Contribution au 8ème Séminaire communiste international, Bruxelles, 2-4 mai 1999

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L’impérialisme, source de guerre et la lutte du peuple contre celle-ci

José Maria Sison

Président fondateur du Parti communiste des Philippines

Le thème choisi pour ce séminaire est très important et d’une actualité brûlante: l'impérialisme signifie la guerre. Nous devons absolument bien comprendre la nature et l'histoire de l'impérialisme comme source de guerre et affronter la réalité d'aujourd'hui, celle d’un nouveau désordre mondial qui s’aggrave et du fléau de la guerre qui s’étend.

Il faut organiser et mobiliser le peuple contre la guerre et donc, contre l'impérialisme qui en est la cause. Le moyen de combattre et de vaincre l'impérialisme, c’est de mener toutes formes de luttes révolutionnaires pour la libération nationale et la démocratie, et pour le socialisme.

Depuis qu'il existe, l'impérialisme provoque et déclenche des guerres. Elles résultent de la pression de la bourgeoisie monopoliste des pays impérialistes, des contradictions entre pays impérialistes et de leurs interventions et agressions contre les pays et les peuples qu'ils oppriment et exploitent.

Nier ou cacher la nature agressive de l'impérialisme et la nécessité d'une révolution dirigée contre lui, c'est accepter la guerre impérialiste. Les révisionnistes classiques et modernes ont joué un rôle spécial de propagation du pacifisme dans le seul but de favoriser l’impérialisme et la guerre. Aujourd'hui en Europe, la social-démocratie et certains partis ‘verts’, qui se vantaient d’être pacifistes, ont activement soutenu la guerre d'agression des EU et de l'OTAN contre la Yougoslavie.

N’oublions pas les démagogues de la ‘ société civile’, financés par les impérialistes pour édulcorer la nature oppressive de l’Etat bourgeois et la nature agressive de l’impérialisme. Leur rôle, en tant qu’agents spéciaux de l’impérialisme, consiste à susciter un courant opposé aux luttes anti-impérialistes du peuple, à répandre le concept de collaboration avec l’impérialisme, les réactionnaires locaux et les entreprises monopolistes comme moyen pour faire progresser la soi-disant ‘civilité’ et à justifier les interventions et les agressions des puissances impérialistes contre les pays plus faibles pour les opprimer et les exploiter plus encore.

Nous sommes toujours à l'époque de l'impérialisme et de la révolution prolétarienne. L'impérialisme, ou capitalisme monopoliste, est la forme finale et la plus développée du capitalisme. Elle est parasitaire, destructrice et moribonde. Les crises de plus en plus graves du capitalisme monopoliste, les guerres inter-impérialistes mondiales et l’émergence de révolutions prolétariennes et d'Etats socialistes contre l'impérialisme durant le 20e siècle en sont la preuve.

La lutte historique entre les forces de l'impérialisme et celles du socialisme est loin d'être terminée. Le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire. Comme expérience récente dans l'histoire de l'humanité, le socialisme doit passer par des hauts et des bas et connaître des détours. Les partis révolutionnaires du prolétariat doivent tirer les leçons aussi bien des expériences positives que négatives, pour renaître et l’emporter sur l'impérialisme.

La dégénérescence révisionniste du socialisme et les succès néocolonialistes du capitalisme monopoliste ont ramené les peuples du monde dans une situation comparable à celle qui prévalait avant la Première Guerre Mondiale, lorsqu'il n'y avait pas d'Etat socialiste puissant pour s'opposer à l'impérialisme. Le succès temporaire de l'alliance impérialiste sous la direction des EU et l’aggravation de l'oppression et de l'exploitation sont précisément les raisons pour lesquelles le prolétariat et le reste du peuple doivent mener la révolution de façon plus résolue et plus militante que jamais auparavant. Seules les luttes révolutionnaires du prolétariat et du peuple peuvent mettre fin à la violence quotidienne de l'exploitation et à l’éclatement de guerres.

I. L'impérialisme, source de guerre

Dans son évolution, partant du capitalisme de libre concurrence au 19e siècle, l'impérialisme moderne ne s’est pas contenté d'extraire la plus-value du travail du prolétariat, mais a aussi impitoyablement accru le taux d'exploitation dans les pays impérialistes et dans les pays exploités. Après avoir acquis une place dominante dans le capital industriel et après avoir fusionné le capital industriel et bancaire pour former une oligarchie financière, la bourgeoisie monopoliste a poussé, durant ce siècle, à la concentration et à la centralisation du capital au détriment du prolétariat et des peuples du monde.

Elle a sans cesse cherché à accroître la composition organique du capital, accumulant du capital constant , sous la forme de moyens de production, au détriment du capital variable, les salaires. Après avoir utilisé au maximum le capital productif pour la reproduction et l'accumulation, il a utilisé des transactions financières pour accélérer l'exploitation du prolétariat et des peuples, les a écrasés sous le poids de la dette et a dégagé des superprofits par la pratique parasitaire de l'usure au niveau international.

Contrairement à la doctrine du " laissez faire " de la bourgeoisie industrielle naissante du 19e siècle, dirigée contre la doctrine mercantile des monopoles commerciaux, la bourgeoisie monopoliste a pris le contrôle complet de l'Etat bourgeois et l'utilise comme instrument pour préserver sa domination sur le prolétariat, pour s'approprier les ressources publiques dans son propre intérêt, pour protéger l'industrie nationale ; elle invoque la "liberté de concurrence" pour dominer les autres pays et nations et pour déclencher des guerres d'intervention et d'agression en vue de diviser et rediviser le monde.

Quel que soit l'évolution de la politique ou le langage à la mode de l'impérialisme à une époque déterminée, la bourgeoisie monopoliste, qu'elle soit adepte du "marché libre" ou de "l'intervention étatique", utilise l'Etat, de l'une au l'autre façon, pour préserver et renforcer ses intérêts de classe. Quand ses propres intérêts l'exigent, la bourgeoisie monopoliste recourt au capitalisme monopoliste d'Etat et au fascisme.

L'utilisation du capital financier, pour stimuler la production et la circulation des biens et, surtout, pour dégager des profits de transactions financières, a fait de la bourgeoisie monopoliste une classe de plus en plus parasitaire. En tout cas, les monopoles atteignent des niveaux compétitifs, technologiques et productifs de plus en plus élevés. Cela conduit à une crise de surproduction, sur un marché qui se contracte, parce que la bourgeoisie monopoliste cherche à baisser la masse salariale pour contrer la tendance à la baisse du taux de profit.

La crise de surproduction conduit par ailleurs à la destruction de forces productives par des coupes sombres dans la production, le chômage et la faillite d’entreprises moins performantes, à l'intensification de la lutte de classes entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat, à l'absorption ou à la faillite des entreprises les plus faibles, à l'utilisation des fonds publics pour cautionner les monopoles, à l’aiguisement des contradictions inter-impérialistes et, dans le pire des cas, au déclenchement d'une guerre mondiale.

Pour tenter de résoudre les contradictions au sein des pays impérialistes, la bourgeoisie monopoliste recourt à l'exportation des surplus de production et de capitaux vers les pays capitalistes plus faibles et les pays sous-développés. Elle essaye ainsi d'extraire des superprofits à l'étranger pour contrecarrer la baisse du taux de profit dans son économie locale.

Mais il y a des limites à l'expansion du capital et à l'extraction de superprofits à l'étranger. En premier lieu parce que l'impérialisme empêche l'émergence et la croissance du capitalisme industriel et de concurrents potentiels dans la plupart des pays dans le monde. Le développement inégal des pays se renforce sous l'impérialisme, avec une concentration croissante du capital dans les pays impérialistes.

Sous le colonialisme ancien, l'exportation des surplus de production était plus importante que l'exportation de capitaux. Sous l'impérialisme, l'exportation du surplus de capital s’est accrue. Tour à tour, les crédits et les investissements directs pour un profit immédiat l’emportent sur ceux pour un développement complet et équilibré des autres pays. L'exportation du surplus de capital n'est pas destiné à étendre le capital productif. Il sert à financer l'exportation des surplus de production des pays impérialistes, à aiguiser l'appétit des classes exploiteuses locales pour la consommation de biens importés et, surtout, à dégager des superbénéfices de quelques investissements directs destinés à pénétrer le marché et de prêts contractés par les Etats dépendants pour couvrir leurs déficits commerciaux et budgétaires chroniques.

Par l'exportation du surplus de capital, les impérialistes font de la majorité des pays leurs vassaux endettés. Sous les auspices du FMI, de la Banque Mondiale et de l'OMT, les Etats dépendants subissent une domination financière et économique pire qu'avant la Seconde Guerre Mondiale, malgré les déclarations d'indépendance et de souveraineté nationale de ces pays. La pratique de l'usure internationale montre, de façon très claire, le caractère parasitaire et décadent de l'impérialisme. C’est le cœur du phénomène de néocolonialisme.

Ecrasés par le poids de leurs dettes, les pays dépendants régressent un peu plus encore dans le sous-développement. Ils doivent sans cesse mendier de nouveaux emprunts pour payer les intérêts des précédents. Le niveau du service de la dette s'accroît mais la dette cumulée augmente néanmoins. Les pays dépendants plongent dans l'austérité, la pauvreté et la misère extrême, comme on peut le voir en Asie, en Afrique, en Amérique Latine et dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Finalement, le marché global des surplus de production et des capitaux des impérialistes se réduit et met les impérialistes eux-mêmes dans une situation de crise sévère.

Les entreprises monopolistes forment des trusts pour organiser la production et le marché et maximaliser les profits au détriment du prolétariat et du peuple. Mais la compétition entre entreprises monopolistes ne cesse jamais. Elle provoque un cycle de crises de surproduction. Tant que l'impérialisme survivra, des crises cycliques apparaîtront. Dans un contexte de crise économique, la compétition inter-impérialiste s'aiguise de plus en plus, jusqu'au moment où elle provoque une rupture des trusts internationaux et le réajustement des monopoles et conduit à des guerres, comme la Seconde Guerre Mondiale.

Mais l’impérialisme ne disparaîtra pas spontanément, même dans le cas d’une guerre inter-impérialistes.La crise de surproduction et les guerres inter-impérialistes créent seulement des conditions objectives favorables aux forces subjectives de la révolution pour se consolider dans la lutte et renverser l’impérialisme et les réactionnaires locaux. Seule la révolution armée du prolétariat et du peuple peut détruire le pouvoir de l’impérialisme et de la réaction.

Certains prétendent que les monopoles, rebaptisés entreprises multi- ou trans-nationales, ont perdu leur caractère national et leur identité nationale. Rien n'est moins vrai. Nier le caractère et la base nationale des monopoles revient à dire que l'impérialisme a disparu. C'est une thèse anti-léniniste qui cache la rapacité nationale et ultranationale de toute puissance impérialiste.

Les accords de Bretton-Woods, le GATT et maintenant l'OMT (Organisation Mondiale du Commerce), les banques régionales, les accords commerciaux régionaux et les fusions transnationales de capitaux doivent être perçus comme des manifestations d'un équilibre des forces à une période déterminée plutôt que comme l'expression d'une unité indivisible du capitalisme monopoliste, quelque qu'ait été l'unité impérialiste contre le prolétariat depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Aujourd'hui encore, chaque pays impérialiste possède son propre groupe d'entreprises et de banques monopolistes, ses sociétés phares, dont la majeure partie du capital est aux mains de sa propre bourgeoisie et de son propre Etat, avec l'essentiel de son management recruté parmi les nationaux et avec ses principaux centres de direction et ses plus grandes usines sur le territoire national. Les puissances impérialistes ont leurs propres intérêts nationaux et il existe des contradictions entre elles. Elles utilisent des organisations internationales comme le G7, l'OCDE, le FMI, la Banque Mondiale, l'Organisation Mondiale du Commerce etc… pour s'accorder sur des politiques économiques communes au détriment des Etats dépendants, principalement du prolétariat et des peuples.

Sous l'impérialisme, depuis la fin du 19e siècle, le monde entier est devenu le territoire économique du capitalisme monopoliste. Il n'y a pas un coin du monde qui ne soit, d'une façon ou d'une autre, une zone d'investissements, un marché, une source de matières premières ou une base d’appui des pays impérialistes. Surpassant la poussée commerciale du colonialisme ancien, qui a favorisé le système de production marchande mais a laissé une bonne partie du monde dans la sphère de l'économie naturelle de subsistance, l'impérialisme moderne a couvert le monde entier avec le système de production capitaliste.

Au début du 20e siècle, aucune partie du globe n'échappait aux tentacules des puissances coloniales et impérialistes. Au-delà des territoires de ces puissances, il y avait des colonies, des semi-colonies ou des pays dépendants. Les puissances impérialistes recourent à la guerre pour rediviser le monde selon la croissance de leur force économique et militaire.

Des guerres éclatent lorsque les crises de surproduction rétrécissent le marché pour les puissances impérialistes montantes et génèrent, au sein des pays impérialistes, les forces et les courants économiques et politiques qui exigent l'expansion et la guerre. Les motivations réelles de la guerre sont obscurcies quand les fauteurs de guerre impérialistes et leurs porte-parole les expriment en termes de "mission" civilisatrice, de christianisme , de démocratie, de droits de l'homme, de cause humanitaire et de maintien de la paix.

La Première Guerre Mondiale (1914-1918) fut la première guerre inter-impérialistes entre les Alliés (Grande Bretagne, France, Russie et Etats-Unis) et les Forces Centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie et Turquie). Elle fut précédée par une crise de surproduction et la rivalité pour des territoires économiques dans diverses parties du globe. Les derniers arrivés dans le jeux colonial – Allemagne, Japon , Etats-Unis – ont bousculé les anciennes puissances coloniales affaiblies et tenté de créer leur propre possession coloniale depuis la fin du 19e siècle. Leurs visées et leurs actions impérialistes ébranlaient l'ancien équilibre de forces

Des dizaines de millions de gens ont péri durant la Première Guerre Mondiale. L'impérialisme britannique, soutenu essentiellement par les Etats-Unis, conduisait le camp des vainqueurs. Mais la guerre a abouti à la création du premier Etat socialiste sur un sixième du globe, là où la chaîne des pays impérialistes était la plus faible. La victoire des Bolcheviks a aussi servi à réveiller les aspirations nationales et démocratiques des peuples et nations opprimés. Dès le début, les impérialistes ont haï la révolution prolétarienne. Ils ont instigué une guerre civile, mené une guerre d'intervention contre l'Etat du prolétariat et imposé un blocus économique contre lui .

La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) fut essentiellement une guerre inter-impérialistes, même lorsque l'Union Soviétique a rejoint les Alliés contre le camp le plus dangereux de l'impérialisme, les puissances de l'Axe. Avant et durant la guerre, les fascistes s'étaient fixés comme mission particulière, la destruction des partis communistes et de l'Union Soviétique. La guerre mondiale résulta de la conjonction de la Grande Dépression, de l'intensification des contradictions entre les puissances impérialistes et de l'émergence du fascisme. A nouveau, des dizaines de millions de gens périrent durant cette guerre.

L'Union Soviétique, à elle seule, a perdu plus 20 millions de citoyens lorsqu'elle soutint le plus fort de l'offensive de l'Allemagne nazie. Mais elle a pu mener une contre-offensive stratégique qui brisa l'épine dorsale des puissances de l'Axe. La Chine aussi compta plus de 10 millions de victimes lorsque son territoire devint la principale arène, mais aussi le plus grand cimetière, de l'agression japonaise en Extrême-Orient. L'ampleur de cette guerre reste inégalée dans toute l'histoire de l'humanité.

Comme durant la Première Guerre Mondiale, les Etats-Unis ont profité de leur position géographique et tiré d'énormes profits de la production de guerre, fournissant pendant un temps les deux camps et s’engageant à la fin pour s'approprier la part du lion du butin de guerre. Les Etats-Unis émergèrent comme puissance impérialiste dominante après la Seconde Guerre Mondiale, rejetant l'impérialisme britannique au second plan.

Pour prévenir une offensive soviétique sur le Japon, l'impérialisme américain lâcha la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki alors même que le Japon était sur le point de capituler. Le bombardement atomique de la population civile marquait en fait le début de la Guerre Froide, qui ne sera déclarée que bien plus tard. Les EU étaient terrifiés par la démonstration de force de l'Union Soviétique et par l'avancée des forces socialistes et des mouvements de libération nationale en Europe et en Asie.

L'issue de la Seconde Guerre Mondiale fut plus grave, pour l'ensemble du système capitaliste mondial, que la Première Guerre Mondiale. Plusieurs pays socialistes et des démocraties populaires sont apparus sur un tiers du globe. Avec un quart de l'humanité, la Chine représentait la plus grande perte pour le système capitaliste mondial. De nombreux mouvements de libération nationale déferlaient et s'orientaient vers une révolution démocratique en Asie, en Afrique et en Amérique Latine.

La Guerre Froide a couvert pratiquement la seconde moitié du 20e siècle. En Europe surtout, une impasse stratégique existait entre les EU et l'Union Soviétique, chaque camp évitant une guerre mondiale, surtout lorsque l'Union Soviétique développa ses propres armes nucléaires. Pendant un demi siècle, il n'y eut ni guerre déclarée entre forces impérialistes, ni entre les puissances impérialistes et les pays socialistes. Mais en fait, la Guerre Froide provoqua une série de guerres d'agression lancées par l'impérialisme américain et ses alliés réactionnaires dans différents pays.

Les EU ont mené la guerre d'agression la plus brutale contre la Corée, le Vietnam et le reste de l'Indochine. Elle provoqua des millions de victimes. Ils ont dirigé des campagnes d'élimination des communistes en Asie, en Afrique et en Amérique Latine depuis la fin des années 40 et se sont rendus coupables de massacres, dont le plus important provoqua plus d'un million de morts en Indonésie en 1965. Dans les années 70 et 80, les EU menèrent systématiquement des guerres contre-révolutionnaires, sur base de la théorie des "conflits de basse intensité", en Angola, au Mozambique, au Nicaragua, au Salvador et en Afghanistan. Le nombre total de victimes durant la Guerre Froide se chiffre en millions, comme durant une guerre mondiale. La Guerre Froide était donc pratiquement la Troisième Guerre Mondiale.

Les guerres déclenchées par le capitalisme monopoliste ont fait du 20e siècle la période la plus sanglante de toute l'histoire de l'humanité. Sous la domination de l'impérialisme, les peuples du monde ont, par milliards, souffert atrocement de l'oppression et de l'exploitation. Même dans les pays socialistes et anti-impérialistes, le peuple a dû supporter les blocus économiques américains et les menaces et les actes d'interventions. Malgré cela, la propagande de la "société civile" de l'impérialisme et de leurs agents spéciaux désigne les révolutions armées du prolétariat et des peuples comme les responsables des guerres et de l’’incivilité’.

Pour surmonter les contradictions avec leurs alliés impérialistes, plus particulièrement après la reconstruction économique de l'Allemagne de l'Ouest de du Japon durant la Guerre Froide, les Etats Unis ont contracté des déficits commerciaux et budgétaires élevés et une déficit public énorme pour intégrer leurs alliés dans le marché capitaliste américain et mondial, engager une production militaire et maintenir des bases militaires et des forces à l'étranger . Ils ont aussi investi dans la recherche et le développement de technologies militaires et spatiales. Lorsque l'Union Soviétique passa du socialisme au capitalisme monopoliste d'état et au social-impérialisme, la Guerre Froide se transforma en lutte inter-impérialistes entre l'alliance impérialiste dirigée par les EU et le social-impérialisme soviétique.

Pour gagner la Guerre Froide, les EU et les autres puissances impérialistes traditionnelles ont utilisé à fond la puissance de l'Etat. Au nom de la croisade anticommuniste, ils ont détourné des sommes énormes du budget public pour vaincre l'Union Soviétique. Pourtant, l'Union Soviétique a perdu surtout à cause de facteurs internes : le révisionnisme moderne, l'émergence d'une nouvelle bourgeoisie, la dégénérescence sociale et le gaspillage de ressources dans la course aux armements. Les EU et leurs alliés impérialistes n'ont pas vaincu l'Union Soviétique dans une guerre frontale mais ont rendu inopérant son potentiel militaire très élevé en amenant la nouvelle bourgeoise de l'Union Soviétique à détruire l'économie soviétique sous le couvert de réformes et à l'intégrer totalement dans le système capitaliste mondial.

La victoire de l'impérialisme américain et des puissances impérialistes traditionnelles dans la Guerre Froide est une sorte de victoire à la Pyrrhus. L'impérialisme américain souffre, depuis la Guerre Froide, de certaines faiblesses fatales qu'il ne peut essayer de surpasser qu'en occasionnant de graves contradictions avec ses propres alliés impérialistes. Il subit toujours les conséquences des énormes dépenses consenties durant la Guerre Froide. La crise du système capitaliste mondial s'est encore aggravée. Toutes les contradictions fondamentales dans le système capitaliste mondial, entre le prolétariat et la bourgeoisie monopoliste, entre les pays impérialistes et les peuples opprimés, et entre les impérialistes eux-mêmes se sont intensifiées et ont généré un nouveau désordre mondial.

II. Une tendance vers des guerres plus nombreuses et plus importantes

Durant la dernière décennie, une tendance vers l'éclatement de guerres plus nombreuses et plus importantes s'est dessinée assez clairement. La démonstration la plus éclatante est la série de guerres d'agression contre l'Iraq et contre la Yougoslavie. Les troubles sociaux et politiques s'amplifient d'année en année, démentant la propagande des impérialistes et de leurs défenseurs selon laquelle la fin de la Guerre Froide apporterait les "dividendes de la paix", une croissance économique globale et le progrès des droits de l'homme et de la démocratie.

La seule superpuissance aujourd’hui est plus arrogante que jamais. Elle mène ses alliés impérialistes à la guerre et s’impose aux pays dépendants. Elle profère des menaces. Les armes qu'elle utilise contre les autres pays incluent l'ingérence politique dans les affaires intérieures, le refus de crédits et de fournitures, la restriction des facilités commerciales et la pression militaire, les interventions et les agressions, avec recours à des armes de haute technologie. Elle diabolise les Etats qui défendent leur indépendance nationale et cherche ainsi à contraindre tous les pays à rester sous l’emprise du néocolonialisme.

Les EU et leurs alliés impérialistes pratiquent le terrorisme dans les relations d'Etat à Etat et dans leurs confrontations avec les partis révolutionnaires et les mouvements de masse anti-impérialistes. Ils plaquent l'étiquette ‘terroriste’ sur toutes les forces anti-impérialistes et justifient ainsi toutes les formes de barbaries qu'ils leur font subir. Le langage favori de l'impérialisme reflète les contradictions croissantes dans le monde et sa propre propension, avec ses marionnettes réactionnaires locales, à utiliser la force brutale contre le peuple.

Le passage de la théorie keynésienne à la théorie néolibérale dans la politique impérialiste cadre bien dans le schéma suivi par les EU pour se remettre des coûts énormes consentis pour gagner la Guerre Froide. Sous le prétexte de promouvoir le "marché libre", le capitalisme monopoliste américain intensifie le taux d'exploitation et l'appropriation des ressources de l'Etat, tire avantage de ses alliés impérialistes et ne fait même plus aux pays sous-développés la fausse promesse du développement.

A l'origine, l’accent néolibéral dans la politique économique était destiné à combattre le phénomène de stagflation, supposé dû à l'élévation des salaires et des dépenses de l'Etat. Cependant, les stratèges ont sous-estimé, dans les facteurs de stagflation, le poids des dépenses militaires dans la course aux armements, la guerre d'agression en Indochine, le déploiement de forces militaires américaines à l'étranger et la crise de surproduction croissante suite à la reconstruction et la restauration de la compétitivité du Japon et de l'Allemagne de l'Ouest.

Aujourd'hui, les EU et leurs alliés impérialistes présentent le néolibéralisme comme une ligne de conduite stratégique commune. Le but réel des monopoles est de tirer le plus de profits possible du prolétariat, de couper dans les dépenses sociales, de bénéficier de réductions et d'exemptions d'impôts et de s’emparer de biens et de fonds de l'Etat. Mais ces politiques sont menées sous le prétexte du combat contre l'inflation et pour la mise à disposition des entreprises d'un capital plus important, dans l'optique d'une croissance économique et de la création d'emplois.

Le résultat, c'est la concentration et la centralisation rapide du capital dans les mains des monopoles, l'inflation des moyens à disposition de la bourgeoisie monopoliste, un sous-emploi massif et chronique et des taux de croissance stagnant, en moyenne entre 2 et 3 % pour l'ensemble des pays de l'OCDE durant les dix dernières années.

Comparativement à l'Union Européenne et au Japon, qui connaissent des taux de croissance et de profits plus bas et des taux de chômage notoirement plus élevés, les EU affichent l'économie la plus dynamique et la plus forte. Mais en fait, le taux de croissance relativement élevé des EU est largement dû à l'inflation des actifs des monopoles et au flux des investissements en provenance du Japon et de l'Europe de l'Ouest. Ce que les Etats Unis présentent comme le plein-emploi est en fait caractérisé par le replacement d'emplois réguliers par des jobs à temps partiel.

Jusqu'ici, les EU ont été en mesure de conserver leur position de leader sur le plan économique, mais c'est au détriment de leurs alliés impérialistes. Ils ont revitalisé leur capacité de production pour l'exportation et ont ainsi rétréci le marché global pour leurs alliés impérialistes. Ils n'ont néanmoins pas pu réduire leur déficit commercial ni leur dette étrangère colossale. Ils maintiennent un taux de dépenses militaires élevé grâce à des emprunts étrangers. Ainsi, les EU gardent le titre de débiteur numéro 1 dans le monde.

L’accentuation de l'exploitation sous le mot d’ordre néolibéral et l'adoption de la haute technologie dans la production sociale forment un mélange explosif dans les pays impérialistes. Ils signifient une crise globale et chronique de surproduction et de stagnation. La productivité de tous les types de marchandises est très élevée et, par ailleurs, la concentration du capital productif et financier par la bourgeoisie monopoliste est très rapide. En conséquence, la demande effective du marché global s'est contractée.

La crise de surproduction dans tous les secteurs, industriels et agricoles, intensifie la compétition impérialiste. Malgré les hymnes à la "libre concurrence" et l'OMT, le protectionnisme s'accroît sous des couverts variés dans les pays impérialistes. Les frictions entre ces pays se multiplient au sujet du dumping de plusieurs produits. On va donc vers une compétition acharnée dans un marché global qui se rétrécit

Même si les EU s’efforcent de conserver leur position de leader économique et de superpuissance militaire, la concurrence inter-impérialistes s'intensifie et mène à une multipolarisation. L'Union Européenne est une forme de consolidation dans la compétition avec les EU. Le Japon aussi se renforce pour être compétitif vis-à-vis des EU, particulièrement dans l'Est Asiatique. Chacun des trois centres globaux du capitalisme tente de se renforcer, de consolider ses marchés domestiques et régionaux et de pénétrer ceux des autres.

La douzaine de ‘marchés émergents’, tous des pays favorisés autrefois par l'afflux d'investissements étrangers des pays impérialistes, sont en train de s’effondrer depuis 1997. Ils sont frappés par une crise globale de surproduction dans toutes leurs exportations spécialisées. Contrairement aux attentes des impérialistes, ils ont cessé d'être les marchés en expansion pour la production impérialiste en échange des revenus de leurs exportations spécialisées.

C'est vrai pour la Corée du Sud, Taiwan et le Brésil (qui produisent et exportent des voitures, des appareils domestiques et de l'acier), la Chine et le Sud Est Asiatique (semi-conducteurs, vêtements, chaussures et jouets) , la Russie et le Mexique (pétrole et gaz). La surcapacité productive, la surconsommation des classes sociales supérieures et la diminution des revenus de l'exportation ont conduit à des déficits commerciaux énormes et à l'incapacité de remboursement des crédits. Leurs déroutes bancaires ont provoqué, l'une après l'autre depuis 1997, des vagues mondiales de crise financière.

Tous les pays qui, dans le passé, ont développé une base industrielle sous le drapeau du socialisme ou du nationalisme bourgeois ont été touchés par la crise globale de surproduction, ont fermé des centres industriels, ont licencié des millions de travailleurs et sont maintenant écrasés par le poids exorbitant de la dette. Tous connaissent la dépression économique.

Ils déclinent comme les pays exportateurs de matières premières qui connaissent la récession depuis la fin des années 70, lorsque la crise de surproduction a touché les matières premières. Il faut rappeler que, dans les années 60 et 70, les impérialistes ont détourné la demande de développement des pays pauvres en orientant les crédits étrangers vers des programmes de construction d'infrastructure et d'augmentation de la production de matières premières. Maintenant, même les quelques pays qui ont essayé de devenir des "marchés émergents", surtout en Chine et dans le Sud-Est Asiatique, se trouvent dans une situation économique désastreuse due à la surabondance générale de produits semi-finis à destination des pays impérialistes.

Dans ce contexte d'aggravation rapide de la crise économique du système capitaliste mondial, la crise politique fait naître toutes sortes de forces contre-révolutionnaires et génère toutes sortes de violences contre-révolutionnaires. L’histoire nous rappelle que, dans un pays impérialiste, la poussée guerrière surgit lors du passage d'une crise économique à une crise politique.

Dans les pays impérialistes, la bourgeoisie monopoliste anticipe l'intensification de la lutte de classes. C'est ainsi qu'elle fait voter des lois anti-ouvrières, anti-sociales et 'anti-terroristes', encourage la propagande et les groupes nationalistes, fascistes et racistes et maintient un budget élevé pour l'armée et les forces de police au détriment des biens et services sociaux.

Les EU sont en train de renforcer leurs alliances bilatérales et multilatérales comme l'OTAN en Europe et leur partenariat stratégique avec le Japon dans l'Est Asiatique. Les EU utilisent aussi l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) comme cadre pour manipuler les états européens et les impliquer dans les interventions et les agressions impérialistes. Chaque fois que c'est possible, les EU se servent du Conseil de Sécurité de l'ONU pour légitimer leurs guerres d'agression. Ils ont profité de leur situation de seule superpuissance et de leur armement de haute technologie et ont lancé une série de guerres d'agression importantes.

En menant les guerres d'agression contre l'Irak sous la bannière de l'ONU, les EU ont réussi à resserrer leur contrôle sur les ressources pétrolières et sur les revenus pétroliers des pays dépendants du Moyen-Orient. Ils suscitent des troubles dans les Balkans pour étendre leurs bases en Europe de l'Ouest et en Turquie.

Après avoir cédé la Croatie et la Slovénie à l'influence Allemande, ils ont pris le contrôle de la Bosnie, de la Macédoine et de l'Albanie sous le couvert de la guerre en Yougoslavie. Ils proclament déjà que cette guerre d'agression contre la Yougoslavie à propos du Kosovo est un pas décisif dans la transformation de tous les états des Balkans en protectorats des EU et de l'OTAN.

L'objectif stratégique des EU est de contrôler les deux rives de la Méditerranée et toutes les frontières de la Russie pour contrôler les ressources pétrolières sur une plus grande échelle et maintenir leurs propres alliés dans l'OTAN sous leur hégémonie. La désintégration de l'Union Soviétique et la soumission de la Russie à l'Occident ont rendu possible le déclenchement de guerres d'agression en Europe par les EU et l'OTAN. Les EU ont l’arrogance de pouvoir déclencher une guerre d'agression en toute impunité et de soumettre n'importe quel pays.

En élargissant l'OTAN (en incluant la République Tchèque, la Pologne et la Hongrie) et en l'étendant jusqu'aux frontières de la Russie, les EU préparent le terrain pour leur implication dans des guerres plus fréquentes et plus importantes à travers toute l'Europe Centrale et Orientale et même en Russie. En ayant utilisé les forces de l’OTAN pour des agressions au Moyen-Orient et dans les Balkans, les EU ont bouleversé de larges couches des forces politiques russes par les menaces posées par l’intervention et l’agression des EU. Le Caucase et les anciennes républiques d’Asie centrale de l’Union Soviétique continuent à être des régions de guerre intestine. Les EU s’y intéressent à cause de leurs ressources pétrolières et comme route d’acheminement du pétrole vers la Méditerranée.

Entre temps, les EU ont gagné un partenaire flexible en la personne d’Eltsine, le représentant politique principal de la nouvelle bourgeoisie criminelle qui pille les avoirs publics et empoche chaque afflux de fonds de crédit du FMI. Eltsine et sa clique servent la stratégie politique des EU visant à affaiblir économiquement et socialement la Russie et à laisser ainsi se détériorer le système d'armes de haute technologie de la Russie.

Face à une situation catastrophique, deux tendance se dessinent en Russie: l’une est pour une soumission croissante aux forces impérialistes occidentales et l’autre est pour la polarisation, d’une part, entre la nouvelle bourgeoisie criminelle et une large couche d'opposition sur une base immédiate et, d’autre part, entre des courants militaires fascistes et la révolution prolétarienne.

Malgré les succès d'une expansion continue, les EU portent les germes de futurs problèmes avec leurs propres alliés les plus importants. En poussant l'Allemange et le Japon à s’engager à leurs côtés et partager les coûts de leurs guerres d'agression, ils les encouragent pratiquement à se renforcer eux-mêmes et à suivre leurs propres intérêts impérialistes.

Sur plusieurs aspects, les économies de la Chine et de la Russie sont complémentaires. Cela peut être la base d'une coopération politique et militaire stratégique. La Russie est menacée par l'OTAN en Europe et par l'entente américano-japonaise sur la sécurité en Extrême-Orient. La Chine est également menacée par cette entente entre EU et Japon. Cependant, les EU peuvent aussi pousser un de ces pays contre l'autre ou un de ces deux pays peut opposer l'autre aux EU. A plus long terme, la Russie peut aussi pousser l'Union Européenne contre les EU comme la Chine peut pousser le Japon contre les EU.

Les EU suivent une double politique vis-à-vis de la Chine. Un aspect de cette politique consiste à entraîner la Chine, à l’amener à devenir une néocolonie des EU et à se débarrasser de l’enseigne du socialisme et du parti communiste comme l'Union Soviétique l'a fait. L'autre aspect consiste à ‘contenir’ la Chine par le partenariat stratégique EU-Japon et éventuellement à jouer sur la contradiction Inde – Pakistan pour la maintenir en alerte sur un autre flanc.

Actuellement, la ligne stratégique qui prévaut aux EU à l'égard de la Chine est de l’entraîner, même si certaines fractions de l'administration américaine évoquent la croissance économique et militaire de la Chine et affirment que la Chine pourrait devenir l'ennemi n°1 des EU au 21ème siècle. A l'intérieur même de la Chine, la situation économique et sociale se détériore profondément et les contradictions sociales engendrent une instabilité politique. Des contradictions existent entre une fraction de la nouvelle bourgeoisie qui veut encore maintenir les signes extérieurs du socialisme et du parti communiste et une autre fraction qui veut s'en débarrasser.

En réalité, la Chine a été affaiblie économiquement et socialement par ses réformes d'orientation capitaliste et la restauration tous azimuts du capitalisme, par sa focalisation sur la production de biens à faible valeur ajoutée destinés à l'exportation et par le démantèlement en cours des fondements de son industrie d'Etat. La faiblesse grandissante de la Chine est une invitation au Japon et aux puissances impérialistes occidentales pour intervenir dans ses affaires intérieures.

La profonde instabilité de la Chine générée par la restauration du capitalisme s'est marquée , depuis 1989, par des manifestations de masse à Beijing mais aussi dans plus de 80 villes, et par des manifestations répétées des paysans et des grèves ouvrières dans les années 90. Bien qu'il préfère nettement une "démocratisation" progressive de la Chine, comme en Russie, l'impérialisme américain est aussi préparé à une action agressive contre la Chine. A cet égard, le partenariat EU-Japon sur la sécurité s'est encore renforcé en se présentant comme protecteur supposé de Taiwan et de la Corée du Sud, comme rempart face à la Chine et à la Corée du Nord, comme sentinelle sur les arrières de la Russie, comme garant de la paix et de la sécurité pour le "libre commerce" et la "démocratie" contre les mouvements révolutionnaires de l'Est Asiatique et comme base pour les forces de déploiement rapide au Moyen Orient.

Dans un nombre croissant de pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique Latine et de l'ancien bloc soviétique, l'agitation sociale et politique a pris la forme de coups et contrecoups d'état, de soulèvements de masse, de guerres entre forces réactionnaires, de brèves guerres civiles et de guerres populaires prolongées.

L'éclatement de violence contre-révolutionnaire domine encore aujourd'hui. Les forces réactionnaires en conflit jouent sur des slogans religieux et ethniques. Certains pédants parlent de "guerre de civilisations". Mais en fait, la lutte sociale est toujours précédée et causée par un désastre économique et social provoqué par les entreprises monopolistes étrangères et par des organisations multilatérales de l'impérialisme comme le FMI, la Banque Mondiale et l'OMT.

Suite au désastre économique et social engendré par l'impérialisme et en l'absence de tout parti révolutionnaire solide du prolétariat ou de mouvement révolutionnaire, les réactionnaires locaux rivalisent pour le pouvoir régional, en jouant sur le chauvinisme, la religion et d'autres slogans réactionnaires, à l'instigation des impérialistes ou bien de leur propre initiative. L'enchaînement des événements menant au grand massacre de 1994 au Rwanda, comme celui qui a conduit à l'éclatement de la Yougoslavie, au conflit ethnique plus complexe en Bosnie jusqu'à la guerre d'agression actuelle des EU et de l'OTAN en Yougoslavie, ont débuté par une crise économique et sociale générée par l'impérialisme.

L'effondrement des soi-disant marchés émergents a provoqué des troubles sociaux et la chute de Suharto en Indonésie. Maintenant, les forces militaires dirigées par les EU jouent sur les différences ethniques et religieuses et provoquent des conflits ethniques pour détourner la colère du peuple de l’impérialisme américain, de Suharto et de ses partisans, pour prolonger le rôle des forces militaires fascistes comme arbitre de la société et empêcher le progrès du mouvement révolutionnaire du peuple.

L'impérialisme est responsable d’une série de désastres économiques et de troubles politiques. Tantôt il s’agit de situations où il déclare cyniquement qu'il n'a aucun intérêt vital à l'exportation des matières premières d'un pays dépendant et semble ne pas se préoccuper d'intervenir, tantôt de cas où il met en avant de façon grandiloquente les intérêts humanitaires et intervient sans vergogne et de manière agressive. L'impérialisme est responsable des conditions économiques et sociales insupportables qui ont précédé les troubles politiques aboutissant au massacre de plus d'un million de personnes au Rwanda, de plus de 250,000 personnes en Bosnie et de tant d’autres dans les guerres intestines ailleurs dans le monde.

Il existe des luttes révolutionnaires armées, anti-impérialistes et démocratiques à des degrés divers, comme par exemple celles qui ont liquidé les dictatures de Mobutu au Congo et de Suharto en Indonésie. Il y a aussi des guerres populaires prolongées de démocratie nouvelle, avec une perspective socialiste, sous la direction de partis marxistes-léninistes et maoïstes. Ces luttes révolutionnaires armées sont très importantes parce qu’elles dépassent les conflits armés insensés, où seules les forces réactionnaires rivalisent pour le pouvoir, et qu’elles contribuent à la défaite de l’impérialisme et à la victoire de la révolution prolétarienne mondiale.

III. La lutte du peuple contre la guerre

L’aggravation de la crise du système capitaliste mondial ainsi que l’oppression et l’exploitation insoutenables poussent le prolétariat et les peuples du monde à lutter contre l’impérialisme, et donc contre la guerre, dans les pays capitalistes industrialisés, dans les anciens pays socialistes, dans les pays à gouvernement anti-impérialiste et dans de nombreux pays exportateurs de matières premières.

Dans tous les grands pays impérialistes, comme les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne, la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie monopoliste refait surface. Des grèves éclatent dans des industries clés et dans certains secteurs entiers de l’industrie. Parfois, ce sont des grèves générales.

Ce qui est particulièrement marquant dans ces grèves, c’est qu’elles constituent une rupture. Il faut les analyser dans le contexte de l’érosion du mouvement syndical qui dure depuis la fin des années 50 et la prédominance de l’aristocratie ouvrière dans ce qui subsiste de ce mouvement. Aujourd’hui, il y a une volonté croissante, parmi les travailleurs, de former des syndicats combatifs qui défendent réellement leurs intérêts de classe.

Les travailleurs ont déclenché plus de grèves en Europe occidentale qu'aux EU et au Japon. Les grèves et les manifestations de masse les plus fréquentes et les plus importantes ont lieu dans les petits pays capitalistes industrialisés, comme l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Le taux de chômage y est plus élevé et les conditions sociales bien moins bonnes. Jusqu’ici, les travailleurs américains ont mené plus de grèves que leurs camarades japonais. Ils ont réagi plus énergiquement aux licenciements massifs, aux fermetures d’entreprises et à la mise au travail à temps partiel.

Mais les ouvriers japonais vont sortir des griffes de l’aristocratie ouvrière discréditée et du paternalisme des entreprises. Le Japon est la grande puissante impérialiste la plus touchée par la crise. Chez son proche voisin, la Corée du Sud, les ouvriers ont déclenché de grandes grèves générales contre la fermeture brutale d’entreprises et le chômage.

Le désastre social est si grave que les EU, le Japon et leurs marionnettes sud-coréennes ont été contrecarrés dans leur tentative d’utiliser la Corée du Sud pour harceler la Corée du Nord et profiter des calamités naturelles qui y survenaient.

Dans les pays capitalistes industrialisés, les conditions sont favorables pour l’édification de partis marxistes-léninistes, de syndicats progressistes et d’autres organisations de masse et de solidarité avec les peuples étrangers. Le prolétariat et le peuple ont de plus en plus de dégoût pour la bourgeoisie monopoliste, l’aristocratie ouvrière, l’ensemble des partis conservateurs et soi-disant progressistes et les courants réformistes et révisionnistes.

Les chômeurs, les femmes, les jeunes et les immigrés se joignent aux manifestations des travailleurs. Ils abordent des questions communes touchant tous les aspects de leur vie sociale. Avec le prolétariat, ils luttent aussi bien pour des améliorations immédiates des conditions sociales que dans le but stratégique de construction du socialisme. Ils manifestent également leur solidarité avec les peuples en lutte pour leur libération nationale, la démocratie populaire et le socialisme, contre la domination impérialiste, les blocus économiques, les interventions et les agressions extérieures.

Partout dans le monde, les travailleurs manifestent contre la politique de ‘flexibilité du travail’ qui les prive de la sécurité d’emploi, d’avantages pourtant durement gagnés et de tous les droits démocratiques fondamentaux. Ces mesures constituent la base de la doctrine néolibérale, qui encourage les capitalistes monopolistes, aidés par l’état, à exploiter les travailleurs de la façon la plus brutale.

Les travailleurs ont ainsi renoué avec les grèves dans les pays impérialistes et dans les enclaves industrielles des pays dépendants. Il y a chez eux une conscience de plus en plus claire de la nécessité d’un véritable mouvement syndical fort contre les tentatives de la bourgeoisie monopoliste de détruire complètement les syndicats ou de les enfermer dans des schémas de collaboration avec le monde des affaires et l’Etat contre-révolutionnaire.

La dégénérescence révisionniste du socialisme a fait reculer la marche historique de l’humanité. La restauration complète du capitalisme dans les pays de l’ancien bloc soviétique a eu pour conséquence la destruction de forces productives, l’apparition des formes les plus hideuses d’exploitation et a permis à l’impérialisme américain et à l’OTAN de déclencher une guerre d’agression en Europe. Aussi bien l’industrie que l’agriculture sont dévastées sous la houlette de l’impérialisme occidental et de la nouvelle bourgeoise. C’est l’aboutissement de décennies de trahisons révisionnistes, de corruption bureaucratique et de stagnation économique depuis la fin des années 70.

Le mécontentement et le dégoût augmentent parmi les masses et se manifestent sous la forme de grèves générales et de grandes actions de protestations. Quelques groupes et partis s’efforcent de défendre les positions marxistes-léninistes et de diriger les luttes de masse. Ils doivent tirer les leçons de l’expérience historique, appliquer les enseignements révolutionnaires de Lénine et Staline et diriger les luttes révolutionnaires du prolétariat et du peuple.

En Russie, la rapacité de la nouvelle bourgeoisie criminelle est sans limite. Après avoir privatisé les entreprises les plus rentables, cette bourgeoisie utilise les institutions et les ressources de l’Etat pour s’enrichir davantage encore. Mais elle échappe aux impôts et ne s'acquitte pas des biens et services fournis par les institutions et les entreprises d’Etat qui subsistent. L’Etat est en faillite et est incapable de payer les salaires des fonctionnaires. Les entreprises privées ont aussi des problèmes pour verser les salaires. Du coup, de nombreuses grèves générales et manifestations de masse ont éclaté un peu partout.

Totalement retournée au capitalisme, la Russie joue à nouveau son rôle traditionnel de puissance impérialiste faible, tout comme elle le faisait avant la Première Guerre Mondiale. La situation est complètement désespérée. Les véritables communistes doivent aujourd’hui relever un défi : diriger le prolétariat et le peuple contre la nouvelle bourgeoisie monopoliste et suivre une voie révolutionnaire au milieu d’une cacaphonie de nationalistes, révisionnistes et libéraux.

Le prolétariat et le peuple haïssent la nouvelle bourgeoisie, mais aussi l’impérialisme des EU et de l’Allemagne, le FMI et d'autres organisations multilatérales ainsi que l’OTAN, pour s’être approchés des frontières de la Russie et avoir déclenché une guerre d’agression contre la Yougoslavie. Dans les manifestations, ils scandent : "D’abord l’Iraq, puis la Yougoslavie, et après la Russie".

En Chine, des luttes se développent contre les fermetures et les restructurations des entreprises d’Etat, la détérioration des conditions salariales, le retard dans le payement des produits livrés par les paysans et la prolifération d’impôts spéciaux, réminiscence du régime du Guomindang. La pompe " keynésienne " est maintenant amorcée sous la forme de travaux publics mais cela ne peut résoudre les problèmes dus à la politique économique axée sur les produits semi-finis pour l’exportation.

Quelques révolutionnaires prolétariens se battent pour construire un parti communiste révolutionnaire. Il devra propager la pensée de Mao et diriger le peuple sur la voie révolutionnaire, pour dépasser la rivalité croissante entre une faction anticommuniste de la nouvelle bourgeoisie et une faction révisionniste qui porte toujours les signes extérieurs du socialisme et du parti communiste. Des organisations de masse et des structures révolutionnaires se développent discrètement, même si des groupes révolutionnaires sont maintenus à l’intérieur du parti dirigeant discrédité et de l’Etat

Par sa double politique d’ entraînement et de "contrôle" à l’égard de la Chine, les EU poursuivent l’objectif de rétablissement du capitalisme, l’élimination du parti communiste dirigeant et la réunification de Taiwan et de la Chine sous les auspices des EU. Dans la mesure où les EU et d’autres puissances impérialistes menancent la souveraineté nationale et l’indépendance de la Chine, les peuples du monde devront soutenir le peuple chinois, tout comme ils apportent leur soutien au peuple Cubain, à la Corée du Nord, à la Libye, à l’Iraq, à la Yougoslavie et à d’autres pays qui sont les cibles des blocus, d’interventions et d’agressions par les EU et les autres pays impérialistes.

On trouve aujourd’hui un large éventail de forces anti-impérialistes dans le monde. Il inclut les partis marxistes-léninistes et d’autres partis révolutionnaires, des organisations et mouvements de masse, des institutions et quelques gouvernements qui prônent l’indépendance nationale. Ces forces mènent des formes de lutte variées. Il existe une interaction positive entre la lutte anti-impérialiste générale et le combat révolutionnaire pour la démocratie du peuple et le socialisme.

Un nombre significatif de mouvements révolutionnaires armés de libération nationale et de démocratie nouvelle subsistent et se renforcent en Asie, en Afrique et en Amérique Latine. Certains d’entre eux sont dirigés par des partis marxistes-léninistes maoïstes, comme aux Philippines, en Inde, au Népal, au Pérou et en Turquie. Ils suivent la ligne générale de la révolution nationale et démocratique, avec une perspective socialiste. D'autres sont dirigés par des partis non maoïstes, comme en Colombie, au Mexique, au Kurdistan et quelques autres pays. Ils sont révolutionnaires dans la mesure où ils combattent l’impérialisme et la réaction. Au-delà de la guerre froide, tout cela signifie la continuation de la lutte révolutionnaire contre l’oppression et l’exploitation incessante des impérialistes et des réactionnaires locaux.

Ces mouvements révolutionnaires armés jouent un rôle très important : tenter d’apporter une réponse à la question centrale de la révolution, à savoir la prise du pouvoir politique par les armes. Ils infligent des coups réels aux impérialistes et aux réactionnaires locaux et encouragent le prolétariat et le peuple des autres pays à se préparer à la révolution armée.

Les maillons les plus faibles dans la chaîne de la domination impérialiste se situent dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux. Ils regroupent la grosse majorité de la population mondiale et comptent beaucoup de paysans. Dans la plupart de ces pays, il est possible de mener une guerre populaire prolongée dans la ligne de la révolution de démocratie nouvelle. Les désastres causés par la crise actuelle de l’impérialisme ont préparé le terrain pour des guerres populaires prolongées.

A ce propos, des partis marxistes-léninistes et d’autres partis se sont rencontrés lors d’un séminaire en décembre dernier pour défendre la théorie et la pratique de la révolution prolétarienne, promouvoir la guerre populaire prolongée dans les pays semi-féodaux et semi-coloniaux et soutenir mutuellement leurs luttes révolutionnaires pour la libération nationale et la démocratie. La déclaration sur Mao et la Guerre Populaire élaborée par le séminaire met en avant le rôle important de la guerre populaire prolongée dans les pays semi-féodaux et semi-coloniaux et son interaction dialectique avec les luttes révolutionnaires dans les autres pays.

Pour sa part, le prolétariat des pays capitalistes industrialisés mène une lutte de classes pour affaiblir l’impérialisme et préparer la révolution armée. Il peut profiter des défaites et de l’affaiblissement de l’impérialisme à l’étranger. En fin de compte, pour que le socialisme l’emporte sur le capitalisme à une échelle globale, le prolétariat des pays impérialistes doit vaincre la bourgeoisie monopoliste.

Il est important et urgent de d’appliquer, dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux, la ligne stratégique consistant à encercler les villes à partir des campagnes, pour construire et consolider une force armée pendant une longue période de temps, jusqu’au jour où la prise du pouvoir dans les villes devient possible. Cette ligne est, aujourd’hui et pour longtemps encore, la voie la plus rapide pour libérer les coups meurtriers de la révolution armée contre l’impérialisme et pour édifier des bases rouges dans les campagnes avant de s’emparer du pouvoir politique à l’échelle nationale.

L’influence globale de la pensée de Mao et de la pratique de la guerre populaire était à son summum au moment de la victoire de la révolution chinoise, jusqu’à la fin de la guerre du Vietnam et de la Grande Révolution Culturelle. Mais cette influence a été contrée par des courants fortement révisionnistes, le concept de l’assistance soviétique comme facteur décisif et d’autres positions petites-bourgeoises sur la victoire militaire rapide, alors même que des mouvements révolutionnaires armés de longue haleine, maoïstes ou non, mettaient en pratique la lutte dans les campagnes.

On constate, assez ironiquement, que lorsque la ligne stratégique de Mao sur la guerre populaire prolongée était dénigrée par les révisionnistes et la petite bourgeoisie radicale, les impérialistes américains engrangeaient des succès en utilisant une certaine forme de bases rurales populaires, basées sur l’ethnie ou la religion, pour s’attaquer aux régimes soutenus par l’Union Soviétique et basés dans les villes, comme en Angola, au Mozambique, au Nicaragua et en Afghanistan. Tandis que la stratégie de "guerre spéciale" de Kennedy, utilisant la lutte anti-guérilla, a échoué au Vietnam, Reagan marquait des points avec la théorie du "conflit de faible intensité".

Au contraire, le cas des Philippines montre clairement que lorsqu’un parti révolutionnaire du prolétariat applique correctement la stratégie de la guerre populaire prolongée, les impérialistes et les réactionnaires locaux échouent dans leurs tentatives de copier et d’appliquer les tactiques de la guerre populaire contre l’armée du peuple. Des ONG anticommunistes, des renégats engagés comme espions de guerre, des unités paramilitaires, des sectes religieuses armées et des projets visant à dresser une communauté contre l’autre ont été contrecarrés par les mouvements révolutionnaires armés.

La pensée de Mao et la pratique de la guerre populaire sont des armes puissantes de la révolution prolétarienne mondiale, quand elles sont correctement appliquées dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux. Lorsque de plus en plus de partis du prolétariat adopteront et mettront en pratique cette stratégie de la guerre populaire prolongée dans ces pays, les puissances impérialistes et leurs régimes dévoués perdront du terrain.

Dans les pays où la ligne stratégique de guerre populaire prolongée est applicable, l’armement de haute technologie des US sera inefficace, comme la guerre du Vietnam l’a prouvé. Et si plus de peuples mènent une guerre révolutionnaire sur cette base, les impérialistes et les réactionnaires locaux seront perdants dans le combat corps à corps. Avec leur méthode lâche de tir à distance, ils n’auront jamais assez de missiles de croisière et de bombes guidées au laser pour atteindre les cabanes des paysans et l’armée populaire. Dans l’arsenal du prolétariat et du peuple, la guerre populaire prolongée est l’arme indispensable pour mener l’impérialisme à sa perte. Elle peut couper l’herbe sous le pied des impérialistes avant même qu’ils ne déclenchent une guerre d’agression ou une guerre mondiale. Elle peut réussir cela sur une échelle encore plus grande lorsque les impérialistes déclenchent une guerre mondiale ou une guerre importante dans une ou deux régions du globe.

Dans l’histoire de la révolution bolchevique, les travailleurs ont conquis le pouvoir d’abord dans les villes. Mais des luttes avaient lieu dans les campagnes, parmi les paysans, pendant la guerre civile et durant la guerre contre l’intervention étrangère. Dans la révolution chinoise, le pouvoir a été établi d’abord dans les campagnes, pour une longue période.

Cela signifie-t-il que la guerre révolutionnaire dans les campagnes n’est possible que dans les pays où les paysans constituent la majorité de la population ? Dans les pays où les paysans forment une part importante, mais non majoritaire, de la population, une combinaison ou un enchaînement de soulèvements armés dans les villes et de guérilla rurale est possible. Dans certains anciens pays socialistes, dont les industries sont démantelées et qui sont sujettes à une compradorisation et à un retour au féodalisme, la révolution prolétarienne peut initier la guérilla rurale en combinaison avec des soulèvements ouvriers. Même dans certains pays capitalistes industrialisés, dans les conditions d’une guerre inter-impérialiste, une certaine forme de guérilla rurale est possible, comme durant la Seconde Guerre Mondiale.

Pour combattre l’impérialisme et la guerre et faire progresser la révolution prolétarienne mondiale, il ne suffit pas de mener des guerres populaires prolongées dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux. Le développement de la révolution prolétarienne mondiale dans différentes régions du monde, dans des conditions différentes, prendra des formes de lutte révolutionnaire variées.

A l’heure actuelle, où il n’y a pas de pays socialiste jouant le rôle de rempart industriel pour la révolution prolétarienne mondiale, il est extrême important de développer le mouvement révolutionnaire aussi bien dans les anciens pays socialistes que dans les pays impérialistes. Les guerres populaires prolongées et les autres formes de luttes révolutionnaires dans les pays dépendants aident le prolétariat et le peuple dans les pays impérialistes à développer leur propre mouvement révolutionnaire.

L’Inde est un état semi-colonial et semi-féodal mais possède, dans une certaine mesure, une base industrielle comme la Russie en 1917. Contrairement à l’Inde, les Philippines n’ont pas d’industrie de base. Pour que la révolution aux Philippines puissent passer de l’étape de révolution nationale et démocratique à l’étape socialiste, il doit y avoir d’autres peuples qui mènent à bien la révolution dans leurs propres pays et avec lesquels le peuple philippin pourra coopérer pour établir les fondements d’une industrie et contrer tout blocus économique impérialiste.

En dirigeant une guerre populaire prolongée selon la ligne de démocratie nouvelle, le Parti Communiste des Philippines, parmi les partis marxistes-léninistes, se retrouve aujourd’hui à l’avant-garde de la lutte contre l’impérialisme et la réaction. On peut être fier d’ être en première ligne, mais cela implique de lourdes responsabilités, de grands risques et des sacrifices.

Les communistes phillipins espèrent que, dans un laps de temps assez court, de plus en plus de peuples prendront la voie de la révolution armée. Ils envisagent la période actuelle comme celle de la transition d’un creux de vague temporaire vers un niveau plus élevé de la lutte du prolétariat et du peuple.

Nous croyons vraiment que le grand mouvement anti-impérialiste et la révolution prolétarienne mondiale vont renaître et feront de grands progrès durant le 21e siècle, parce que nous avons vu, durant cette dernière décennie, le caractère violent, destructif, parasitaire et moribond de l’impérialisme. Les partis marxistes-léninistes, le prolétariat et les peuples du monde doivent résolument se préparer de façon active pour un nouveau round important dans la lutte historique entre le capitalisme et le socialisme.

Contribution au 8ème Séminaire communiste international, Bruxelles, 2-4 mai 1999

Thème: L’impérialisme, c’est la guerre

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