine a pris pour thème central : "le fascisme et le communisme sont des jumeaux". Son but était de dénigrer et de calomnier le communisme de façon encore plus violente que le firent les nazis. Les anciens nazis "reconvertis" aux Etats-Unis étaient les premiers idéologues de cette campagne monstrueuse. Dès le départ, le fascisme de type américain s’est drapé du langage de la "démocratie".
La chasse aux communistes et aux progressistes, déclenchée par McCarthy dans un véritable style fasciste, s’est faite au nom de la défense de la "démocratie américaine". Dimitrov, le grand combattant contre le nazisme, déclara en 1947 : " Les tendances fascistes aux Etats-Unis sont idéologiquement masquées sous les aspects d''américanisme', de ‘défense de la libre initiative’, de ‘sauvegarde de la démocratie’, de ‘soutien aux peuples libres', de ‘défense des institutions libres ‘, de 'sauvegarde contre le totalitarisme'. Les restaurateurs du fascisme aux Etats-Unis ne sont pas aussi naïfs pour répéter machinalement l’idéologie que Goebbels et Rosenberg répandaient et qui a échoué de façon catastrophique...C'est pourquoi ils masquent leurs aspirations à l’hégémonie… et utilisent habilement les idées de ‘liberté’, de ‘démocratie’ et de ‘paix’. Les formes de l’idéologie fasciste apparaissent changées, mais leur contenu reste le même. C’est l’aspiration à la domination mondiale. "
La guerre d’agression contre la Corée, dirigée par l’impérialisme américain, était le prolongement direct de la guerre de Hitler contre l’Union soviétique. La guerre de Corée faisait partie de la stratégie globale des Etats-Unis pour liquider par les armes tous les pays socialistes et principalement la Chine et l’Union soviétique. La victoire de la résistance coréenne, soutenue par la Chine et l’Union soviétique, a mis en échec cette stratégie.
Pendant plus de trente cinq ans, les Etats-Unis ont continué la guerre politique, idéologique et militaire pour détruire les pays socialistes. Ils ont regroupé toutes les forces fascistes du monde sous le parapluie de la Ligue anticommuniste mondiale (World Anti-Communist League). Après la destruction finale du socialisme en URSS, elle changera son nom en Ligue Mondiale pour la Démocratie et la Liberté… L’impérialisme américain, aidé par la contre-révolution interne en Union soviétique, a finalement pu achever, en 1990, l’œuvre entamée par Hitler à l’aide des Vlassoviens ukrainiens en 1941-1944.
La destruction de ce qui restait du socialisme en Union soviétique et dans les pays socialistes de l’Europe de l’Est en 1989-1991 a provoqué une vague sans précédent d’anticommunisme, elle a libéré les forces les plus réactionnaires et ranimé les idées et les thèses du fascisme de type nazi. Il y a un lien direct entre la prétendue "victoire historique de la démocratie sur le communisme" en 1989 et la montée du fascisme dans les pays impérialistes comme dans les anciens pays communistes. Au moment où le mur de Berlin a disparu, Hitler est sorti de sa tombe.
La nouvelle phase de la crise générale du capitalisme que nous vivons depuis 1990, est caractérisée par un processus de fascisation rampante qui s’installe dans le monde entier, aussi bien dans les pays impérialistes, dans les nouveaux pays capitalistes à l’Est que dans les pays néocoloniaux.
Depuis la destruction de ce qui resta du socialisme en USSR en 1990, dans le monde entier nous voyons l’émergence d’Etats maffieux (40 % de l’économie de la Russie est aux mains d’organisations de la maffia, l’Albanie est contrôlée par la maffia de la drogue et des réseaux de prostitution). Nous voyons la disparition de l’Etat aux profits des réseaux criminels liés aux puissances impérialistes (Albanie, Tadjikistan, Tchéchénie, la Somalie, le Congo occupé…). Nous assistons à des agressions et des embargos de type fasciste contre des pays indépendants et souverain (Irak, Yougoslavie, Congo).
La fascisation consiste à renforcer le dispositif répressif, à mettre en place un système d’espionnage généralisé de la population, à renforcer les exécutifs au pouvoir, à criminaliser et poursuivre les communistes et les dirigeants des luttes populaires, à miner le droit d’organisation et de grève, à exercer le racisme institutionnel contre les immigrés et les réfugiés, à réprimer par la violence les luttes populaires. Cette fascisation prend des formes différentes et s’appuie sur les partis bourgeois classiques, parmi lesquels, en Europe, la social-démocratie joue un rôle de premier rang.
La fascisation fait partie de la préparation des puissances impérialistes à de grandes guerres au niveau mondial pour maintenir un système de domination ébranlé par des crises économiques et financières
En même temps, la grande bourgeoisie se constitue une force de réserve en organisant la montée des partis fascistes proprement dits pour le cas où la démocratie bourgeoise serait incapable d’enrayer le mouvement révolutionnaire.
La croissance des partis fascistes à travers le monde impérialiste et la participation au gouvernement des fascistes en Italie et en Autriche conduit la bourgeoisie à présenter les fascistes comme des éléments " acceptables ". La bourgeoisie facilite ainsi leur arrivée au pouvoir lorsque les conditions de sa survie le demanderont.
C’est sous l’impulsion des puissances impérialistes que des régimes fascistes se sont établis dans un certains nombre de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et dans quelques anciens pays socialistes.
Dans les pays dominés, des régimes comme ceux de Pinochet au Chili, de Fujimori au Pérou et de la Turquie ont a juste titre été qualifiés de fascistes. Ils constituent des dictatures terroristes des fractions les plus réactionnaires, les plus liées à l’extrême-droite des puissances impérialistes. Pinochet donna carte blanche à Milton Friedman pour faire du Chili un banc d’essai du libéralisme outrancier.
La principale source du fascisme dans le monde actuel est la politique d’hégémonie mondiale appliquée par l’impérialisme américain et ses alliés de l'Union européenne et du Japon. Ils leur est très difficile de garantir leur domination néocoloniale sur l’ex-USSR et les autres anciens pays socialistes et sur les pays du capitalisme périphériques de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique Latine avec les méthodes de la démocratie bourgeoise. Le régime fasciste d’occupation du Kosovo et le régime fasciste religieux en Tchéchénie en témoignent pour les anciens pays socialistes, le régime fasciste religieux en Afganistan, le régime militaro-fasciste turque et le régime ethno-fasciste rwandais en témoignent pour les pays dominés de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine.
Dans le monde actuelle, le front antifasciste mondial est avant tout un front anti-impérialiste. Il regroupe les pays qui maintiennent certains principes socialistes et notamment la Chine, Cuba, la République populaire démocratique de Corée, le Vietnam et le Laos, puis les pays et peuples du tiers monde qui combattent pour leur indépendance politique et économique et ensuite les anciens pays socialistes qui s'opposent à la domination impérialiste. Toutes les forces révolutionnaires et anti-impérialistes du monde capitaliste en font également partie.
A l’intérieur des pays impérialistes, les contradictions entre les forces du fascisme et celles de la démocratie bourgeoise peuvent devenir, à certains moments, aiguës et conduire à des affrontements politiques. De même, dans le camp impérialiste, des contradictions antagonistes peuvent surgir entre des pays fascistes et certains qui maintiennent certains éléments de la démocratie bourgeoise. Les communistes et les forces populaires peuvent exploiter ces contradictions dans le camp ennemi et former des fronts antifascistes avec des fractions de la bourgeoisie.
L’essentiel est que les partis communistes maintiennent intégralement leurs positions idéologiques et politiques, qu’ils gagnent les masses à un combat antifasciste révolutionnaire et préparent les masses à mettre fin, dans une étape ultérieure, au système capitaliste dont le fascisme est le produit.
Dans les pays capitalistes développés, la défense des luttes révolutionnaires anti-impérialistes des pays dominés est un élément essentiel de toute politique antifasciste. Un autre élément essentiel de l’antifascisme est la dénonciation des guerres d’agression, des guerres civiles réactionnaires et des régimes terroristes en Asie, en Afrique et en Amérique latine et la critique implacable de leurs justifications politiques et idéologiques.
Dans le monde impérialiste, la fascisation exclut les masses populaires de la prise des décisions essentielles dans le domaine économique, politique et militaire. Sous le capitalisme monopoliste, la démocratie est devenue le mensonge du siècle. Les communistes doivent donner force aux aspirations à la démocratie populaire qui surgissent nécessairement au sein des masses. Le combat contre la fascisation et le fascisme, pour une démocratisation radicale de la société, fait partie intégrante de la préparation à la révolution socialiste, seule voie conduisant à une démocratie authentique pour les masses populaires.
La construction et le renforcement continu du Parti communiste et d’organisations révolutionnaires de masse, la formation d’un front anti-impérialiste et anti-impérialiste, la constitution de forces armées populaires sont les armes essentielles du combat anti-impérialiste et antifasciste.
Les lois économiques inhérentes au capitalisme monopoliste poussent le monde vers le fascisme, vers la guerre et vers la barbarie. Seules la révolution nationale et démocratique et la révolution socialiste peuvent sauver l’humanité et lui assurer un avenir de dignité, de démocratie, de culture et de prospérité.
(20.08.00)