Contribution au 8ème Séminaire communiste intenational, Bruxelles, 2 - 4 Mai 1999

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Progression de l'Otan vers l'Est - sérieuse menace à la cause de la paix

Oleg S. Chénine
Président du Conseil de l'UPC-PCUS
et du Comité International ‘Pour l'Union et la Fraternité des Peuples’

L'organisation du Traité de l'Atlantique Nord - bloc militaro-politique de l'Otan, créée en avril 1949, est apparue comme le fruit de la ‘guerre froide’ et par la suite est devenue l'un des outils les plus actifs de sa gestion et de l'outrance par les principales puissances impérialistes occidentales.

Avec les années elle s'est transformée, de défenseur de la position et des intérêts des USA en Europe, en gendarme mondial s’ingérant dans les affaires intérieures des différents états, dont plusieurs se trouvent hors de la zone d'action de l'Otan. Des exemples récents sont l'Irak, les pays des Balkans, d'où ont commencé les deux guerres mondiales et d'où peut débuter une troisième.

Ainsi l'Otan, contrairement aux assurances de la propagande impérialiste mensongère, depuis le début, n'a eu rien de commun avec la garantie de paix et de sécurité en Europe. Elle a toujours poursuivi et poursuit des buts agressifs dans les intérêts des milieux les plus réactionnaires, belliqueux des puissances occidentales.

Après la cessation de l'activité du Pacte de Varsovie, la question se pose naturellement de la dissolution de l'Otan. Mais en réalité le contraire s'est produit. Dans les conditions où la puissance militaire défensive de l'Union Soviétique et du pacte de Varsovie ne s'opposaient plus au bloc agressif de l'Otan, celle-ci fut poussée par la clique militaire américaine et dévoila ouvertement sa nature agressive anti-populaire.

Il est vrai, pendant un certain temps, pendant la ‘guerre froide’, les grands chefs de l'Otan endormirent la vigilance des peuples en encourageant la contre-révolution en Union Soviétique et dans les pays socialistes de l'Europe de l'Est. Ils ne cessèrent pas d'assurer qu'ils ne passeraient en aucun cas à l'élargissement du bloc, que l'Otan ne pousserait pas vers l'Est, ‘pas même d'un pouce’.

Ainsi, avec la complicité d'un groupe dirigeant de l'époque en URSS, avec à sa tête M. Gorbatchev, A. Yakovlev, E. Chevardnadze et quelques autres, fut réalisé la plus grande tromperie sinistre, contribuant à l'affaiblissement, et après à la défaite temporaire du socialisme en Union Soviétique et dans une série de pays de l'Europe Orientale.

La défaite provisoire du socialisme et l'élargissement de l'Otan, qui s'en est suivi, changent radicalement la situation stratégique en Europe au détriment de la Russie, de la cause de la paix et de la sécurité en Europe.

Déjà rien que la destruction de l'Union Soviétique par les traîtres a privé la Russie de 17 armées interarmes et de chars, de 3 armées de défense anti-aériennnes, de 5 armées de combat aériennes, d'un nombre important d'aérodromes militaires, de bases et d'arsenaux. Il y a eu une réduction forte du nombre de navires de la flotte de guerre maritime. Maintenant, avec l'entrée dans l'Otan de la Hongrie, de la Pologne et de la Tchéquie, le rapport de forces en faveur de l'Otan a encore augmenté.

L'élargissement de l'Otan vers l'Est a changé sérieusement la situation de la mobilisation en Europe.

Des autoroutes et chemins de fer sur les territoires hongrois, polonais et tchèques sont mis à la disposition de l'Otan, des aérodromes, plus de 550 dépôts et bases militaires, d'où le temps de déploiement du groupement militaire Otan s'est réduit à 30 heures.

Pour une première et décisive opération stratégique par le commandement de l’Otan, il faut employer massivement l'aviation tactique sur une profondeur de 600 à 1000 km de la frontière d'état. Avant l'entrée dans l'Otan de la Hongrie, de la Pologne et de la Tchéquie, l'Otan pouvait utiliser pour ce but à peine 550 avions de combat des 5300 qu'elle possède. Avec l'entrée des pays mentionnés dans le bloc militaire, l'Otan a la possibilité d'avancer vers l'Est de 650-750 km. En utilisant 230 aérodromes, créés dans ces pays par l'Armée Soviétique, l'Otan peut y concentrer 3500 avions de combat et porter des attaques aériennes jusqu'à la Volga.

La soudaineté est un facteur de la plus grande importance dans la guerre contemporaine. Avant, la soudaineté de la première frappe était pratiquement impossible, mais maintenant l'aviation de l'Otan peut porter des attaques sur Kaliningrad et la ceinture-frontière de Russie déjà en quelques minutes après le décollage.

En cas d'entrée dans l'Otan des pays de la Baltique une menace directe pour Moscou apparaît et l'aviation de l'Otan pourrait atteindre l'Oural. Même un groupe de forces de missiles d'importance stratégique et des aérodromes d'aviation de Russie éloignée se trouvent dans la zone d'attaques des forces de l'aviation tactique de l'Otan.

Avec l'entrée de la Pologne dans l'Otan, la flotte russe de la Baltique est coupée en deux et est privée de la possibilité de manoeuvre stratégique. En même temps, les forces de guerre maritimes du bloc croissent de prèsque 20%, et le chiffre de l'aviation de patrouille d'une fois et demie.

La préparation de l'entrée à l'Otan d'autres pays de l'Europe de l'Est, en y incluant des ex-républiques soviétiques (Lituanie, Moldavie, Ukraine, Estonie), se met en marche à toute vitesse à travers du programme dit ‘Partenariat pour la paix’. Cette entreprise Otan comprend l'exécution de manoeuvres militaires conjointement avec l'Otan, dont le nombre augmente chaque année en progression géométrique. Elle comprend aussi l'entraînement à l'Ouest de cadres officiers, la liaison des systèmes d'administration et de communication, des visites mutuelles de navires etc.

La crise économique sévère en Russie limite la possibilité d'agrandir son potentiel militaire. Aujourd'hui l'armée russe ne possède que 30% d'armes modernes, au moment où les armes de l'Otan en ont 60-80%. En l'an 2000, si les tendances actuelles se maintiennent, il n'en restera dans l'armée russe que 10%, et en 2005 plus que 5 à 7% d'armements modernes. Il faut aussi tenir compte de ce que les pays de l'Otan dépensent en entretien de leurs armées 24 fois plus de moyens que ne peut se permettre la Russie.

Il y a un mois et demi, à la mi-mars 1999, la Chambre des représentants du Congrès des USA, après le sénat, a adopté une résolution sur le déploiement d'un système de défense anti-missiles. Cet acte perfide est en violation flagrante de tous les accords et obligations conclus auparavant entre la Russie et les USA. En cette circonstance, la Russie doit chercher une réponse adéquate et il est certain qu'elle la trouvera. Ainsi, par la faute des USA, un nouveau tour de la course aux armements commence, très dangereux et imprévisible. Il ne renforce non seulement pas une soi-disant sécurité, mais il fait du tort, de la façon la plus sérieuse, au fondement déjà fragile de la paix universelle.

Parallèlement avec l'avancée à l'Est et l'accroissement du potentiel d'intervention, les milieux militaro-politiques occidentaux s'efforcent d'instaurer leur contrôle sur le milieu intellectuel de la Russie afin de l'asservir. Cela se réalise suivant deux directions principales:

Dans le pays l'activité ouvertement subversive de différentes sectes religieuses occidentales est autorisée - agence directe des services spéciaux impérialistes. La corruption de groupes sociaux complets, capables d'influer sur les décisions gouvernementales, est largement diffusé: des fonctionnaires, journalistes, savants-politologues, économistes etc. A travers de fonds occidentaux et de programmes de coopération scientifique et humanitaire, d'énormes moyens sont répartis sous la forme de bourses, d'aides, de voyages à l'étranger, source généreuse d'enrichissement d'une partie influente de l'élite intellectuelle russe. Le sionisme international joue un rôle actif dans cette action subversive anti-russe.

Par le discrédit des structures du pouvoir, par l'action énergique des agents d'influence vendus dans les organes du pouvoir d'état et des médias électroniques, le pays perd pratiquement la capacité de s'opposer à l'agression extérieure. Les communistes, les larges milieux d'opinion publique patriotique, tirent la conclusion que sans solution radicale du problème de la ‘5-ième colonne’, la sécurité d'état de la Russie ne peut être assurée d'aucune façon.

Examinant le problème de l'avancée de l'Otan à l'Est, il faut voir la préparation à grand pas vers l'expansion de l'Otan depuis le Sud jusqu'au Nord. Il y a déjà le remue-ménage provocateur non dissimulé autour de la création de l'alliance Ukraine-Géorgie-Azerbaidjan-Uzbekistan avec une tendance ouvertement anti-russe. Ainsi se crée un cordon ‘sanitaire’ particulier autour de la Russie.

Je ne traite pas la situation en Extrème-Orient, où les complices japonais de l'Otan ne dorment pas non plus.

De tout ce qui a été dit, on peut conclure que l'activité hostile des pays-membres de l'Otan contre la Russie passe d'une phase invisible à une phase ouverte. Le camouflage politico-propagandiste des dernières années est rejeté, la préparation est en cours pour la dernière phase - militaire - de destruction de la Russie. L'avancée de l'Otan à l'Est, en y incluant une série de pays d'Europe orientale, mais aussi certains états - ex-républiques soviétiques - est un important élément dans ce projet.

Actuellement, les bonzes de l'Otan sont retenus dans l'élargissement rapide à l'Est par trois facteurs:

- le potentiel militaire encore conservé de la Russie, en particulier le potentiel nucléaire stratégique

- les craintes de l'occident, que cette démarche conduise à des changements politiques en Russie dans un sens désagréable, et avant tout au renforcement de l'influence des forces de gauche, patriotiques, à la réduction des ‘réformes’ etc.

- la crainte d'un rapprochement plus poussé de la Russie avec la Biélorussie, mais aussi avec la Chine, l'Iran, l'Irak, la Syrie, la Libye, et une série d'autres pays hostiles à l'impérialisme.

Fin mars la société internationale fut confrontée avec un acte malfaisant sans précédent du bloc de l'Otan, commis au centre de l'Europe sous la direction des meneurs de l'impérialisme américain. Dans l'intention de s'introduire dans les Balkans, ils ont attaqué ouvertement et effrontément la Yougoslavie souveraine. Ce fut fait sous le prétexte que celle-ci n'autorisait pas le groupe de séparatistes kosovars à rompre en parties le pays déjà déchiré, et ne rendait pas une de ces parties pour en faire une base de la machinerie de guerre de l'Otan, qui se précipite à l'Est.

L'agression contre la Yougoslavie fait sans doute partie des projets des stratèges de l'Otan. Ces projets visent à détruire la base sur laquelle fut construit tout le système de sécurité d'après-guerre en Europe. Si cette agression n'est pas réprimée à la racine, et si les coupables dans ce forfait ne reçoivent pas un châtiment sévère au Tribunal International, les bonzes de l'Otan, ayant dépassé toute mesure, n'hésiteront pas à diriger demain des armadas de charognards sur n'importe quel autre pays de l'Europe de l'Est, y compris la Russie.

La position des leaders de la social-démocratie européenne, en rapport avec l'agression de l'Otan contre la Yougoslavie, et avec l'avancée du bloc militaro-politique à l'Est, mérite l'attention. Ils dirigent les gouvernements des grands pays ouest-européens, ils composent le noyau dirigeant de l'internationale socialiste, et apparaissent comme coparticipants au vandalisme de l'Otan, sous la direction des USA, contre le peuple yougoslave.

Ainsi nous voyons aujourd'hui comment les leaders sociaux-démocrates démontrent ouvertement et effrontément leur essence bourgeoise. Ils sont les valets véritables de l'impérialisme et confirment entièrement la conclusion des marxistes-léninistes, de beaucoup de détachements d'avant-garde du mouvement ouvrier international: sans délimitation décisive de la social-démocratie, sans dévoilement sévère de sa politique anti-ouvrière, anti-populaire, la victoire sur l'impérialisme ne peut être complète.

Revenant au thème de l'élargissement de l'Otan vers l'Est, il faut examiner les buts et les motifs des milieux dirigeants de l'Occident en rapport avec l'intensification du bloc.

Leur but commun à tous, c'est d'écraser le socialisme, de morceler l'Union Soviétique et la Russie, pour installer sur son territoire la ‘liberté’ et la ‘démocratie’. Tout ce qui demeurera après cela, c'est la transformation en appendices coloniaux de matières premières des puissances impérialistes. Sur le territoire de la Russie se trouvent 60-70% des réserves mondiales reconnues de matières premières. En même temps, chacune de ces puissances possède ses objectifs intéressés, bien souvent ne coincidant pas avec les objectifs des autres partenaires dans le brigandage impérialiste.

Pour les USA, l'élargissement et le renforcement de l'Otan apparaissent comme le moyen de garder la présence militaire des USA en Europe. Par la même ils veulent conserver l'influence américaine sur la région, qui commence à peser de la domination outre-océanique sur le continent, et qui veut s'en libérer et devenir un centre indépendant de politique mondiale.

Dans l'extension de l'Otan à l'Est, on peut voir la tentative de l'Allemagne de renforcer son leadership sur le continent, d'augmenter son influence économique, politique et militaire. La position de l'Allemagne provoque, naturellement, l'opposition d'autres partenaires de l'Otan. Ceux-ci craignent traditionnellement la domination germanique.

La bureaucratie de l'Otan craignait encore récemment de pouvoir ne pas être à son affaire, et elle intervient aussi pour l'élargissement à l'Est.

Toute une série d'anciens, de nouveaux et de futurs membres de l'Otan commencent à se rendre compte que l'élargissement du bloc créera inévitablement de nouvelles lignes de partage en Europe. Cela n'élèvera pas le niveau général de la sécurité européenne, mais la diminuera fortement. Mais dans les milieux militaro-politiques du bloc ces dangers ne sont pas perçus entretemps.

Dans le complexe des problèmes d'élargissement de l'Otan à l'Est une question mérite aussi l'attention: comment expliquer le zèle excessif des leaders de certains pays est-européens à paraître dans le bloc? Leurs intentions sont assez évidentes. Ils connaissent sans doute les dépenses d'un membre de l'Otan, mais par dessus porte la tentation de se rapprocher du but le plus cher: s'associer aux structures économiques de l'Union Européenne. Il est pourtant improbable que l'Europe de l'Est pourra élever la compétitivité de sa production pour conquérir des marchés ouest-européens. Mais il est tout à fait clair qu'ils perdent le marché russe bien assimilé.

Il serait naïf de perdre de vue cet aspect: le processus d'accès à l'Otan est détaché des calculs économiques réels de cette démarche. De toute manières on le passe sous silence, face à l'opinion publique européenne occidentale et orientale. Néanmoins la crainte s'exprime déjà que pour l'élargissement de l'Otan, il faudra que tous ses membres paient, et paient pas mal. Selon certains estimations, cette aventure guerrière ne coûtera pas moins que 60 milliards de $ dans les 10 prochaines années.

L'adhésion de la Pologne et de la Tchéquie à l'Otan s'explique souvent par leur aspiration à neutraliser dans le cadre du bloc de possibles prétentions territoriales de la part de l'Allemagne. Elle voudrait reprendre les territoires qu'on lui a pris à la suite de la deuxième guerre mondiale. L'illusion de tels calculs est évidente. Dans les années après la guerre, la Russie était la garante de leur intégrité territoriale. La Russie est sortie maintenant du système de régulation politique d'après-guerre sur la base des accords de Yalta et de Potsdam. Cette sortie crée justement la plus grande menace pour l'intégrité tant de la Pologne que de la Tchéquie. L'histoire européenne des derniers siècles le prouve.

Les leaders des pays est-européens entrés dans l'Otan ignorent ce fait évident, qu'en cas de conflit important en Europe entre l'Est et l'Ouest, c'est précisément leur territoire qui sera l'arène principale de la confrontation armée.

C'est ce qu'ignorent les leaders actuels pro-occidentaux des pays de l'Europe de l'Est, qui jouent d'une façon criminelle avec les destins de leurs états et de leurs peuples. Mais les actes des leaders sont perçus différemment dans les milieux nationalistes influents de ces pays, où règnent l'angoisse et l'éveil. Vus les liens séculaires de la Russie avec les pays d'Europe de l'Est, il est difficile de supposer que les peuples des pays de l'Est européen considéreront la Russie comme un pays ennemi. Il est donc peu probable que l'Otan pourra se renforcer sur le compte des peuples slaves.

L'opinion publique européenne prête aussi l'attention à l'humeur des combattants. Et dans l'Europe de l'Est et de l'Ouest les militaires, à la différence des politiciens, ne sont pas du tout des partisans de l'élargissement du bloc.

Il est clair aussi que l'adhésion des pays de l'Europe de l'Est à l'Otan, avec leur principe de consensus d'acceptation des décisions, ne rendra aucunement cette organisation plus efficace.

Le facteur déterminant au compte final sera la balance des forces entre la Russie et ses opposants occidentaux. C'est justement cet équilibre qui a permis de garder la paix en Europe au cours de toute la deuxième moitié du 20-ième siècle. Dans la situation actuelle la Russie n'éprouve pas de sentiment de défaite. Elle a gardée depuis l'époque soviétique assez de réserve de solidité. Selon les estimations du Pentagon, la Russie est l'unique pays, capable encore maintenant de détruire les USA en 30 minutes.

L'état russe est encore capable de détourner dans son ensemble l'évolution des événements défavorable pour le pays. Le problème réside, avant tout, dans le manque de volonté politique à la haute direction de la Russie. En plus, le régime actuel entreprend des tentatives ouvertes et cachées pour s'approcher de l'Otan. Ainsi le régime cherche du soutien dans sa lutte avec l'inévitable renaissance en Russie du socialisme et de l'Union des peuples frères. Déjà en 1991 le régime a commencé l'approche en essayant de devenir membre. Depuis le régime fait tout pour élargir sa collaboration avec l'Otan. Cela explique la brutalité avec laquelle l'Otan se lance à l'Est, commet son brigandage là où le veulent ses leaders. Ils savent que le régime russe n'ira pas plus loin que des gestes décoratives.

Le régime actuel est soumis au diktat des magnats financiers internationaux, et n'est pas très soucieux des destinées de la Russie. Il fait plus souvent écho aux falsificateurs occidentaux plutôt que de prendre des mesures efficaces pour la défense des intérêts russes. Néanmoins, sous la pression de larges forces sociales, il est obligé de prendre à ce sujet certaines mesures responsables.

Pour résoudre essentiellement le problème de la résistance à la menace extérieure, on a besoin avant tout de stabilité politique interne et d'unité dans la société. En Russie maintenant il n'y a ni l'un ni l'autre. Elle est divisée en un groupe de dilapidateurs des fonds d'état extrêmement riches, et une masse énorme de pauvres gens.

La restauration d'une entente nationale véritable n'est possible qu'avec un changement radical de la politique socio-économique du pays. Mais cela exige, avant tout, l'éloignement du régime dirigeant anti-populaire, des changements de cap et la restauration du pouvoir politique du peuple travailleur en Russie et dans les autres états, ex-républiques soviétiques. L'Union des Partis Communistes - PCUS s'est exprimé ouvertement à ce sujet à son congrès de novembre 1998.

A l'heure actuelle le régime russe cède a la pression des forces socio-patriottiques, adopte certaines mesures pour renforcer la sécurité du pays. On examine en particulier la question des changements dans la doctrine militaire avec la confirmation de la résolution de la Russie d'utiliser en premier l'arme nucléaire tactique en cas d'agression contre elle. En plus, le coup sera porté, avant tout, sur des objectifs sur le territoire des pays d'où provient l'agression contre la Russie. La conception d'utilisation de forces nucléaires stratégiques uniquement pour des coups en réponse et de rencontre est gardée.

L'élargissement engagé de l'Otan à l'Est a déjà stimulé une série d'énergiques démarches de politique extérieure de la Russie, ce qui dans d'autres conditions aurait pris des années. On active, face à la réaction violente de l'agence pro-occidentale, le processus de rapprochement de la Russie avec la Biélorussie en tenant compte de la menace militaire évidente pour les deux états. Cela touche aussi le rapprochement de la Russie avec la Chine, l'Inde et quelques pays amis.

On examine la question du renforcement de l'attention portée au mouvement de libération nationale dans une série de pays, mais aussi la reprise et le refus de limitation de livraisons d'armes à une série de pays avec lesquels la coopération était interrompue dans le domaine militaire depuis 1992.

Les actions de l'Otan commencent à faire apparaître une influence sur la répartition des forces politiques en Russie. Au total il y a toutes les raisons d'estimer qu’autour de la résistance contre l'Otan, se consolident visiblement les forces saines de la société russe.

A la Douma d'Etat de la Fédération de Russie on a créé une Commission Anti-Otan avec à la tête le suppléant du Président de la Douma, C. N. Babourine, à laquelle adhèrent déjà plus que la moitié des députés de la Douma. Le travail de la Commission devient l'un des facteurs moteurs du début d'importants progrès sociaux du côté de l'affranchissement de la tutelle occidentale et des agents occidentaux d'influence et de la défense des intérêts nationaux radicaux du pays.

Contribution au 8ème Séminaire communiste intenational, Bruxelles, 2 - 4 Mai 1999

Thème : L’impérialisme, c’est la guerre

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