La situation actuelle du mouvement ouvrier japonais

Ligue Communiste du Japon

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L’impérialisme japonais est actuellement en concurrence avec les puissances impérialistes américaine et européenne pour plus de profit et d’hégémonie, d’une part, et se joint à eux pour opprimer la résistance probable des peuples du tiers monde, d’autre part. Dans le pays, la crise financière a atteint une ampleur telle qu’une des plus grandes banques et compagnies d’assurances a fait faillite. Ces sociétés tentent de sortir de la dépression et de la crise financière en faisant porter le fardeau par les travailleurs et les masses travailleuses.

La classe au pouvoir n’a pas de solution claire à la crise mais elle n’a pas d’autre issue que d’intensifier l’exploitation et le pillage des peuples asiatiques ainsi que des travailleurs japonais.

1998 a démarré dans la crise provoquée par une faillite historique de grande ampleur et par le chômage. L’impérialisme japonais est maintenant confronté à de grandes difficultés et à une grande crise dans la compétition avec d’autres pays impérialistes comme les Etats-Unis.

Il ne peut pas trouver d’autre voie pour prolonger son existence que de s’étendre et de grandir pour devenir une superpuissance impérialiste, dans les conditions présentes d’intensification de la concurrence internationale et avec la fin de la situation antérieure de "développement à travers une politique de commerce pacifique". L’administration d’Hashimoto lance les Six Réformes majeures: réforme administrative, réforme économique structurelle, réforme du système monétaire, réforme structurelle de la sécurité sociale, réforme financière structurelle et réforme de l’éducation afin de renforcer son pouvoir impérialiste et de se préparer à une future guerre intensive, ce qui a entraîné des licenciements massifs, l’augmentation de l’insécurité de l’emploi, une dégradation des conditions de travail, une forte augmentation des impôts et des coupes sombres dans la sécurité sociale.

L’autre voie qui s’offre à l’impérialisme japonais pour prolonger sa vie est une série d’attaques pour exploiter et piller à l’extrême les travailleurs et les peuples d’Asie et du Japon. Au cours des années 80, les sociétés japonaises ont délocalisé leurs bases de production vers des pays asiatiques, à la recherche d’une main-d’œuvre et de matières premières meilleur marché, et ce processus s’est accéléré à travers la récession des années 90. Par conséquent, l’industrie nationale, spécialement l’industrie manufacturière, s’est rétrécie et une marée de restructurations et de rationalisations a modifié toute la structure industrielle. Les systèmes d’emploi à vie (Lifetime Employment System) et d’ancienneté (Seniority System) sont tombés à l’eau et des travailleurs à statut précaire ont été incorporés dans la main-d’œuvre de base. Un nombre accru de travailleuses ont été mises au travail dans les pires conditions, sans droits et avec de bas salaires, à cause de l’abolition des règlements de protection de la femme dans la loi du travail (Labor Standard Law).

On constate par ailleurs de nombreuses autres attaques: le taux de la taxe à la consommation, introduite en 1989 pour financer les plans militaires futurs, a été portée de 3 à 5% en 1997 et une série de dégradations dans le système de protection sociale tel que l’augmentation de la part à charge du travailleur dans l’assurance maladie.

Le jour viendra où les travailleurs et le peuple japonais, quel que soit la couche sociale à laquelle ils appartiennent, n’auront pas d’autre choix que de se lever et se mettre en action pour former leur propre syndicat, structure première et unifiée des travailleurs pour la lutte, et venir à bout de la domination et du contrôle de Rengo, le plus grand syndicat procapitaliste du Japon. Rengo, qui organise 7,6 millions de travailleurs japonais, approuve non seulement le Anpo, le Traité américano-japonais de sécurité, et la dérégulation mais démolit Shunto ou la lutte des travailleurs au printemps, soutient l’introduction du nouveau style de management japonais (‘New way of Japanese Style Management’) et joue un rôle dans la mobilisation des travailleurs pour les guerres contre-révolutionnaires et d’invasion préparée par l’impérialisme japonais. Il manifeste son caractère de classe antitravailleurs en promouvant, à l’intérieur du mouvement ouvrier, le nouvel ordre impérialiste hostile aux travailleurs.

N’omettons pas ce point important en ce moment: un nombre important de travailleurs asiatiques ont été incorporés tout en bas de la structure de l’emploi et c’est un devoir pour le mouvement ouvrier japonais de faire l’unité avec eux. L’impérialisme japonais maintient les travailleurs asiatiques immigrés dans un statut illégal de manière à pouvoir les déporter dès qu’il n’a plus besoin d’eux. Leur statut d’illégaux sans droits crée les conditions pour que le chauvinisme national et discriminatoire s’étende et grandisse parmi la population japonaise. Convertir et transformer les angoisses ou les souffrances des travailleurs en haine et en exclusion des travailleurs immigrés est un ancien stratagème des classes au pouvoir. Au Japon, les syndicats militants dirigés par des syndicats régionaux ont entamé une lutte commune pour la solidarité avec les travailleurs immigrés résidant au Japon.

Nos tâches

Etant donné la situation décrite ci-dessus, nos tâches sont les suivantes.

Premièrement, nous devons lutter contre le nouvel ordre impérialiste japonais hostile aux travailleurs et l’aggravation des lois qu’il entraîne, comme la loi sur le travail (Labor Standard Law) et renforcer la lutte pour défendre la vie et les droits des travailleurs.

Deuxièmement, nous devons poursuivre nos efforts pour organiser un grand nombre de travailleurs non organisés confrontés au chômage et à l’emploi précaire ainsi que pour renforcer les luttes contre les licenciements et les rationalisations et développer des luttes régionales unifiées.

Troisièmement, nous devons lutter pour défendre les droits des travailleurs immigrés asiatiques résidant au Japon et développer une forte solidarité entre les travailleurs japonais et immigrés.

Quatrièmement, nous devons développer tous les mouvements sociaux contre toutes les mesures antipopulaires imposées par l’impérialisme pour en faire un mouvement ouvrier pour la classe ouvrière.

Et nous devons unir au niveau international les luttes de classe dans la région asiatique pour constituer un Front uni des peuples asiatiques contre l’impérialisme ainsi qu’un Réseau syndical en Asie.


Situation actuelle du mouvement ouvrier japonais

  1. Caractéristiques de base du capitalisme japonais
    1. Données de base (en 1996)

1. Le Japon est un archipel composé de 7.000 îles. 75% de la superficie du pays est constituée de montagnes ou de collines. Le pays pourvoit à ses propres besoins en matières premières en riz et calcaire.

2. Population : 125 millions d’habitants

- Répartition de l’emploi industriel

Agriculture 5,1%

Secteur industriel 22,3%

Construction 10,3%

Transport, communication, fourniture d’énergie 6,9%

Commerce, finances, assurances, immobilier 26,5%

Services 24,6%

Services publics 3,3%

- Taux d’alphabétisation: 100%

- Influence religieuse: négligeable

3. Produit national brut: 509 milliards de yen

- Taux de croissance économique: 3% (augmentation du PNB pour l’année en cours)

- Taux de chômage: 3,4% (à l’exclusion de ceux qui travaillent plus d’une heure semaine)

- Excédent commercial: 6,74 milliards de yen

- Taux d’autosuffisance alimentaire: 42%

- Budget militaire: 4,94 milliards de yen, 6,4% du budget général

1.2. Perspective stratégique de l’impérialisme japonais: économie

1. Développement de la sphère économique vers les pays du sud-est asiatique

2. Concurrence économique favorable contre les Etats-Unis et l’Europe sur les marchés de Chine et de Russie

3. Maintien de la part sur le marché américain

4. Consolidation de l’approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen Orient et diversification de l'approvisionnement.

5. Concurrence économique sévère inévitable avec l’impérialisme américain

1.3. Perspective stratégique de l’impérialisme japonais: politique et militaire

1. Statut actuel sous le régime du traité de sécurité américano-japonais:

2. Conversion de la stratégie militaire: passage de force militaire supplémentaire dans la stratégie américaine contre l’ex-URSS à la formation d’une force indépendante assez forte pour réprimer la lutte de classe et la lutte révolutionnaire dans les pays du sud-est asiatique.

1.4. Conflits internes de l’impérialisme japonais

1. La bourgeoisie et les impérialistes japonais ont deux problèmes à résoudre:

2. Deux forces différentes et conflictuelles de la bourgeoisie japonaise et de ses représentants politiques à la Diète:

Ces deux forces sont les deux assises de l’impérialisme japonais. En terme de recherche du profit impérialiste, elles ne présentent pas de différence. La majorité à la Diète demande maintenant le redressement de l’économie et l’intégration dans la stratégie parlementaire de la bourgeoisie pour former un système à deux partis conservateurs.

  1. Tendances de base du mouvement ouvrier japonais

2.1. Syndicats

1. Estimation du taux d’organisation syndicale : 23,2%

2. Centres nationaux:

2.2. Agression de la bourgeoisie

1. Faillites, licenciements, réductions de salaire, intensification du travail

2. Augmentation radicale du nombre des travailleurs sous contrat à durée déterminée, spécialement des travailleurs temporaires envoyés par des agences

3. Abolition du système de l’ancienneté et du système de l’emploi à vie

4. Introduction de la flexibilité de l’emploi et des conditions de travail

2.3. Changements dans la conscience spontanée des travailleurs

1. L’identification à l’entreprise (ou le sens de l’entreprise comme étant une famille, qui était fort et généralisé parmi les travailleurs japonais) est en train de s’affaiblir.

2. L’idée qu’il n’y a pas d’alternative au capitalisme a été largement répandue, spécialement après la chute de l’ex-URSS.

3. Antipathie envers le gouvernement américain. Vigilance envers la Chine et la Corée du Nord. Sentiments anti-étrangers à l’encontre des travailleurs immigrés.

4. Critique et antipathie envers la bureaucratie. Moins d’espoir dans le parlement et ses partis. moins de votants aux élections.

2.4. Développement de la conscience sociale et culturelle de ‘citoyen’

1. Passage d’une vie orientée vers l’entreprise à plus de priorité à la vie personnelle

2. Plus d’occasions de rencontrer, de communiquer et de s’associer à des étrangers : activités de soutien et de solidarité avec les peuples du tiers monde

3. Critique contre les agissements antipopulaires du gouvernement ou des entreprises japonaises dans le tiers monde

4. Augmentation du volontariat

5. Nouveau mouvement contre le déploiement militaire japonais à l’étranger

6. Mouvement de résistance et de vigilance envers le pouvoir administratif, critique contre la corruption de politiciens et de bureaucrates

7. Critique contre la suprématie de la civilisation matérielle ou du développement économique