Parti Communiste de Turquie - marxiste-léniniste
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Conformément à sa nature, le mode de production capitaliste a traversé de longues crises périodiques tout au long de son histoire, à travers le monde. La crise de suraccumulation de 1929 a été surmontée par la mise en uvre de politiques keynésiennes après la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, les marchés en expansion présentaient les conditions appropriées pour la mise en uvre de ce type de politiques, qui rendent déterminante lintervention de lEtat.
Néanmoins, dans les années 70, les impérialistes ont été confrontés au même problème de suraccumulation à travers le monde entier. La production saccroissait continuellement et les marchés se rétrécissaient. Et après la Seconde Guerre impérialiste, Keynes, qui avait fournit une issue à la crise et avait été proclamé le grand sauveur du capitalisme, était cette fois accusé davoir été le père des politiques qui avaient entraîné une nouvelle crise.
Pour sortir de la crise résultant de lintensification de la production et étant donné un certain engorgement des marchés, il était nécessaire de mettre un terme à lintervention de lEtat dans léconomie, préconisé par les théories keynésiennes, de supprimer les taxes élevées sur le capital, dabattre les barrières entravant la libre circulation des capitaux et de mettre fin aux politiques accordant des droits sociaux aux travailleurs et assurant la garantie demploi et le plein emploi. Toutes ces mesures étaient des obstacles à lextension des bénéfices et du capital.
Les progrès technologiques ont bouleversé le processus de production
Certains changements dans le processus dindustrialisation, des pays industrialisés comme le Japon et des pays nouvellement industrialisés (comme les Tigres asiatiques) ont provoqué un accroissement de la concurrence. Toutefois, lengorgement des marchés et laccroissement de la compétition ont rendu nécessaire un changement dans les politiques économiques. Des politiques néolibérales, représentant un retour au libéralisme, ont donné poids au progrès technologique et les développements dans le domaine de la micro-électronique ont entraîné de profonds bouleversements dans le processus de production.
"Le mode de production fordiste, qui repose sur la production de masse, la production standard et la compétition des prix, ainsi que lorganisation tayloriste du travail, reposant sur la division du travail et la spécialisation, sont en train de changer à large échelle. Particulièrement dans les productions technologiques non standard, la production de biens répondant aux aspirations des consommateurs et dépendant de la concurrence à la qualité est devenue plus importante. Ainsi, ce mode de production concentre de nouvelles technologies polyvalentes et requiert la flexibilité dans mise en oeuvre de la force de travail." (Koray Meryem, Trade Unionisme in changing conditions)
Etant donné les progrès technologiques, le capital a besoin de moins de main-duvre dans le processus de production. Mais les capitalistes sont entravés par les politiques poursuivant le plein emploi et protégeant les droits sociaux des travailleurs contre les capitalistes, des politiques qui entravent le licenciement de travailleurs. Par conséquent, la bourgeoisie sefforce dobscurcir la conscience et fait croire que la raison principale de la crise est le coût élevé de la main-duvre, ceci dans le but de limiter ou même de réduire ce coût, si possible, et de détruire les droits sociaux.
Les nouvelles formes de production que lon tente dappliquer depuis les années 70 ont maintenu le coût de la main-duvre à un bas niveau. Si ces nouvelles formes de production ont pu être mises en uvre, cest grâce aux grands développements dans le domaine technologique. Dans les conditions de production capitaliste, ces développements ont un effet négatif sur lemploi. Par exemple:
"Au Japon, dans une des principales usines de Sony, il fallait 2.600 ouvriers pour produire 30.000 téléviseurs couleur en un mois en 1970, 1.300 ouvriers pour en produire 100.000 en 1976 et 800 ouvriers pour en produire le même nombre en 1978. Au Japon, la production de téléviseurs sest accrue de 25% entre 1972 et 1976. Malgré cela, lemploi a baissé, passant de 480.000 à 250.000 au cours de ces années. En Allemagne, alors que la production augmentait de 48,9 pour-cent dans les secteurs des équipements de bureau et de linformatique entre 1970 et 1977, lemploi a baissé de 27,5 pour-cent." (Koray Meryem, id.)
Laugmentation de lemploi dans le secteur des services a causé un rétrécissement de la base syndicale
Avec le progrès technologique, lemploi dans lindustrie sest réduit et lemploi dans le secteur des services a augmenté. Le tableau ci-dessous indique le taux demploi dans le secteur des services et son évolution au fil des années.
Evolution de lemploi dans le secteur des services dans quelques pays européens
Pays 1960 1979 1980 1985 1989
France 39,9 54,8 55,4 60,4 63,5
Allemagne 39,1 50,0 51,0 54,5 56,5
Grèce 25,5 39,2 39,5 43,7 47,1
Italie 33,5 47,3 47,8 55,2 58,2
Portugal 24,8 34,4 36,1 42,2 45,7
Suède 44,0 61,7 62,2 65,3 67,0
Angleterre 47,6 58,6 59,7 65,8 68,4
(Source: Koray Meryem, données 0CDE, 1991)
Avec laugmentation de lemploi dans les services, la proportion demployés a augmenté et la proportion douvriers a diminué.
Laugmentation de la part du secteur des services dans la production a entraîné un rétrécissement de la base syndicale. Alors que les ouvriers (les cols bleus) produisent de la plus-value, les employés (les cols blancs) nen produisent pas directement, bien quils participent au processus de production. Leur position dans ce processus et dans le système impérialiste et linfluence de lidéologie bourgeoise écarte les employés des organisations et du mouvement de la classe ouvrière.
Même si cette tendance commence à se relâcher avec lintensification de lexploitation et de la pauvreté, elle se poursuit toutefois dans lensemble. Par exemple, en Allemagne, la proportion de travailleurs industriels dans lemploi total est de 44,4% et la proportion demployés est de 44,9%. Malgré cela, le taux de syndicalisation est de 66,8% parmi les travailleurs industriels alors quil nest que de 22,8% parmi les employés.
Un autre problème est celui des attentes des employés envers les syndicats. Cette catégorie de travailleurs est préoccupée par les inégalités de salaires et la participation au processus de prise de décision, plus que par le niveau général des salaires. Puisquils ne trouvent pas, dans les syndicats existants, de structure adéquate pour rencontrer leurs demandes, ils ont tendance à créer des syndicats distincts ou choisissent de ne pas sorganiser.
Lattitude idéologique, lattitude face à lorganisation et les attentes des employés, qui sont les alliés de la classe ouvrière dans le processus révolutionnaire et qui sappauvrissent de jour en jour, restent une cause du recul du processus de syndicalisation dans lensemble des attaques néolibérales.
Les changements dans les caractéristiques du travail vont de pair avec les changements technologiques. "La caractéristique la plus évidente des systèmes de production flexibles ou post-fordistes est laccumulation de capital constant grâce à la mise en uvre de technologies avancées. Avec lavance des technologies micro-électroniques, qui économisent travail et capital, les machines polyvalentes qui peuvent être programmées prennent la place des machines univalentes." (Ozkaplan Nurcan, 1997, Annual of Turk-Is)
Etant donné cette évolution, lemployeur a besoin de moins de main-duvre non qualifiée. Par contre, il a besoin de main-duvre qualifiée capable de contrôler le processus de travail du début à la fin, de produire de nouveaux projets, de mettre en uvre les nouvelles technologies de manière productive, de programmer le processus de travail et daccroître ainsi la productivité. La main-duvre non qualifiée devrait être employée dans des emplois routiniers, en fonction de ses besoins sociaux et personnels. Dune part, une telle répartition de lemploi accroît la productivité, requiert que la main-duvre qualifiée sidentifie avec son travail et cela renforce la prise de lentreprise sur le travailleur.
En raison de sa place dans le processus de production, la main-duvre qualifiée bénéficie de la garantie demploi et touche des salaires plus élevés que la main-duvre non qualifiée. En outre, cette dernière est privée de la garantie demploi, en permanence ou périodiquement en fonction du contrat de travail, et obligée daccepter des bas salaires. Le chômage saccroît et devient permanent. Dans ce processus, les différences saccentuent progressivement.
En outre, les changements dans les conditions de production et les efforts pour compresser les coûts de production entraînent une flexibilité quantitative et fonctionnelle. Lemployeur désire appliquer les méthodes de désoccupation telles que le travail temporaire ou les emplois à temps partiels de telle sorte quil soit libre demployer les travailleurs aussi longtemps quil le souhaite et dans les conditions salariales quil détermine. Cette catégorie de travailleurs, privés de droits sociaux et désorganisés, coûte moins cher que dautres à lemployeur. Un autre point est que ces travailleurs, mis au travail en dehors des normes, ont la capacité de travailler dans des secteurs de production différents au lieu dêtre attachés à un secteur.
Chômage élevé et flexibilité fonctionnelle
Cette situation, qualifiée de flexibilité fonctionnelle de la main-duvre, nest pas indépendante de laugmentation du chômage et de larmée de réserve. La main-duvre qui effectue un certain travail aujourdhui doit avoir la capacité de travailler demain dans un autre secteur afin de survivre, de se reproduire. Sans cela, elle naura aucune chance de trouver un nouvel emploi quand elle sera licenciée.
Les emplois occupés par la main-duvre qualifiée lui procurent des privilèges: la garantie demploi et des salaires plus élevés. Grâce à ces privilèges, la bourgeoisie impérialiste qui, sur le plan idéologique, prône lindividualisme et tente de linstaurer à laide de politiques néo-libérales, rencontre des succès, spécialement parmi la main-duvre qualifiée. Ainsi, celle-ci reste à lécart de la lutte syndicale. Par ailleurs, le taux de syndicalisation de la main-duvre non qualifiée employée dans des emplois temporaires et non garantis a commencé à diminuer.
La distinction entre les positions de la main-duvre qualifiée et non qualifiée et les emplois précaires tels que le travail à temps partiel, le travail temporaire et le travail en sous-traitance est à la base du rétrécissement des syndicats.
Lemploi précaire, sans garantie demploi, réduit la tendance à la syndicalisation. Toutefois, les syndicats restent insensibles aux problèmes des travailleurs sans emploi ou temporaires, dans le but dassurer la garantie demploi à leurs membres et de limiter leurs activités à cela. Par exemple, les syndicats qui ont lutté pour la réduction du temps de travail en vue de résoudre le chômage à la fin des années 70 et dans les années 80 acceptent maintenant les exigences de flexibilité de la main-duvre des capitalistes.
La sous-traitance, en dautres termes la fragmentation de la production en petites entreprises, a provoqué à la fois la confusion dans la détermination du terrain des syndicats, qui sont organisés au niveau sectoriel, et a limité linfluence syndicale en réduisant le système de convention collective.
Un autre facteur important qui affecte la base syndicale est lemploi des femmes, parallèle aux développements technologiques. Dans ce processus, la croissance du secteur des services et la flexibilité du travail ont eu pour conséquence une augmentation de lemploi féminin. Par exemple, dans la Communauté européenne, les femmes représentent en moyenne de 39,9% de la main-duvre. 72% de celles-ci sont employées dans le secteur des services (données de 1989). Le taux de syndicalisation est faible parmi les femmes. Par exemple, en Allemagne, alors que la proportion demployés masculins est de 59,4%, elle nest que de 14% parmi les femmes. Quand on sait que le taux de syndicalisation parmi les ouvriers est plus grand que parmi les employés, on peut imaginer la faiblesse du taux de syndicalisation parmi les femmes employées.
La proportion de femmes employées dans des emplois précaires est élevée elle aussi. Pour lexpliquer, il faut tenir compte de la fonction de la femme dans la vie sociale en raison de son sexe: la femme est censée soccuper du ménage et des enfants, lhomme est le chef de la famille et la femme peut travailler pour contribuer à léconomie ménagère. Cela a pour conséquence que les femmes sont employées dans la sous-traitance, les emplois à temps partiel et temporaires, où les conditions de travail sont généralement sans garanties et déficientes. Dans ces conditions, employer des femmes est facile et bon marché. Cela représente des bénéfices facilement gagnés pour le capitalistes.
Les travailleuses féminines sont appréciées dans la micro-électronique, les emploi requérant une grande finesse étant donné quelles résistent bien au travail ennuyeux, monotone, et aux longues heures de travail. Dans les pays quon appelle les Tigres asiatiques, les femmes qui sont occupées dans de tels emplois sont licenciées après quelques années étant donné quelles ne bénéficient daucune garantie. Comme nous lavons dit ci-dessus, elles travaillent pour un salaire inférieur aux hommes.
Par exemple, "dans la zone libre de Masan, en Corée du Sud, les femmes étaient payées en moyenne 49% du salaire des hommes en 1974 ; cette proportion est passée à 42% en 1979." (Rapport annuel de Turk-Is)
A Taiwan, un des Tigres asiatiques, le salaire moyen des femmes est 58% inférieur au salaire moyen des hommes. Généralement, le travail des femmes est soumis à la surexploitation à cause des salaires à la pièce dans la sous-traitance. Dans ce système, les salaires sont inférieurs. Un contrat personnel est conclu entre lemployeur et le travailleur et ce dernier est isolé de lensemble des autres travailleurs. Ils nont pas de place dans le processus de syndicalisation et narrivent pas à renverser cette tendance.
La place de la femme dans le processus de production est déterminée en fonction de la place qui lui est attribuée dans la société. La participation des femmes à la lutte syndicale a été influencée par ce facteur. En général, les conditions qui affectent le mouvement syndical valent aussi pour les femmes. Il ny a quune seule distinction: les femmes préfèrent le travail en sous-traitance aux emplois à temps partiel et temporaires pour pouvoir soccuper de leurs enfants et faire leur ménage. Par conséquent, elles sont insensibles à la syndicalisation.
Le développement de la technologie est au service des capitalistes : voilà le problème
On a tenté de démontrer que la raison ou la cause principale de tous ces changements dans la production et le marché du travail étaient les développements technologiques. Mais les développements technologiques ne font que fournir la possibilité de mettre en uvre les changements que les capitalistes aspirent à réaliser. En désignant les développements technologiques comme étant la source du progrès, on contribue à masquer la nature de classe du système dexploitation capitaliste et on focalise la lutte de classe sur des points incorrects.
En fait, le problème nest pas le développement de la technologie et son application au processus de production mais le fait quelle est au service des capitalistes et quelle est utilisée par eux. Aujourdhui, lusage de la technologie par les capitalistes représente une attaque néo-libérale. Cette attaque nest pas limitée au terrain économique.
La réalisation des politiques en question nest possible quavec la dégénérescence de la classe ouvrière et des masses opprimées et laliénation de la classe ouvrière.
Le chômage, la baisse des taux de syndicalisation dus à la mise en uvre de nouvelles formes de production, le passage de syndicats sectoriels à des syndicats dentreprise, la tendance au refus de la syndicalisation et la recherche de solutions personnelles sont une expression du succès actuel du capitalisme qui aspire à réaliser ces politiques. Nous ne pourrons vaincre cette tendance que par une analyse correcte des problèmes et par la lutte pour mettre en uvre les mesures correctes dans la perspective de lidéologie prolétarienne.
Aucune victoire nest possible pour le prolétariat sans ses organisations dans la lutte de classe que sont les syndicats et son organisation davant-garde, le parti prolétarien. Cest pourquoi il est nécessaire pour le prolétariat dintervenir dans le mouvement syndical, avec la conscience de limportance de son rôle dans le succès de la lutte de classe. Cest de cette manière que les problèmes des syndicats et du mouvement de classe peuvent être surmontés dune manière favorable.
Les syndicats dans des pays semi-coloniaux, semi-féodaux
Dans des pays semi-coloniaux, semi-féodaux, la classe ouvrière et les syndicats sont confrontés aux attaques dues aux programmes de reconstruction et dadaptation structurelle, qui résultent de la mise en uvre de politiques néo-libérales. Et dans ces pays, les syndicats rencontrent des problèmes encore plus sérieux.
La production, dépendant de la petite production, est organisée de telle manière que la classe ouvrière saffaiblit en quantité et en qualité. Cette classe ouvrière faible est pauvre et désorganisée par rapport à la classe ouvrière des pays impérialistes et la continuité du fascisme rend fondamentale loppression et la violence à lencontre du peuple opprimé. Toutes deux sont lexpression de lintensité de la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie compradore.
Par exemple, la répression des grèves et des meetings où le peuple opprimé exige ses droits démocratiques, par des bains de sang, est extrêmement violente dans lhistoire de la République de Turquie. Le 1er Mai, qui est célébré légalement dans le monde, ne peut y être célébré quavec une permission officielle et, presque chaque année, des affrontements avec la police causent la mort de plusieurs manifestants. Dans les pays où les droits démocratiques sont usurpés, les syndicats sont constitués ou tentent de se constituer en fonction de cette caractéristique de lEtat. Les syndicats sont conçus comme des appareils de lEtat et de la bourgeoisie compradore afin de contenir le mouvement de la classe ouvrière dans les limites de lordre.
Ou bien les syndicats sont créés par lEtat et leurs activités se limitent à assurer ladaptation aux politiques existantes, ou bien ils sont indépendants et lEtat tente de les maintenir sous son contrôle et ils rencontrent beaucoup dobstruction quand ils tentent de poursuivre leurs activités. En raison de ces activités, les syndicalistes ou les membres des syndicats font lobjet de pressions diverses : arrestations, emprisonnements, perquisitions, déportations, assassinats. Les exemples suivants illustrent bien cette situation.
Algérie: en quelques années, 300 travailleurs ont été assassinés en Algérie où des actions et des grèves ont lieu contre les licenciements, la privatisation et les majorations dimpôt. Au début de 1997, le directeur dun syndicat a été assassiné.
Nigeria: en 1994, la police a ouvert le feu sur une manifestation qui réclamait plus de démocratie face au pouvoir militaire. Cette répression a causé la mort de vingt membres des syndicats.
Bolivie: la loi martiale a été décrétée pour empêcher les manifestations au cours des trois mois où la coca est cultivée.
Honduras: des travailleurs sont contraints dutiliser des drogues stimulantes afin de travailler davantage.
Argentine: 129 journalistes membres du syndicat FATPEREN ont été tués alors quils tentaient dexpliquer loppression de lEtat et la politique de massacres.
Brésil: des syndicalistes sont assassinés en raison de leurs activités.
Equateur: les activités et lorganisation syndicales font lobjet de graves interdictions, des syndicalistes sont arrêtés et font lobjet de pressions en tout genre.
En général, les pays semi-coloniaux, semi-féodaux où des coups dEtat militaires ont lieu pour appliquer des politiques néo-libérales recourent à la violence contre les syndicats et les organisations démocratiques. Les mouvements qui sopposent à ces politiques sont réprimés dans le sang.
Dans lhistoire de la Turquie, il ny a pas eu dactivité syndicale continue jusquà la création de Turk-Is en 1952. Il y a toujours des obstacles à la syndicalisation. Ces obstacles ont été levés de temps en temps, les syndicats ont été interdits à cause de leurs activités syndicales. Turk-Is est un syndicat dEtat créé par la République de Turquie sur base des directives des Etats-Unis en 1952.
Lobjectif qui a présidé à la création de Turk-Is est de supprimer la réaction possible de la classe ouvrière en la canalisant dans des institutions démocratiques et de maintenir ces réactions dans les limites de lordre. Turk-Is a réalisé cette mission avec succès et la même développée.
Le DISK (Confédération des Syndicats des Travailleurs Révolutionnaires) a été créé par certaines branches de Turk-Is à la suite des réactions contre la pratique de Turk-Is, en 1967. Le DISK a suivi une ligne pratique qui était relativement positive à cause de linfluence des syndicalistes révolutionnaires démocrates et de son action sur la classe ouvrière jusquen 1980.
Le mouvement sest principalement développé, non pas à cause de la direction réformiste du DISK, mais de linsistance de la base. La Résistance des 15-16 juin, laction pour labolition du DGM (State Security Court) en 1976 a été réalisée sur linsistance de la base.
Malgré le caractère réformiste de ses dirigeants, le DISK a été interdit à la suite du coup dEtat militaire fasciste de 12 septembre 1980, commis en vue de lexécution des résolutions du 24 janvier 1980 qui avaient été prises afin dappliquer des mesures néo-libérales en Turquie. Cette interdiction se situait dans le cadre dun processus plus large, où toutes les parcelles de droits démocratiques ont été usurpées, où des révolutionnaires, des démocrates et des intellectuels ont été jetés en prison et où toutes les organisations de masse démocratiques et les syndicats ont été interdits. Seul lorganisation patronale et Turk-Is, en raison de ses caractéristiques, ont pu poursuivre leurs activités.
La conception du syndicalisme moderne ou du syndicalisme de classe et de masse du DISK, qui a été rouvert en 1991, revient à assurer ladaptation de la classe ouvrière au changement de situation que représente le Nouvel Ordre mondial. Lessence de son activité est de garantir ladaptation à la hausse du chômage, à lapprofondissement du fossé entre exploiteurs et exploités, à la désorganisation, bref à lintensification de lexploitation ou aux politiques bourgeoises dexploitation aiguë du travail au nom de la réalisation de lobjectif poursuivons le changement et syndicalisme moderne.
Après le coup dEtat fasciste de 1980, lEtat sest efforcé de donner un caractère officiel à son intervention dans la relation employeur-travailleur. Ces efforts, qui avaient été entamés par le Haut Conseil dArbitrage, ont été officialisés par un décret du Conseil des ministres du cabinet de Mesut Yilmaz créant le Economic and Social Council (ECS, Conseil économique et social).
Lobjectif de la création de ce ECS, qui signifie linstitutionnalisation du fascisme, est de neutraliser les réactions des masses opprimées contre les politiques de reconstruction qui vont saccélérant afin de recevoir des crédits du FMI et de la Banque Mondiale, tout en impliquant les organisations de travailleurs dans ce processus, pour faire croire que le consensus social est réalisé dans des conditions démocratiques. Cest pour cette raison que les exploiteurs ont besoin du ESC.
Les répressions fascistes à lencontre de la classe ouvrière, des syndicats et de tous les opprimés ne peuvent pas être considérées indépendamment de limpérialisme. Les attaques néolibérales visent tous les travailleurs à travers le monde et les mettent au même niveau. Cette situation négative ne peut être arrêtée quavec lintervention des communistes et des révolutionnaires, à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme et peut renverser le processus au profit des opprimés.
Mai 1998