Contribution au 8ème Séminaire communiste international, Bruxelles, 2-4 mai 1999

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La Paix sera réalisée par l’établissement du pouvoir révolutionnaire des peuples

DHKC - Front Révolutionnaire de Libération du Peuple - Turquie

La ‘Paix’ est un beau mot. Mais, en Turquie comme ailleurs, la toute première évaluation du mouvement pour la Paix doit se faire sur base des questions suivantes: la paix avec qui et quelle sorte de paix? Les réponses à ces questions se trouvent dans les structures sociales et politiques de notre pays. Nous sommes le mouvement révolutionnaire d'un pays néocolonial. Notre pays est gouverné par le fascisme. Les classes dominantes sont les collaborateurs de l’impérialisme. Toutes les institutions économiques et politiques de l'Etat sont établies en accord avec les intérêts de l’impérialisme et de ses collaborateurs. Leur tâche est aussi de protéger ces intérêts. Cette situation n'est pas seulement valable dans notre pays. Elle est la caractéristique générale des pays néo-coloniaux. Dès lors, la source du régime fasciste d'oppression et de terreur ainsi que celle du système d'exploitation capitaliste est l’impérialisme.

Ainsi, nous sommes confrontés à un fait clair et très fondamental: sans combattre l’impérialisme et sans abolir l’hégémonie et la présence de l’impérialisme dans notre pays, il est impossible d'obtenir l’indépendance et la liberté, il est impossible de réaliser la paix. Par conséquent, le mouvement pour la paix dans notre pays doit avoir un caractère anti-impérialiste. Souhaitons-nous la paix? Si oui, nous devons nous battre pour elle. Le mouvement pour la paix en Turquie doit combattre l'oligarchie et l’impérialisme. Personne ne peut s'attendre à la paix de la part de l’impérialisme et du fascisme. Sans détruire l’impérialisme et le fascisme, la paix ne peut pas être établie. Cette évidence n'est pas seulement valable pour notre peuple mais pour tous les peuples du monde.

Le nouvel ordre mondial et la paix impérialiste

Après l'effondrement du système socialiste, l’impérialisme US, qui se considère comme la puissance dominante et veut diriger le monde, a imposé son ‘nouvel ordre mondial’ et sa paix impérialiste aux peuples du monde. Dans les différentes régions du monde, les mouvements de libération ont été mis sous pression pour se soumettre. Ceux qui manquaient de confiance en eux-mêmes se sont rendus. Ils ont accepté le ‘nouvel ordre mondial de l’impérialisme’ et ont déposé les armes. Objectivement, ces organisations ont trahi leur propre peuple ainsi que la cause du socialisme et de la paix. Cette tendance existe encore mais perd de son impulsion initiale. Avoir confiance en soi, c’est être capable d’organiser le peuple, de le faire participer à la guerre et de liquider l’impérialisme et ses collaborateurs dans son propre pays.

Leurs excuses invoquées par les mouvements qui se sont soumis au nouvel ordre mondial varient. Certains ont prétendu: "Notre pays est petit, nous ne pouvons pas résister face à l’impérialisme." D’autres ont inventé de nouvelles théories, d'autres encore se sont contentés d'obtenir des miettes de certains droits et libertés. Lorsqu’a commencé la reddition, elle s’est répandue dans toutes ces organisations et les a neutralisées. C'est ainsi que s’est établie l'actuelle conjoncture mondiale.

Cette vague contre-révolutionnaire dans le monde a aussi influencé beaucoup d'organisations dans notre pays. Du fait de leur manque de confiance en elles, ces organisations qui, à un moment donné, avaient adopté la lutte armée ont été connu à une crise qui leur a fait perdre toute conviction dans leur propre idéologie. Dans le contexte d’oppression qui régnait, elles se sont rapidement transformées en mouvements réformistes. Aujourd'hui, la plupart d'entre elles sont devenues les partis légaux du régime. En abandonnant l’illégalité et en devenant des partis légaux, ces organisations ont accepté la paix avec l’impérialisme et ses monopoles.

Dans notre pays aussi, comme dans d'autres néo-colonies, le parlement n'est qu'un élément du ‘jeu démocratique’. Les dirigeants de notre pays sont les monopoles et l’Etat-major du régime fasciste est le Conseil de Sécurité National. Même les gens dans la rue ont conscience de la situation. Les ‘partis radicaux’ de jadis, qui travaillent maintenant au sein du régime, tentent de montrer au peuple que le parlement fasciste représente un espoir. Ils s’imaginent pouvoir résoudre les problèmes en remportant les élections parlementaires. Ils sont en compétition les uns avec les autres et mendient des votes comme les autres partis bourgeois en faisant de fausses promesses. Le thème de ‘la paix’ ou d’une ‘solution politique’ est continuellement mis à l’ordre du jour, essentiellement par le mouvement nationaliste kurde, le PKK, la majorité de la gauche dans notre pays, les réformistes, les partis petit-bourgeois et même certaines fractions des classes dominantes. Les réformistes et le mouvement nationaliste kurde attendent des solutions de la part de l’impérialisme sur des thèmes comme la démocratie, la question kurde et les droits de l'homme. Ils font fréquemment appel à l’impérialisme et demandent l'application des solutions impérialistes. Afin de justifier leur attitude, ils invoquent les excuses de ‘la nécessité’, ‘l’impérialisme a changé’, ‘personne n’est en-dehors de la globalisation’. Tout cela signifie qu'ils ne comprennent pas la nature du fascisme et de l’impérialisme. Il n'y a qu'une idéologie qui mènera le peuple à la liberté. C'est le marxisme-léninisme. Ils essaient de remplacer le marxisme-léninisme par l’idéologie bourgeoise du nationalisme ou de la démocratie parlementaire, ouvertement dans le cas du PKK, bien que ce soit embarrassant à admettre pour des organisations qui se définissent elles-mêmes comme étant de gauche.

Les résultats sont évidents. Aujourd'hui, l’impérialisme n'est pas devenu le gardien de la paix ou de l'avenir de l’humanité, pas plus que le fascisme ne s'est démocratisé. Au contraire, leur agression se moque des lois et des frontières. L’Otan et l'Union européenne étendent leurs frontières en particulier vers les pays ex-socialistes. L'ONU est devenue une marionnette de l’impérialisme. Mais cela ne suffit pas à l’impérialisme, et aux USA en particulier. Ils souhaitent les mains entièrement libres. L’Otan développe une nouvelle stratégie et tente de légitimer ses actes sans avoir l'accord de l'Onu. Aussi devient-elle plus agressive. L’impérialisme a envoyé ses troupes en Bosnie en faisant appel à l’Onu. Il a modifié la composition de la force de l’Onu de façon a ce qu'elle comporte uniquement des troupes de l'Otan. Des forces militaires multinationales ont été constituées pour les Balkans et l'Afrique. Quiconque résiste aux intimidations de l’impérialisme est dénoncé comme un terroriste. Toutes les attaques, embargos et menaces sont ainsi légitimés.

Cette période va créer ses propres contradictions. Puisqu'il n'y a pas de changement dans la nature de l’impérialisme, le changement réel réside chez ceux qui placent leurs attentes dans l’impérialisme. Ils pensent que l’impérialisme va faire pression sur l'oligarchie en Turquie et que la démocratisation va se produire. C'est clairement ce qu’espèrent le PKK et certains autres groupes de gauche. Ceux qui attendent des solutions de la part de l’impérialisme aux problèmes des droits de l'homme, de la démocratie et de la question nationale en viennent à échafauder de ‘nouvelles’ théories. Ils oublient ou ils dissimulent le concept de l’impérialisme comme niveau suprême de l'exploitation. Ils considèrent comme essentielles l'approche de la question kurde par l’impérialisme, dans le cadre de sa politique au Moyen-Orient, et sa critique de l'oligarchie et, dès lors, ils attendent des solutions de la part de l’impérialisme. C'est du nationalisme. Le message du leader du PKK est: "Quoi qu'il arrive au Kurdistan du Sud, la même chose doit se passer au Kurdistan du Nord."

La situation qui prévaut au Kurdistan du Sud est celle d’un régime collaborationniste sous la protection de l'intervention impérialiste. De plus, le PKK demande une autonomie semblable à celle d'une province allemande. Il utilise parfois les exemples de l'OLP ou de l'IRA et considère comme un succès l’attitude de l'OLP, qui a accepté le contrôle de la CIA, ou de l'IRA et du FMLN, qui ont fait la paix en acceptant des droits et libertés très limités qui n'ont en rien altéré l'essence du régime d'exploitation. Changer le régime n'est plus le but. Le but devient une solution qui a l'accord de l’impérialisme, dans le cadre du régime et sans menacer l’Etat fasciste.

Il est important pour le développement du mouvement de libération dans notre pays de tirer les leçons de ces développements. C'est également valable pour les mouvements de libération dans d'autres pays. Dans ces circonstances, cette idée de ‘paix’ est la paix avec l'oligarchie: le régime et la domination de l'oligarchie sont reconnus comme légitimes. Quand on accepte l’idée que "le capitalisme continuera à survivre", être anti-impérialiste et socialiste est hors de question. Le résultat est l'acceptation du nouvel ordre mondial.

La position de la gauche envers la lutte anti-impérialiste

Bien que le caractère terroriste des agressions impérialistes soit clairement identifié, l'attitude anti-impérialiste à travers le monde est plus faible qu'elle ne le devrait. Depuis le coup d’Etat du 12 septembre 1980, on assiste à un retrait et une érosion de la lutte anti-impérialiste au sein de la gauche dans notre pays, à l'exception de Devrimci Sol et maintenant du DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple).

Les raisons en sont à la fois politiques et idéologiques. Pour d'autres groupes de gauche, le but n’était pas la conquête du pouvoir et la révolution. En fait, l'essence de la révolution est à la fois anti-impérialiste et anti-oligarchique. La repli de l’anti-impérialisme est le résultat de déviations petites-bourgeoises de la part de ceux qui manquaient de confiance en eux-mêmes et dans le peuple.

Depuis la fin des années 80, ce sont les mouvements nationalistes petits-bourgeois et les gouvernements des pays présentant les mêmes caractéristiques qui ont abandonné le plus rapidement la lutte anti-impérialiste. Le facteur principal responsable de cette déviation a été la contre-révolution en Union soviétique et les déviations dans les autres pays socialistes. En général, l’abandon du socialisme dans les mouvements petits-bourgeois a produit deux résultats différents. La rhétorique socialiste a rapidement été remplacée par le nationalisme. Les mouvements qui menaient une lutte armée n’ont pas pu résister à la pression physique et idéologique de l’impérialisme et ont déposé les armes.

Depuis la fin des années 80, nous avons été témoins de diverses attitudes envers l’impérialisme. Du fait de la tendance à copier d'autres partis qui avaient réussi à mener à bien leur propre révolution, certaines organisations ont basé leur attitude anti-impérialiste sur le pragmatisme des pays socialistes qu'elles copiaient. Soit elles ont ignoré les attaques de l’impérialisme soit elles les ont soutenues, directement ou indirectement. La période qui a suivi 1989 est très révélatrice. Elle a été le théâtre des attaques de l’impérialisme contre les pays socialistes et de ses efforts pour détruire la direction révisionniste par des complots et des coups d'Etat. Ces organisations ont alors jugé les contre-révolutions comme étant des révoltes populaires. Parce que "le révisionnisme était détruit", en Roumanie par exemple, elles ont applaudi aux attaques impérialistes. Elles ont soutenu ou condamné une attaque impérialiste en fonction de la cible visée. Leur attitude a changé dans le cas de l'Albanie par exemple. Ces politiques et ces attitudes n'ont rien à voir avec le marxisme-léninisme.

La guerre du Golfe de 91 est un très bon indicateur. L'invasion impérialiste au Moyen-Orient et le massacre de milliers d'Irakiens ont été observés sans aucune réaction par les réformistes, les nationalistes kurdes ou les opportunistes. Leur point de vue était que "tant l’impérialisme que Saddam étaient mauvais". La responsabilité étant partagée, ils ne pouvaient prendre position! Suite à la campagne de notre mouvement, qui a duré plusieurs mois et a recouru à la fois à la lutte armée et à des méthodes pacifiques, nous nous sommes montrés capables de mobiliser de nombreuses personnes contre la guerre impérialiste. Même le SHP (Parti Social Démocrate Populiste) prétendait s'opposer à la guerre et, en fin de compte, certaines organisations de gauche furent forcées de prendre position contre la guerre impérialiste. Le PKK, par contre, persista dans sa neutralité, espérant ainsi gagner certains avantages de l'invasion impérialiste. Le résultat fut que la gauche resta en général spectatrice de la brutalité impérialiste. Tandis que le reste du monde regardait la guerre sur CNN, la gauche faisait de même.

Plusieurs années plus tard, il ne fait aucun doute qu'il s'agissait là du but de l’impérialisme. 1997 et 1998 ont été le théâtre de deux guerres du Golfe à petite échelle. La position des nationalistes kurdes n'a pas changé. On a entendu la rhétorique opportuniste anti-US, faible et embarrassée. Il est évident que sans s’opposer à l’impérialisme, il est impossible de remporter la lutte de libération. Ceux qui s'opposent à cette position ignorent ce qu'est l’impérialisme ou n'ont pas le courage de l'attaquer. Si, par hasard, de telles organisations parvenaient à conquérir le pouvoir, leur régime s'allierait rapidement avec l’impérialisme.

La Turquie est le gendarme de l’impérialisme au Moyen-Orient

Formée et dirigée par l’impérialisme, l'oligarchie turque se situe dans le camp de l’impérialisme et s'oppose à tout mouvement national ou révolutionnaire qui se développe contre l’impérialisme et ses collaborateurs locaux. Elle est fondée sur la protection et le renforcement du statut de l’impérialisme au Moyen-Orient. Dès lors, elles est devenue l'ennemi de presque tous les peuples arabes et persans.

Depuis les années 70, l'oligarchie turque, confrontée au développement de la lutte révolutionnaire dans notre pays, a organisé toutes les institutions de l'Etat en conséquence et est devenue de plus en plus instable dans tous les domaines au fur et à mesure que le temps s’écoulait. En dépit de la répression, la lutte révolutionnaire s’est développée à un point tel qu'elle ne pouvait plus être arrêtée. Dans ces conditions, qui rendaient inutiles les politiques de ‘collaboration avec l’impérialisme’, l’oligarchie turque faiblissante a signé des accords militaires avec le plus grand ennemi des nations arabes, à savoir Israël, ce qui constituait une déclaration évidente d’hostilité envers les peuples du Moyen-Orient. Les USA, qui ne pouvaient obtenir la soumission complète de la part d'un certain nombre d'Etats arabes, ont fait usage de la faiblesse de l'oligarchie turque et l’ont forcée à un accord avec Israël contre les peuples arabes. Ils ont réussi dans cette tâche.

Dans le cadre de la démagogie du nouvel ordre mondial, les USA, tout en remplissant le rôle de gendarme du monde, donnent aussi à Israël et à la Turquie un rôle à jouer au Moyen-Orient. Les cibles sont les peuples et les Etats qui montrent de la résistance et ne se comportent pas en accord avec les intérêts des USA et du nouvel ordre mondial. La politique des USA – "diviser pour régner" séparer sur base des nationalités et des religions, fragmenter, inciter les peuples à lutter les uns contre les autres afin d'assurer le contrôle des marchés – cette politique ne produit pas de résultats. Les peuples auxquels cette politique est sensée s'adresser se rendent compte qu'une telle politique ne mène pas au salut. Comme la lutte révolutionnaire montante mène à l’impasse la politique américaine, les USA n’hésitent pas à provoquer des guerres régionales afin de protéger les intérêts de ses collaborateurs et de stopper la lutte révolutionnaire.

L’intérêt de l’impérialisme est d'avoir des peuples affaiblis, fragmentés, divisés, que l'on a transformés en ennemis mutuels. Au plus les peuples réagissent contre l’impérialisme, au plus cette haine et ces guerres entre les peuples sont fomentées. Les déclarations de l'oligarchie contre le PKK et ses menaces envers la Syrie sont de la propagande destinée à gagner l'appui de l’impérialisme et de ses collaborateurs. Par cette propagande, l'oligarchie cherche une justification de son agression devant les peuples du monde. Les buts cachés sont d'obtenir la reddition des Etats arabes du Moyen-Orient ou de les détruire, d'assurer la sécurité d’Israël, d'assurer l’hégémonie des USA dans la région et de freiner le mouvement révolutionnaire dans le pays lui-même. Les USA, Israël, la Turquie, différents impérialistes et certains Etats arabes collaborateurs ont débuté une opération visant à établir un gouvernement syrien qui aurait capitulé et serait en accord avec les politiques de l’impérialisme. La menace de guerre de la Turquie envers la Syrie était le début pratique de cette opération. Cette action continuera. Mais il est impossible pour l’impérialisme d’établir la stabilité aussi longtemps que le régime fasciste est en place en Turquie. Le plus important facteur d’instabilité du régime est le manque d'espoir du peuple dans le régime et le fait qu'il cherche d'autres solutions. Les dernières élections parlementaires dans notre pays en sont la preuve la plus claire. Le désir de justice est à son niveau le plus élevé. Aucune fraction des classes dominantes ne veut réduire le niveau de l'exploitation et donner au peuple une chance de respirer. Le motif essentiel d’instabilité est que le peuple n'a plus aucun espoir de voir quelque chose venir du régime. Le régime ne peut pas réussir car il n'a même plus le pouvoir de donner quelque chose. L'oligarchie est profondément effrayée. Cette peur se concrétise dans la phrase "Ils vont venir des bidonvilles qui entourent la cité et nous égorger". Dans ces conditions, elle n'a pas d'autre choix que d'utiliser la même vieille méthode appliquée pendant des années: accroître la terreur. Plus de terreur crée plus d’aspiration à la justice ce qui, en conséquence, va maintenir et alimenter le cycle. La Turquie continuera d’être un centre d’instabilité au Moyen-Orient et dans le monde.

L'impérialisme crée des différences nationales et religieuses

Les résultats de l'attaque sur l'Irak sont évidents. L'Irak a été divisée en plusieurs fragments. En utilisant le peuple kurde, on a créé une région liée à l’impérialisme dans tous les domaines et qui peut être manipulée comme une marionnette. L’impérialisme cherche a détruire le pouvoir des gouvernements qui n'ont pas capitulé, à diviser les pays, à créer des régions sous son contrôle, à affaiblir les gouvernements et établir son hégémonie. C'est la politique de base de l'oligarchie.

Aujourd'hui, les frontières de nombreux pays ont été dessinées par l’impérialisme, en particulier après les guerres. En fonction des conditions changeantes et des nouvelles situations, ils créent de nouvelles frontières et de petits pays qu'ils contrôlent, afin de fournir aux monopoles de nouvelles régions à exploiter.

Après la grande conspiration qui a détruit le système socialiste, les pays qui ont été enterrés sous les ruines de cette destruction dépendent encore de la Russie dans plusieurs domaines. Les monopoles impérialistes n'ont pas encore été capables d’établir une hégémonie absolue dans cette région. Pour affaiblir et forcer à la reddition ces pays qui font face à la violence du capitalisme, les différences nationales et religieuses dans cette région sont exacerbées et la règle de ‘diviser pour régner’ est appliquée. Les impérialistes ont appliqué cette politique dans les Balkans et le Caucase: en créant des sentiments nationalistes par l’intermédiaire de ses agents et collaborateurs, ils ont transformé les peuples en ennemis mutuels et détruit leur unité. Pour leurs propres intérêts, les impérialistes européens ont attaqué la Yougoslavie, avec les impérialistes des USA, sous le masque de l'Otan. Une autre contradiction de l’impérialisme est d'en finir avec l’hégémonie de la Russie dans une région où elle est encore effective.

Par ailleurs, l’impérialisme américain veut convaincre la Russie, les impérialistes européens et tous les peuples opprimés qu'ils sont la seule puissance hégémonique dans le monde. La seule raison d’être de l'Otan, tant hier qu'aujourd'hui, est de protéger et d’élargir les régions de l'exploitation impérialiste. Dès lors, l'Otan, dont la Turquie est membre, a toujours été une force de frappe contre les mouvements de libération nationale. Aujourd'hui, l'Otan est maintenue dans le but de protéger le pouvoir de l’impérialisme et de ses collaborateurs et d’empêcher le développement de guerres révolutionnaires de libération nationale.

Les raisons de la collaboration de l'oligarchie turque avec les USA sont ses intérêts communs avec les USA et sa peur du développement de la guerre populaire de libération et de la révolution. Même si ce sont les impérialistes qui ont détruit les droits de l'homme et le droit des nations à l’autodétermination, ils se présentent aujourd'hui comme les défenseurs de ces droits et, sous cette fausse impression, excitent la haine entre les peuples, organisent des massacres et créent des frontières artificielles. Là où ce n'est pas suffisant, ils attaquent encore et tentent d'obtenir une capitulation. C'est exactement ce qu'ils font subir à l'Irak et à la Yougoslavie.

Unissons-nous et combattons l’impérialisme

Dans notre attitude envers les attaques impérialistes, nous insistons sur notre ligne révolutionnaire plutôt que de mettre en avant la solidarité internationale des peuples. Pourquoi?

La nécessité de s'opposer aux attaques impérialistes est souvent expliquée par la solidarité des peuples ou l'internationalisme. Bien sûr, c'est correct mais aujourd'hui cela ne suffit pas. Il est nécessaire d'aller au-delà et de se poser la question: qu'est-ce que l'internationalisme? ‘Contre qui’ est dirigée la solidarité des nations etc. Sinon, pour des motifs très différents, des groupes très différents peuvent s'opposer à la violence impérialiste d'une façon ou d'une autre. Par exemple, un groupe impérialiste peut s'opposer à cette violence du fait des contradictions entre les impérialistes. Ou ceux qui perçoivent le problème du point de vue des ‘droits de l'homme’ peuvent également s'opposer aux attaques.

La nécessité de s'opposer à la violence impérialiste ne doit pas être vue seulement sous l’angle de la solidarité avec les nations agressées ou de l'internationalisme. Le problème de l’anti-impérialisme est un des points essentiels pour la libération des nations. En d'autres mots, cette attitude est obligatoire pour l’avenir de nos peuples. Parce que les bombes larguées par les impérialistes sur l'Irak, le Soudan, l'Afghanistan et d'autres endroits menacent en fait aussi notre pays et notre avenir. Dès lors, le problème de l’impérialisme n'est pas une question ‘secondaire’. Il est toujours présent et important stratégiquement. Il est directement lié aux caractéristiques de la révolution. La perspective du pouvoir se développe selon la force ou la faiblesse de la position anti-impérialiste. Tous les peuples du monde, toutes les organisations patriotiques et révolutionnaires devraient s'unir comme un poing contre l’impérialisme. Aujourd'hui, lorsque nous réfléchissons à l’échelle mondiale, il n'est pas possible de parler d'un bloc ou d'un front anti-impérialiste. Bien sûr, ce n'est pas une justification pour retarder la lutte anti-impérialiste ou affirmer la faiblesse de la gauche mondiale face à l’impérialisme. La colère des peuples du monde vis-à-vis de l’impérialisme est grande. Le nombre d'organisations et les masses qui peuvent agir contre l’impérialisme ne doit pas être sous-estimé.

Ce qui manque, c’est la détermination politique et une position claire contre l’impérialisme. C'est avant tout le développement d'une opposition anti-impérialiste aux attaques impérialistes et la lutte anti-impérialiste avec une perspective révolutionnaire et de prise du pouvoir dans des pays individuels qui aidera à l’émergence d'un tel front. Même aujourd'hui, l’impérialisme a peur des peuples, de la colère des peuples et des attitudes et actions anti-impérialistes des pays et organisations patriotiques et révolutionnaires existantes. Grande ou petite, chaque action anti-impérialiste fera croître la peur de l’impérialisme et, parallèlement, le front des peuples contre l’impérialisme. Pendant que nous levons le drapeau de l’unité des peuples du monde contre l’impérialisme et que, petit à petit, nous essayons d’établir l’unité des organisations patriotiques et révolutionnaires qui combattent l’impérialisme, nous ne devons pas oublier que notre premier devoir est de réaliser notre propre révolution anti-impérialiste et anti-oligarchique. C'est la voie fondamentale pour accomplir notre devoir internationaliste envers les peuples du monde et pour frapper le plus grand coup à l’impérialisme. Il n'y a pas d'autre façon de réaliser la paix. Ni dans notre pays, ni dans le monde.

DHKC Front Révolutionnaire de Libération du Peuple

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Contribution au 8ème Séminaire communiste international, Bruxelles, 2-4 mai 1999

Thème: L’impérialisme, c’est la guerre

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